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Sarkobama : l'image insensée

Derniers commentaires

A propos de ces tours qui s'effondrent
Mais alors ? que faut-il préférer comme interprétation : celles qui supposerait que le monde nous hait... ? ou celle qui induit que notre pire ennemi serait nous-même ?
Etant donné que l'un n'empêche pas l'autre ......
Quand est-ce qu'il nous revient Sebastien Bohler?
Bonjour,

Si je m’essaye au test de Rorschach pour moi-même sur ces deux images, j’obtiens ceci :

Obama :
- Je vois un traitement des couleurs par aplats qui me fait penser aux affiches Pop-Art, façon Warhol, mais en plus vieillot, comme si l’imprimeur avait dû économiser sur l’encre et la technique.
- Je vois des couleurs plutôt tristes et fades, presque sales, ça n’éclate pas.
- Je vois des contrastes forts, comme dans ces films muets du début du cinéma, où les nuances de gris entre le blanc et le noir n’existaient pas encore.

En clair, je vois une Amérique en pleine récession, tournée vers le passé bien plus que vers l’avenir.

Sarkosi :
- Je vois un traitement des couleurs par aplats qui me fait penser aux affiches politiques des années quarante.
- Je vois du bleu, du blanc et du rouge.
- Je vois au centre du visage, une forme qui me suggère une flamme tricolore.

Bref, je vois quelque chose qui me renvoie aux propagandes nationalistes d’avant-guerre, je pense aux Croix-de-Feu, à Action Française, à Darquier de Pellepoix, au colonel de La Roque, au Front National, etc.

Finalement, le Rorschach, ça paraît assez efficace, non ?

Cordialement,

Kahef.
Faire économiser 1000€ par an et par foyer est une phrase de Xavier Niel, fondateur et actionnaire majoritaire de Free, qui aimerait bien se lancer dans la téléphonie mobile.

Malheureusement pour lui, Sarko a pour ami Bouygues, qui ne veut pas du trublion de l'internet sur ce marché.

La 4ème licence étant saucissonnée, Free ne peut maintenant plus espèrer obtenir que 50% des nouvelles fréquences. Voilà pour la petite histoire...
Selon l'étude que vous mentionnez, la tendance à projeter du sens sur des images est inversement proportionnelle au sentiment de contrôle qu'a l'individu sur sa vie. Cela me semble assez logique. Mais que dire alors de l'imagination, des idiosyncrasies de chacun, de la fantaisie ? tout se mêle quand on donne du sens à une image. Quand vous dites que certaines personnes donnent du sens à des images "qui n'en ont pas", je m'interroge : à partir du moment où il y a une personne, un regard, une image, du sens se crée. Autement dit, il me semble qu'une image "qui n'a pas de sens ", ça n'existe pas. Je pousse un peu volontairement le bouchon, mais j'assume.
Merci beaucoup Sebastien Bohler, je ne sais pas si vous étiez parti en vacances, mais si c'est le cas je serais bien content de savoir où, pour pouvoir revenir autant en forme que vous.

Ca fait un bon moment (en bon agnostique laïciste que je suis) que je me dis que les croyances et surtout les religions ne sont en fait pas conçues pour ceux qui ont peur de mourir (comme les vieilles bigottes), mais que c'est surtout fait pour ceux qui ont peur de vivre. Les religions donnent un cadre de vie rempli d'obligations et d'interdits impératifs et sans nécessité de justifications, ce qui réduit fortement les moments où on ne comprends pas, où on ne sait pas quoi faire, où on est perdu, car le texte sacré a réponse à tout.

Notamment, je pense à l'instant à la monté de la lecture littérale de la bible qui envahit depuis un moment les USA, notamment avec le créationnisme, et où souvent on entend les précheurs dire que toute question aurait sa réponse dans la bible. Et comme par hasard, comme Bowling for columbine en faisait l'hypothèse (notamment dans la partie en dessin animé) , les USA sont intrinséquement vérolés par la peur (de l'autre notamment).

Merci encore pour cet article, et pour les commentaires très intéressants du forum qu'il a engendré.
Merci Sébastien de cette chronique qui a le mérite de faire réfléchir :
-- à savoir, si la recherche de sens est une activité fondamentale permettant aux humains de s'orienter dans ce qui se présente comme "chaotique", ambigu, les réponses qu'ils en donnent dépendent surtout de leur état intérieur, c'est à dire des réponses qu'ils ont adoptées consciemment ou non (à l'insu de leur plein gré) dans les milieux dans lesquels ils ont grandi et qui ont façonné leur propre imaginaire qui est lié, re-lié, au domaine des émotions... et si la peur domine au lieu et place du sentiment de sécurité (et donc de confiance), il n'est pas étonnant d'observer que la perte de contrôle soit déstabilisante, voire anxiogène, angoissante...
-- mais aussi il faudrait pouvoir nuancer : les "primitifs" en touchant du bois restauraient facilement leur sentiment de sécurité, car en réalité chez eux les mondes intérieur et extérieur n'étaient pas vécus comme étant séparés alors que nous, les "occidentaux modernes", sommes dans une position plus incertaine : il suffit d'observer comment nous essayons de penser rationnellement selon les critères plus ou moins biens intégrés de la pensée logique et comment nous agissons, plus ou moins en conscience des éventuelles contradictions entre nos pensée et nos gestes ...
-- la réflexion sur le sujet du contrôle rejoint celle sur les croyances et les certitudes qui diffèrent de la foi (confiance) et des convictions, chaque type de réponse ayant des aspects fonctionnels précis ; et pour ne pas avoir peur de faire un "raccourci", je dirai que les deux premières dépendent essentiellement des réponses apportées par le monde extérieur, alors que les deux dernières sont le résultat d'une démarche exigeante qui prend en compte les incertitudes du monde, de la vie avec le sentiment de sécurité, de confiance intérieure, qui permet d'agir même si l'on sait pertinamment que l'on ne peut contrôler que ce que l'on connaît "bien" ... l'écueil dans cette histoire étant de ne pas prendre des certitudes pour des convictions, ou en termes imagés, des vessies pour des lanternes, ou alors de re-connaître que l'on s'est trompé s'il y a lieu !!
C'est fou, ce que cette chronique est stimulante !!!!
"perte de contrôle des citoyens, dans leur vie professionnelle ou familiale." c'est carrément une perte de lien social alors ? une désagrégation de notre organisation sociale contemporaine ? tout ça grâce ou à faute des images, terribles images qui volent les âmes et fourvoient les esprits. Alors relisons François Roustang dans "il suffit d'un geste" pour lui le lien social aurait pour fondement la poésie, "la poésie naturelle" qui est selon Aristote celle dans laquelle se rencontre rythme, mélodie et discours mimétique. Mon interprétation de l'image Sarkobama sera donc poétique, dans l'idée, dans le graphisme, dans les messages en sous titre. Voilà une affiche image qui recrée du lien social.
"Le privilège de la raison qui relie les humains plongerait ses racines dans la poésie".
Du beau, du bon, du Bohler !
Vos chroniques étanchent ma soif de connaissance, c'en est presque enivrant.
C'est bien la première fois que déclarer « ça me saoule de lire votre article » devient un compliment !
Merci.
Merci !!! JE pense que c'est mon journaliste préféré d'@si dommage qu'il écrive si peux ....
bonne continuation
personne ne voit un lapin dans cette tache de Rorschach?
A force de nous parler du 11 septembre ou d'y faire référence pour un oui ou pour un nom l'image n'est plus sous nos yeux mais dans notre tete, puis, chacun l'analyse avec son vécu et la plus part du temps ça donne un barbu prêt a te faire sauter pour ta blancheur de peau and your freedom .
Personnellement quand j'entends 11 septembre je comprend "prozac", par contre quand je voit les belles images du tricastin je voit un petit homme rasé de prêt en train de faire de la culture de tumeur chez nos petit enfants.
Mes excuses si je suis hs.
Merci Sébastien !

Sarkozy qui pense tout contrôler ne s'interroge donc pas sur le sens de sa vie ? L'agitation et le surbooking est effectivement un bon moyen de ne pas se poser de question. Mais ce n'est qu'une illusion. ...Les illusions Yes, il vaut mieux en rire ... Nous sommes bien obligés de donner un sens à notre vie et au monde qui nous entoure, sinon ....

Du vrai arrêt sur images finalement et chacun peut le lire à sa façon et y voir ce qu'il veut, ce qu'il peut. D'ailleurs c'est vrai pour tous les dossiers d'@si, s'il n'y avait qu'une seule interprétation possible de ceci ou de cela, nous ne pourrions pas discuter sur les forums. Nous serions tous d'accord, quel ennui.

Sébastien pourquoi ne pas avoir écrit cette chronique sans Obama et Sarkozy forcément, avant la fameuse émission 'Loose Change". Je rigole, Ça n'aurait rien changé.
et l'unique "sujet" à analyser est celui qui choisit cette image au milieu de milliers d'autres
Très bonne chronique !
J'aurai juste un bémol à rajouter. Vous écrivez :
"Et devant une figure de Rorschach, vous devez dire ce que vous voyez. L'idée, c'est qu'il n'y a rien de représenté sur cette feuille et que c'est vous qui allez y projeter ce que vous avez au plus profond de vous, vos peurs, vos désirs, bref : votre inconscient. Ces images intérieures vont pouvoir se révéler grâce au support libre."

Or n'importe quel dessin représente quelque chose.
Nous avons tous notre valise de lecture des images, notre iconothèque commune qui nous permet
de lire ce qui est communément défini par tel ou tel forme.
Je parie dix mille que la majorité des occidentaux (je ne sais pas pour les autres cultures) liront dans
votre image de Rorschach une araignée ou autre insecte à plus de 4 pattes.
Parce qu'une araignée, c'est quand même un truc noir et ovale au centre avec 6/8 pattes qui partent du truc ovale.
Un dessin de Rorschach est le produit de l'homme, pas totalement du hasard.
Faire le choix de fabriquer une image totalement symétrique est un choix volontaire.
Mettre telle ou telle couleur est aussi un choix ayant une incidence sur l'interprétation.
J'aime bien l'original. Alors voir une parodie avec sarkozy, ça m'a tout de suite repoussé.

J'ai vu une araignée.

Donc la campagne de green peace est une araignée pour moi. Le message je l'ai déjà oublié. A mon avis c'est extremement maladroit et peu efficace.

Sur l'original, un seul mot: "HOPE". Le message est simple, l'image hyper iconique. Alors que greenpeace c'est grosso modo "réduire de 30% l'effet de Serre". L'image Sarkobama va rester, mais le texte est incompréhensible par rapport à la version obama. Est-ce que Greenpeace est pro-Sarkozyste ? Si le but est de n'y rien comprendre, Bravo.
Bref je rejoins Georges MARCHANDIAUX, un peu plus haut.

Cadeau BONUX : (mais non je parodie personne)
L'auteur(sur son site/blog) à l'air de prendre ça comme un acte de réconciliation avec les états-unis (apparement on était encore en pleine guerre froide...). Comme quoi, l'interpretation est assez vaste (ou plutôt vague). (je précise que c'est avant qu'on sache que ça soit greenpeace)
Cela me rappelle mes années de licence en Psychologie. Est-ce que par hasard, le résultat de cette étude n'est pas en lien avec le principe d'économie cognitive (en disposant de rien, on essaie quand même de construire du sens, même très peu, pour pouvoir réfléchir efficacement et ne pas "boucler" à vide sur l'analyse d'un item)?
C’est re-moi….
Je me suis bien amusé merci surtout en me livrant à un petit jeu d’analyse « borderline » des affiches initiales…. Par exemple j’ai pensé que peut-être ce manipulateur espiègle qu’est Sébastien s’était contenté de permuter les textes des deux affiches et que - dans la réalité Obama dit « YES WE CAN ! » pendant que Sarkozy avoue « YES I READ @SI ! »…

Plus sérieusement je ne suis pas absolument d’accord avec sa conclusion qui nous dit « alors tous les autres sens que nous avons pu créer se dissipent…. ». Ne connaissant pas vraiment les objectifs de Greenpeace (et vous non plus semble-t-il puis que vous écrivez " l'affiche était donc probablement un moyen d'attirer le regard..." ) , le message reste ambigu … et qui dit ambigu dit manipulation possible…
et alors on peut rejouer, cette fois au « jeu du complot » avec Greenpeace comme maître d’œuvre…. (ça c’est déjà vu !)

PS : je rêve d’un petit « travail » collectif où Alain s’occuperait des affiches détournées, ET DES ABSENTES…, Judith de l’analyse « littéraire » et où Anne-Sophie nous offrirait un feu d’artifice…. avec le mot » projection » bien sûr….
Si ca vous interesse : Voici le lien sur Google images avec une recherche 9-11 devil :

Il est interessant de constater que le Diable a ete repere sur plusieurs images differentes !


http://images.google.co.uk/images?q=9-11+devil&um=1&hl=en&safe=off&client=firefox-a&rls=org.mozilla:en-GB:official&sa=N&imgsz=
Merci pour cette chronique fort interessante.

Aloysius, je pense que la reference au complot a propos de la derniere image de l'article vient du fait que cette image particuliere a cree a l'epoque un Buzz enorme sur la toile parceque de nombreuse personnes ont vu dans la fumee le visage du diable, ce qui a ete utilisee par beaucoup comme preuve que quelquechose etaiti cache au bon peuple.

Mais il faut sans doute avoir deja une education religieuse afin de pouvoir projeter ce genre d'image.

L'education etant a mon avis un des points capitaux par rapport a la maniere dont nous analysons ( ou pas ) le monde qui nous entoure. Je pense personnellement qu'il y a quand meme eu depuis quelques decennies, dans les pays dits democratiques, une certaine volonte politique de "saboter" les systemes d'education, car des populations non eduques ne vont pas etre capables de reagir de maniere effective si les outils d'analyse ne sont pas la. Offrons donc de l'"entertainment" aux gens, leur faisant croire que c'est la culture, et comme il est bien explique dans l'article, moins les gens sont en controle, plus ils vont avoir tendance a projeter n'importe quoi sur les evenements.

C'est d'ailleurs un des porblemes majeurs de l'interent qui offre a la fois le meilleru de ce que notre civilisation peut offrir, mais bien sur egalement le pire. Et le danger, c'est que certaines "informations" font maintenant le tour du monde en quelques heures, sans que personne ne soit capable n'analyser cette information.

C'est pourquoi il est important de savoir ou trouver un information verifiee, mais aussi analysee de maniere professionnelle. C'est tout l'interet d'@SI qui est un des rare site cree par des journalistes professionels.
Un grand merci pour cette chronique, Sébastien. Je vous lis toujours avec grand plaisir.

Il y a toutefois une petite chose que je n'ai pas bien comprise vers la fin. Pour ma part, j'ai vu les deux tours embrasées du WTC dans la dernière image (était-ce bien ça ou une projection de mon imaginaire ?). Vous nous parlez ensuite du "vrai sens" qui, si j'ai bien compris, serait celui que Greenpeace aurait voulu lui donner : mais peut-on parler de "vrai sens" à ce propos ?

Que visez-vous, ensuite, en parlant de "la théorie du complot" à ce sujet (si vous faites bien référence aux tours du WTC) ? Celle qui y voit un complot de la CIA ? Ne peut-on pas dire aussi que la version "officielle" américaine, impliquant Sadham Hussein, était elle aussi une théorie du complot ? Et quand deux tours subissent un tel attentat, n'y a-t-il pas de toute évidence un complot ? Il n'y aurait donc pas d'un côté la théorie du complot et de l'autre une vision, disons, moins imaginative, mais effectivement un complot avéré que les uns et les autres interprètent différemment.
Je tiens à rectifier une erreur : la première affiche n'est pas celle que l'on a vu partout. En tout cas, et sauf erreur de ma part (les sens mentent si souvent), il n'était pas écrit sous l'affiche d'Obama : Yes Il read @SI. J'aurais bien aimé.

Et je voudrais rajouter un point en ce qui concerne "la perte de contrôle des citoyens, dans leur vie professionnelle ou familiale". Moi il me semble que la perte de contrôle a été avant tout politique, c'est ce qui a fait du 11 septembre un évènement qui reste très anxiogène, au-delà de la peur immédiate qu'il a suscité, et qui fait que le buzz sur le complot a été si puissant.
Quand je parle de politique, c'est évidemment du recul de la démocratie dont je parle. L'emploi du mot "citoyens" pourrait faire croire que la phrase n'est pas exempte de cette dimension politique, mais je la trouve un peu courte. Parce que ce qui exaspère le plus les adeptes du complotisme du 11 septembre, il me semble, c'est la dimension de la manipulation possible par rapport à des faits qui à l'examen se révèlent invraisemblables, et donc la manipulation des médias qui sont sensés être un contre-pouvoir en démocratie, et qui dérogent de plus en plus à ce rôle.
Je sais que tout ce qui tourne autour de la psy est par définition loin du politique et plus proche de la philosophie, mais si on décide de s'engager dans une analyse de ce genre, il y a un moment où on ne peut plus faire l'impasse. Le 11 septembre est un évènement avant tout politique, de quelque manière qu'on le considère;
C'est comme vos chroniques : elles sont en elles- mêmes un test de Rorschach.
Splendide papier !
Petite remarque : il me semble que les superstitions, les croyances, répondent à ce besoin désespéré de compréhension du monde, là où il n'y aurait que le hasard, comme vous l'écrivez.
Ce que je me demande, c'est pourquoi ?
A la limite le pourquoi est facile à comprendre : expliquer, projeter, inventer, dégager du sens, aide à supporter l'absurde. Autrement dit la projection est anxiolytique.

Une chose me paraît étrange cependant.
Notre raison nous indique qu'en l'absence d'informations, la projection est souvent fausse
Sans preuves, sans possibilité de vérification.
Pourquoi dans ces conditions s'étriper les uns les autres au sujet d'assertions dont nous ne pouvons vérifier le bien fondé ?
Combien de fois n'avons nous pas été nous mêmes victimes d'une projection d'un autre ?
Qu'est-ce qui empêche d'en tirer les leçons ?

Voir le poster dans la rue ne devrait induire qu'un seul type de réaction : ne pas en avoir, dans un sens interprétatif en tous cas.
Nous savons bien que l'affiche est un teaser, qu'elle sera suivie d'autre chose, c'est une technique de commercalisation aujourd'hui banale (demain j'enlève le bas, etc. etc.)

Et cela a été le cas.
Alors, qu'est-ce qui empêche de raisonner ?
Je suis surpris depuis qu'@si commente cette image de voir que personne n'a relevé la bipolarité du visage Sarkozy, sur l'image facon Obey. Sur la partie gauche, les contours dessinés respectent les traits du personnage. Tandis qu'à droite (sa gauche donc), l'ombre déforme complètement le rictus et le sourcil de Sarkozy.

On a l'impression de voir un clown, un diablotin, que sais-je ?

Et donc l'homogénéité du visage s'en trouve compromise. C'est pour ca qu'il semble au premier abord (enfin ca "m' ' a semblé) que l'image est "mal" faite, (du sous-sous-Obey), et apparemment réalisée par des amateurs... mais non, en fait, elle est cohérente...

Je vais un peu loin ?


Non, pas du tout. On peut s'interroger sur un cas de figure encore plus vicieux: Projeter du sens sur des images qui ont du sens. Tordu, non ?
Mais Sébastien, il me semble que ce phénomène est connu depuis longtemps : j'ai du lire depuis au moins 20 ans des comptes-rendus d'expérience où on fait voir à des gens des suites de nombres, et ils trouvent dans tous les cas une logique à la suite de nombre (logique évidemment de plus en plus compliquée et improbable) ... même quand la suite de nombre est générée de façon aléatoire.
Marie-Claude,

c'est vrai que la tendance à voir du sens dans le hasard est une caractéristique de la cognition humaine, mais ce que vient de montrer cette étude, c'est que cette tendance de fond est ajustée selon la sensation de contrôle qu'ont les individus sur leur environnement. Plus la perte de contrôle est importante, plus cette tendance de base est rendue saillante.

Ce papier aborde d'ailleurs aussi la question des superstitions, et montre qu'en donnant le sentiment aux gens de ne pas contrôler leur environnement, on suscite chez eux une plus forte croyance dans les superstitions (toucher du bois quand on dit quelque chose qui peut porter malheur, par exemple). Les superstitions du type "toucher du bois" sont des stratégies de restauration de contrôle à l'échelon le plus élémentaire, et Malinowski avait bien étudié ces phénomènes chez les peuples d'Océanie, il y a presque un siècle. En se persuadant qu'un geste du doigt sur un morceau de bois peut avoir une influence conjuratoire sur le déroulement des événements, on restaure une sensation de contrôle sur l'environnement.

Je trouve l'étude d'Austin particulièrement intéressante car elle interpelle à la fois sur la paranoia du complot qui est quand même une marque de notre époque, et sur la perte de contrôle des gens dans leur vie. C'est un fait pour pas mal de personnes, d'être confrontées à un management qui réduit le contrôle de l'individu sur son environnement (voir les études du psychologue social Didier Truchot): mons de pouvoir de décision et d'action des employés sur leurs salaires, sur le résultat de leur travail, sur les décisions dans l'entreprise. Moins de contrôle aussi des individus dans la sphère familiale, avec des repères fluctuants, le milieu adolescent qui se constitue en identité indépendante des parents, et forcément moins de prise des parents sur leurs enfants.

On va dire qu'en d'autres temps, l'individu avait tout aussi peu de contrôle sur son environnement, et même moins (les aléas des récoltes, les maladies contre lesquelles on n'avait pas de remèdes, la mortalité infantile) mais qu'il avait un gigantesque système de sens au-dessus pour faire marcher la superstition ou les symboles: le monde surnaturel. ça, en matière de sens caché dans le désordre, on n'a jamais fait mieux. Mais ça s'est en grande partie écroulé. IL faut donc trouver du sens caché autre part, et on se régale avec les gouvernements, les organisations terroristes, les sociétés secrètes. Mais il faut toujours s'interroger sur la perte de contrôle qui est la première variable d'ajustement de ce système cognitif.
Un petit détail me gêne dans cette expérience : elle ne semble mettre en lumière que les aspects négatifs de la quête de sens des individus affectés par ce sentiment de ne pas contrôler leur environnement. Bien des théories scientifiques ont été remises en cause parce qu'un chercheur, considérant que l'expérience ne coincidait pas avec la théorie, en a établi une autre ; je veux dire par là que si l'esprit est plus aiguisé à fabriquer du sens, il ne le fait pas forcément que dans le sens de la superstition et de la paranoïa. L'expérience que vous relatez montre aussi que les volontaires fabriquaient du sens à partir du moment où ils étaient obligés de se rendre compte que la situation leur échappait, ce qui n'était pas le cas, pour reprendre l'exemple des théories scientifiques, des prédecesseurs de notre chercheur qui se satisfaisaient de l'ancienne théorie et mettaient au compte des erreurs de manipulation les éventuels écarts entre la théorie et les données inadéquates de certaines expériences ; l'histoire des sciences montre que ce qui semble évident aujourd'hui a pu être systématiquement ignoré et contourné par d'anciennes théories scientifiques. En ce sens le fait de se sentir en situation de contrôle peut aussi être complètement illusoire et peut juguler la connaissance, voire pire. Il y a lieu de s'interroger aussi sur les mécanismes qui nous conduisent à nous croire en situation de maîtrise de l'environnement et qui peuvent être eux aussi reposer sur des mystifications ou les générer :la thèse du réchauffement climatique ou la disparition massive de la vie biologique souterraine ne dénoncent-elles pas le caractère illusoire de notre sentiment de contrôler l'environnement et des modes de représentation qui en découlent ?

Marie-Claude,

c'est vrai que la tendance à voir du sens dans le hasard est une caractéristique de la cognition humaine, mais ce que vient de montrer cette étude, c'est que cette tendance de fond est ajustée selon la sensation de contrôle qu'ont les individus sur leur environnement. Plus la perte de contrôle est importante, plus cette tendance de base est rendue saillante.

Ce papier aborde d'ailleurs aussi la question des superstitions, et montre qu'en donnant le sentiment aux gens de ne pas contrôler leur environnement, on suscite chez eux une plus forte croyance dans les superstitions (toucher du bois quand on dit quelque chose qui peut porter malheur, par exemple). Les superstitions du type "toucher du bois" sont des stratégies de restauration de contrôle à l'échelon le plus élémentaire, et Malinowski avait bien étudié ces phénomènes chez les peuples d'Océanie, il y a presque un siècle. En se persuadant qu'un geste du doigt sur un morceau de bois peut avoir une influence conjuratoire sur le déroulement des événements, on restaure une sensation de contrôle sur l'environnement.

Je trouve l'étude d'Austin particulièrement intéressante car elle interpelle à la fois sur la paranoia du complot qui est quand même une marque de notre époque, et sur la perte de contrôle des gens dans leur vie. C'est un fait pour pas mal de personnes, d'être confrontées à un management qui réduit le contrôle de l'individu sur son environnement (voir les études du psychologue social Didier Truchot): mons de pouvoir de décision et d'action des employés sur leurs salaires, sur le résultat de leur travail, sur les décisions dans l'entreprise. Moins de contrôle aussi des individus dans la sphère familiale, avec des repères fluctuants, le milieu adolescent qui se constitue en identité indépendante des parents, et forcément moins de prise des parents sur leurs enfants.

On va dire qu'en d'autres temps, l'individu avait tout aussi peu de contrôle sur son environnement, et même moins (les aléas des récoltes, les maladies contre lesquelles on n'avait pas de remèdes, la mortalité infantile) mais qu'il avait un gigantesque système de sens au-dessus pour faire marcher la superstition ou les symboles: le monde surnaturel. ça, en matière de sens caché dans le désordre, on n'a jamais fait mieux. Mais ça s'est en grande partie écroulé. IL faut donc trouver du sens caché autre part, et on se régale avec les gouvernements, les organisations terroristes, les sociétés secrètes. Mais il faut toujours s'interroger sur la perte de contrôle qui est la première variable d'ajustement de ce système cognitif.




En fait, cette expérience en laboratoire vient explorer un champ déjà abordé en philosophie et en anthropologie. Par exemple, la notion de "monde comme si" de Vaihinger qui a été reprise par Arnold Van Gennep dans son étude du folklore français. Les fondateurs de l'anthropologie s'étaient beaucoup demandé comment comprendre la magie. De nombreux éolutionnistes ont simplement considéré qu'il s'agissait-là d'une pensée pré-logique, pré-scientifique, purement naïve et propre à une évolution plus basse de l'humanité. Donc on abordait toujours la question des conceptions dans une logique de connaissance du monde, et nécessairement par ethnocentrisme, on en venait à considérer que ce n'était-là que des erreurs.

Or Van Gennep proposait d'étudier ces cérémonies non pas d'un point de vue de connaissance, d'efficience, de science, mais plutôt du point de vue de l'atmosphère. Il considérait qu'on ne pouvait pleinement comprendre l'enjeu des rituels magiques, que ce soit chez les Aruntas en Australie ou encore dans la campagne française, si on ne se rendait pas attentif à l'esprit particulier dans lequel se placent les participants au moment de ces rituels. En suivant cette préconisation, il en est venu à reprendre la notion de "monde comme si" (Welt als ob) de Vaihinger : les individus participent à ces rites en faisant comme s'ils y croyaient. C'était l'idée du "Bien sûr, je sais bine que la magie n'existe pas... mais quand même...".

Cette conception, en se croisant avec celle d'Edward Burnet Tylor à l'égard de la magie (c'est à dire que la magie serait un modèle d'explication du monde, une démarche rationnelle bien qu'encore non scientifique et par conséquent n'apportant pas de résultat satisfaisant), commence à faire sens.

Un exemple était donné, avec je ne sais plus quelle peuplade. Une situation : un membre de la tribu dormait dans un grenier, lieu de stockage de nourriture. Le grenier s'est effondré sur ledit membre. L'explication de la cause de cette situation par la tribu a été double. La question du "comment?" a été traitée aussi rationnellement que l'aurait fait un scientifique occidental : le bois devait être usé, il y avait une surcharge de nourriture, il a craqué et tout s'est effondré. Par contre, quand il a fallu aborder la question du "pourquoi?" et comprendre comment se faisait-il que l'effondrement ait eu lieu quand l'un d'entre eux était dedans, cet aspect-là a été abordé sous l'angle de la sorcellerie. Et nous-mêmes nous aurions une réflexion similaire : c'est pas de chance. Qu'est-ce que la chance? ^^
Bonjour,

j'ai une demande incongrue qui n'a strictement rien à voir avec le sujet, je ne vous en voudrais donc pas de ne pas me répondre. Cela dit, étant le "spécialiste du cerveau" par définition, je me tourne résolument vers vous plein d'un optimiste enfantin.
Je cherche des documents, en particulier des études de Louis Crocq sur un sujet bien précis et j'aimerais savoir s'il existe une bibliothèque spécialisée en ligne accessible où je pourrais les trouver.
[quote=Sébastien Bolher]Je vais un peu loin ?

une mise en abîme vertigineuse... (vous voulez à tout prix donner du sens, méfions-nous c'est peut-être un pur reflexe cognitif de votre part)
Voilà du Bohler comme j’aime…. Pas besoin s‘acheter un de ces petits appareils qui vous secoue les neurones….. votre article a généré une telle foultitudes de sens (comment fait-on pour mettre ce mot au pluriel ? en écrivant « sensss » ?) que je m’en suis imprimé une copie pour mieux en profiter…. Disons que ça me rajeunit et me rappelle certainsTP de psycho sur le thème « culture et perception »…. Ça fait déjà un fameux bail comme dit la chanson !
Je sens (du verbe sentir… je devrais dire : je pressent….) qu’il va me faire de l’usage. Merci ! à 6h30 du matin, ça réveille !
Bonne journée à tous !
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