Corruption des élus : "Cette délinquance en écharpe"

Arrêt sur images

Médias et probité des candidats aux législatives

L'émission
  • Avec
    Antton Rouget et Béatrice Guillemont
  • Presentation
    Maurice Midena
  • Préparation
    Yves Magistrini
  • Deco-Réalisation
    Antoine Streiff
Réservé à nos abonné.e.s

La semaine dernière, Taha Bouhafs, candidat de la Nupes aux législatives, s’est retiré de la course à l’élection : en cause, un signalement à La France insoumise concernant des accusations d'agression sexuelle visant le jeune journaliste et militant. Mais Bouhafs n'est pas le seul à avoir dû renoncer à une investiture. On peut citer le cas de Jérôme Peyrat, candidat LREM, qui a dû se retirer non pas du fait de sa condamnation en 2020 pour des violences commises sur son ex-femme, mais parce que les propos dédramatisants de Stanislas Guérini, patron de LREM, ont fait scandale  ; ou encore Coralie Dubost, étoile montante de la Macronie épinglée par Mediapart pour l’utilisation de ses frais de mandat. Ou encore Majid el Guerrab, lui aussi élu en 2017 sous la bannière LREM, qui vient d’être condamné à trois ans de prison dont un ferme pour des faits de violence sur le socialiste Boris Faure. 

Mais dans le même temps, nombre de candidats aux législatives sont également visés par des accusations, que ce soit pour des faits de violence, de harcèlement ou de corruption, voire sont carrément mis en examen… Mais n’ont pas du tout eu le même sort médiatique et politique que Bouhafs et Dubost. Y a-t-il dans les médias et la classe politique un deux poids, deux mesures ? Comment se caractérise-t-il ? Comment, s’explique-t-il ? Que dit-il du rapport de la France avec la probité ? Nos invités sont Antton Rouget, journaliste au pôle Enquête de Mediapart, auteur de plusieurs articles mettant en cause des candidats aux législatives ; et Béatrice Guillemont, directrice générale d’Anticor, association qui lutte contre la corruption en politique et pour rétablir de l’éthique dans l’exercice du pouvoir.

Microtrottoir d'accusés

On trouve difficilement des séquences télévisées où des candidats LREM sont mis face aux accusations dont ils sont l’objet, en tout cas en plateau. Le Huffington Post, lui, est allé les interroger à la sortie d’une formation dispensée à tous ses candidats par LREM, le 10 mai dernier. Un microtrottoir qui séduit le journaliste de Mediapart Antton Rouget : il trouve intéressant de "se pointer, d'aller voir et de confronter des élus ou des candidats face aux dossiers dans lesquels ils sont mis en cause. Et effectivement ça dit beaucoup politiquement leurs réponses, pour le coup c'est un vrai matériau […] ils ont absolument rien à dire, parfois ils ne connaissent même pas le dossier dans lequel ils sont eux-mêmes visés."

Le cas Thierry Solère

Thierry Solère, député LREM, est, avec ses 13 (!) mises en examen, un cas d'école de la Macronie. C'est "de la délinquance en écharpe" pour Béatrice Guillemont, d'Anticor. Solère, "c'est pas de la lingerie féminine", observe ironiquement Rouget, faisant référence aux frais de mandat de la députée Coralie Dubost, pour rappeler que si les accusations visant Solère sont bien plus graves, elles ont moins eu d'écho. 

Solère ne sera pas candidat

Quelques heures après la publication de notre émission, France info révélait sur son site que Thierry Solère ne serait finalement pas candidat dans la 9e circonscription des Hauts-de-France, dont il était député sortant. "Après dix années au Parlement, il est désormais temps pour moi de poursuivre cet engagement politique sous une forme nouvelle", a annoncé Thierry Solère sur Twitter. On ne sait pour le moment, si cette décision est motivée par ses multiples mises en examen. 

 

Un ministre de la justice mis en examen

En 2017, BFMTV avait diffusé en direct la promulgation de la loi pour la moralisation de la vie publique par Emmanuel Macron. Qu'en est-il, cinq ans plus tard, de la probité au sein de la majorité ? "Si on prend la trajectoire de La République en marche et de la majorité présidentielle, observe Antton Rouget […] on se rend compte de la bascule folle de 2017 à 2022 [...] on arrive quand même à un ministre de la Justice mis en examen pour avoir fait pression sur des magistrats anticorruption."

Pour aller plus loin 

- "Thierry Solère, le Baron noir d'Emmanuel Macron", dans le Monde.
- L'affaire des notes de frais de Coralie Dubost dans Mediapart. 
- Une liste des candidats condamnés ou mis en examen dans Sud-Ouest.
- L'édifiant inventaire des députés "maltraitants" dans Mediapart.
- Dans sa Lettre enquête du 21 mai, le coresponsable du pôle enquête de Médiapart raconte comment la condamnation pour violences conjugales de Jérôme Peyrat "a fini par devenir un sujet".

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