Trop, ou trop peu ?
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Trop, ou trop peu ?

Ah, vous êtes terribles. L'autre matin, dans l'équipe, ce n'étaient que plaintes : à en croire les amis, la famille, des membres de l'équipe, nous produisons trop. Vous ne savez plus où donner du clic. Vous n'avez pas le temps de suivre. Trois ou quatre nouveaux contenus par jour, c'est trop. Il faudrait qu'on soit plus sélectifs.

Et hier, au courrier, je reçois un long mail tout plein du reproche inverse : alors, cette histoire du livre rédigé par cinq journalistes anonymes de TF1 ? Vous n'en avez pas dit un mot ! Que se passe-t-il ? Et cette censure, sur Direct8, d'une émission sur "Sarkozy et les femmes" ? Pas un mot non plus. Et les suites de l'affaire du Monde, l'exécution de Dumay par Fottorino ? Rien non plus ? Alors ? Et tiens, cette journée de lundi : vous n'avez rien mis en ligne jusqu'à 20 heures 30.

Que répondre ? Oui, c'est vrai, nous cherchons notre rythme. Entre le trop et le trop peu, on godille. Nos intentions sont pures : nous ne souhaitons ni vous gaver, ni vous affamer. Faut-il mettre en ligne tout au long de la journée ? Tout concentrer sur la soirée ?

Si j'en crois les statistiques (imparfaites) que nous avons, les deux tiers d'entre vous viennent nous voir une fois par jour (et le principal pic se situe aux alentours de 18 heures). Si c'est le cas, alors oui, il faut faire attention à ne pas vous en donner trop. Mais je pense aussi à tous les @si-dépendants qui viennent ici deux, trois, dix fois par jour, en espérant y trouver notre petite musique à propos du moindre clapotis de la Toile. Ceux-là ne risquent-ils pas d'être déçus ?

Sur ce plan, comme sur bien d'autres, nous sommes encore en phase de rôdage. Mais une chose est certaine : nous n'avons pas les moyens d'être complets. D'ailleurs, aurions-nous même ces moyens, que je pense encore que nous choisirions de ne pas l'être. L'affaire Direct 8, par exemple : oui, la chaine de Bolloré a censuré au dernier moment un plateau sur "Sarkozy et les femmes". Mais la démocratie est-elle, pour autant, en péril ? Peut-on à la fois se plaindre que les carlabruneries saturent l'espace public, et crier au loup parce qu'une émission sur le sujet est supprimée sur la chaine ultra-confidentielle d'un ami du président ? Nous avons choisi le silence. Le livre sur TF1 ? Dans les premiers jours, nous ne voyions pas ce que nous pouvions apporter pour éclairer cette affaire embrouillée. Silence de nouveau. Nous aurions pû expédier ces deux affaires en deux "Vite dit". Je ne suis pas certain que nous ayions fait le bon choix. Je me dis simplement que le service que nous pouvons vous rendre, c'est aussi celui de ne vous parler qu'à bon escient. Ce qui suppose, parfois, souvent, de se taire. Dîtes-nous !

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