Manu, Léa, les débats, et moi
Le matinaute
Le matinaute
chronique

Manu, Léa, les débats, et moi

Hier soir, je vais quitter le bureau vers 19 heures, quand Manu s'invite. Enfin, pas dans mon bureau, mais dans une réunion-grand débat de Bourg-de-Péage (Drôme), et donc sur BFM. Il n'était pas prévu, il passait par là. Bonjour, pardonnez-moi, je m'invite, comment voulez-vous qu'on procède ? On regroupe les questions, ou bien ? Vraiment poli, comme invité. Au début, c'est un peu congelé. Ca ressemble aux débats avec les maires, mais sans les écharpes, et en moins bien filmé. Bref, je quitte le bureau le coeur léger, car moi aussi j'ai débat. Je veux dire que j'ai rendez-vous avec Léa Salamé pour sa soirée de France 2, devinez quoi, grand débat. Je compte large, car j'ai quelques courses à faire, et des appels à passer (je vous dis tout). Bref, quelques courses et quelques appels plus tard, je me reconnecte à BFM en attendant Léa, et là le choc : Manu est encore là. Chez moi.

Une redif, déjà ? Non, c'est bien marqué Direct, et c'est du direct. A cette heure ? Près de 21 heures ? Mais à quelle heure ils dinent, à Bourg-de-Péage ? Et ce n'est plus morne du tout. Il y a un Monsieur handicapé, qui lui tend son relevé de prestations. Et puis un autre Monsieur, un vrai Gilet jaune celui-là, avec une sorte de bandana jaune (il est filmé de dos), qui veut dissoudre l'Assemblée, parce qu'on lui a retiré son permis poids lourd. A un moment, Manu fait venir son ex-femme (l'ex-femme du Monsieur au bandana), qui n'a pas droit à la retraite, parce qu'elle tenait le comptoir de la boulangerie, et n'a pas cotisé. "Normalement, le jugement de divorce aurait du prévoir quelque chose", dit Manu. Je ne sais pas si Manu a compris pourquoi le boulanger avait besoin d'un permis poids lourd. Mais il se bat, au milieu de l'arène, avec toutes ces vies cassées. Non Monsieur, je vais pas vous mentir, je vais quand même pas dissoudre l'Assemblée à cause de votre permis poids lourd. Et vous Monsieur, vous avez des enfants, pensez à eux, ne parlez pas de suicide parce que vous ne touchez pas l'Allocation adultes handicapés. D'ailleurs, mon chef de cabinet va regarder votre cas. François-Xavier, vous êtes là ?

Trois heures trente. Il n'a pas battu son record des débats de maires en écharpe (six heures et quelques), mais c'est tout de même pas mal. J'entends déjà Bruno Jeudy saluant l'exploit. D'ailleurs, bingo, Bruno Jeudy est là, sur le plateau. Et il salue l'exploit. Trois heures trente. Bon, un Conseil municipal, ça dure souvent plus longtemps. Et dans une permanence de député, on doit voir à peu près les mêmes gens, avec les mêmes problèmes d'allocs. Mais il n'y a pas BFM, donc Bruno Jeudy ne le sait pas forcément. Et d'ailleurs, souligne un député LR, ces trois heures trente ont contenu de gros mensonges, quand Manu a assuré qu'il n'avait jamais promis que plus un seul SDF ne dormirait dehors.

Bref, avec tout ça, je prends Léa en retard, désolé Léa, j'avais Manu. Toute la bande est là : Schiappa, Bruckner, Saint-Cricq, Dati, Goupil, Autain pour la gauche, Diallo pour la diversité.  "Bernard Tapie devait être avec nous, mais il a un gros gros coup de fatigue" dit Thomas Sotto. Ah oui, je me disais justement qu'il manquait. Et tout le monde est super-content que Ingrid Levavasseur (elle est là aussi) se lance dans la bataille des Européennes. Jordan Bardella est content. Pascal Bruckner est content. Mais la plus heureuse, c'est Schiappa. L'aventure d'Ingrid lui rappelle sa jeunesse, je veux dire l'épopée En Marche, en 2017. Je n'invente pas. Du coup, je n'y comprends plus rien. Depuis hier, j'avais cru comprendre le film : en fait, la liste Levavasseur, c'est une manip de Manu, pour faire baisser le RN et LFI aux Européennes. Mais que se passe-t-il ? Pour son entrée dans le grand monde, se fait sournoisement descendre en flammes. On l'accule à avouer que Tapie est son "soutien moral". Schiappa balance qu'elles se sont rencontrées en douce au ministère. Et une autre Gilet jaune, juste derrière Ingrid, lui vole dans les plumes parce qu'elle a rencontré Schiappa en douce. Donc en fait, l'émission de Léa est un traquenard anti-Ingrid, donc anti-Manu, c'est bien ça ? Ils vont être drôlement paumés, sur les groupes Facebook Gilets jaunes. C'était plus simple à Bourg-de-Péage.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.