Allociné et la liste de films à "bichonner" (TéléObs)
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Allociné et la liste de films à "bichonner" (TéléObs)

A quoi ressemble Allociné, leader de l'actualité du cinéma en France, depuis son rachat en 2013 par Webedia, ce groupe media dont le redacteur en chef est Google ? Pas à grand chose si l'on en croit une enquête de TéléObs, dans laquelle on apprend que la rédaction du site est sommée de "bichonner" les films réalisés par des amis du patron.

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TéleObs, 18/02/2016

"J’ai confiance en Webedia pour trouver des relais de croissance. Si, demain, AlloCiné pouvait se développer en vendant des raquettes, ils s’y mettraient aussi sec". Des témoignages comme celui de Bertrand Lemasle, architecte web d'Allociné jusqu'en avril 2015, il y en a quelques uns dans l'enquête de TéléObs intitulée "Allociné : le grand malaise".

Pour la croissance et les raquettes, ça devrait aller donc, mais pour le reste, il semblerait que l'ambiance ait bien changé depuis le rachat, en 2013, du site par Webedia (qui détient par ailleurs Jeuxvideo.com et Terrafemina). Et pour cause : "Le salarié-type d’AlloCiné a une trentaine d’années et un salaire confortable quand son homologue de Webedia, plus corvéable, passe pour un vétéran lorsqu’il atteint les 25 ans", explique l'hebdo.

Une logique tout-marketing qui a poussé 54 salariés (sur 96 postes) à quitter le navire. Et abouti à des situations parfois absurdes. "Au marketing, ils demandaient toutes les trois semaines de faire un état du chiffre d’affaires sur les partenariats. Or les partenariats ne rapportent pas d’argent...", explique Géraldine à TéléObs. Ce qui rapporte de l'argent, en revanche, c'est ce cocktail de native advertising et de brand publishing, mis en place depuis le rachat du site, et qui a consiste, comme l'explique L'Obs, à faire payer une marque en échange d'un package promotionnel allant d'une mise en avant traditionnelle (affichages, vidéos) à un panaché de publireportages (diaporamas, articles).

Une logique mercantile qui encourage aussi la rédaction, sur "conseil" de la direction, à "bichonner" certains films. "Lors d’une réunion en interne, on nous dit qu’il va falloir être très gentil avec le film de Jamel [un proche de Marc Ladreit de Lacharrière, actionnaire majoritaire de Webedia NDLR]", avoue un employé du site. "On nous a ainsi transmis une liste de titres à bichonner : Aladin, Les Tuche 2 et Camping 3", raconte un autre.

Comment améliorer la note d'un film ? En mettant de côté les critiques négatives pour permettre au film d'obtenir une meilleure note (Allociné note les films sur 5 étoiles) : "La manoeuvre consiste à élargir le panel des médias, en ajoutant des sites de type Voici ou Public, peu réputés pour avoir la dent dure, tout en décalant d’une demi-journée la publication des critiques les plus négatives", détaille L'Obs. Une méthode proche de celle utilisée en octobre 2015, au moment où Allociné avait été accusé de favoriser le film Aladin.

L'occasion de relire notre enquête : "Pourquoi Webedia arrache Jeuxvideo.com à son Cantal natal"

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