Un preneur d'otages nommé PPDA
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Un preneur d'otages nommé PPDA

Discussion enflammée hier après-midi

, après le tournage de Ligne j@une: est-ce que la PME nommée PPDA va pouvoir continuer son activité comme avant ? Comme si de rien n'était ? Les livres à cadence accélérée, les anthologies de poésie, les signatures dans les foires du livre, les émissions, tout une savante construction d'imposture dont tous les participants savent qu'il s'agit d'une imposture.

Il faut écouter, dans Ligne j@une, la bande-son du retour de PPDA à l'émission "On refait le monde", de RTL, où il est chroniqueur régulier. C'est sa première participation à l'émission depuis que "l'affaire" a éclaté. Que va faire l'animateur, Christophe Hondelatte ? Impossible de ne pas "en" parler. Mais impossible aussi de brutaliser en direct l'imposteur-collaborateur. Donc, Hondelatte s'en sort classiquement par des questions complaisantes, du genre "vous pensez qu'il y a un complot contre vous ?", ou "vous avez le cuir épais, n'est-ce pas, ça ne vous fera rien". En parler sans rien en dire. Ménager tous les futurs (on ne sait pas comment l'histoire va tourner). Tout un art.

Pourquoi est-ce la seule solution pour Hondelatte ? Parce que cuisiner PPDA, lui poser des questions précises sur l'erreur de fichier, les guillemets sans guillemets, etc, ce serait reconnaître: nous savons depuis toujours que vous êtes un imposteur. Mais nous vous invitons à notre émission, parce que votre nom est une marque, et que cette marque fait vendre. Nous faisons exactement le même calcul que les éditions Arthaud, qui impriment sur la couverture votre nom en caractères plus gros que celui de Hemingway. Nous nous moquons bien de ce que vous pourrez dire au micro, de votre opinion profonde sur la Tunisie ou la Côte d'Ivoire. Nous voulons votre nom, votre voix. Tolérer l'imposture, c'est en être le complice, et finalement l'otage. D'où se déduit ma réponse personnelle à la question du début: oui, normalement, physiquement, tout devrait continuer comme avant.

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