Guerre des taxis, le révélateur
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chronique

Guerre des taxis, le révélateur

Si nous observons à la loupe, sur ce site, le combat des taxis et des VTC

, ce n'est pas par un intérêt soudain et passionné pour le secteur du transport urbain. Mais cette bataille, avec ses offensives, ses contre-offensives, ses rebondissements, est l'un des multiples fronts de la guerre du numérique, qui fait rage dans tant d'autres secteurs, de la musique au cinéma, en passant par l'édition et la presse. A sa manière, elle nous parle d'exploitation des données, c'est à dire d'information, au sens large. C'est d'ailleurs pourquoi, faute de mieux, nous avons classé les contenus la concernant dans notre dossier "données, pétrole du XXIe siècle".

Comme toutes les batailles, elle a ses fantassins et ses stratèges, ses petits génies et ses absurdes friendly fires. Accessoirement, dans la manière dont ils en rendent compte, les medias se révèlent avec leurs prismes, leurs présupposés, leurs pesanteurs inconscientes. Ainsi, ce qui nous a d'abord frappé dans le rapport Thevenoud, rendu hier, c'est l'interdiction faite aux VTC d'utiliser la géolocalisation. C'est sur cet aspect que nous avons titré notre article. Réaction tripale, sans doute liée à ce qu'est @si : un media utilisant lui-même une technologie récente, essuyant les plâtres en permanence, à l'affût des nouveautés, avide de tenter, de tester, d'explorer, et vivant toute entrave comme un insupportable acte d'oppression. Ainsi (même si personnellement je n'ai jamais pris un VTC) notre tropisme nous porte naturellement du côté des VTC. Comment donc ? On leur interdit la géolocalisation ? Pourquoi ne pas leur interdire aussi d'être aimables, et les obliger à faire des détours ? Tropisme qu'il s'agit ensuite de réquilibrer, en écoutant évidemment aussi les arguments du camp adverse. Bref, la vieille histoire de penser contre soi-même.

Cas d'école hier soir, en regardant comment le 20 heures de France 2 rendait compte du même rapport Thévenoud. A croire qu'ils n'avaient pas lu le même que nous. "Couleur unique sur tous les taxis" : voilà la proposition qui les intéressait le plus, et sur laquelle s'ouvrait le sujet, avec petit truquage pour faire visualiser au télespectateur peu imaginatif "à quoi ça pourrait ressembler", et micro-trottoir obligatoire de la cliente qui en salive d'avance. Parmi les autres propositions retenant l'attention de la vieille télé, le forfait unique pour les aéroports, et l'obligation faite aux taxis d'accepter les paiements par carte bancaire. Et l'interdiction de la géolocalisation ? Elle n'arrivait qu'en fin de sujet, cette technologie étant affublée par le commentaire de l'inquiétante appellation de "maraude électronique". Comme d'habitude, le reportage en disait autant sur ses auteurs que sur le sujet lui-même.

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