TAFTA, objet d'un blog du Monde
Brève

TAFTA, objet d'un blog du Monde

Où en est-on des négociations du traité transatlantique – dit aussi TAFTA ou TTIP – entre l’Europe et les Etats-Unis ? Difficile de le savoir, vu l’opacité et la complexité de ce sujet-qui-donne-mal-à-la-tête et qui passe largement en-dessous du radar médiatique. La difficulté n’a pas refroidi un journaliste du Monde qui ouvre aujourd’hui un blog afin de "décrypter les enjeux connus et cachés" du traité de libre-échange.

Souvenez-vous : il a fallu attendre les tous derniers jours de la campagne des élections européennes afin d’évoquer sur les plateaux télé le traité transatlantique. Et depuis ? Rien. Il faut dire aussi que le sujet est relativement opaque : ce traité – qui vise la suppression des barrières douanières et l’harmonisation des normes juridiques, environnementales ou sanitaires entre l'Europe et les Etats-Unis – est loin d’être négocié en toute transparence. Pour preuve : les premiers éléments ont été rendus publics grâce à des fuites sur Internet. Opaque mais aussi complexe : quand nous avions cherché à savoir si oui ou non le Parlement européen avait entériné en avril dernier un élément très contesté du traité – à savoir les tribunaux d’arbitrage – nous avions eu recours à une bonne dose d’aspirine.

Mais la difficulté n’a pas refroidi Maxime Vaudano, journaliste au Monde et membre de l’équipe des décodeurs, qui vient d’ouvrir un blog consacré au traité. Dans son premier post publié aujourd’hui, il explique pourquoi il faut s’y intéresser. A long terme, "le traité va graver certains principes libéraux dans le marbre" de la même façon que le traité de Maastricht a instauré la réduction du déficit public des pays membres à 3% du PIB. Un collet car même "si l'Europe portait un jour au pouvoir des partis d'extrême-gauche, qui décidaient d'abroger le traité transatlantique, elle resterait liée par ses engagements avec les Etats-Unis pendant plusieurs années". A moyen terme, continue Vaudano, ce traité pourrait avoir un impact sur votre quotidien – entendez : sur votre pouvoir d’achat. Enfin, à court terme, la Commission européenne semble vouloir tenir compte des arguments des opposants au traité d’autant que, selon le journaliste, la nouvelle commissaire au commerce Cecilia Malmström semble moins rigide que son prédécesseur : elle a récemment admis l'hypothèse d'un traité sans tribunaux d'arbitrage.

Si ce premier post n’est pas totalement pédagogique – vous devez au préalable plonger dans le dossier rédigé par Vaudano en avril dernier si vous souhaitez un cours de rattrapage sur le traité et comprendre pourquoi ses opposants l’appellent Tafta et ses partisans TTIP ou encore comprendre le principe des tribunaux d'arbritage – la tenue de ce blog s’annonce prometteuse. Dans un prochain billet, le journaliste s’attaquera au soi-disant "bonus" de 545 euros que toucherait chaque ménage tous les ans grâce à ce traité, montant avancé par la Commission européenne sur son site de questions-réponses censé rassurer les citoyens et qui prétend, comme le signalait notamment Reporterre, que "l’économie de l’Union pourrait en retirer un bénéfice de 119 milliards d’euros par an – l’équivalent d’un bonus de 545 euros en moyenne par ménage de l’Union." Un chiffre "qui sort de nulle part" affirme Vaudano. Lequel ne semble pas effrayé par les sujets ardus : ce dernier s’est également attelé aux hypothèses d’une sortie de l’euro… même si ses analyses ont récemment provoqué l’ire de l’économiste Jacques Sapir comme nous l’évoquions ici.

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