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Wiesel "faux déporté" ? Un tube négationniste infondé depuis des années

Invité à rendre hommage sur France Inter à Elie Wiesel, moins de 24 heures après la mort du Prix Nobel (dans un "un grand moment de radio" qui a retenu l'attention de notre matinaute), Claude Lanzmann a taclé l'ancien déporté, sous-entendant qu'il n'aurait passé que "trois ou quatre jours" à Auschwitz. Le tout en citant à tort un autre prix Nobel, Imre Kertész. Wiesel, "faux" déporté ? C'est la thèse soutenue par une négationniste américaine, et quelques relais français, qui, depuis des années, se demandent où a bien pu passer le tatouage du matricule de Wiesel. Et s'il suffisait de regarder attentivement ses photos, et de lire le livre de Kertész ?

Derniers commentaires

Je découvre ce jour qu’Arrêt sur Image a évoqué les accusations portées contre Elie Wiesel selon lesquelles il n’aurait jamais été déporté à Auschwitz.  L’article de Robin Andraca n’est pas une enquête. Il ne répond pratiquement à aucune question et oublie des éléments qui, même si certains proviennent de sites d’extrême droite, ne peuvent être ignorés. Cet article est loin de me convaincre.


1-  Le point de l’article qui me convainc sont les photos produites : on voit un tatouage sur le bras gauche. L’argument basé sur le film (il n’a pas de tatouage) tombe de fait. Des questions restent : quel est le numéro ? Pourquoi face aux accusations il n’a jamais fait constater officiellement l’existence de ce tatouage ?


2- Comme le disent d’autres commentaires ci-dessous il est peu probable de se faire passer à 15 ans pour quelqu’un de 30 ans. S’il y a erreur des nazis, avons-nous d’autres exemples. Comment les historiens spécialistes de l’extermination ont-ils été interrogés ?


3- Elie Wiesel se présente parmi d’autres déportés des camps d’extermination. La photo qu’il présente montre-t-elle un jeune de 15 ans ou un homme de 30 ans ?


4- Pourquoi Elie Wiesel n’a jamais évoqué ce changement d’orthographe de son prénom, les explications de Michaël de Saint-Chéron n’apparaissent qu’une fois la polémique évoquée. A quelle date Michaël de Saint-Chéron a-t-il connu Elie Wiesel pour pouvoir affirmer qu’il s’est appelé Lazar ? Qui d’autre appuie cette affirmation ?


5- Si Elie Wiesel donne le bon numéro, un autre problème apparait : en effet le prénom enregistré dans les archives d’Auschwitz ne correspond pas, il en va de même pour le nom de famille : c’est Wisel et non Wiesel


6- Pourquoi n’est-il pas évoqué le témoignage de Iklos Grüner, rescapé d’Auschwitz et le premier à avoir évoqué que Elie Wiesel avait usurpé le numéro de son ami Lazar ?


7- Pourquoi n’est-il pas évoqué l’étude de la photo où Elie Wiesel se présente parmi d’autres déportés des camps d’extermination et de deux autres photos d’Elie Wiesel. Un expert judiciaire des visages en conclut que ce n’est pas la même personne. Cette étude a été publié par un site de Jean Robin, proche de l’extrême droite. Il aurait été intéressant d’enquêter sur la fiabilité de l’expert Daniel Thérien : est-il comme il le prétend expert judiciaire en biométrie faciale des visages ?


A propos d’une telle accusation envers Elie Wiesel, une véritable enquête aurait dû avoir lieu pour dissiper tous les doutes. On ne peut pas, au nom des millions de victimes de l’extermination dans les chambres à gaz, laisser des personnes utiliser la mémoire de déportés.


Jean Minnaert

Mouais, passons sur le débat stérile entre celui qui croit lever des lièvres et les défenseurs de la bonne morale, moi je pense que l'article ne démontre rien ni dans un sens ni dans l'autre et finalement laisse un flou, un flou gênant en soit et laissant libre court à toutes les spéculations, je pense qu'il ne fallait pas publier cet article.
un tube est une chanson que tout le monde achète , mais pas asi , so , pourquoi un tube ...?

non seulement c'est un tube mais il est infondé , dis-tu , so , pourquoi discuter , puisque la messe est dite....?
Et pendant ce temps-là en Palestine occupée dans le plus grand ghetto du monde les massacres et humiliations continuent...

À croire que le passé ne sert à rien !
A 15 ans il se serait fait passer pour quelqu'un de 30 ? L'hypothèse parait peu vraisemblable. L'erreur des archives semble plus probable. Montrer qu'elles étaient fréquentes permettrait de clore la polémique.
Intéressant, je ne savais pas toute cette histoire -n'étant pas pris dans la commémoration incessante (et instrumentalisée politiquement) de la Shoah, ni dans le négationnisme.
Et pourtant je trouve qu'il y a plus urgent dans l'actualité : le délabrement inquiétant de la démocratie en Europe dont le 49.3 n'est qu'un des signes. Mais y aurait-il un lien ?
http://www.huffingtonpost.com/2012/12/09/elie-wiesel-bernie-madoff_n_2255155.html

Pas très loyal en gestion non plus
Il est difficile de ne pas ressentir un certain malaise à propos de cette polémique et de ce qui entoure la personne, les écrits, le parcours d'Elie Wiesel.

Quoi que vous en disiez, il semble difficile d'écarter en les affirmant "infondées", les interrogations sur ces questions du matricule, de l'âge, de la réalité finalement de ses affirmations sur son passage à Auschwitz et, par conséquent, sur la véracité de son témoignage. Au-delà, d'ailleurs, des outrances avérées ( camions de bébés déversés dans les flammes).

Un point m'étonne, car vous l'écartez complètement: le témoignage et le livre écrit par ce déporté, Nikolaus (ou Miklos) Grûner qui semble être à l'origine de toutes les questions. Le problème est que ce livre est introuvable, en tout cas avec les moyens dont on peut disposer: internet, abebooks, chapitre.com... Vous n'en dîtes pas un mot ? Cela ne vaudrait-il pas enquête ? Après tout, le ton de la réponse de l'archiviste d'Auschwitz semble quand même lourd d'interrogations.

Voilà donc les raisons de la gêne. J'y ajoute, bien sûr, la tonalité générale de l'entretien de Claude Lanzmann, compte tenu du caractère de l'homme, de son âge, de la surdité, de la maladresse de la journaliste, il reste quand même un grand témoin. J'y ajoute aussi quelques autres éléments, les fonds confiés à Madoff, la violence des engagements extrémistes, et la tonalité même du personnage Wiesel, médiatique, mondain, fricard, manipulateur. Mais aussi, porteur incontestable de douleurs incommensurables et de mystères insondables sur la capacité de l'Homme au mal.

Voilà pourquoi il me semble difficile de clore tout cela par la censure, brutale ou insidieuse, comme par le suaire apologétique étendu par l'univers médiatique.
pourquoi perdre tant d'espace pour un personnage si médiocre ....?
Le problème est que Wiesel lui même a prêté le flan aux négationnistes, en laissant l'ambiguïté entre témoignage historique et roman dans son œuvre référence "La nuit". Avec des formules du genre : "Les choses ne sont pas si simples, Rebbe. Certaines choses sont arrivées mais elles ne sont pas vraies ; d'autres sont vraies, et pourtant, elles ne sont jamais arrivées..."

A cela s'ajoute le soutien inconditionnel à Israël, y compris à la Droite la plus dure. Soutien, dans son propos, toujours lié à la mémoire des crimes nazis. Auschwitz comme justificatif à Gaza et à la colonisation...
On peut s'interroger sur le comportement de Laetitia Gayet, qui a braqué Lanzmann, et a participé à lui faire dire ce genre de saloperies ? Quel était l'intérêt de ne pas le laisser poursuivre sur Wiesel, et de le forcer à dire "qu'il ne faut pas oublier" ?
Franchement, le rôle de Lanzmann dans le travail de mémoire sur la Shoah est immense. Ce doit être particulièrement humiliant, à 90 ans, d'être indirectement ou implicitement lié aux négationnistes et autres salopards de la réacosphère, dont les intellos "de gauche" font régulièrement la pub à travers éditos outragés et grandiloquents.

Pardon pour ce coup de gueule un peu déplacé, mais je suis fatigué de voir ce géant, ultra talentueux et précieux (revoir Shoah, et relire le Lievre de Patagonie, ses mémoires pour lesquelles il avait interviewé par Judith, si mes souvenirs sont exacts), tout d'un coup intégré à une polémique aussi pichrocoline.
Pour couper court à la curée des négationnistes de la fachosphère, à la suite les propos de Lanzmann, France Inter aurait du faire, comme @si, oeuvre de pédagogie au lieu de dissimuler honteusement les rancœurs du vieux grigou dans les oubliettes de son site.
La censure des jugements critiques venant de personnalités comme le réalisateur, par ailleurs très respecté pour son travail documentaire sur la destruction des juifs d'Europe - et quoi qu'on pense de son égo démésuré - est un formidable tremplin pour le négationnisme.
Compliment pour votre enquête.
Soral traitant Wiesel de "mythomane intégral", c'est la poutre qui se fout de la paille.

Jean Robin n'est pas inclassable, c'est un conspipi.
Autant une erreur dans les fichiers nazis semble une possibilité bien réelle, autant je vois mal comment un jeune de 15 ans pourrait se faire passer pour un homme de 30 ans devant des responsables du tri pourtant bien connus pour leur zèle et leur cruauté.

On comprend mal comment il se fait que les sources sur cette affaire soient à rechercher sur des sites comme celui de Robin ou de Soral : m'enfin, quoi, il n'y a jamais eu d'enquête sérieuse sur le sujet ? Je sais bien qu'on ne peut pas compter sur le comité du Nobel pour cela vu leur palmarès, mais il doit bien y avoir d'autres sources que des sites négationnistes, voire même des explications de Wiesel lui-même.

Quant à Lanzmann, il a beau jeu de reprocher à Wiesel sa volonté de monopole sur l'extermination des Juifs, lui-même attaque systématiquement toute personne qui essayerait de traiter le sujet, il suffit de se souvenir du foin qu'il avait fait quand la Liste de Schindler était en préparation et après sa sortie. Ne lui en déplaise, la plupart des jeunes dans de nombreux pays du monde ont eu connaissance du génocide par le feuilleton "Holocauste" à la fin des années 1970 et par Spielberg dans les années 1990.

Et Robin inclassable ? C'est un catho fanatique en pleine "folie à deux" parano avec sa femme "berbère colonisée par l'islam"... Comment a-t-il échappé à la camisole ? Mystère.
Intéressant comme les attaques contre E. Wiesel se concentrent sur sa vie pendant la seconde guerre mondiale plutôt que contre ses prises de position ultra-sionistes.
Quant à Claude Lanzmann, je doute qu'il ait souhaité déclencher une telle avalanche de polémiques en faisant cette interview. Note à la journaliste: penser à bien préparer ses fiches la prochaine fois. Notamment le chapitre des querelles pas vraiment apaisées par le nombre des années :-D
Pourquoi votre article n'évoque t-il pas le livre (Identité volée) de Nikolaus Grüner, survivant d’Auschwitz lui aussi et compagnon de Lazar Wiesel durant sa présence à Auschwitz, qui semble être le premier à avoir évoqué cette affaire ?

Quant à la différence de dates de naissance, nombreux étaient les déportés adolescents à se vieillir à leur arrivée au camp, après avoir remarqué que les enfants et les jeunes adolescents, jugés inaptes au travail, étaient directement envoyés à la chambre à gaz (et Wiesel arrive à Auschwitz à l'âge de quinze ans).

Et donc, vous avez 15 ans, il faut vous vieillir pour devenir apte au travail (sinon c'est la chambre à gaz), et vous choisissez de vous vieillir de 15 ans supplémentaires ?!

Trois, quatre ou cinq ans devraient largement suffire…et cela parait nettement moins risqué, non ?
Belle réactivité !
à ce propos, à lire dans le dernier numéro de l'excellente "revue dessinée", l'histoire d'Alfred Nakache le "nageur d'auschwitz" (que les nazis s'amusaient à torturer en lui faisant aller chercher des trucs dans la fameuse piscine d'auschwitz, instrumentalisée par les négationnistes de tout poil pour venir nous expliquer que c'était le club med.)
http://www.larevuedessinee.fr/Numero-12
Merci pour cette mise au point.

Cependant…
"Bref, si Wiesel est sans doute, comme tout un chacun, critiquable sur d'autres points de son parcours ultérieur,…"

Cependant le "comme tout un chacun" me semble de trop. Tout un chacun n'est pas un ultrasionniste proche de l'extrême droite israëlienne.

Bon, je comprends, quand on lave l'honneur d'un homme, on est moins enclin à terminer par des trucs peu reluisants.
Jean Robin, éditeur et journaliste inclassable,

Il est pourtant très facile à classer: (très) proche de l'extrême droite des des mouvements dits identitaires, "antisioniste", islamophobe, xénophobe, conspirationniste et membre de la réacosphère (selon Mediapart). Il suffit de voir son site pour situer très vite le bonhomme politiquement parlant.

Quelqu'un qui accuse C dans l'aire de propagande islamiste est aussi dingue que Jean-Paul Ney. Jean Robin, prochain objet d'une chronique de Klaire fait Grrr ? Ce serait encore lui faire trop d'honneur.
"Nous n'avons pas trouvé la moindre trace du moindre propos concernant d'Elise Wiesel."

Elise ?
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