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Retour vers la critique : Libé 1985 descendu par le web 2015

"La bourgeoisie intellectuelle se ridiculise once again". En republiant sur Twitter et Facebook l'intégralité de la critique du film Retour vers le futur, parue en 1985, Libé a raté sa cible. Le post, qui relevait simplement le décalage entre la virulence du texte et le destin du film, aujourd'hui devenu culte, a fait l'objet de commentaires assassins sur les réseaux sociaux, obligeant Libé a faire deux mises au point. Un bel exemple de "sous-culture" réhabilitée par internet, et du fossé habituel entre critiques et spectateurs ?

Derniers commentaires

La foudre du web , vous donnez aussi beaucoup d'importance aux twittos qui sont une min sphère , faut se calmer . E, plus les critiques si elles n'étaient que le reflet subjectif ..na na na , et bien alors les gens qui se disent critiques accepteraient eux aussi qu'on ne soie pas d'accord avec eux sans avoir besoin de mépriser ou de se sentir attaqués. Le problème de ses gens c'est qu'ils ne disent pas , JE n'aime pas , mais C'EST un film nul , autant l'un est une critique autant l'autre est du mépris .
Voilà, il y a 30 ans aimer ce genre de films, jouer à des jeux vidéo ou avoir lu tout Tolkien une demi douzaine de fois c'était la garanti absolu d'être regardé comme un gros ringard décérébré (ainsi que la certitude qu'on ne touchera pas une fille longtemps après la majorité). Aujourd'hui c'est le comble du cool et tout le monde est plus ou moins geek. Et quelque part je trouve ça hyper injuste... Disons que si mon moi de la fin des années 80 trouvait la DeLorean pour venir aujourd'hui il aurait surtout envie de casser des trucs, à commencer par la gueule de tous ces péteux qui le regardaient de haut à l'époque et ""avouent"" aujourd'hui avoir toujours été fan de super héros et de super mario.
Ce qui est intéressant à remarquer, ce sont les messages subliminaux que Hollywood sait si bien glisser dans ce genre de super-production.

Dans cette série rigolote (on l'a tous adorée pour peut qu'on soit gosse ou ado dans les années 80), on aperçoit, dans le numéro 1, des "terroristes libyens", et dans le numéro 2, une image de Khomeini entouré de flamme dans une ambiance satanique. Ça peut sembler anecdotique, mais est-ce que ça l'est tant que ça ?

On retrouve ce genre de messages aussi bien dans les films "sérieux" que dans les grosses comédies, genre "Y a-t-il un flic...".

https://www.youtube.com/watch?v=TJ7nwbbIpkc
La réaction aigrie du chef du service Culture (avec un gros Q) de Libé passe complètement à côté du sujet.

Parce que la critique en question ne se contente pas d'analyser l'idéologie véhiculée - en quoi il tape au final assez juste, le film étant un produit de son temps, calibré pour les ados, pas subversif pour deux ronds, voire glorifiant le self made man made in USA - mais il tape sur la réalisation et le scénar alors que c'est justement le point fort de la Trilogie.
Un scénario limpide, une mise en scène au cordeau, des acteurs au diapason : on ne peut qu'admettre que le film fonctionne admirablement !

Mais on comprend mieux les critiques acerbes de Skorecki, quand on voit ses films : c'est le peintre du dimanche qui dit que Picasso fait du bâclé tout vilain...
Je ne suis pas fan de Libé, mais qu'ils écrivent ce qu'ils veulent si ça leur chante. Les zozos sur Twitter, en revanche, cette masse impersonnelle parfois anonyme, mélange de vox populi et de Cochemerle en ligne, veulent leur peau. Écrire une critique négative de RVF est inconcevable. Ça mérite l'exclusion du champ médiatique. Cette armée mexicaine fout bien la trouille.
La tyrannie des cornichons sur le Web... Nom de Zeus. Tolérance zéro, quoi. Mûrs pour la fin des démocraties.
J'ai dû passer à côté de quelque chose dans tout ça, mais je ne comprends pas bien l'intérêt de la polémique. Les débats "prolos/bobos" me font bailler aux corneilles, désolé.
Les critiques de cinéma ne suivent pas toujours la majorité du public, c'est un débat vieux comme le monde, j'ai juste l'impression qu'on essaye de lui donner une seconde vie avec la fameuse "inflammation des réseaux sociaux" qu'on nous ressort à toutes les sauces. Soit : des gens qui envoient des commentaires agressifs sur un truc qu'ils n'ont pas aimé, en prenant soin d'être percutants vu qu'ils ont un nombre de mots limités. Percutants, incisifs... donc, lus et écoutés. Est-ce que ça suffit réelement à lancer un débat? Combien de ces gens qui ont balancé leur commentaire haineux se sentent vraiment concernés par le sujet? Seraient-ils prêts à accorder du temps à un débat de fond sur le rôle du critique de cinoche?
Tiens, un débat qui me semblerait plus intéressant (et autrement plus préocupant) sur la place du critique de cinéma: on pense ce que l'on veut du film Les Nouvelles aventures d'Aladin. A ce que j'ai compris, peu de journalistes ont été invités aux projections presse. Donc la plupart des critiques Télérama, Inrocks... (qui auraient sans doute descendu le film) n'existent pas. Snobent-ils volontairement le film? Est-ce un "mépris de classe" (bobos/prolos, tiens!)? Ces critiques négatives du film - certes attendues - ne sont-elles pas aussi nécessaires que les autres? Qui cela sert-il, au final?
Le film fait un carton. Et les critiques regardent ailleurs. C'est tant mieux, sans doute, pour tous les autres films plus alternatifs qui doivent arriver à exister.
Mais, justement à l'heure des réseaux sociaux, de la communication à grande échelle omniprésente, cette façon des critiques de faire comme si le film à succès du mois n'existait pas... c'est assez étrange, et ça me semble dire quelque chose d'autrement plus pertinent sur la critique que des gugus qui envoient des messages de 3 lignes pour dire qu'ils n'aiment pas une critique d'il y a 15 ans.
D'il y a 30 ans, la critique. Ce ne sont pas forcément des débats prolos/bobos, mais des débats de classe, oui. Que ça ne vous intéresse pas ne signifie pas que ce n'est pas pertinent dans une certaine mesure. Disons qu'on oublie un peu la question de la qualité ou du contenu de l'oeuvre - dont je n'ai moi-même pas parlé, en préférant pointer les a priori du critique, justement. On se mord peut-être la queue. C'est juste diablement énervant de voir à quel point on peut s'inscrire dans un courant de pensée sans l'interroger, dans l'esprit de son temps ... Et dans ce cadre-là, le ton "critique" - sans recul, sans nuance - renvoie, je trouve, tout à fait à l'esprit bas du front des twittos.
Ah oui, 30 ans. Il faudra quand même que je le vois un jour, ce film.

Vous avez raison, il y a du débat de classe dans tout ça. Mais il y a tellement d'autres aspects dans la critique de cinéma qui donnent plus à penser, je trouve. Il y aurait un vrai article de fond à faire sur la critique cinématographique actuelle. Ca me sidère à quel point, par exemple, la plupart des critiques de blockbusters américains (ou autres) axent leur avis sur le taux d'action, de violence, de sang produit par le film. Il me semble qu'à une époque, c'était plutôt reservé aux magazines consacrés au genres "action", "horreur", etc. Aujourd'hui, cet angle critique est en passe de devenir une approche classique de la critique de cinéma, totalement intégrée. Pour éreinter un film, on se désole du peu d'hémoglobine, de scènes pas assez trash, de scènes de sexe trop molles, du manque d'action trépidante, de scènes de guerre pas assez punchies - si le film n'est pas assez gore, on guette la version director's cut en dvd... Si le film est "bon", on le loue pour ces mêmes "qualités". La plupart de ces critiques se désolent par ailleurs du niveau d'abêtissement du cinéma actuel. Bref. Ca dit quelque chose de notre époque... et de ce que la plupart des gens (en tout cas, des critiques) attendent du cinéma, aussi.
Si l'état de la critique actuelle vous intéresse, un Jeudi d'Acrimed y avait consacré un débat (avec Michel Ciment !) ici : https://www.youtube.com/watch?v=CLZFKiBFbCY.

C'est passionnant à tous points de vue et ça contredit votre point de vue (je vous encourage à lire des sites comme capturemag, l'ouvreuse, daily-movies si vous cherchez de la critique solide).
Pardonnez-moi mais ... Quelles critiques lisez-vous ? A qui faites-vous référence ? Qu'on soit bien d'accord, le paysage critique ne me semble pas non plus satisfaisant, mais ce genre de reproche ne me semble pas particulièrement fondé.
HA bon en France a part les film sur les acteurs qui se regardent le nombril les critiques ne supportent rien qui pourraient leur montrer le vrai monde , les critiques ne s'intéressent qu'a eux même et ne valorisent que les films qui traitent de leurs petits problèmes de bourges .
Ce qui est intéressant avec cette critique, c'est qu'elle renseigne sur les valeurs - aujourd'hui complètement différentes - de la gauche de l'époque. C'est qu'en proposant un cahier des charges sans juger l'oeuvre pour ce qu'elle est et souhaitait être, et en parlant, même avec ironie, de "bon vieux réalisme", elle évoque des consignes jdanoviennes. C'est qu'elle rejette toute idée de sous-culture - comédie, science-fiction, rock - sans s'interroger ne serait-ce qu'une seconde sur ce qu'une sous-culture peut vraiment dire du monde. Elle y voit tout au mieux un signal d'alarme, un nivellement vers le bas, bref, toute la rhétorique néo-conservatrice à laquelle on s'est depuis habituée. Quand on sait que Libé publiait six ans plus tôt un dossier tout ce qu'il y a de plus élogieux au sujet de Tony Duvert et de son plaidoyer pro-pédophilie, le dégoût du critique pour la "sacralisation du teenager" fait tout de même rire très jaune. Que de mépris de classe, mais que de violence aussi, dans ces attaques finalement peu argumentées ... De quoi, effectivement, provoquer une bonne dose d'agacement.
Damned, encore raté !

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donc des types sont outrés parce que un truc qu'ils aiment s'est fait un peu egratigner (et il ya 30 ans en plus). c'est assez triste, un peu malsain, et c'est aussi d'une banalité affligeante (si on a passé ne serait ce que quelques secondes à lire n'importe quelle reaction à n'importe quel oeuvre sur internet).
ce film si je me souviens bien c'est un divertissement assez honnête mais ça n'as absolument rien d'exceptionnel, et c'est devenu culte au même titre qu'une bande de trentenaire nostalgique qui dansaient sur du bécassine ya quelques années.
Je m'amuse bien de cette critique. À l'époque le script avait eu de la peine à passer la rampe et beaucoup doutaient que le fim ne rentre dans ses frais.

C'est un peu facile de critiquer libé pour cela, aujourd'hui la culture «geek» incluant notament la SF et la fantasy est devenue mainstream. À l'époque c'était réellement un marché de niche. Abonné aux séries B et bien souvent aux navets, ce genre de sujet peinait à recevoir un traitement de qualité. Réaliser une grosse production avec cette matière première était un pari risqué.

C'est ça à mon avis qu'il faut retenir de cette critique, l'évolution des genres dans notre culture. Évaluer la qualité d'un critique 30 ans après, sans pouvoir se plonger dans le goûts et l'ambiance du moment me paraît gratuit et hasardeux.
Ce n'est pas sa date anniversaire... C'est quand Marty arrive dans le futur.
Je ne suis pas souvent d'accord avec les réseaux sociaux, mais là je leur donne mon +1.
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