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Procès Carlton : à la radio, les mots pour le dire

Quels mots utiliser pour désigner les faits reprochés aux quatorze prévenus – dont l’ancien directeur du FMI et ex-futur président de la République Dominique Strauss-Kahn – dans le procès dit du Carlton qui s’est ouvert aujourd’hui à Lille ? Les journaux matinaux des trois principales radios ont oscillé entre euphémismes et mots crus pour décrire "ce petit réseau de prostitution hôtelière", les uns évoquant "des établissements de plaisir" et "des parties fines", les autres "des bordels" et des "orgies". Le mot "pute" fut même entendu sur RTL dans la bouche de Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure. Attention les oreilles.

Derniers commentaires

Les mots pour le dire : la Justice a tranché : agression et exhibition sexuelles contre les femens pour leurs seins nus agités sous le nez du malheureux D.Strauss-Kahn . Il avait vraiment porté plainte ?
L'affaire DSK ressemble de plus en plus à l'affaire Baudis.

On assiste d'ailleurs plus à un procès de moralité qu'à un procès contre un supposé proxénète.
Vu sur le figaro

3.Ses pratiques sexuelles dépeintes par certaines plaignantes comme «animales», et d'après elles tournées vers un type très particulier d'intromission, ne peut se concevoir qu'avec des professionnelles, selon les juges. Or, justement, les professionnelles concernées ne cessent de répéter qu'elles ont horreur de la sodomie - elles ne peuvent même pas prononcer le mot - , ce qui semble antinomique avec la base du raisonnement.
Mais ce sont les boîtes qui achètent leurs clients par le cul qu'il faut poursuivre. Allez faire un p'tit tour du côté du BTP, vous allez vous régaler. J'en connais qui seraient très heureux de raconter les montages cul-financiers qu'ils ont eu à organiser des années durant ...
Pour revenir au sujet du papier, j'ai noté que France Inter utilisait le mot "partouzes" dans chaque journal depuis lundi matin.
ça rappelle les grandes heures de Canal et ça attire les journalistes comme des mouches, et pendant ce temps le volet corruption qui n'est pas moins croustillant et nous concerne davantage est dans l'ombre. Pourquoi Eiffage a des largesses envers un directeur du FMI, il faudrait un plan de sauvetage de l'économie française ? Lille est une place très ancienne de la corruption politique , ce n'est pas un hasard qu'on y fasse des parties fines. Des sujets qui pourraient intéresser des journalistes, s'il y en a ?
C'est marrant, autant j'ai du mal à croire que DSK ne savait pas qu'il avait à faire à des professionnelles, autant l'argument "un tel comportement [la sodomie] pouvait donc a fortiori nécessiter de recourir à des professionnelles rémunérées" me semble complètement idiot. Il n'y a pas que les p... qui acceptent de se faire enc... ! Si?
Ça me rappelle une vieille blague (Hara Kiri peut être?): "Mêler le sexe à l'argent, c'est ignoble: on n'a pas le droit de salir l'image de l'argent".
Sur l’île, dans un grand nid tout doré, des maquereaux donnaient des fleurs à des abeilles pour, qu’en échange, celles-ci donnent leur miel à un cochon.
Le cochon prétend ne pas savoir que les jolies abeilles recevaient des jolies fleurs.
Et les abeilles ont dit que le cochon aimait se rouler dans la boue avec sa queue en tire-bouchon.
Alors ! les…




Euh… laissez tomber.
Pas assez crédible.
Il y a la manière dont les journalistes nomment les choses et les faits, mais il y a aussi la manière dont d'autres les évaluent.
En témoigne, en bonus à votre article, cette perle de l'inénarable Eric Brunet, au cours de son débat quotidien sur RMC ce matin avec Laurent Neumann dans la matinale de Jean-Jacques Bourdin,

"L.N. Je pense que la carrière de DSK est terminée, pour une raison simple, c'est qu'un électeur sur deux est une électrice, Jean-Jacques, et que cette affaire là ne peut pas être regardée de la même manière par les hommes et par les femmes.
-J.-J. B.C'est pas ce que disent les sondages!
-L.N. C'est en tout cas ce que je pense.
-Eric Brunet : Parfois, les femmes aiment les hommes un peu espiègles"

No comment.

C'est réécoutable ici à partir de 3'48".
Pascale Robert-Diard qui explique que les juges, dans leur ordonnance, "accordent une importance toute particulière aux scènes de sodomie décrites pour fonder leur conviction que DSK ne pouvait ignorer, contrairement à ce qu’il soutient, qu’il avait affaire à des prostituées". Selon les juges, "un tel comportement [la sodomie] pouvait donc a fortiori nécessiter de recourir à des professionnelles rémunérées".

Donc, pour les juges (deux femmes et un homme) qui ont renvoyés DSK en correctionnel, le petit trou, c'est payant.
Intéressant.

J'imagine:
Juge N°1 et 2 dans leur fort intérieur : "moi, faudrait me payer…"
Juge N°3 dans son fort intérieur: "moi, y a qu'en payant que je pourrais…"
;o)
On souhaite bon courage aux matinales pour le choix des synonymes quand il faudra décrire cet enjeu-là.

Qu'ils relisent l'intégrale de San-Antonio.

En plus, ils rigoleront.
Attendez les reprises dans la presse anglo-saxonne, c'est là où ça va rivaliser d'ingéniosité linguistique pour donner au lecteur sa ration de dégoût effarouché (ah ces cochons de français) sans donner aucun détail explicite.
Et oui c'est clair, les mots édulcorés pour exprimer des choses, des conduites comment dire ? En fait il n'y a pas de mot qui convienne vraiment à la dégueulasserie de ses zobcédés et autres pervers ..... Nauséeux peut-être ?

On l'a échappé bel même si Hollande aime bien le sexaussi.
Ne pas louper la chronique de Sophia Aram de ce matin, qui elle aussi, connait les mots justes pour le dire.
http://www.dailymotion.com/video/x2g74u9_le-billet-de-sophia-aram-nique-ta-mere_fun

Oh puis tiens, en ajoutant celle de Didier Porte sur Mediapart ce matin, qui décrypte au poil un sacré volet de la loi Macron:
http://www.dailymotion.com/video/x2g7j8i_didier-porte-tout-est-bon-dans-le-macron_news
La même merdouille sémantique que pour parler du front national.
Et bien Anne-Sophie ? Attention Axel n'aime pas les gros mots :)) Je sens que je vais me régaler en vous lisant.
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