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Quelques réflexions (sérieuses) sur le Thermidor du LOL

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Je ne crois pas que le l'humour soit vraiment remis en cause ici puisque l'on parle de harcèlement en ligne. Ce n'est pas parce que ce harcèlement se pratiquait "sous couvert d'humour" qu'il faut croire que la censure va s'abattre sur les journaliste(...)

Bonjour


Je suis très déçue par cette chronique. Vous rentrez dans le jeu argumentatif des harceleurs qui font le mal sous couvert d'humour. Quel est le lien entre l'humour et des messages d'insultes, des menaces de mort, de viol? J'ai lu depuis hier d(...)

Plus que l’importance de préserver la possibilité de l’humour, y compris douteux (point sur lequel je rejoins entièrement le Matinaute), je pense qu’il serait plus pertinent de chercher à comprendre comment des individus relativement éduqués ont pu, (...)

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" faut-il jeter l'humour dans l'information, ou la dérision comme mode d'expression, avec le bain des harceleurs de la Ligue ?"


Parce que pour vous, cher chroniqueur matinaute, ce qu'ont fait ces pauvres crétins décérébrés, c'est de l'humour ? Avec un "H" comme Hanouna ?


L'humour est la politesse du désespoir a dit je ne sais plus qui.


Ces gens là ne sont ni polis, ni désespérés.


Mais pendant qu'on parle de ça, on ne parle pas d'autre chose, bien sûr.

"Le rire ouvre les coeurs, et les esprits. A condition bien entendu de ne pas laisser cette dérision établir sa dictature" insulter les femmes ? de l'humour... humilier les jeunes ? de l'humour. Mépriser la culture des autres moins 'zintellos' , encore de l"humour. Seulement cet humour cahce surtout la peur pour les bobos de perdre la aprtiue, d'tere eux moqué aussi, avec leur peur de viellir qui les fait sortir avec des jeunes femme, avec leur ideoligie du 'bon gout', comme ces oeuvres pourris et chere que nos musee achete pour nourir le marche mondial, nos miusée servent a donner une cocte a de la emrde en branche, et ca c'est les zelites, comme si on comprennais pas, ils imposent de mepris de la jeunesse, parcequ'eux ne veulent pas mourir, d'appeler jeune qq de 30 ans (j'avais 3 enfants a 30 ans, de 10, 8 et 1 ans) est ridiculle, et montre le niveau du vioc qui parle, les bobos a 30 ans commencais a bosser, nous ca faisant deja 10 ans de taf deriere nous,  a 50 ans ont fatigue.

Le LOL, c'est l'équivalent des faux rires des sitcom. Cela n'a rien à voir avec l'humour... Sur le web, on utilise cet acronyme pour essayer de faire passer une phrase pas drôle du tout pour une phrase drôle.

chronique de bon gros beauf , vous aviez une 33 export a la main en écrivant votre chronique ? 



Heu, sérieusement Daniel, vous avez l'impression que c'est l'humour qui est remis en cause?


Qu'est-ce donc que cette remarque horriblement semblable à un "no mai ho, si on peut plus faire un compliment!" lorsqu'on parle de harcèlement et agression...

Relire Bergson ?

Bon, si j'ai bien suivi le film, des ptits c..., journalistes de leur état, ont sévit pendant plus de dix ans, notamment en ciblant certaines de leurs consœurs, sans que leurs rédactions n'aient rien vu, rien entendu autour de la machine à café ou ailleurs... Rédactions qui, par ailleurs, se sont fait une spécialité de dénoncer les "dérives" du web et des réseaux sociaux depuis pas mal de temps...


Alors, de deux choses l'une, soit les Super Pro de l'Info ont fermé les yeux pendant de longues années et ce sont des pts c... en chef, ... soit ce sont des gros nuls.

Une expertise psychiatrique qualifierait cette "ligue" d'association de pervers narcissiques ?

Après Me Too, la première réaction des journalistes installés avait été de se plaindre que désormais on ne pourra plus rien dire et de s'inquiéter des risques de "dérives" inquisitoriales.

Donc Daniel, votre réaction fait est parfaitement cohérente avec votre position sociale, et ce n'est pas un compliment.

Bonjour et merci pour la chronique. 


Je trouve extrêmement douteux l'angle "veillons à ne pas jeter le bébé Humour avec l'eau du bain de la ligue du LOL", que vous surlignez au stabilo pendant toute la chronique. Ce n'est pas parce qu'il y a le mot LOL dans cette confrérie de lâches que cela fournit un fil rouge adapté. 


Tout d'abord parce qu'alors que les braises de ces révélations sont encore fumantes vous cochez, bingo pour bingo, la case "j'espère que les jeux de séductions vont survivre à l'affaire du Sofitel", ce genre de conneries qu'on s'est tapées pendant des mois après l'arrestation de DSK. C'est une formidable régression. Ne vous inquiétez pas pour l'Humour, qui existait avant, à côté et depuis la ligue du LOL, qui n'a jamais eu besoin d'elle, et qui va continuer à exister longtemps après que les carrières publiques de ces personnes se seront crashées comme c'est mérité. A commencer parce qu'il n'y a aucun rapport entre l'Humour et leurs activités, ou tout au plus le prétexte à établir le périmètre de leur domination.


Mais plus encore, parce qu'en vous inquiétant de ce que va devenir l'humour, vous ne vous inquiétez pas d'une autre fragilisation, celle des idées progressistes que portent, bon an mal an, et avec toutes les contradictions du monde, les journaux qui emploient cette bande. Je m'explique : face à toute la presse réac ou d'extrême droite, les Libé, Inrocks et autres Télérama ont peut être toutes les tares, à commencer par l’hypocrisie, mais ont au moins été le lieu où ont pu s'écrire des textes qui soutiennent les personnes sans-papiers, les personnes migrantes,  les LGBT et autres. C'est évident que tous les E. Zemmour de la place vont, attirés par l'odeur du sang, tenter de faire jeter ce bébé là avec l'eau du bain "bien pensante". C'est là-dessus que la vigilance devrait s'exercer.

Pour moi la plus grande leçon de cette histoire, comme d'années d'observation des réseaux sociaux, c'est que la tendance au harcèlement sur internet est tout aussi indépendante des tendances politiques que de celle à chercher à faire de l'humour (si c'est vrai il est une excuse pratique pour ceux qui n'ont pas celle de "s'en prendre aux dominants", par exemple). Autant de gens sont harcelés sur un ton sérieux qu'humoristique, et quels que soient les groupes/minorités auxquels ils appartiennent, c'est juste une question de tomber ou pas sur une meute de détracteurs ne résistant pas à la désinhibition que procure internet. 


Le mix personnalisation / identitarisation* (aka attaques "personnelles" mais généralement basées sur une identité collective à laquelle se retrouve rattaché le harcelé, traité en fonction de préjugés à l'égard de ce groupe) avec appel à une identité collective pour écraser le représentant d'une autre est généralement ce qui sépare ce qui peut aboutir à un harcèlement  (quand c'est assez répété / fait en meute) de ce qui relève d'un débat normal (exprimer des désaccords avec des idées ou, au plus, critiquer des comportements précis étant bien ceux de la personne visée et pas d'un groupe théorique), c'est tout, et ça peut être fait avec ou sans humour et quelle que soit l'identité collective en question (et oui ça inclut même "homme blanc" et "dominant", si c'est utilisé, comme souvent sur les réseaux, pour réduire systématiquement des personnes précises à des stéréotypes). 


Chercher à hiérarchiser les harcèlements en fonction de leurs motivations, qui les pratique, qui est visé, si c'était avec une volonté l'humoristique ou non, ne fait que légitimer le harcèlement en général, une meute politiquement motivée et sérieuse justifiera sans doute les harcèlements auxquels elle se livre par "c'était pour la bonne cause" (quelle qu'elle soit pour elle), un troll par "c'était juste pour rire", mais au final ils se basent sur les mêmes techniques et installent la même ambiance pour leurs infortunées victimes. Suffit de s'intéresser au net anglophone, avec ses échanges quotidiens entre "sjw", "bigots" et "trolls" pour en avoir des illustrations quotidiennes. Le refus par les gens du "bon camp" d'admettre que leurs idées généreuses ne les empèchent pas d'avoir la même tendance à harceler que les autres (ce qui fait que dans un exemple comme celui de cette affaire ils semblent y avoir résister encore moins), qu'une certaine manière de débattre ou d'agir en meute est juste à exclure, d'identifier que le problème n'est pas dans le "mauvais humour" mais dans l'usage agressif des identités collectives et des outils qu'offrent les réseaux pour monter un groupe contre un individu, et que ce soit ou pas par des gens qui cherchent à être drôles, est ce qui conduit à ce monde de harcèlement sans fin.  


* oui je sais c'est pas français

En mode "d'Ultra Sérieux & Euphémismes"


L'emploi de l'Humour en tant que "Arme d'Attaque, de Harcèlement et de Destruction Massive en Bande de Crétins Organisée" et au détriment d'une personne mise dans l'incapacité contextuelle de se défendre est haïssable ainsi que pervers (euphémismes)


Exprimer par l'emploi de l'Humour ses rages, ses colères, ses angoisses -se mettre à nu en fait- et ne blesser que 

ceux qui n'y ont vu que du feu, donc personne: le pied total !!! 


"Le reste n'est que pauvreté désertique dans une mer de sable mouvant" (AldousH GeorgeO Bernard Shaw)


Bonjour


Je suis très déçue par cette chronique. Vous rentrez dans le jeu argumentatif des harceleurs qui font le mal sous couvert d'humour. Quel est le lien entre l'humour et des messages d'insultes, des menaces de mort, de viol? J'ai lu depuis hier de nombreux témoignages proprement effarants. Quel est l'humour dans le fait d'envoyer massivement des montages pornographiques avec la tête des personnes que l'on souhaite démolir? Où est l'humour dans le fait de moquer, dévaloriser, insulter, menacer?

Non, il n'y a aucun lien, même lointain, avec l'humour. Ne tombons pas dans le "on ne peut plus rien dire" du tonton raciste ou homophobe. L'humour, ce n'est pas cela. Essayez, vous verrez, c'est très facile de distinguer l'humour non oppressif de l'humiliation: il suffit soit de ne viser personne (si, c'est possible d'être drôle comme ça), soit de viser uniquement les dominants (cf Molière etc.). C'est quand même assez simple.


Hier, avec les annonces de mises à pied en cascade, je me suis qu'il y avait des réactions plus rapides que pour #Metoo, certain-e-s ont appris, des choses semblent avoir progressé. Bien. Mais combien de temps avant que le contre-feu ne s'élève, qu'on entende les premiers "ça va trop loin" et autres victimisations des harceleurs en mode "oui c'est pas bien mais maintenant ce qu'on leur fait subir c'est mal aussi", autrement dit "tout se vaut"? Attendez 1 jour, 2 jours, une semaine, cela va commencer. Or, les faits qui sont décrits découlent d'un système de domination, ils sont extrêmement graves et ont des conséquences que l'on ne mesure pas encore bien. On se demandait pourquoi, malgré les progrès, les Youtubeurs, les blogueurs influents étaient essentiellement masculins. Pourquoi on entendait peu de voix féminines, alors qu'internet aurait pu être une voie de contournement des hiérarchies traditionnelles. On avançait des explications, les femmes ont moins de temps pour traîner sur internet, double journée oblige, elles sont moins sûres d'elles-mêmes, elles s'autocensurent... Tout cela vole en éclat aujourd'hui. De façon éclatante, il est prouvé que ce ne sont pas (uniquement) des préjugés inconscients, des choix personnels, une addition de petites choses qui font la différence, mais que l'on a fait taire systématiquement, pendant des années, ces voix féminines, féministes, différentes. Que si les voix qui comptent, si les postes à responsabilité sont essentiellement masculins, ce n'est pas juste parce que ça met du temps à changer. C'est parce que la masculinité toxique, la violence pour faire taire les femmes, elle est là. Sous couvert de jeunesse, de cool, de lol, mais elle est toujours bien là dans cette génération de trentenaires ou quarantenaires qui prétendent si fort qu'ils ont changé


Et on se demande pourquoi les féministes sont en colère. On leur dit de ne pas être agressives. Qu'elles en font trop. Qu'elles exagèrent. Sans mesurer que chacune d'elle, chaque fois qu'elle ouvre la bouche pour donner son opinion, s'expose à un déferlement de haine dont nul ne sait jusqu'où il pourra aller - dans plusieurs témoignages, les coordonnées personnelles ont été données, et les personnes ont subi des intimidations physiques. Malgré cela, elles ont continué, et pour cela, elles ont toute mon admiration, car personnellement, je n'aurais pas pu aller me battre dans cette arène. 


Le harcèlement, je connais, j'ai connu, à une époque où tout était mis sur le compte de l'"âge bête" de l'adolescence. Or, ce système de domination mis en place en cour de récré, avec quelques toxiques et beaucoup de suiveurs qui cherchent à être acceptés, qui se disent "mieux vaut être du bon côté", se retrouve exactement reproduit ici. Finalement tout se tient: c'est en éduquant très tôt les filles et les garçons à la non-violence et au respect, en déconstruisant le plus tôt possible les schémas de domination et notamment les idées reçues selon lesquelles les garçons devraient savoir s'imposer par la force, que nous pourrons changer les choses. La masculinité toxique doit se déconstruire à tous les niveaux. Mais, en attendant, pour ces adultes-là, il est trop tard: ils ne comprennent que la force, soit. Alors nous ne serons pas gentilles. Alors nous n'oublierons pas. On pourra bien nous dire qu'on est trop dures, qu'ils ont changé, qu'ils ont droit à la rédemption. Qu'il ne faut pas aller trop loin, quand même. Aujourd'hui, comme beaucoup de femmes, j'ai la rage contre eux. Mais ce n'est pas par désir de vengeance que je dis qu'ils doivent être durement et durablement punis. Je le dis parce que c'est la seule chose que comprennent ces personnes. Qu'ils changent, tant mieux. Mais en silence, dans leur coin. Nous n'écouterons plus leurs voix. Nous devons en voir s'élever d'autres.

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Cette épuration est évidemment bienvenue. Mais comme pour toute épuration, il importe de lui assigner des limites. 


Première observation, la beaufitude - car le Lol n'est rien d'autre sous ses habits au goût du jour - la beaufitude donc  n'épargne pas les milieux qui devraient en être le plus exempts. Le journalisme induit normalement des réflexions qui éloignent de ces tendances universelles, le sexisme, le harcèlement, la lâcheté de meute.


Par expérience personnelle, je sais qu'il n'en est rien. Si l'indépendance d'esprit semble une qualité essentielle de la profession, le suivisme, le conformisme en sont parmi les tares les plus communes. C'est ce qui apparaît avec éclat dans cette affaire.


Tous ces trentenaires dotés de quelques attributs recherchés de la modernité - pilosité de quelques jours, dextérité de geek, vie sociale surmultipliée - ne sont en fait que les avatars des machos épais des générations antérieures. 


L'évolution n'améliore pas l'espèce. Elle la transforme. Pour l'affiner, il faut beaucoup d'éthique au coeur de ceux qui ont les responsabilités supérieures. Il faut des directeurs et des rédacteurs en chef  intransigeants sur ces questions. 


Or la sélection et le mode de management des rédactions vont à l'encontre de ces exigences. C'est là qu'il faut agir et pas seulement par les bonnes paroles d'un Laurent Joffrin.


Il faut aussi bien définir par les mots ce que sont les notions essentielles. Ne pas confondre, par exemple, l'humour et la dérision.


L'humour est l'alibi suprême. Les humoristes sont devenus une profession prisée, recherchée, encensée. Mais ils ne pratiquent souvent que des formes plus ou moins raffinées de dérision. 


Le Lol n'était que la prolifération en réseau de cet esprit de dérision. Avec la perte de vue, par des individus prétendus évolués, que l'humour, le vrai, n'a de valeur que lorsqu'il s'applique d'abord à soi-même.

C'est quoi le " réseau social préféré " de Daniel Schneidermann ?


Quant à l'humour des "goujats" comme dit justement plus bas HBK, le problème est que ce n'en est pas

c'est juste un mode décalé de dire des saloperies

Le plus grave d'un point de vue morale c'est ce que dit d'eux Valérie Rey-Robert :

"Perso, je n’oublie rien. Les sales petits mecs. C’était il y a moins de cinq ans et ils sont désormais tous vus y compris par des féministes comme des gars cools et féministes ? "


Trump au moins est droit dans ses bottes : il se comporte sans prétendre être autre chose qu'un gros salÔ

Harceler, c'est très mal ! ( j'ai moi-même été harcelé , autrefois, par mon percepteur, et sans aucun humour ).


Mais, après avoir jugé et viré les " harceleurs" , qui va juger et virer les journalistes  et les directeurs de journaux qui nous  harcèlent de leurs éditoriaux péremptoires et non pertinents ...

 Qui va juger  les Giesbert, les Thréard, les Gernelle, les Barbier  ....etc ...qui nous gonflent ?


On me dira  : vous n'êtes pas obligé de supporter leur harcèlement .

Mais y-a-t-il vraiment le choix ?

Où est la frontière? "C'était pour rire" ou "les féministes n'ont pas d'humour" sont en effet des arguments éculés et à remiser. Pour moi, ça ne remet pas en cause l'humour, bien au contraire. Mais bien sûr il y a des situations frontières où il faudra argumenter.

Pour compléter mon commentaire ci-dessous : je ne vois pas bien le rapport entre l'humour et les tweets des journalistes du "LOL". Votre article semble pourtant bien vouloir rattacher les deux. Il faudrait donc considérer que ces tweets, malgré tout, à la base, seraient "de l'humour" ?

"Après avoir enduré dix ans la Terreur plus ou moins clandestine du LOL, va-t-on pourchasser le moindre gramme d'humour, ou d'expression personnelle, dans les tweets des journalistes ? "

Pour abonder dans le sens d'Euliose ci-dessous, je crois que même un journaliste doit être capable de faire la distinction entre humour et saloperie. 

Les journalistes mis en cause, à mon sens, n'avaient justement aucun sens de l'humour. Tout comme Euliose, j'ai du mal à comprendre votre inquiétude. Il est question de lutter contre le harcèlement et l'insulte. Pas d'abolir l'humour.

Je ne crois pas que le l'humour soit vraiment remis en cause ici puisque l'on parle de harcèlement en ligne. Ce n'est pas parce que ce harcèlement se pratiquait "sous couvert d'humour" qu'il faut croire que la censure va s'abattre sur les journalistes qui utilisent l'humour (@si se sent sans doute particulièrement concernée ;)).


J'ajoute que l'on ne reproche pas à ces personnes d'avoir utilisé "l'humour" dans leur pratique professionnelle mais uniquement dans leur usage privé (si j'ai bien compris) d'internet, comme n'importe quel "caïd" de forum.


Tout ça pour dire que je ne comprends pas bien vos réflexions sur le sujet qui semblent plutôt centrées sur vos propres inquiétudes (vais-je pouvoir continuer à faire des articles drôles ? - bien sûr, et tant mieux) que sur la prise de conscience du mal causé aux victimes de cette bande infâme.

Plus que l’importance de préserver la possibilité de l’humour, y compris douteux (point sur lequel je rejoins entièrement le Matinaute), je pense qu’il serait plus pertinent de chercher à comprendre comment des individus relativement éduqués ont pu, mis dans une situation bien particulière, se comporter en goujats de premier ordre.

C'est une question de domination et de conservation du pouvoir grâce à une solidarité endogame. C'est bien plus profond que de la goujaterie.

"des individus relativement éduqués"


J'ai en effet toujours remis en place mes enfants sur le thème "toi ça te fait rire, mais lui, regarde, il ne rigole pas du tout". Une de mes filles, petite, était instrumentalisée par les "grandes" pour humilier une autre petite. J'ai dû démonter le mécanisme et demander à ma fille de ne pas participer. La maîtresse? pfff...


La même est revenue un jour couverte de piqûres d'orties, ça durait depuis un moment, les poursuites à la sortie de l'école. La mère du garnement a complètement donné raison à son fils, ma fille était "une petite vicieuse" qui se serait exprès roulée dans les orties pour faire punir son précieux. Du coup, et grâce aux orties, la maîtresse est intervenue. Correctement, je dois dire.


Un de mes garçons est revenu un jour avec un énorme bleu, il était "tombé". C'est parce que son frère a cafté "il est pas tombé, il s'est battu" que je me suis aperçue qu'il était victime de harcèlement et qu'il s'était rebiffé. La morale (triste) c'est qu'ils lui ont désormais foutu la paix, ils ont trouvé une autre victime. Silence radio du côté du collège.


On peut fort bien ignorer complètement cette "vie souteraine" des enfants, il faut de l'attention, de la réflexion, et quand même pas mal de hasard. Et quant à "éduquer", encore faut-il avoir des principes égalitaires, et pas machistes. Humanistes et pas "que le plus fort gagne".

Penser que l'éducation protège de la masculinité toxique, du machisme et de la violence relève d'une vue de l'esprit. Je pensais que les différentes affaires de harcèlement et notamment #metoo avait fait voler ce préjugé en éclat... On peut être cultivé, diplômé, et avoir été élevé dans les schémas traditionnels de sexisme et de préjugés sur les rôles masculins et féminins, ce n'est pas incompatible...

Je goûte peu votre "relativement éduqués" ! La vie m'a fait fréquenter et les CAP et les docteur es, globalement le respect de l'autre et l'éthique personnelle sont des valeurs qui semblent plutôt disparaître en haut de l'échelle des diplômes et de l'égo.

Et le harcèlement dont il est question n'a rien à voir avec de la goujaterie mais avec des souffrances endurées et des carrières volées !

Mot clé "relativement".


Et oui ça dépasse largement la goujaterie, mais à défaut de trouver un meilleur mot, l’euphemisation me semblait être une tentative d’humour acceptable.

Non non, "relativement" est bien placé gagnant dans l'ordre!

Peut-on être "relativement"* éduqué et être franchement un connard? 

Beinh oui, la preuve.

*Relativement = considérer, lamentablement, la plus simple politesse -conduite en société- comme "poils aux fesses"  à gratter. De bien tristes sires.

"Peut-on être "relativement"* éduqué et être franchement un connard?" 


J'ai rencontré une femme maltraitée par un mec "éduqué" qui était, en même temps, un franc connard, voire un franc salopard. Le jour où elle a voulu lui échapper, elle s'est trouvée en plus grosse difficulté  que si elle avait épousé un beauf alcoolique: "je ne peux rien dire, qui me croirait, il passe partout pour quelqu'un de très bien"

C'est ce que j'exprimais mais sans doutes pas assez clairement.


L'intelligence et la culture n’empêchent pas d'être un con de première classe sous une couche de vernis brillant.

Entièrement d'accord avec votre commentaire, que je voulais approuver et compléter. 


La première fois que je me suis avisée de ce (faux) paradoxe, c'est en lisant, il y a très longtemps, je crois que c'était "La mort est mon métier", où je découvrais, adolescente naïve, qu'on pouvait en même temps être amoureux de musique classique et fieffé nazi. 


La "culture" ne protège de rien, "l'éducation" peut servir à bannir des SDF avec des dispositifs sophistiqués et "design", parce qu'ils sont une offense à la "beauté". 


Comme pour bien des choses, il faut penser à poser la question: "quelle" culture? "quelle" éducation?

Réponse tardive car votre réponse  adressée à la mauvaise adresse...*

Le livre de Robert Merle!

Bon sang de bouquin !!! Éprouvante lecture.

Un roman  hors norme est bien celui de Martin Amis, "La flèche du temps" (Folio)

L'avez-vous lu ? Martin Amis amplifie, si c'est possible, l'horreur en racontant l'histoire "à l'envers" de déportés.

Je vous laisse imaginer...

* "Inconnu à cette adresse" de Kathrine Kressmann Taylor. Autre livre.

   

              

J'ai lu "Inconnu à cette adresse", mais pas "La Flèche du temps". Le souvenir du livre de Merle est resté très vif en moi, parce que c'étaient mes débuts de prise de conscience. 


Un peu comme, dans un autre domaine, "Les raisins de la colère", ou encore (troisième domaine) "Pleure ô pays bien aimé" qui m'a conduite à m'interroger, bizarrement car ce n'est pas le sujet du livre, sur les limites de l'éducation familiale par rapport au contexte social. 

Magie des livres, non ?

Nous envoyer dans l'imaginaire bien réel au delà des mots.


Pour moi, un jour sans avoir lu au-moins quelques lignes, même d'un livre "bôahf²", est un jour de perdu.


Puis, c'est super les tuyaux qu'on se file entre potes 

-Dis, t'as lu "La fureur et l'ennui"  de Richard Flanagan, un australien?

-Comme Christos Tsiolkas, l'auteur de "La gifle" ?

-Et David Vann de l'Alaska ? 

-"Sukkwan Island" ? Yes !!!

   

             

mis dans une situation particuliere ? laquel ? internet , ha bon quand c'est des ado, ils sont cons, qd c'est des adultes mediatique et mal rasé, c'est particulier ?? on y est la . non y rien de particulier a ecrir un message violent, je le sais, moi qui est vecue des situations particulieres, et qui ecris de maniere trash et avec fotes, tu crois qu'on me pardonne ma sensibilité alors qu'elle vient des 12 ans d'incestes , 17 ans de violence physique, de mon investissement dans la société, qui n'est pas reconnue, et on ne me fait grace de rien, mm mes enfants ont fait leur adolescence en me reprochant leur education (normale), donc franchement protéger les mecs riches, c'est pas du SDF qui vole des pates, est assez risible qd ils attaquaient des jeunes femmes de 20 ans ?? waouh elle est ou votre humanité, dans le calecon des impuissants ? 

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