TF1 et BFM, ces lieux de l'invisibilité
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TF1 et BFM, ces lieux de l'invisibilité

Un biais peu souligné des débats hystériques sur "lémédias", c'est qu'ils portent rarement sur le contenu de ces médias lui-même. Mais plus généralement sur les courtes vidéos, ou les extraits de quelques mots, likés ou retweetés sur les réseaux sociaux par les groupes militants, familiaux ou amicaux. De fait, des enquêtes, des chroniques, pourtant diffusées sur des grandes chaînes, peuvent rester à l'écart de la conversation nationale sur "lémédias" en général, et ces chaînes en particulier. Deux exemples.

A propos de l'éditorial désormais cultissime, le 10 janvier, du spécialiste police de TF1 Georges Brenier, pour qui "il n'y a pas eu de blessés graves" dans le mouvement des Gilets jaunes, il a fallu quatre jours, pour que ce grand moment, repéré par ASI le 14 janvier, se retrouve sur les réseaux sociaux, où il a connu la fortune qu'il méritait (je ne vais pas le reposter tous les matins, il est là). Quatre jours durant, cette énormité, pourtant proférée  dans un lieu d'hyper-visibilité comme le 20 Heures de TF1, est restée relativement invisible, ce qui montre bien combien les multitudes numériques sont désormais éloignées de la grand messe Bouygues, et vice-versa.

Deuxième exemple. A propos des violences policières, sur lesquelles "lémédias" sont accusés, à raison, de s'être tardivement réveillés, BFM a diffusé une très bonne enquête, d'une dizaine de minutes. C'était le lundi 17 décembre, à 22 heures 45.  Mais il a fallu que des journalistes de BFM en repostent le lien sur Twitter ces derniers jours, pour que, personnellement, j'en prenne connaissance, et je ne suis pas le seul. A qui la faute ? Au BFM-bashing ? A l'heure tardive de la diffusion ? Mais bien des "clashes" plus tardifs buzzent sur Twitter. Au fait que cette enquête soit restée, tout au long de ces semaines, quasi-unique dans sa catégorie ?

Sans doute BFM elle-même n'a-t-elle pas exploité autant qu'elle l'aurait pu cette excellente enquête qui, selon nos recherches, n'a jamais été rediffusée sur l'antenne. Pourquoi BFM ne l'a-t-elle jamais rediffusée ? Parce que ce chewing gum des yeux qui s'appelle BFM sait qu'il ne réalise jamais de meilleures audiences que dans son coeur de spécialité : les live haletants, et les bavardages de plateau -conception que les journalistes-maison contestent apparemment ces derniers jours, avec les suites que l'on verra. Et les invités eux-mêmes de ces bavardages n'avaient sans doute pas vu l'enquête en question, et en tous cas n'en ont pas fait le centre de leurs entretiens. Peut-on donc continuer à répéter que BFM, comme TF1 ou France 2,  a "fait silence" sur les violences policières ? A chacun.e d'en décider.

MAJ, 10 heures : l'enquête de BFM a été rediffusée une fois, le 22 décembre.


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