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Qui est Florence Hartmann, l'ancienne journaliste du Monde arrêtée à La Haye ?

La France ne voulait pas la livrer à la justice. C'est finalement le TPIY qui l'a arrêtée, profitant de sa présence à La Haye. Qui est Florence Hartmann? Pourquoi cette ancienne journaliste du Monde est-elle poursuivie par la justice internationale ? @si retrace le parcours de cette spécialiste des conflits en ex-Yougoslavie, qui fut journaliste puis porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), avant de rédiger un livre dénonçant les méthodes de ce même tribunal.

Derniers commentaires

L'accord conclu entre le TPIY et la Serbie était la condition de délivrance par la Serbie de preuves permettant l'incrimination puis l'inculpation de certaines personnes poursuivies.
En échange : motus.

Le TPIY était dans une logique de condamnation des individus - la condamnation de la Serbie en tant qu'Etat lui a semblé totalement secondaire. Sincérité ("crimes are committed by men, not by abstract entities", comme l'avait affirmé le procureur du tribunal de Nuremberg) Cynisme (rien à foutre de la condamnation de la Serbie devant le monde et l’histoire) ou sociologie des organisations (intérêt personnel du TPIY à obtenir une condamnation pour son propre prestige) ?

La question est difficile à trancher et en toile de fond se pose la question de la compatibilité de la paix avec les condamnations judiciaires qui, en conduisant à un grand déballage et en "figeant" un état criminel dans le temps (une condamnation de la Serbie comme Etat génocidaire aurait lourdement affecté sa reconstruction - on peut s'en foutre, ou pas) affecte la mémoire et le devenir du pays concerné.

Bref, sinon micro précision : Hartmann était bien porte parole de Carla del Ponte et pas du TPIY.
Je ne sais pas trop qui est cette dame mais je pense qu'on ne peut pas être juge et partie.
Sur un autre plan, je m'étonne qu'elle se soit rendue à la Haye connaissant le contexte...
Et on s'étonne que certain(e)s se mettent à tirer à l'AK47 ou fasse péter des bombes..?
M'enfin...!
Bosnie formatrice de wahhabite , anciennement pro-nazi , a ce stade de la politique et de la justice , la Serbie avait droit a une certaine confidentialité ......Mme Hartmann me parait une personne " un peu partout"....journaliste , procureur ( mais si ) , .....en tout cas pas au dessus de la loi !

La liberté qui consiste a passer du journal au tribunal , et d'envoyer paître le tribunal sur une décision de ce dernier ......Elle a voulu collaborer avec la justice international mais ne pas s'y soumettre .
Les deux personnes qui arrêtent Florence Hartmann ne sont pas policières néerlandaises mais « agentes de sécurité des Nations-Unies ».
Je ne suis pas fan de Florence Hartman mais il est clair qu'ils en ont trop fait à la Haye en la mettant en prison.
Maintenant le problème est que des dérapages beaucoup plus graves que ces 7 jours de prison ont eu lieu au TPIY et que personne n'en a parlé. Là on a déjà BHL à la tête de l'escadrille et à coup sur les abrutis en tout genre vont déferler.

Je précise les dysfonctionnements:
-Onze témoins qui devaient témoigner contre Haradinaj criminel de guerre kosovar à la Haye sont morts. Ils étaient censés être protégés mais ont eu par exemple des accidents de voiture au Kosovo et au Montenegro. D'autres témoins ont été menacés et se sont désistés.Haradinaj été acquitté faute de témoins sans que cela ne choque personne. Il maintenant des responsabilités politiques au Kosovo. Faire avaler ça pour une victoire de la justice internationale:bon courage pour expliquer ça aux victimes roms serbes ou albaises (opposants à l'UCK) qui ont été tués ou ont du fuir.
-On a aussi les destructions de preuve évoquées par Carla Del Ponte dans l'histoire des trafics d'organe au Kosovo (Hartman avait d'ailleurs vivement critiquer le livre de Del Ponte dans lequel elle donne ses informations et ses soupçons).
-On a eu aussi droit à l'acquittement de Gotovina le général croate ancien mafieux qui a travaillé pour les services français et qui a vidé la Krajina de tous les Serbes pendant l'opération Tempête en 1995 (avec le soutien des journaux français et des intellectuels).
Aucune justice pour ces centaines de milliers de déplacés donc aucune mémoire?
-On pourrait aussi ajouter l'acquittement de certains généraux serbes impliqués en Bosnie et au Kosovo.

Ceux qui pensent que le TPIY a permis de châtier les coupables se trompent. Il a servi par exemple de tribune à Seselj l'ultra serbe qui a fait son show en ridiculisant les juges et à le poser en victime. Attirer la sympathie pour quelqu'un qui proposait d'arracher les yeux des Croates à la petite cuillère il fallait le faire. C'était un peu la même chose avec le procès de Milosevic.

Ceux qui pensent qu'il a permis de repenser les plaies se trompent aussi. Les acquittements évoqués plus haut jettent dans l'esprit de certains le trouble sur la culpabilité pourtant évidente de criminels condamnés (Karadzic par exemple) et servent de prétexte aux ultras serbes pour prouver que le monde entier leur en veut et que tout ce qu'on leur reproche est faux.
Il suffit d'aller dans certaines villes ou les Bosniaques ont été exterminés ou chassés. La dénégation est maximale. Les actions du TPIY et la condamnation des criminels comme Karadzic n'y feront rien au contraire.

Enfin il est vrai que les Bosniaques (musulmans) ont été laissés sans pratiquement aucun secours . Il suffit de regarder ce qui s'est passé à Gorazde par exemple en parallèle avec les dénégations du commandant de l'ONU sur place (un Anglais je crois). Je ne vois pas en quoi le dire est un problème. Par contre on pourrait le dire aussi d'autres populations (localement et à une moindre échelle): je pense aux Serbes de Krajina chassés et massacrés avec l'aide du commandement américain ou à des cas précis de pogroms au Kosovo devant les contingents allemands de la MINUK.

Les criminels des camps opposés sont au même endroit à la prison la Haye. Il paraît même qu'ils se préparent des plats les uns pour les autres tout camp confondus et font des fêtes d'adieu quand un des leurs vient à être libéré.
Ceux qui pensent qu'il a permis de repenser les plaies se trompent aussi. Les acquittements évoqués plus haut jettent dans l'esprit de certains le trouble sur la culpabilité pourtant évidente de criminels condamnés (Karadzic par exemple) et servent de prétexte aux ultras serbes pour prouver que le monde entier leur en veut et que tout ce qu'on leur reproche est faux.

Votre argumentaire est assez étrange ou bien je ne le comprends pas. Vous proposez, pour ne pas en faire des victimes et des symboles, qu'on laisse tranquille les génocidaires, les auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité ? Je comprends certains reproches que vous adressez au TPIY mais que vous prôniez l'abandon de la justice internationale sous prétexte qu'elle est imparfaite m'étonne. Ne peut-on pas dire la même chose de toute justice ?

je pense aux Serbes de Krajina chassés et massacrés avec l'aide du commandement américain

Vous êtes sûr que le commandement américain a chassé et massacré les Serbes de Krajina ? Ou bien reprochez-vous au commandement américain de l'avoir laissé faire ? Si oui, votre formulation est, au minimum, imprécise.
C'est vrai qu'aucune justice n'est idéale mais les répercussions du deux poids deux mesures sont énormes dans le cas du TPIY. Karadzic devait répondre de ce qu'il a commis et le fait que des personnes toutes aussi crapuleuses aient été acquittés ne lui donnent pas d'excuse. Je n'ai pas prôné l'abandon de l'idée de justice internationale car tout n'est pas négatif( La somme de témoignage apportée est impressionnante par exemple).
Il est facile et sans doute naïf de dire après coup ''il aurait fallu'' mais tout l'argent et l'énergie investies dans le TPIY aurait pu servir par exemple à aider les réfugiés à revenir ou à créer des commissions du type de celles qui ont eu lieu en Afrique du Sud. L'UE et les USA auraient pu aussi tenter de réparer leurs erreurs et de mettre la pression sur les dirigeants en apportant des financements conséquents. Au lieu de cela ils se sont totalement désintéressés ce ce qui se passait continuent à soutenir des personnalités corrompues qui pour certaines avaient participés à mettre le feu (l'actuel premier ministre serbe par exemple ancien ministre de l'information de Milosevic) . Ces personnes détruisent méthodiquement ce qu'il restait de l'Etat en prenant comme prétexte l'entrée future dans l'UE. On conçoit alors facilement qu'une justice locale soit difficile à mettre en œuvre. On me dira que la population n'y était peut être favorable et résignée mais l'an dernier il y eut une révolte en Bosnie avec des plénums citoyens pour protester contre la corruption et la les clivages ethniques, il n'y eut aucun soutien international bien au contraire ( Valentin Inzko le haut représentant de l'UE s'est même inquiété de ces plénums).


Effectivement ce n'est pas le commandement américain qui a participé aux opérations, c'est le MPRI constitué d'anciens généraux et de diplomates américains qui agissait avec l'aval de Washington.
https://www.courrierdesbalkans.fr/articles/guerre-en-croatie-nettoyage-ethnique-et-complicites-occidentales-2-2.html
Ça a l'air d'être un drôle de machin bizarre ce TPI...
Utilisation par l'OTAN de bombes à fragmentations au Kosovo.
https://www.hrw.org/fr/news/2000/02/07/human-rights-watch-publie-le-bilan-des-victimes-civiles-dans-la-guerre-du-kosovo

Utilisation par l'OTAN d'obus à uranium appauvri(31000).
http://www.sortirdunucleaire.org/Serbie-les-consequences-des

Les Irakiens y ont eu droit aussi.

Mais jamais l'OTAN n'a été poursuivi pour crimes de guerre.
Merci pour cette enquête.
Srebrenica, où l'Europe a perdu son âme en 1995. En fait le TPIY aussi, du coup, quelques années après. Attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain pour autant : le TPIY c'est tout de même une victoire de la justice dans les relations internationales. Karadzic condamné, c'est une reconnaissance de la mémoire des victimes, cela contribue à la sacraliser, or il faudrait enseigner cela dans les écoles, les collèges, les lycées, mieux qu'on ne le fait (à peine quelques minutes dans les programmes en première) - et ne pas laisser ça aux messagers de haine et de fanatisme sectaire qui sur internet peuvent se servir du conflit yougoslave, comme du conflit israélo-palestinien, pour dire à des jeunes cerveaux embrumés ou frustrés ou simplement avides de violence "voyez, là aussi ce sont les musulmans qui ont été victimes, sans aucun secours des occidentaux". On pourrait expliquer ce qu'ont été les accords de Dayton, pourquoi l'OTAN a été nécessaire alors, même si on peut être contre l'idée d'une alliance militaire de la Guerre froide qui a survécu à la fin du Rideau de fer en 1989, etc.
Invité de France-culture aujourd'hui: David Vallat:
http://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/radicalisation-en-prison-les-cles-de-la-detection
Vers la fin de l'émission ( à partir de 43 min), il explique être parti en Bosnie à 19 ans dans un but humanitaire: c'est là qu'il a commencé à se radicaliser, confronté à l'idéologie wahhabite.

http://www.humanite.fr/node/171925
Extrait de l'article de L'Humanité paru en 1997:Vallat, plus jeune (vingt-six ans aujourd'hui), plus chétif, plus déterminé aussi - il a déjà passé un an en Bosnie -, aurait pu être architecte. Il a préféré abandonner ses études à «l'époque où (sa) prise de conscience» du sort des musulmans dans l'ex-Yougoslavie. C'est donc pour tous deux la vie du camp entre prière et entraînement à la Kalachnikov.

L'imam fondamentaliste de Molenbeek est lui aussi passé à cette époque par la Bosnie.http://www.arte.tv/magazine/28minutes/fr/cheikh-bassam-ayachi-28minutes

Les enquêtes de Florence Hartmann ont-elles fait mention de ces fondamentalistes?
On va quand même pas faire un fromage pour 7 jours de taule, non ?
ce n'est sans doute pas ainsi que la jeune reporter du Monde des années 1990 envisageait l'épilogue de ses années d'enquête dans les Balkans.
Je souhaite vraiment que son arrestation ne soit pas la fin de l'histoire.
Une histoire édifiante par ailleurs.
Et un excellent article.
Attendez je ne comprends pas bien. Comment pouvait elle être à la fois journaliste et porte parole du TPI ? Ces deux fonctions semblent totalement incompatibles : dans un sens, entorse à la neutralité du journaliste, dans l'autre, risque de publication d'article sur des domaines confidentiels (ce qui s'est effectivement passé). Imagine-t-on un journaliste militaire qui émarge en sus à faire le porte parole de l'armée de l'air ? Ce TPI est décidément une drôle de chose.
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