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Sommet européen : il faut lire les conditionnels

Question à deux euros : le dernier sommet européen du 28 et 29 juin est-il un succès ?

Derniers commentaires

A quand une émission Berruyer vs. Quatremer? Un grand moment en perspective !
On en est arrivé à un tel stade de la crise politique européenne que seul des comiques peuvent nous aider à y voir clair et à prendre un peu de recul. Seulement les comiques ne sont pas au mieux de leur forme. C'est peut-être un signe de déclin. Le seul comique qui a décrit avec pertinence et drôlerie la crise n'en est pas vraiment un: c'est Frédéric Lordon dans sa pièce de théâtre.

[quote=Anne-Sophie J.]Un pacte de croissance. Que dit-il ? Il promet 120 milliards pour la croissance. D’où sort cet argent ? La moitié est un redéploiement des subventions non engagées et l’autre moitié une remise au pot, par les Etats déjà endettés, de la banque européenne d’investissement qui financera des projets – je vous le donne en mille – innovants. On peut s’arrêter deux minutes sur la première moitié. Des subventions non engagées. Ça veut dire quoi au juste ?
... que rien ne dit que ces 120 milliards là seront dépensés. Mme Jacques: "Votre mission, si vous l'acceptez, sera d'écrire un article sur la Banque Européenne d’Investissement. Quels projets finance-t-elle? Pourquoi ne dépense-t-elle pas tout son argent et prive donc en subventions les entreprises européennes malgré la crise? A-t-elle toujours l'Allemagne sur le dos pour lui dire d'investir le moins possible. Qui sont les principaux contributeur du fond? A quel montant?".
vous n'y comprenez rien? fiez vous à 4mer, comme du temps, pas si lointain, où vous alliez le chercher pour qu'il nous disent que Méluche

n'était rien qu'un exagérateur, de dire qu'on n'était livrés pieds et mains liées à la finance internationale...
Quand les enjeux sont complexes j'ai un excellent indicateur pour comprendre vite et bien : si Quatremer est content, alors il faut s'inquiéter et s'il hurle, on est sur de bonnes rails.
Avant de donner une réponse, il faut préciser la question : le dernier sommet européen du 28 et 29 juin est-il un succès ? Si oui, pour qui ?
Et la réponse est alors : OUI pour les banques et les oligarchies, NON pour les peuples.
Mais ce n'est pas une surprise pour ceux/celles qui ont suivi l'actualité économico-politique de ces derniers mois : le scénario était écrit. Mélenchon en particulier avait "prédit" comment Hollande ferait passer la présence d'un hypothétique "pacte de croissance" dans l'accord européen pour la "renégociation" qu'il avait promise du Traité. Cette "prédiction" s'appuyait sur le précédent de Jospin en 1997. C'est exactement ce qui s'est passé. Il est fort, Jean-Luc!
Reponse: Non

Parce que: Betteridge's Law of Headlines

Mes deux euros maintenant :D
Ouais !
Il me semble surtout que plus personne ne maîtrise quoi que ce soit.

L'Allemagne gouverne en continuant à considérer que l'euro est un autre nom pour le mark, et elle concède deux ou trois choses par ci par là aux autres pays, qui sont en faillite à cause de cet euro-là. Tout le monde se tait, comme si l'argument de la morale était un argument politique.

Et pour pouvoir respecter ce diktat absurde, l'Union est dans une absurde fuite en avant. On parle de milliards d'euros comme s'il s'agissait de bonbons à la menthe qu'on distribuerait à des enfants avides. Mais c'est le tonneau des danaïdes, il en faut toujours plus, pour abreuver les banques qui refusent d'avouer qu'elles sont en faillite elle-mêmes, alors que tout le monde le sait. Il y a un moment où il faut dire stop, mais qui le dira ?

On a les dirigeants qu'on mérite, et ça donne une image de notre société pas très reluisante.
La médiocrité est partout, et Merkel est vraiment la médiocre en chef, ce que la défunte Allemagne de l'Est, que la médiocrité a tuée, a produit de plus médiocre.
"On ne parlait pas de pensée mais de ligne, l'esprit appelle la verticalité, la religion économique ne peut être que plane !" disait Xavier Grall.

Ce qu'il y a de pire dans la chute du communisme, outre qu'il a fait croire que le capitalisme était triomphant, c'est qu'il a transmis ses travers au monde entier, cette idée que tout est économique, et que rien d'autre n'existe. La médiocrité des boutiquiers et des financiers tels que Engels transformée en philosophie.

Pathétique !
Excellent billet, Anne-Sophie. Nous sommes sur la même longueur d'ondes.
Tout à fait d'accord avec vous Anne-Sophie. Moi j'ai lu le Monde. J'ai vu des titres de une à l'unisson de la presse sur le "succès" de Hollande.
"Crise : l'Europe respire", "L'Europe du sud a fait plier Mme Merkel", etc ...

J'ai alors cherché, dans les articles, quelle était la nature de ce succès. Rien de précis, rien de clair.
En revanche, chez les auteurs critiques, on trouve des choses très précises. Par exemple dans le dernier communiqué d'ATTAC France.

http://www.france.attac.org/articles/francois-hollande-renie-sa-parole-les-electeurs-doivent-etre-consultes


Reprenant les trois engagements de FH concernant l'Europe (renégocier le pacte budgétaire,modifier le rôle de la BCE, et relancer la croissance), ATTAC démontre qu'il n'a pas réussi à les faire passer dans la réalité.

Il y a même une mesure encore plus grave que ce qui était prévu et qui concerne le Mécanisme Européen de Stabilité qui ne prête plus directement aux états mais aux banques ...
Voila voila...vive le prochain sauvetage, je me sens déjà en manque.

Il n'y a plus qu'à lancer les paris, d'après-vous, les surendettés s'endetteront jusqu'à quand ?
On fait des pas vers le fédéralisme, ce qui consiste à faire des transferts de souveraineté des nations à l'UE, mais jamais il n'est question de démocratiser l'UE. C'est un fédéralisme antidémocratique vers lequel on va, et personne ne relève ce point.

L'UE, c'est une commission non élue qui a le monopole de l'initiative des lois. Un parlement qui n'a ni le dernier mot sur les amendements, ni le vote du budget, et qui n'est même pas toujours consulté pour élaborer les actes legislatifs. Un conseil des ministres, executifs des nations, qui fait office de chambre haute, legislative donc, au niveau de l'Union: pas de séparation des pouvoirs. Et à ce sujet, les juges de la Cour de Justice de l'UE sont en mandat de 6 ans renouvelables, nommés par l'executif. Et le pire, c'est la politique gravée dans la marbre des traités, qu'aucune majorité parlementaire ne peut infléchir: libre circulation des capitaux vis à vis de l'exéterieur de l'UE (art 63 TFUE), argiculture productiviste (art 39 TFUE), la BCE ne prête pas aux états (art 123 TFUE), pas touche aux banques (art 124 TFUE), pas d'entraide entre états (art 125 TFUE). Et on veut transférer de la souveraineté à ça?

Les derniers textes relèvent du pur délire: on s'engage "inconditionnellement et irrevocablement" à répondre aux appels de fond du MES (art 5 MES), qui dispose d'une immunité juridique (art 32 MES), et dont les archives sont inviolables (art 32 MES aussi). C'est une bureaucratie opaque et irresponsable que l'on met en place, qui peut nous réclamer jusqu'à 140 milliards d'euros (qu'on empruntera aux banques, qui l'emprunteront à la BCE).

J'ai été très europhile, mais il faut regarder les choses en face : l'UE n'est plus une solution, elle est devenue le problème. On a pas besoin de l'UE pour faire l'Europe. Au contraire c'est devenu une machine folle qui est en train de mettre tout le continent en vrac.
Il est facile de tout dénigrer. Voilà des experts de tous les pays, bardés de diplômes, maîtrisant à la perfection les moindres mécanismes monétaires et financiers qui sont pour nous du chinois, travaillant jour et nuit pour des salaires qui plongent les cadres du privé dans une douteuse hilarité, animés, comme Jean Quatremer par un indéfectible attachement à la démocratie, porteurs d'une vision à long terme qu'assez souvent les marchés saluent, et nous ferions les fines bouches ? Les faits sont têtus, camarades ! Le Réel est devant nous, nous avons la chance et le devoir de le saluer et de l'accueillir ! Il n'y a pas d'autre alternative (pléonasme) !
Euuuuh, rassure moi: c'est ironique?
Bien entendu ! c'est du Albert pur jus...
gamma
... et très efficace .
@manu Faut arrêter de dire n'importe quoi. On peut critiquer l'UE (et la commission qui le mérite) comme on veut mais dire qu'elle n'est pas démocratique parce que la commission n'est pas élue est aussi bête que de dire que le gouvernement français n'est pas démocratique parce que les ministres ne sont pas élus. Il n'y a pas que la démocratie directe. Si la commission est libérale c'est parce que les commissaires sont choisis par les gouvernements nationaux élus qui sont en grande majorité libéraux. Même chose pour les traités.

Sortir ce genre d'arguments au sujet de la crise banquaire et de la crise des dettes souveraines, c'est carrément un contre sens. La commission n'a quasiment pas eu son mot à dire dans ces affaires. Le "leadership" a été entièrement repris par les dirigeants nationaux et par la BCE. De plus Les statuts de la BCE ayant comme seul objectif la maitrise de l'inflation sont morts-vivants. Elle a acheté massivement des titres de dette souveraine et décuplé son bilan.

Le problème n'est pas que les institutions européennes sont anti-démocratiques. C'est au contraire qu'elles reflètent parfaitement la volonté des gouvernements élus par les peuples. L'agriculture productiviste? Le pas touche aux banques? Tous les articles que tu cites sont simplement le reflet des politiques nationales.
En réponse à http://www.arretsurimages.net/forum/read.php?4,1239202,1239267#msg-1239267


@manu Faut arrêter de dire n'importe quoi. On peut critiquer l'UE (et la commission qui le mérite) comme on veut mais dire qu'elle n'est pas démocratique parce que la commission n'est pas élue est aussi bête que de dire que le gouvernement français n'est pas démocratique parce que les ministres ne sont pas élus.


Le problème est que la commission a le monopole de l'initiative des lois. Les parlementaires, élus, ne peuvent pas proposer de projet de directive. On a vu le résultat dans leur demande de clarifier le principe du pays d'origine de la directive services, laissée sans suite par la commission.


Tous les articles que tu cites sont simplement le reflet des politiques nationales.


Le problème est qu'elle les pérénisent, et que les votes des citoyens ne peuvent plus rien y changer. Les élus nationaux passent ensuite leur temps à dire qu'ils ne peuvent rien faire à cause de l'UE, alors qu'effectivement c'est bien eux qui ont concédés aux transfers de souveraineté, sans consulter leurs peuples, et éventuellement contre leur avis (TECE puis traité de Lisbonne)
j'ai le même sentiment on cherche à rassurer les marchés et non pas à s'afrfanchir de ceux ci en empruntenat à la BCE.on nouss ert la même soupe .il va falloir inventer une constitution pour reprendre le pouvoir
C'est bien beau, mais je ne suis pas plus avancé...
gamma
Petit pont, talonnade, Anne-Sophie !
Talonnette c'est le rehausseur de nains complexés.
"90%, comme le souligne le journaliste, c'est le seuil à partir duquel la dette devient incontrôlable."
c'est plus compliqué que ça :-)

http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2012/06/27/quel-est-le-bon-niveau-de-dette-publique
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