France 2 : enquête à hauts risques en banlieue rouge
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France 2 : enquête à hauts risques en banlieue rouge

En cette veille de "journée noire", France 2 ne se contente pas d'inspecter les dispositifs de crise de la SNCF et de la RATP (tout est prêt pour le pire). La chaîne d'Etat ne se contente pas non plus de recenser tous les dispositifs de "système D" déployés par les futurs usagers en galère, du co-voiturage au télétravail, ni de montrer les commerçants barricadant leurs commerces avant le déferlement annoncé des casseurs. Le journal d'Anne-Sophie Lapix a levé un lièvre, et un sacré lièvre."L’œil du 20 heures a découvert que certaines mairies vont mettre des cars à la disposition des manifestants. Illégal pour le conseil d'Etat".  18 villes de la banlieue parisienne, pas moins, s'apprêtent ainsi à prendre le maquis. Les fiers limiers de France 2 l'ont sans doute "découvert" dans Le Parisien, qui a publié l'information l'avant-veille, à la suite de la dénonciation de cette pratique (traditionnelle par ailleurs, dans de nombreuses communes) par une députée LREM du 92, Laurianne Rossi, mais peu importe. Lire la presse est un véritable travail de journaliste.

N'écoutant que son courage, France 2 s'est rendu au coeur du bastion rouge de Malakoff, au komsomol, pardon, à la mairie locale, où la maire PCF, Jacqueline Belhomme, a poussé la fourberie jusqu'à annoncer son forfait "par communiqué". Et l'élue balaie d'un revers de main les arguties juridiques. "Vous pouvez me sortir toutes les jurisprudences que vous voulez, et toutes les décisions du conseil d'Etat, nous ça fait des années que l'on fait ça, et qu'on n'a pas eu de problème". L'effronterie, tout de même, de ces bolcheviques, qui siphonnent ainsi les deniers publics depuis "des années".

Ce que ne dit pas Anne-Sophie Lapix, et que la maire de Malakoff a pourtant précisé au journal communisant Le Figaro : les fameux deux cars, pièces justificatives à l'appui, ont été réservés par la CGT et la FSU. Quant aux frais, ils seront  " pris en charge par la bourse du travail, qui fera une collecte auprès des grévistes." Lapix ne l'a pas annoncé dans les titres, ni en lançant le reportage, où le mot "illégalité" a été martelé. Seule une petite phrase le signale à la fin du reportage : "Devant la polémique, la maire assure que le coût du transport sera refacturé aux syndicats." Ouf ! Heureusement que France 2 était là.

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