35 femmes en Une de "New York Magazine" contre Bill Cosby
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35 femmes en Une de "New York Magazine" contre Bill Cosby

35 femmes assises et une chaise vide : la Une du New York Magazine, cette semaine, a fait parler d'elle. Le magazine hebdomadaire publie le témoignage de 35 femmes qui accusent Bill Cosby, -créateur en 1969 de la première sitcom mettant en scène une famille noire The Cosby Show-, d'agressions sexuelles et de viols.

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Elles sont assises, les bras repliés sur les genoux et fixent le lecteur : elles sont 35, parmi les 46 qui depuis des années accusent Bill Cosby d'agressions sexuelles, à avoir accepté de poser pour New York, magazine de référence aux Etats-Unis dans lequel Tom Wolfe, écrivain américain, aimait bien faire crisser la plume dans les années 70. Un magazine autrefois propriété de Rupert Murdoch (aujourd'hui contrôlé par les enfants du banquier d'affaires Bruce Wassertein) distribué toutes les deux semaines et qui, comme son nom l'indique, contient essentiellement des articles politiques et culturels sur la ville et l'Etat de New York.

35 femmes sur cette couverture mais pas seulement : il y a aussi cette chaise vide, laissée là au cas où d'autres femmes voudraient s'y asseoir, et qui a inspiré à Twitter le hashtag #TheEmptyChair, où des personnes ayant subi des agressions sexuelles dans d'autres contextes ont partagé leur expérience. Et enfin ce titre : "Cosby. Les femmes. Une communauté indésirable". Les membres de cette "communauté" racontent, à l'intérieur du magazine, leur expérience et la difficulté de briser le silence. "J’aurais pu marcher dans n’importe quelle rue de Manhattan, et dire, n’importe où : « J’ai été violée et droguée par Bill Cosby ». Mais qui au monde m’aurait crue ? Absolument personne", explique par exemple Barbara Bowman, 48 ans. Elle avait 17 ans, dans les années 80, elle voulait alors devenir actrice.

Joyce Emmons a croisé, elle, Bill Cosby à la fin des années 70, elle travaillait alors dans un comedy-club. Un soir, souffrant d'une terrible migraine, elle demande à Cosby l'équivalent d'un cachet d'aspirine. "Il a dit : « J'ai quelque chose de beaucoup plus fort ». Je lui ai dit : « Tu sais, je ne prends pas de drogue ». Il m'a dit : « Tu es l'une de mes meilleures, est-ce que je te ferais du mal ? ». Un témoignage qui ressemble à celui de Jewel Alisson, ancienne mannequin de 52 ans et qui raconte : "Il m’a demandé si je voulais un verre de vin. J’en ai bu quelques gorgées. Il avait un goût horrible. Et j’ai commencé à ne pas me sentir bien".

Obama a déjà tranché

Bill Cosby a toujours rejeté ces accusations et n'a jamais été inculpé. Une seule femme, jusque-là, a tenté d'assigner l'acteur en justice : Andrea Constand. Cette ex-directrice du club de basket de Temple University -où Cosby étudiait- affirmait en 2005 avoir été violée et agressée par l'acteur. Un non-lieu avait été prononcé mais selon des documents judiciaires rendus publics par les autorités américaines le 6 juillet 2015, Cosby, interrogé par l'avocate de Costand, avait reconnu s'être procuré des sédatifs dans l'intention de les donner à des femmes avec lesquelles il voulait avoir un rapport sexuel.

Présomption d'innocence ou pas, Barack Obama, lui, a déjà tranché : "Si vous donnez à une femme, ou un homme d'ailleurs, une drogue sans qu'il ou elle en ait connaissance, puis que vous avez une relation sexuelle avec cette personne, sans son consentement, c'est un viol", a expliqué le 15 juillet dernier le président américain. Une procédure civile est toujours en cours : elle oppose Cosby à Judith Huth, qui accuse l'acteur de l'avoir agressé alors qu'elle était mineure, en 1974.

Avant la couverture de "New York", le sketch anti-cosby d'un comique américain

Ironie de l'histoire : malgré les accusations qui se multiplient depuis des années, c'est le sketch d'un... homme qui avait permis à ces accusations de remonter à la surface médiatique. Il s'appelle Hannibal Buress, il est comique et vient de se voir attribuer son propre late-show sur la chaîne Comedy Central. En 2014, il n'avait pas hésité à traiter Cosby de "violeur" sur scène dans une tirade filmée par un spectateur, postée sur le web et devenue virale par la suite. "Une femme peut ne pas être crue pendant trente ans, mais il suffit d'un homme ?", s'interroge aujourd'hui dans New York Magazine l'une des 35 victimes présumées, Victoria Valentino.

Le sketch en question

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