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Vers une information sans journalisme ?

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Saluons une exception française : Le Canard enchaîné créé le 10/09/1915 , dont les capitaux propres s'élèvent à 127.958.170 euros , et qui produit une bonne information, sans publicité ( et sans peur et sans reproche ). 

L'age d'or de la presse n'est certainement pas la seconde moitié du XXe siècle. La presse était nettement plus vivante et influente à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle qu'après guerre. Si la presse a perdu de son influence à partir des (...)

Le titre est "

Vers une information sans journalisme ?


J'allais écrire "mais ne sommes-nous pas déjà dans un journalisme sans information"


Sauf qu'il suffit de choisir ses sources, et je dois dire pour les suivre en ces temps de tempêtes outre Atlantiqu(...)

Derniers commentaires

Je ne vois qu’une chose à faire : faisons la mentir 😀

titre = question à la con : il y a bien des journalistes faisnat fi des véritables informations, etc...

Rigolo... puisque c'est comme ça , petite incursion dans mon quotidien à la fois perso et de correspondante locale.


Hier matin. 


A l'occasion d'une scintigraphie (ça se fête, c'est pas tous les jours qu'on devient radioactif ) je me rends dans la salle prévue pour le début des festivités, avec injection d'isotope, et premières radios.


Le technicien : Bonjour, dans quel domaine travaillez vous?

Moi: je suis correspondante pour la presse locale.

Lui :...Je n'aime pas les journalistes.


Bon...je ne lui fais pas remarquer qu'en tant que corres' on n'existe quasi pas, et qu'on est une super niche fiscale, et qu'on rapporte de l'argent, mais je déclare tout d'même qu'il y a de mauvais comme d'excellents journalistes, et qu'il ne faut pas s'arrêter aux éditos ou à Barbier.


Lui: Oui, mais les journalistes ont trop de pouvoir et influencent trop de gens !

Moi: Euh...certains essayent, mais les gens ont différentes sources aussi !

Lui: oui mais regardez toutes ces filles qui ne font plus de jogging parce que je-ne-sais-plus-où (là il donne le nom, malheureusement oublié car je me concentrais sur ma veine qu'il allait transpercer), il y a quinze filles qui ont été enlevées ! Alors que bon...il n'y a pas de quoi paniquer.

Moi: ...peut-être n'aiment-elle pas l'idée de se faire agresser et enlever? Mais vous avez raison, les femmes ont plus de chance de se faire violer dans leur entourage.

Lui: silence... J'ai des amies qui ne font plus de jogging !


S'ensuit une veine loupée. Pas de sa faute, mon système circulatoire a tendance à se planquer. Du coup je lui suggère le bras gauche (je le connais, il fait moins le malin.) 


Moi: Et puis imaginez, un monde où vous n'auriez pas de journalistes. Juste des communiqués de l'état et des entreprises. Est-ce que ce serait mieux?

Lui: Ça ferait moins paniquer les gens ! Parce que vous savez? Ils viennent, on parle, ils sont inquiets de ce qu'ils lisent !


Ben oui, les gens parlent de ce qui fait parler. Surtout s'ils ont mal, qu'ils angoissent, et qu'ils viennent pour des examens médicaux. Et puis même que parfois, ils angoissent pour de bonnes raisons.

S'ensuivent des échanges tout à fait polis, remplis d'enthousiasme et d'optimisme de ma part. En vain, les journalistes sont foutus. Mais l'injection dans ma veine gauche a mieux fonctionné.


Le temps que je devienne radioactive, j'ai déjeuné avec ma moitié au restau, lui racontant tout ça. "C'est pas la peine, tu sais, il est convaincu." Pas faux, mais au quotidien, que ce soit pour des écoles, des agriculteurs, la pollution avec des dossiers compliqués, des plans d'urbanisme qui impactent tout le monde, ou des super événements, on se démène pour des cacahuètes à faire un boulot correct. C'est pas dit qu'on y arrive tout le temps, mais on le fait quand même.


Résultat du repas de midi: une intoxication alimentaire, et un frelon asiatique qui maintenant me fait boiter. Mais comme j'étais radioactive, qui sait quel super pouvoir me guête ! J'y suis retournée pour la suite des radios. Plus aucune question sur mon métier et l'actualité. Si en plus je réponds ce qu'on n'attend pas de moi...


Asi, vous en parlerez un jour, des hordes de correspondants locaux qui n'ont pas de statut, ni de nom, ni rien, et qui font partie de la presse de ce pays, sans aucune reconnaissance?

L'hypothèse d'une presse généraliste financée par des lectorats spécifiques me paraît tout à fait erroné en France.

L'Equipe et ses prédécesseurs existent depuis 1900, Le Figaro ou Le Monde/ Le Temps se sont longtemps passés de sport, et le Canard s'en passe toujours fort bien.

Je vois plutôt la disparition de la presse d'opinion dans un maelström néolibéral paresseux, après celle de la presse littéraire, lointain souvenir déjà (Colette et Londres au Matin, Kessel et Bodard à France-soir,...) que vient parfois ranimer un papier (type Aubenas).

S'il ne faut pas prendre l'après-guerre pour référence, l'exemple anglo-saxon est peut-être particulier (et encore ! Le Financial Times parle-t-il beaucoup de sport ?). On sait d'ailleurs le poids différent des tabloïds ici et là.

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Qui a dit que l'information indépendante se portait mal ? Mediapart, Atlantico, Basta, le canard enchaîné, le monde diplo, Fakir sont-ils au bord de la faillite ? 

L'enjeu c'est la fin de la presse écrite quotidienne, des grands reportages dans la presse mainstream, en bref de l'information de qualité pour tous. Mais la bataille est déjà perdue au vu du niveau général, que ce soit TV, radio, presse écrite..  

Vous lisez un article et vous dites le contraire 'Peut-être le journalisme autofinancé, indépendant des pouvoirs politiques et économiques, n'aura-t-il été,' non non jamais la presse n'a été indépendante, n'a gagner de l'argent de ses ventes, toujours l'état ou un bourgeois l'a soutenu, puis les oligarques quand les dirigeants en sont devenus  indigent intellectuellement . 

Le titre est "

Vers une information sans journalisme ?


J'allais écrire "mais ne sommes-nous pas déjà dans un journalisme sans information"


Sauf qu'il suffit de choisir ses sources, et je dois dire pour les suivre en ces temps de tempêtes outre Atlantique que je suis assez émerveillé par la qualité de nombreux journalistes Américains, par la perspicacité de leurs analyses et la qualité de leurs écrits ne serait-ce que du point de vue formel


Comme tout hélas en cette période d'e-fondement, effondrement, l'économie de moyens prévaut

Alors pourquoi vendre de la dentelle quand le lecteur se satisfait d'une toile de jute

Pour quelle raison la presse (ou tout média ”classique”) ne se ferait elle pas éparpiller façon puzzle comme tout ce qu’internet a englouti? Les médias ont horreur d’être comparés à d’autres secteurs commerciaux mais comme eux subiront la loi de l’individu qui vient picorer ici et là (une chanson, un article, un épisode ...) et devront faire peu à peu leur deuil des clientèles d’albums, journaux, films qui ont très vite compris leur interêt à ne consommer que ce qui leur plaît, estimant, à tort ou à raison avoir acquis une liberté nouvelle. Les réseaux sociaux ne sont pas la cause mais l’amplification, remplissant le rôle du bouche à oreille d’antan en en démultipliant la portée. Pour l’instant, le refuge, c’est la niche (ASI par exemple) mais demain? 

En ouverture du jité de France 2 : l'absentéisme dans le privé n'a jamais été aussi important.

Secteurs les plus touchés : La santé, le commerce et le BTP. Etonnant, non ?

Côté médias, peu d'arrêts maladie pour surmenage (ça c'est juste pour faire un lien avec le sujet).

Surprenante chronique où Daniel cite Heidi Tworek qui met en avant le futur modèle de presse, lequel serait représenté par Buzzfeed qui se finance par les articles à liste et le native Advertising. Rappelons que Buzzfeed France vient de virer 14 journalistes le 30 aout. Dans ces conditions, le distinguo qu'elle fait entre Presse et Information pose plusieurs questions et surtout, sur ce qu'elle appelle information. Mediapart, Le Monde Diplomatique, Le Canard Enchainé, Alternatives Economiques  montrent qu'il y a matière à faire de la presse indépendante basée les faits. Les abonné.es a Arret  sur Images vous soutiennent. Cependant, la réussite économique n'est pas mirobolante et  les journalistes n'y restent pas très logntemps car les salaires versés sont trop faibles. Il n'y a rien d'inédit dans cette interview. On connait l'impact du raz-de-marée Internet sur la presse, l'aversion des lecteurs à payer pour l'info, le fait que l'info en elle-même n'est plus rentable pour les investisseurs et que le modèle ancien du patron de presse a vécu. Bon courage aux jeunes journalistes car la plupart ne pourront survivre en faisant de l'enquête et de la presse indépendante mais n'était-ce pas le cas il y a 20 ans déjà ?

Qu'est-ce que Chikirou vient faire ma dedans..? Le point me semble très déplacé...

" comme finalement la vie sur terre, qu'une brève parenthèse, liée à une conjonction astrale irreproductible.  "


Ah, il fallait y arriver: la prophétie, associée qui plus est à l'astrologie. Le journalisme est bien mort!

L'age d'or de la presse n'est certainement pas la seconde moitié du XXe siècle. La presse était nettement plus vivante et influente à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle qu'après guerre. Si la presse a perdu de son influence à partir des années 1970, c'est surtout à cause de la montée en puissance de la télévision. Et si les média "traditionnels" perdent de leur influence, nous n'avons jamais autant baigné dans l'information ou le bruit médiatique que maintenant, à l'heure des réseaux sociaux et des sites web. 


Effectivement, ce qui inquiète les journalistes, c'est que ces nouveaux média se construisent en grande partie sans eux. On arrive maintenant à faire des robots qui sont capable d'écrire un article de presse à partir d'une dépèche AFP (ce qui consitue une bonne partie du "travail" des journalistes actuels) et peut être qu'en effet, l'age d'or du journalisme est derrière vous. Mais à vrai dire, on s'en fiche un peu. L'effondrement des populations d'abeilles, c'est un problème majeur. Celui des population de journalistes, un problème mineur.

Saluons une exception française : Le Canard enchaîné créé le 10/09/1915 , dont les capitaux propres s'élèvent à 127.958.170 euros , et qui produit une bonne information, sans publicité ( et sans peur et sans reproche ). 

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