Tiens, quelque chose a changé
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Tiens, quelque chose a changé

Deux semaines de pause-radio et télé, et quelque chose a changé. "Je vais vous faire entendre un discours de Jean-Luc Mélenchon en 2008", annonce Thomas Snegaroff à Jean-Luc Mélenchon. Lequel, vieille habitude de vieux renard traqué, flaire aussitôt le vieux piège des vieilles déclarations envoyées en SCUD.  "Vous devriez en chercher un de quand j'étais enfant de choeur !" Rires. Snegaroff proteste de la pureté de ses intentions : "Ce n'est pas une peau de banane " ! Et c'est vrai. Incroyable. Mélenchon peut venir à Questions politiques, émission de France Inter, sans qu'on lui tende le moindre piège, même en subliminal. Rien. Ni Poutine, ni l'antisémitisme, ni "La République c'est moi". Rien. À propos des énergies renouvelables, le journaliste Jeff Wittenberg fait même l'effort de parler de "pari sur l'avenir", plutôt que "d'irresponsabilité". Tout au contraire. Quelque chose a changé. Déjà, ils s'adressent au potentiel Premier ministre. "C'est mon état de grâce qui a commencé" s'amuse l'invité.

Lui aussi plane désormais au-dessus des combinaisons et de la popolitique. Il invoque le péril climatique, qui interdit les compromis idéologiques, et commande désormais la radicalité. "Si pour trouver de l'eau, en période de sécheresse, on est obligés de réquisitionner, et de protéger, on le fera". Il parle technique. Il évoque les  centrales nucléaires le long de la vallée du Rhône, menacées d'arrêt par la sécheresse. Sur la longueur des pales des éoliennes  qu'il faudra installer à vingt kilomètres des côtes, il rectifie les journalistes ("240 mètres de diamètre, pas 250"). Il parle fertilité masculine et grippe aviaire. Sur la contradiction entre sa radicalité et son admiration pour Mitterrand, ses interlocuteurs pourraient le pousser. Ils ne le font pas. Quant à l'épineuse question des livraisons d'armes à l'Ukraine, elle est renvoyée aux dernières secondes de l'émission. Si on comprend bien, on ne livrera plus d'armes, tout en se gardant bien de remballer celles qui s'y trouvent déjà.

Quelque chose a changé, et le Matinaute ressent aussi cette aspiration d'un changement. Cette chronique de ce matin est donc, provisoirement, la dernière du genre. Pour les quelques semaines de cette campagne sans précédent, je vais me débrancher (un peu) de mes radios, mes télés, et mes réseaux, et partir IRL, sac au dos, explorer la France du troisième tour, musarder dans les circos, supputer l'abstention et les triangulaires, tâter le pouls de la NUPES à la base, voir si vue de près, la France en campagne ressemble à celle que racontent radios et télés. Et ça commence très vite. Stay tuned.


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