Black out sur l'affaire Schwartz
Le matinaute
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Black out sur l'affaire Schwartz

Tiens tiens ! Le Canard enchaîné nous en apprenait hier une bien bonne.

Le médiateur choisi par l'Etat, dans les difficiles négociations entre les éditeurs de presse et Google, le dénommé Marc Schwartz, par ailleurs patron du cabinet d'audit Mazars (si vous avez manqué des épisodes, regardez donc notre émission avec Fleur Pellerin), a envoyé sa facture. 450 000 euros, à répartir entre l'Etat, les éditeurs de presse et Google, soit un tarif d'environ 9000 euros par jour.

picto Mais si, le gars au fond à droite, qui surveille

Schwartz a démenti le montant auprès du Lab d'Europe 1, mais sans démentir l'existence d'un contrat.

Contrat ? Matignon confirme qu'il y a bien eu contrat, après avoir d'ailleurs assuré voici quelques semaines que la mission avait été confiée à Schwartz personnellement, et non au cabinet Mazars. Comprenne qui pourra. Accessoirement, on pourrait se demander pourquoi il revient au contribuable de financer la négociation d'un accord entre une multinationale (Google) et des entreprises privées (les journaux), mais convenons que ces quelques centaines de milliers d'euros ne sont qu'une gouttelette, dans l'océan des aides à la presse, dont la Cour des comptes, soit dit en passant, vient de pointer l'inefficacité.

Mais la cocasserie principale, celle qui fait le bonheur du matinaute, est ailleurs. Tout à fait logiquement, le matinaute se rend sur son moteur de recherche préféré, et y tape le nom de Marc Schwartz, pour apprendre ce que pense la presse de cette info du Canard enchaîné. O surprise...

... pas une occurence d'un grand media sur la nouvellepicto

Ni L'Obs (pourtant en pointe dans le dossier), ni Le Figaro, ni Libé, ni Le Monde, pour ne prendre qu'eux, ne l'ont donc relayée. On ne peut pas penser un seul instant que ces respectables journaux auraient craint de déplaire au dénommé Marc Schwartz, pressenti pour présider la commission qui distribuera le pactole de 60 millions d'euros (combien facturera-t-il la présidence de cette commission, l'histoire ne le dit pas). Il faut donc en déduire que Google, dans la nuit, a modifié son algorithme, pour faire descendre les références aux enquêtes de la presse, très bas dans les résultats de recherches. Diaboliques Américains.

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