Chez Praud : Godefroy le faucon et le roi Jacquouille
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Chez Praud : Godefroy le faucon et le roi Jacquouille

"D'ailleurs c'est Monsieur le vicomte, ou pas ? demande soudain Pascal Praud à son invité Philippe de Villiers. Vous êtes comte, vicomte ? J'arrive jamais à savoir". Villiers : "Vous savez d'où vient ce titre ?" "J'imagine que c'est heu, vos ancêtres, euh, qui l'ont gagné... Des faits d'armes importants..."  Soudain, ils ne sont plus que deux sur le plateau de L'Heure des Pros. Effacés les autres chroniqueurs, Gérard Carreyrou et Philippe Bilger. Effacé le héros du jour, le journaliste Philippe Ballard, encore dimanche dernier à l'antenne de LCI, et hop, aujourd'hui candidat RN aux régionales à Paris.

"Ma chevalière (Villiers la touche) mon père, grand résistant, est passé dans le camp de représailles de Lübeck. Dans la famille, on est morts au champ d'honneur, vous voyez ? Mon frère, Pierre de Villiers ... on est morts au champ d'honneur, vous voyez ?" lance l'invité, œil de faucon du Puy-du-Fou fondant sur un mulot"Oui", bafouille le mulot, qui ignore sans doute que le général Pierre de Villiers est, heureusement pour lui, bien vivant. "Au service de la France, vous voyez ? C'est l'impôt du sang, ça s'appelle, vous voyez" "Ah non mais c'était pas ironique" proteste Praud. "Y a un petit côté..." (Villiers fait le geste du tranchant de la guillotine glissant sur sa gorge) "Mais pas du tout", proteste Praud qui n'a aucune intention vicomticide. "Faut pas jouer avec ça. Parce que moi je suis fier de ma famille" "Mais..." "Ils se sont battus, ils étaient à Marignan, etc". "Je suis d'accord" re-convient le mulot, qui a sans doute rencontré à Marignan l'ancêtre Villiers acquittant l'impôt du sang. Mais il est temps de faire baisser la pression. Le faucon, magnanime : "Je vous connais. Je sais que c'est une petite nuance de tendresse" (rire). Mais le mulot relance : "Je suis content de l'époque qu'on vit. Parce qu'il y a simplement deux siècles et demi, vous auriez été Godefroy de Montmirail, et je serais par terre, je serais Jacquouille, et vous me lanceriez des... des... des... pour manger. Moi je viens du tiers-état".

Et c'est reparti. "On paie l'impôt du sang. On n'a qu'un droit, se faire tuer. Aujourd'hui, les généraux qui font une tribune, c'est parce qu'ils ont la patrie dans le cœur" "On en a parlé ici lundi matin, personne n'en avait parlé" proteste Praud qui, c'est vrai, a été le premier à proclamer que l'appel au putsch des généraux n'était nullement un appel au putsch. Villiers : "Pourquoi croyez-vous qu'on est là ? C'est parce qu'on sait que c'est ici que tout commence (rire) Madame Parly elle comprend rien" " Et pourtant elle a fait l'ENA, elle devrait comprendre". Rires. Rien de tel que l'ENA pour réconcilier Godefroy et Jacquouille. 

Comme ils sont heureux, ensemble, les papys blancs de la chaîne de Bolloré ! Comme ils le font bien entre eux, le numéro de ligue d'impro. Comme ils se chauffent entre eux.  Ils n'ont plus besoin des autres. Ils n'ont plus besoin d'une femme décorative ni d'un souffre-douleur de gauche. On est dans le post-quelque chose. Mais quoi ? Quelque chose s'est passé. Un triomphe est survenu. Une victoire est totale. On peut sans fin se charrier entre nous, comme si l'ennemi n'entendait pas, avait disparu du champ de bataille, en tous cas ne comptait plus. "Votre livre est numéro Un toutes catégories , ça veut dire quelque chose" lance Praud au vicomte. "Tout l'État-major de LCI vous regarde", lance-t-il encore à Ballard, sa vedette éclipsée du jour. Ah comme il gonfle, et gonfle encore ! "Au RN, ils nous regardent tous les matins, pour savoir ce qu'ils vont dire dans la journée". Jacquouille, avec un ouille, comme grenouille.


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Un rêve de putsch

 

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