Sarkozistan, naissance d'un livre
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Sarkozistan, naissance d'un livre

Plus de mille commandes en quelques heures (et en plein discours de l'Homme Fort) !

Le moins qu'on puisse dire, c'est que vous avez fait bon accueil à notre tout premier livre, Crise au Sarkozistan, mis en vente mardi soir (et que vous pouvez commander dès à présent, rappelons-le, pour qu'il vous soit envoyé dès le 1er décembre). Au premier jour, nous avons donc pulvérisé les scores d'aussi éminents auteurs de livres politiques que Chantal Jouanno (200 exemplaires vendus), Anne Hidalgo (270 exemplaires), nous devrions doubler Bruno Le Maire (2 300 exemplaires en trois semaines) dans la journée, et ne désespérons pas de rattraper un certain Mélenchon Jean-Luc (16 000 exemplaires) !

Ce livre, vous en avez suivi la genèse en direct.

Il est né un beau matin, sans préméditation, d'un excès de langue de bois. J'étais en pleine rédaction du neuf-quinze, et tout d'un coup, trop fut trop. Les restrictions mentales, le vocabulaire codé, la révérence permanente des journalistes français traitant du pouvoir, me sont devenus brusquement insupportables. L'envoyé spécial du Sarkozistan s'est imposé, et n'a plus quitté le site depuis.

Ce ras le bol doit beaucoup à ma fréquentation de la presse étrangère. Depuis trois ans, chaque jour, je relis et mets en ligne les revues de presse de Gilles Klein. Et je suis toujours stupéfait du décalage de ton, entre les journalistes français et leurs confrères étrangers. Quand un journaliste étranger traite de notre scène nationale, un scandale est appelé un scandale, la corruption, la pauvreté, sont nommées par leur nom. Le bien que cela nous ferait, si nous pouvions lire chaque jour un journal étranger en français (vous me direz que ça existe, ça s'appelle la presse belge, ou la presse suisse. Et cette lecture fait précisément du bien).

L'artifice d'un correspondant étranger, qui découvrirait le Sarkozistan, et le décrirait avec des mots sans complaisance, et à grand renfort de rapprochements inattendus, nous est apparu comme un excellent processus de narration, pour faire ressortir l'énormité de ce que nous vivons tous les jours ( redisons aussi que ces chroniques ne seraient pas ce qu'elles sont sans notre escouade de paparazzis au Sarkozistan, et la moisson d'images qu'ils rapportent chaque semaine). Et puis, rien n'est plus jubilatoire que ce décentrage. Chaque semaine, quand l'envoyé spécial au Sarkozistan se place devant son clavier, les mots lui viennent tout seuls, sans se faire prier, comme s'ils avaient été trop longtemps refoulés et contenus.

De ces chroniques, il a fallu ensuite faire un livre. Un livre, à tous points de vue, atypique.

Crise au Sarkozistan n'est pas un simple recueil des chroniques. Elles ont été remaniées, refondues, et nous y avons ajouté une bonne moitié de textes inédits.

Compte-tenu des délais de fabrication (nous souhaitions que le livre puisse être un cadeau de fin d'année), il n'était pas question de penser à une mise en place dans les librairies. La solution de la vente par Internet s'est donc imposée. François Rose, notre déco-réalisateur préféré, s'est transformé en négociateur avec les imprimeurs en ligne, avant que nous choisissions la maison Le publieur.com, qui se chargera de la vente, de l'impression (en France) et de l'expédition du livre. François a découvert les subtiles différences des titres centrés ou au fer à gauche, l'équilibre d'une quatrième page de couverture, l'harmonie d'une tranche. Anne-Sophie Jacques s'est transformée en première correctrice, avant notre @sinaute Alain G. Daudier, qui a fait passer la seconde lame. Qu'il en soit ici remercié. Notre nouvelle webmastrice, Mireille Campourcy, a fabriqué le "flip-book", qui vous permet de feuilleter en ligne la préface et le premier chapitre du livre, et d'apprécier deux des excellentes caricatures de Mor, illustrateur de l'ouvrage (dont les dessins seront publiés en noir et blanc, mais qui les a néanmoins travaillés en couleurs, comme vous pouvez le voir).

La vente par Internet présente évidemment des inconvénients. Les acheteurs ne pourront pas prendre le livre en main, le soupeser, le humer. Mais bon. On part du principe que vous nous ferez confiance. Et les premiers résultats nous donnent plutôt raison.

S'agissant de la distribution, les frais ont été calculés au plus juste. Pour que les frais de port ne soient pas trop élevés, il fallait que le livre pèse moins de cent grammes (de toutes manières, le projet était de faire un petit livre percutant) soit 96 pages. L'auteur devait donc impérativement rester sous les cent mille signes. Il s'y est plié avec abnégation, qu'il en soit ici remercié. Ouvrir la souscription quinze jours avant les premiers envois, va aussi permettre d'optimiser les frais d'impression.

Tant qu'à être atypiques, enfin, autant l'être jusqu'au bout, et tenter de faire mentir un certain nombre d'évidences communément admises, à propos de la vente de livres en France.

Principale évidence: pas moyen de vendre un livre, si on ne passe pas chez Ruquier, ou au Grand journal.

Eh bien, on va essayer de prouver le contraire.

Donc, nous ne ferons pas de service de presse proprement dit. Nous n'enverrons pas le livre, pour qu'il aille grossir les piles qui partent à l'assaut du plafond, derrière le bureau des rédacteurs en chef des émissions qui font vendre. On aime trop les arbres, et pour tout dire, on ne compte pas sur la bienveillance des médias traditionnels, que nous ne ménageons pas. En revanche, le livre sera mis à la disposition des journalistes qui en feront la demande, et nous répondrons évidemment à toutes leurs questions.

Dans le rôle des critiques littéraires, des prescripteurs, des propagateurs, nous comptons sur vous. A vous maintenant d'offrir le livre à l'oncle, au voisin ou au beau-frère, qui n'a pas encore réalisé que nous vivions au Sarkozistan. Depuis trois ans, vous leur parlez du site. Mais, réfractaires à Internet, prisonniers d'autres habitudes, ils ne se sont pas encore abonnés. Le livre, ils vont bien être obligés de le prendre en main ! Les premiers chiffres nous rendent d'ailleurs très optimistes: la moitié des commandes enregistrées dans les premières heures concernent notre offfre spéciale, de quatre livres pour le prix de trois (attention, elle prendra fin le 1 er décembre).

Comme on est résolument modernes, on a aussi ouvert une page Facebook, sur laquelle les reporters amateurs au Sarkozistan pourront gagner des livres gratuits, et un compte Twitter, qui vous donnera régulièrement les dernières nouvelles affligeantes du petit Etat voyou.

Si vous réservez à ce premier livre l'accueil que nous espérons, pas besoin de vous dire que d'autres suivront, et que nous explorerons à fond ce nouveau mode d'intervention, complémentaire du site que nous connaissons depuis trois ans.

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