L'ennemi des parcs et des terrasses
Le matinaute
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chronique

L'ennemi des parcs et des terrasses

Les soirées électorales en ayant décidé ainsi, il n'y aura vraisemblablement pas de second tour des élections municipales, ou alors dans très longtemps, dans le monde d'après. Dommage pour les écolos, bien placés à Lyon ou Bordeaux. Mais c'est certainement plus sage. Glisser dans une enveloppe un bulletin réticent avec des gants de scooter est une expérience désastreuse pour l'estime de soi. 

Eh oui, je suis allé voter. Soyons cohérents dans l'incohérence, ou l'inverse. J'aurais été le premier à hurler si Macron avait reporté les Municipales. Quelle confiance accorder à ce gouvernement, que menaçait une déculottée dans les urnes ? Ce ne serait pas la première fois, qu'un gouvernement profiterait d'une panique générale pour pousser son agenda. Macron avait beau assurer qu'il suivait les avis de son "comité scientifique", comment le croire ? D'autant que les avis de ce "comité scientifique" sont secrets. Ou plutôt "étaient" secrets, puisque selon Le Monde, ils seront désormais publics, excellente chose. Désolé : impossible de faire comme si ceux qui invoquent aujourd'hui l'intérêt général n'étaient pas les mêmes qui cassent les services publics depuis bientôt trois ans. Traitez-moi d'incivique : quand je vois Macron ou Philippe, j'ai du mal à ne pas voir ce gouvernement (pronom démonstratif) plutôt que le gouvernement (article défini).  Que faudrait-il, pour emporter la conviction ? Par exemple, que les séances de ce "comité scientifique" soient publiques, et télévisées en direct. Chiche ?

Pour le reste, les soirées électorales ont été consacrées à fustiger l'ennemi intérieur : les clients parisiens du marché d'Aligre, et les promeneurs, tout aussi parisiens, des Buttes-Chaumont ou des quais de Seine, que la Une de Libé fustige encore ce matin, sous la manchette "l'état d'inconscience". Honnêtement, en slalomant, samedi après-midi, (à distance d'un mètre, rassurez-vous) entre les terrasses d'une ville moyenne de la paisible  France des bords de Loire, je pensais la même chose, et je l'ai même écrit. Mais est-il juste d'en vouloir aux promeneurs et aux enterrassés ? Quand exactement, avant jeudi dernier, le gouvernement ou BFM ont-ils clairement, explicitement demandé aux citoyens de ne pas aller boire sur les terrasses ? Quand a-t-il été demandé de ne pas aller marcher dans les parcs les dimanches de soleil ? Pense-t-on que les clients du marché d'Aligre y vont pour le simple plaisir d'un bras d'honneur à la distanciation sociale ?  Promeneurs et enterrassés sont à l'unisson du professeur Aphatie et du docteur Goupil, qui édictent depuis des semaines leurs ordonnances rassurantes. Mais maintenant que BFM, elle aussi, se confine, tout va certainement changer. Je vous laisse, je file à notre première téléconférence de rédaction.



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