"Le Late" : "Chabat aussi est politique"

Arrêt sur images

Analyse d'un OVNI télévisuel

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L'émission
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  • Avec
    Christian Salmon et Francois Jost et Philippe Moreau-Chevrolet
  • Presentation
    Daniel Schneidermann
  • Préparation
    Adèle Bellot
  • Deco-Réalisation
    Louison Gasnier
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Étrange expérience que celle que vient de tenter TF1 de programmer en troisième partie de soirée, après les matchs de la Coupe du monde de football, une émission tout en subtilité, en nuance, en second degré et en auto-références : Le Late, signé Alain Chabat. Dix numéros sont programmés, tous pré-enregistrés. Dans le ton et les thèmes, Le Late vient percuter assez frontalement la télévision Bolloré et au premier rang son animateur phare, Cyril Hanouna. Que nous dit ce choc sur le décalage entre une certaine télévision d'hier et une certaine télévision d'aujourd'hui, et au-delà, peut-être, entre le monde d'aujourd'hui et celui où régnait ce qu'on appelait alors l'"esprit Canal" ? Pour en débattre, Daniel Schneidermann reçoit François Jost, professeur émérite en sciences de l'information et de la communication, Christian Salmon, écrivain, et Philippe Moreau-Chevrolet, conseiller en communication, auteur d'une BD sur Cyril Hanouna, Le président (éditions Les Arènes, 2020). 

Ressusciter l'"esprit Canal"

Le Late d'Alain Chabat fonctionnerait-il à la nostalgie ? Pour Christian Salmon, l'humour déployé par la bande de Chabat, entre auto-dérision et ridicule assumé, est employée dans un but : réveiller chez les téléspectateurs le souvenir de la grande époque de Canal+ où l'humour était (presque) sans limite. 

Hanouna vs Chabat, adversité contre complicité

Dans TPMP, Cyril Hanouna et sa bande ont pris un malin plaisir à démonter la production du Late, Alain Chabat en tête, qualifiant l'émission "d'accident industriel". Deux visions s'affrontent : celle de Chabat, fondée sur la "complicité" pour François Jost, et celle d'Hanouna, fondée sur l'adversité, et qui se construit "contre" un ennemi, abonde Christian Salmon.

"Black Mirror", Hanouna avant Hanouna

Un épisode de "Black Mirror", série d'anticipation britannique, mettait en scène Waldo, un personnage de dessin animé populiste qui se présentait à une élection bien réelle. Mais en 2013, quand sort l'épisode, personne n'y croit. Et pour cause, rappelle Christian Salmon, à l'époque, le Brexit n'existe pas, et Donald Trump n'est pas président des États-Unis. Les choses ont bien changé.

Pour aller plus loin 

- Les replays du Late d'Alain Chabat. 
- Une analyse de l'épisode de "Black Mirror", "Le show de Waldo".
- Notre émission sur le dispositif TPMP, et la machine infernale mise en place par Hanouna.

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