Zineb El Rhazoui et le "révélateur" palestinien
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chronique

Zineb El Rhazoui et le "révélateur" palestinien

La guerre à Gaza, nouvel étalon politique et humaniste

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L'ancienne journaliste de "Charlie Hebdo" et farouche laïcarde Zineb El Rhazoui se positionne en porte-voix de la cause palestinienne sur Twitter et dans les médias. À l'instar de quelques autres figures médiatiques, ses prises de parole surprennent, déchaînent les passions dans tous les camps et suscitent des analyses médiatiques plus que critiques. "Coming out" pro-palestinien ou révélateur ? La guerre à Gaza est-elle en train de devenir un nouvel étalon politique ?

Tremblement de terre dans le microcosme twitto- journalistique : après un long silence médiatique et un compte Twitter en veille depuis décembre 2022, la polémiste Zineb El Rhazoui s'est fendue d'un tweet qui a eu l'effet d'une petite bombe. Le 13 novembre, elle publiait un thread pour crier son indignation face à la "folie meurtrière du gouvernement d'extrême droite de Netanyahu", estimant qu'elle ne pouvait plus "se taire" face au "crime à grande échelle [qui] se déroule sous nos yeux". Elle y dénonce également le traitement médiatique français qu'elle qualifie de "un deux poids, deux mesures insupportable" et dans lequel elle observe une "déshumanisation des Palestiniens" car "il en va de [s]a conscience et de [s]on devoir d'être humain". La chroniqueuse franco-marocaine n'hésite pas à dénoncer l'indignation à géométrie variable de ses camarades laïcards : "Je suis extrêmement triste de voir des gens que j'estime (...) justifier que l'on tue de façon arbitraire et disproportionnée dix fois plus de vies humaines à Gaza".

En l'espace de dix jours, l'ancienne journaliste de Charlie Hebdo - qui brandit le drapeau palestinien en bannière sur son compte- a publié une cinquantaine de tweets (sans compter les retweets), tous, ou presque, consacrés au sort du peuple palestinien.


Au fil des tweets récents de Zineb El Rhazoui, de nombreux partages d'images effroyables de victimes des bombardements israéliens ("Images insupportables d'enfants palestiniens brûlés, mutilés, traumatisés à #Gaza" ; "Images insoutenables de l'extermination en cours d’une génération d'enfants à Gaza"). Mais aussi de nombreux partages et des tweets de Rima Hassan, l'une des rares voix palestinienne médiatisée en France, de la critique d'Israël par Rony Brauman, ou du collectif juif décolonial Tsedek "qui nous redonne espoir en l'humanité". Mais également de plusieurs députés LFI, comme François Ruffin, Antoine Léaument ou encore David Guiraud. Elle a également partagé une vidéo de décryptage du traitement médiatique de ce qu’il se passe à Gaza en louant l'"excellent travail journalistique de Blast". Tout ça à grand renfort de hashtags évocateurs tels que #GenocideGaza#IsraeliTerrorists ; #GazaGenocide ; #TsahalLies ; #TsahalCriminalOrganisation ou encore #PalestineLivesMatter.

Un relais intense d'images de Gaza, sans toujours vérifier les sources et comptes qu'elle partage. En une dizaine de jours, la polémiste est devenue l'une des figures médiatiques qui dénonce avec le plus de vigueur les massacres en cours à Gaza. Invitée de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio dès le 16 novembre, elle a également été reçue par Darius Rochebin sur LCI et cette semaine dans Marianne qui publie un entretien dans lequel elle dénonce "le double standard" de ses "anciens alliés pseudo-laïques".

Zineb El Rhazoui conspuée

"Zineb El Rhazoui, pour qui j'avais tant d'admiration, vient de se mettre à dos, en un seul tweet, 95% de ses followers", tweete un abonné déçu. Il a le mérite de rester respectueux, contrairement à bon nombre d'autres qui se déchaînent sous chaque prise de parole de la polémiste. C'est un déferlement de critiques et de haine : celles et ceux qui louaient la liberté de ton de la journaliste semblent n'apprécier que très moyennement cette liberté d'expression aux couleurs palestiniennes.

Tout y passe. La psychiatrisation : "psychotique à la dérive" ; "double personnalité qui relève de la psychiatrie". Les explications purement racistes : "Solidarité clanique typique" ; "le sang prime toujours sur les valeurs" ; "Zineb a changé de camp parce qu'elle a compris que quoi qu'elle fasse, elle s'appellera toujours Zineb". Les attaques sur son physique : "manifestement le botox a contaminé votre cerveau" ; "chirurgie plastique payée par le Qatar. Il y a eu du boulot, du coup elle rend la monnaie". L'on y retrouve également l'accusation d'antisémitisme comme arme de disqualification : elle est traitée tour à tour de "nazislamique" et de "fausse laïque mais vraie antisémite" qui "se noie dans son délire anti-juif". Cela ne manque pas de sel pour celle qui n'hésitait pas à dénoncer en 2018 l'antisémitisme comme "un atavisme que l'on a de fortes chances de téter du sein de sa mère pour peu que l'on reçoive une éducation islamique standard". D'autres la traitent carrément d'"islamiste" et vont jusqu'à échafauder des théories aux relents complotistes les plus obscènes, en convoquant les attentats de Charlie (auxquels elle avait échappée puisqu'en vacances ce jour-là) : "Finalement, Charlie Hebdo, c'était toi la taupe ?" ; "Je me pose des questions sur sa surprenante absence lors de la tuerie de Charlie Hebdo perpétrée par ses amis terroristes arabes". Un internaute ose même se demande si elle "espère d'autres Charlie".

Les éditocrates qui commentent cette sortie du silence s'appliquent également à décrédibiliser la parole de celle qu'ils ont tant portée aux nues lorsqu'elle fustigeait l'islam. André Bercoff enchaîne les poncifs mous : Zineb a "rompu l'équilibre" et n'a pas "la tête froide", alors qu'il faut "savoir raison garder". L'animateur va jusqu'à ressortir sa saillie catastrophique de 2019 lorsque, sur le plateau de Pascal Praud, elle appelait la police à "tirer à balles réelles" sur "les racailles" qui "montent des guet-apens". De son côté, Boulevard Voltaire la qualifie désormais de "militante" et évoque une "radicalisation pro-palestinienne"Mais c'est le plateau de 24h Pujadas, sur LCI, qui révèle le mieux la tentative de discréditation généralisée dont elle fait l'objet.

Face à David Pujadas, ils sont tous d'accord. Isabelle Lasserre, journaliste au Figaro, se dit "stupéfaite". "On ne peut pas lire cette guerre avec une histoire de quantité", affirme-t-elle, dans le plus grand des calmes, avant d'ajouter "quant au racisme supposé de la France, alors là, je ris à gorge déployée". Même son de cloche chez Sylvie Hermann, ancienne ambassadrice de France en Russie, qui ne "comprend pas du tout non plus" les prises de position de Zineb. Pierre Servent, l'éditorialiste maison de LCI, renchérit : lui aussi est "très frappé", dit-il en supputant que Zineb El Rhazoui et lui doivent "vivre dans des réalités parallèles". François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la Recherche Stratégique, tente timidement la psychiatrisation comme outil de disqualification : "Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour elle", dit-il. "Très honnêtement, je ne la reconnais pas, je crains qu'elle ne se soit discréditée".

Ce qui marque, c'est cette façon qu'ils ont tous d'évoquer les milliers de morts palestiniens à l'aide de formules d'une froideur et d'une distance confondante, comme autant d'automatismes qui semblent complètement déconnectés de la réalité du massacre en cours : "Tout le monde déplore les pertes civiles à Gaza" ; "On peut légitimement s'interroger sur la force de la réponse israélienne" ; "Certes on peut s'interroger sur le caractère disproportionné ou pas". Si l'on résume : s'interroger, OK, mais dénoncer bruyamment les massacres, bof. "Il faudra bien un jour leur accorder (aux Palestiniens, ndlr) des droits politiques et un État", concède Isabelle Lasserre. Ouf, on est rassuré·es.

Rupture définitive avec "les pseudo-laïques"

Côté Printemps républicain, le désaveu s'affiche plus ou moins clairement. Amine El Khatmi, son ancien camarade du Printemps rép' dont le basculement idéologique vers le RN est de moins en moins discret, s'est fendu d'une longue publication pour exprimer publiquement sa "tristesse" et son "incompréhension" après avoir "gardé le silence par amitié".

D'autres, à l'instar de Céline Pina, la traitent carrément d'antisémite. Franc-tireur a pondu un billet qui déplore "sa propension à l'exagération" et dénonce des "amalgames" en l'accusant de reprendre "le narratif du Hamas". Le magazine ressort ses casseroles, habituellement brandies par ses détracteurs de gauche: la photo de 2018 où elle pose avec le youtubeur d'extrême-droite Papacito, chez leur maison d’édition Ring. 

Un reniement réciproque puisque dans Marianne, la polémiste dénonce "des pseudo-laïques qui ont pris fait et cause pour Tsahal (l'armée israélienne, ndlr), qui trahissent leur humanité". Elle écrit : "S'émouvoir des victimes civiles israéliennes, tout en n'affichant que mépris et silence lorsque l'armée israélienne tue dix, onze ou douze fois plus de civils du côté palestinien, c'est une trahison des fondamentaux les plus universels de l'humanité".

Il serait cependant faux de croire que c'est cette prise de parole qui a provoqué une fracture entre Zineb El Rhazoui et le mouvement laïcard. L'ambiance s'était déjà refroidie dans la foulée de la réélection d'Emmanuel Macron en 2022, sur fond de soutiens mal reçus et autres petites trahisons entre amis.

Épiphanie, ou coming out pro-palestinien ?

Face aux indignations et aux tweets haineux, des centaines d'autres se félicitent de ce parti pris. "Masterclass sur Masterclass" ; "Total soutien" ; "Pas l'héroïne que nous aurions aimé avoir, mais celle que nous avons", peut-on lire sous ses publications sur X (Twitter) et jusque sur son compte Instagram. Au milieu de ces encouragements, les sarcasmes pleuvent. L'on ironise sur sa prise de conscience "tardive" et sur le fait que "les laïcards étaient juste des racistes qui se servaient d'elle comme caution".

Sur son compte Facebook, la militante décoloniale Houria Bouteldja se félicite, elle aussi, d'une "épiphanie" et salue un "discours d'une fermeté et d'une clarté remarquable". Mais d'autres, comme le très médiatique cheminot syndicaliste Anasse Kazib, refusent de "tomber comme certains dans la «Zineb mania» ": "Je n'oublierai jamais comment elle a participé à l'islamophobie d'Etat pendant une décennie", écrit-il. 

C'est que le CV polémique de Zineb El Rhazoui est particulièrement chargé. Elle a été l'une des pourfendeuses les plus virulentes de l'islamisme, mais aussi de l'islam. Pour elle, le voile, qu'elle qualifie de "sac poubelle", "fait partie du package idéologique qui mène au terrorisme", tandis que "le burqini est une avancée majeure de l'idéologie islamiste" et le hijab dans le sport est "un cheval de Troie islamiste". La journaliste n'hésite pas à multiplier les saillies provoc' : "le seul dénominateur commun aux terroristes, c'est l'Islam". Pendant des années, celle qui se décrit elle-même comme "une Zineb qui crache sur l'islam" a enchaîné les polémiques. Sa publication d'un livre chez Ring, petite maison d'édition parisienne d'extrême droite, et sa photo avec Papacito déjà évoquée sont autant d'éléments qui valent à celle qui signait "Zineb" dans Charlie la dénomination d'islamophobe.

Sans excuser ses propos chocs, qui n'ont fait qu'ajouter de l'huile sur le feu d'un espace médiatique où la stigmatisation des musulmans est un sport national, il convient de rappeler brièvement d'où elle vient. Menacée pour ses engagements et son rôle en 2011 dans le mouvement de contestation "du 20-Février" par des islamistes comme par le pouvoir marocain, Zineb El Rhazoui finit par s'exiler en France. De 2013 à 2017, la militante franco-marocaine devient alors journaliste pour Charlie Hebdo, et réchappe de peu aux attentats de 2015. Une vie passée à revendiquer le blasphème et à se faire menacer de mort pour ça. Celle qui se réclame du mouvement #ExMuslim, titulaire d'un master de sociologie des religions à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), a vécu des années sous protection policière, au point d'être décrite comme "l'une des femmes les plus protégées de France".

Non, elle n’a pas changé

Pour autant, Zineb El Rhazoui a-t-elle changé - ou fondu un boulon - comme tant d'observateurs semblent le croire ? La thèse du retournement de veste, comme celle de l'épiphanie, me semblent profondément erronées.

"La cause palestinienne a toujours été dans mon cœur", assure-t-elle à Marianne, en détaillant ce qu'elle a vu sur place, depuis le poste frontière de Rafah, alors qu'elle couvrait l'opération israélienne "Plomb durci", en 2009. "C'est la chose la plus terrifiante à laquelle j'ai pu assister" , affirme-t-elle. "J'ai été témoin de l'utilisation d'armes non conventionnelles comme le phosphore blanc contre les civils, et j'ai aussi vu des enfants en bas âge blessés par balles à bout portant par des soldats israéliens"

Si l'on trouve peu de traces de sa période de "reportrice de guerre à Gaza", des preuves de son positionnement pro-palestinien ne manquent pas. En 2013, dans un texte adressé au journaliste Olivier Cyran, elle décrivait déjà Israël comme un "Etat colonial et raciste"En 2015, la Ligue de défense juive (LDJ) se félicitait d'ailleurs du licenciement de Zineb El Rhazoui, "la pro-palestinienne".

La guerre à Gaza comme nouvel étalon politique et humaniste ?

Si elle n'a pas changé, alors quoi ? Serait-elle atteinte du même syndrome que Jean Quatremer qui, sur le plateau de LCI, parle d'apartheid pour décrire la situation en Cisjordanie ("Personne, je dis bien personne, ne doit soutenir Israël", déclarait-il) ? Suscitant ainsi les mêmes étonnements : "Sommes-nous dans un monde parallèle ?" s'interroge un internaute

Si j'ironise sur Twitter (X) sur le fait que j'aurais perdu ma boussole, le constat est un peu plus sérieux. Ce qu'il se passe en Palestine - à Gaza, mais aussi en Cisjordanie - me semble dessiner une "nouvelle" ligne de fracture qui agit par endroits comme un filtre de vérité. La vraie question que je me pose n'est pas "qu'est-il arrivé à Zineb El Rhazoui", mais : comment font ceux qui n'ont pas un mot pour la mort des 14 854 personnes, dont 6 150 enfants, tués par l'armée israélienne (selon le dernier bilan du ministère palestinien de la Santé - et donc du Hamas) ? Ceux-là même qui répètent encore à l'envi qu'Israël ne vise pas les civils et qui vont parfois jusqu'à nous dire, toute honte bue, que Tsahal mène cette guerre "pour nous tous, y compris pour les Palestiniens".

Si Quatremer propose une analyse de la situation palestinienne qui surprend, c'est peut-être parce que lui aussi est allé sur place et a vu de ses propres yeux ce que tant d'autres font mine d'ignorer : "une violence, un racisme, un apartheid""les gens sont humiliés en permanence". Le journaliste va jusqu'à évoquer l'occupation allemande en guise de comparaison. Encore un radicalisé ? Je m'accroche à l'idée que la situation palestinienne est d'une telle gravité qu'elle nous oblige à nommer les choses, y compris Zineb El Rhazoui et Jean Quatremer. La guerre à Gaza peut donc être considérée comme une sorte d'étalon politique et humaniste. 

Mais alors, pourquoi tous nos droitards habituels n'adopteraient pas le même franc-parler ? Le biais pro-israélien de nos dirigeants et des principaux médias audiovisuels a été analysé par ASI à de multiples reprises. Tout comme la déshumanisation des Palestiniens que Zineb El Rhazoui dénonce dans une vidéo titrée "déconstruire le narratif israélien", et dans laquelle elle déclare que "personne ne considère les palestiniens comme des êtres humains". Comme l'écrivait très justement Mona Cholet le 11 octobre dernier, "on voit aussi les effets de longues années de déshumanisation et de diabolisation des musulman·es. Lentement mais sûrement, l’islamophobie et ses innombrables relais ont fait leur office, ils ont émoussé les sensibilités". Une islamophobie qu'El Rhazoui a largement participé à médiatiser par ailleurs, ce qui ne manque pas de sel.

J'ai beau retourner le sujet dans ma tête tous les jours et constater le silence assourdissant de certaines personnalités médiatiques, je ne vois pas d'autre explication que celle-ci : celle d'un racisme intégré, implicite, et de l'habitude de voir des corps arabes morts. Les médias, qui ont évidemment leur part de responsabilité dans ce constat, continuent d'ailleurs d'y participer : très peu prennent la peine de mettre des visages et des noms sur le décompte macabre. 

Si certains propos tweetés par Zineb El Rhazoui manquent de nuance, la journaliste que Télérama décrivait en 2017 comme une "combattante de la liberté, quel qu'en soit le prix" semble avoir décidé de mettre à profit son exposition médiatique pour la cause du peuple palestinien. La levée de boucliers qu'elle suscite depuis une dizaine de jours illustre bien comment son discours, qui se contente pourtant de dénoncer l'asymétrie du conflit et la situation d'apartheid que l'Etat hébreu impose aux Palestiniens, est inaudible pour la majorité de nos figures politico-médiatiques. Finalement, Zineb El Rhazoui connaît le même sort que celui réservé à LFI depuis près de deux mois : une tentative de disqualification massive.

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