Dépêche du Midi/viol : un article supprimé
Brève

Dépêche du Midi/viol : un article supprimé

Si elle a été agressée, c'est qu'elle l'a bien cherché.

C'est en susbstance le message que l'on pouvait lire dans un article publié sur le site de la Dépêche du Midi. Un compte-rendu d'un procès au tribunal correctionnel d'Agen, dans lequel le journaliste prenait clairement parti du côté de l'accusé. Après une mobilisation sur Twitter, l'article a été retiré (il est toujours visible ici, en cache).

Voici une capture de l'articlepicto

Selon l'auteur de l'article, c'est une histoire "abracadabrantesque". il s'agit d'un couple qui vient de se séparer. "Ils avaient déjà couché ensemble. Ni l’un ni l’autre n’étaient donc des perdreaux de l’année", précise le papier. "Un soir pourtant, la jeune femme vient revoir le garçon". (...) La jeune femme annonce au garçon qu’elle va se coucher. Au lieu de s’allonger dans le canapé du garçon, dans le salon, elle va carrément dans sa chambre et dans son lit. Quelques instants plus tard, il la rejoint en se disant, si elle vient dans mon lit et non dans mon canapé, c’est qu’elle attend quelque chose même si elle dit qu’elle ne veut plus coucher avec moi. Il la rejoint donc et tente quelques approches. Il glisse sa main vers le jardin secret. Elle hurle, se débat et aligne un coup de genou dans les parties intimes du garçon qui en voit 36 chandelles. Puis la jeune femme quitte la chambre, se dirige vers la porte, constate qu’elle est fermée à clef, hurle qu’il veut la séquestrer. Le garçon ouvre la porte et la jeune fille s’en va. Le lendemain, elle portera plainte."

Le parquet, dans un premier temps ayant seulement prononcé un rappel à la loi, la victime a utilisé la procédure de citation directe qui permet de saisir directement le tribunal de police ou le tribunal correctionnel. L'article ajoute : "Surprise : le parquet qui avait classé l’affaire et procédé au rappel à la loi s’est montré mercredi extrêmement virulent : un vrai réquisitoire de cour d’assises en accablant le garçon. L’avocate de la jeune fille, sur cette lancée, a réclamé 7000 €." Et d'ajouter les propos d'un avocat : Ce délibéré n’a pas empêché un avocat présent à l’audience de dire : "Quand on ne veut pas voir le loup, on ne visite pas sa tanière"".

La rédaction de la Dépêche du Midi a été interpellée sur Twitter par plusieurs militantes féministes.

   

Contacté par @si, le rédacteur en chef du journal, Jean-Claude Soulery explique que l'article - paru également en version papier dans l'édition du journal du Lot-et-Garonne - "n'avait pas été relu par le responsable de notre édition du Lot-et-Garonne qui, ce soir-là, avait dû s'absenter. L'article avait été rédigé par un correspondant qui suit occasionnellement les affaires jugées au tribunal. Ce correspondant a été "suspendu" de tout travail de rédaction d'article. J'ai adressé mes excuses auprès de toute personne choquée et, en premier lieu, la victime", ajoute-t-il.

Ce n'est pas la première fois que La Dépêche est critiquée pour son traitement de ce type de sujet. L'occasion de relire notre article sur les termes employés dans la presse pour parler des violences faites aux femmes.

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