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Salafistes en Tunisie : vives critiques contre Envoyé Spécial

L'émission Envoyé Spécial a-t-elle grossi le trait sur le danger salafiste en Tunisie ? Le reportage, diffusé jeudi 17 janvier sur France 2, a suscité de vives critiques de la part de Tunisiens dans les commentaires de la page Facebook d'Envoyé Spécial. Des critiques sur la forme, habituelles lorsque des groupes sociaux se trouvent confrontés à leur image médiatique, mais aussi sur le fond : comme l'a relevé Liberation.fr, l'hôtelier, présent dans le reportage, dénonce aujourd'hui des propos tronqués, et une association salafiste est même allée jusqu'à diffuser sur le web un "contre-reportage".

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Bonjour à tou-te-s,


J'ai été assez régulièrement à Sousse l'année dernière, et travaillant là-bas, ai pu parler à des Tunisiens et des expatriés français.

Des témoignages, j'ai noté que la situation des homosexuels s'est dégradé ; alors que c'était très bien accepté auparavant et assez répandu en général en Tunisie, certains se font maintenant tabasser, et pas forcément pas des inconnus, pas au hasard ou par suspicion. Certains également se font embarquer par la police, du jamais vu avant. Ça reste relativement marginal (du moins à Sousse), mais ces phénomènes accroissent surtout la pression psychologique.

Sur les lieux de travail, les barbes et foulards apparaissent depuis la révolution, ce que ne vivent pas forcément très bien les patrons français notamment.

La situation des expatriés s'est un peu compliquée par certains aspects de leur vie, mais reste dans l'ensemble très relax. Il y a clairement eu une mainmise des français sur la vie économique Tunisienne, et le retour de bâton est violent et pas toujours très réfléchi. Des entreprises symboliques (par exemple un vignoble tunisien très connus) ont été saccagées, au lieu d'être récupérées par leur travailleurs...

Par contre, l'élément qui m'a le plus marqué a été, quelques jours avant le Ramadan, la fermeture de la plupart des boites de nuits de Sousse, dont les patrons nous disaient que c'était plus pour marquer le coup qu'autre chose, puisque quelques jours après, ils savaient déjà qu'ils pourraient fonctionner normalement.


Pour conclure, je dirais qu'il y a un retournement de la situation pour les expatriés, par rapport au tourisme également, un retour indéniable vers la religion, mais on est loin d'un pays aux mains de méchants salafistes qui cassent tout sur leur passage.


Désolé si mon discours peut sembler cliché, j'ai tenté de rester succinct (et donc pas forcément complet et usant de raccourcis...) mais je suis disposé à élaborer dans la mesure de mes moyens chacun de ces points !
L'angle de vue comme la critique sont comme toujours trop resserrés.

Qu'il s'agisse des salafistes ou d'un sujet de société complètement "inofffensif" le vrai problème
m'apparait être l'uniformisation et la dramatisation systématiques des reportages en général.

Toujours cette voix off lancinante, toujours ces caméras cachées à deux balles, toujours ces choix
de musique caricaturalement orientés, toujours cette volonté de dénoncer quelque chose sans la
moindre demi-mesure, pour bien montrer que le journaliste est dans un combat pour la vérité, etc.

L'immense majorité des reportages télévisés semblent sortis d'un même moule.
Le spectateur se retrouve avec 80% de la compréhension prémâchée, pas de place pour la nuance ou la contradiction.

On perd petit à petit le souvenir du vrai reportage, naturaliste, prenant son temps, sans effets superflus et exagérés.
Les journalistes sont là pour faire du spectacle et de l'immersion façon real-TV, plus vraiment pour nous informer.
L'hôtelier : "Les journalistes ont passé deux nuits dans notre établissement. Ils étaient nos invités" ?????????????????
Moi qui croyais que c'était ma redevance qui payait les reportages d'Envoyé Spécial ...
le problème sera résolu quand les salafistes seront devenus eux-mêmes une attraction touristique.
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