Santé de Clinton : avis de tempête médiatique
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Santé de Clinton : avis de tempête médiatique

Au cours des cérémonies de commémoration du 11 Septembre, à New York, Hillary Clinton a dû être évacuée en urgence.

Une video la montre vacillant au moment de monter dans le "van" qui va l'évacuer, et où elle doit être proprement "jetée" par ses gardes du corps. Son entourage assure d'abord qu'elle a été victime d'un "coup de chaud". Quelques heures plus tard, le même entourage admet qu'elle souffre d'une "pneumonie", diagnostiquée deux jours plus tôt, le 9 septembre, à l'occasion d'examens pratiqués après une quinte de toux d'une vingtaine de minutes lors d'un meeting filmé dans l'Ohio quatre jours encore plus tôt, le 5 septembre. Cette chronologie est importante.

Vingt minutes de toux. C'est long, vingt minutes, en plein meeting public. La vidéo intégrale de cette quinte de toux ayant été peu vue en France, la voici.

 

C'était donc le 5 septembre. Là-dessus, voici la Une du site de Libé, telle que la découvrent les matinautes, aux petites heures du 12 septembre.

Sous la têtière "complotisme", un article laissant penser que la santé de Hillary Clinton n'est qu'un thème exploité par le camp Trump. Et, comme le suggère la têtière, un thème "complotiste". Le titre renvoie à un article daté du 11 septembre, rédigé donc après le "coup de chaud", puisqu'il y fait une brève allusion, mais insistant encore sur le complotisme des adversaires de Clinton. La juxtaposition des deux appels de Une est intéressante. Elle montre comment les medias passent de l'incrédulité, voire de l'aveuglement, à la soumission à la réalité.

Libé n'est pas le seul media à ne pas avoir envie de s'appesantir sur la santé de Hillary Clinton. Dans un long article publié le 9 septembre sur "les invraisemblables intox sur la santé de Hillary Clinton", les Décodeurs du Monde, habituellement plus pugnaces, ne font pas une seule allusion à cette quinte de toux. (Pour être complets, nous mêmes avons consacré un article à démonter les intox sur la santé de Clinton. Mais à notre décharge, c'était le 30 août, avant la quinte). Et si le Washington Post de Jeff Bezos a publié le 11 septembre un éditorial admettant que la santé de Clinton était bien devenue un vrai enjeu de la campagne, c'est bien l'aveu, a contrario, que les grands medias américains, jusque là, n'avaient pas trop souhaité aborder le sujet.

Conscientes ou inconscientes, les raisons de cette omerta sont évidentes. Les grands medias "mainstream" votent Clinton. Après avoir largement ouvert leurs antennes à Trump au cours de la primaire républicaine -il faisait de si bonnes audiences !- les medias audiovisuels américains contemplent aujourd'hui le monstre qu'ils ont fabriqué, et tremblent de l'élection de l'homme d'affaires. Depuis sa désignation, ils le factcheckent à tours de bras (à juste titre, bien entendu). Du fait de la porosité entre les thèmes de Trump et la complosphère US, toute affirmation de Trump est présumée intox complotiste, sur la santé de Clinton comme sur le reste. C'est aussi simple que celà. La suite ? Elle est facile à anticiper. Avis de tempête médiatique sur la santé de Hillary Clinton. Au silence, va succéder l'hystérie. Qu'elle se soumette, depuis des mois, au rythme d'enfer d'une campagne présidentielle, ne va nullement empêcher les médecins des medias de lui déceler un pouls d'agonisante. En oubliant au passage que Trump (âgé de deux ans de plus qu'elle) n'a pas davantage fourni de certificat médical crédible lors de son entrée en campagne. Ainsi va l'investigation à l'anglo-saxonne.

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