Welcome back in Sarkozistan
Le matinaute
Le matinaute
chronique

Welcome back in Sarkozistan

Fin de la récré, les revoilà. Qui ?

Les punisseurs, et leurs gesticulations. Cette semaine, pour leur grand retour, on punit les assistés. Le feuilleton Wauquiez - RSA était en immersion depuis deux mois ? Le revoilà. L'UMP va donc proposer, Mesdames Messieurs, sous vos regards émerveillés, de faire bosser les feignants, de demander aux bénéficiaires du RSA de travailler "entre cinq et dix heures par semaine (...) à des projets environnementaux et civiques", pour favoriser leur réinsertion. C'est donc donner raison, avec un mois de retard, à Wauquiez, dont une savante orchestration de fuites tentait pourtant de faire croire que sa sortie avait failli le faire virer du gouvernement. Accessoirement, c'est aussi faire renaître la guéguerre Sarkozy-Fillon (Fillon était de ceux, en avril, qui avaient retoqué le projet Wauquiez. Je sais, tout ça semble loin aujourd'hui, mais il faut se remettre à jour: la préparation d'artillerie du Figaro est ici).

Et Hirsch ? Il pourra s'exprimer. Six minutes quinze chrono ! C'est le temps qui devrait lui être accordé, mercredi, devant l'UMP, pour défendre le bilan du RSA, a-t-il laissé fuiter à L'Obs. Avant de corriger sur son blog: ce sera six minutes tout court. Lisez cette note de blog, qui démonte la perversité de la proposition Copé. Sans parler de sa non-faisabilité technique, qui fera l'objet de longs développements, si le fumigène devait prospérer. La vengeance, à l'UMP, en tous cas, est un plat qui se déguste sans fin: Hirsch avait suscité la colère de Copé pour avoir pointé le conflit d'intérêts entre son mandat de député et ses activités d'avocat. Quel plaisir de gourmet, pour Copé, de pouvoir joindre l'utile à l'agréable, en détricotant le RSA et en humiliant son maître d'oeuvre !

A propos de conflits d'intérêts, une petite information qui vous a peut-être échappé. Quand les membres de la commission Sauvé sur les conflits d'intérêt, justement, le 26 janvier dernier, ont remis leur rapport à Sarkozy, sa première question a été: "Qu'est-ce que vous prévoyez pour les juges" ? Oui, les juges. Pas les élus, ni les membres de l'AFSSAPS, non, les juges. C'est Pascale Robert-Diard, habituellement bien informée, qui le rapporte dans Le Monde. Dans la foulée des affaires du Mediator et Bettencourt (cest le cas des époux Woerth, dans l'affaire Bettencourt, qui avait été à l'origine de la création -douloureuse- de la commission Sauvé), les membres de cette commission ne s'attendaient pas à cette priorité. Ils auraient dû. Aussi l'actuel projet de loi prévoit-il que les juges administratifs, à tous les niveaux, devront faire des déclarations de conflits d'intérêt, mais pas les présidents de régions, ni les maires de Paris, Lyon ou Marseille. Après l'escapade new-yorkaise, welcome back in Sarkozistan.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.