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Commentaires

Portrait d'un ambassadeur

Derniers commentaires

Un titre digne du "Canard enchainé", un article passionant, merci !
On notera que depuis ce cliché cette guitare a été donnée à Buddy Guy.
Site officiel avec en cadeau le making-off de la session photo, intéressant...
Surtout la petite réflection que Keith Richard fait en regardant le résultat tout à la fin.
les cabinets de curiosité ne sont pas morts, des artistes d'art brut s'exposent à la Main qui parle jusqu'au 28 mai, Métro Gambetta 3 avenue du Père-Lachaise.

Ils ont édité un livre d'iconographie mortuaire, les momies sur les cinq continents et à travers les âges, une somme impressionnante.

Mais leurs oeuvres sont magnifiques.

http://anthropia.blogg.org
Je m'associe à l'enthousiasme général suscité par cette chronique et notamment l'analyse de cette photographie.
Quel plaisir de lire ces lignes en ayant l'impression d'être plus érudit après.
J'imagine alors que dans chaque photo d'Annie Leibovitz il y a un message caché..Ainsi dans les 3 photos de ce que vous appelez "cadeau bonus" doit il y avoir une analyse aussi précise à faire. Je ne doute pas d'ailleurs que vous ne l'ayez déjà faite,...
A moins que vous nous adressiez ces "cadeaux bonus" comme des "travaux pratiques"...

Encore bravo et merci.
Impossible à décrire la jubilation ressentie à vous lire... Je dois être à peu prêt dans le même état que mon fils de 8 mois lorsque je lui tends Sophie la Giraphe... et ce n'est pas peu dire!!!! Vous donnez des ailes : l'impression devant son écran de sentir ses neurones frétiller grâce à votre intelligence pétillante. Et puis, plus personnellement, vous me donnez vraiment envie de retourner enseigner à la rentrée prochaine : c'est quand même merveilleux de pouvoir apprendre et aider à réfléchir!!! Encore bravo, encore un immense merci.
Et puis quand même : un grand merci aussi aux @sinautes qui la plupart du temps rebondissent avec humour, perspicacité et talent. Je profite donc de ce post pour faire une grande déclaration d'amour à ce site qui parfois m'agace, parfois m'enchante, souvent en tout cas m'interroge et me fait penser que tant qu'il y aura des gens pour se pencher, discuter, s'interpeller sur tous ses sujets, rien n'est perdu... MERCI! (Un peu de guimauve ce n'est pas interdit, non?)
"La photographe est si réputée qu'elle n'a rien à faire de Vuitton"
Pourquoi ? c'est justement grâce à la publicité qu'un photographe gagne sa vie pas en faisant les couvertures de Vanity Fair.
C'est justement grâce à sa réputation qu'elle a été choisie par l'agence.
Shooter la campagne Vuitton ne va faire que grandir encore cette réputation.
Enfin c'est surtout le directeur artistique qui a bien travaille entouré de tous les petits stagiaires qui font des recherches dans les livres d'arts, les musées les expos..etc ensuite le set designer qui trouve les objets et les place en fonction des references, et le technicien numérique qui a travaillé la retouche derrière.
Elle bouge dans tous les sens dans le making of et n'utilise même pas de trépied, c'est autre chose de voir travailler Richard AVEDON ou Irving PENN, ils posaient leur 20x25 un ou deux plans film et terminé.

En tout cas merci Alain l'analyse est super c'est un plaisir de vous lire.
Cher Alain,

j'avoue que j'ai pris connaissance de votre chronique par la vidéo sur "@si",
je n'avais pas pris le temps de regarder les chroniques avant,
je pense que mon cas n'est pas unique,
je pense que ce "portrait d'un ambassadeur" sera beaucoup plus visionné qu'avant,
personnellement je viendrai à présent voir votre chronique plus régulièrement.

je pense que l'équipe d'@si devrait faire une présentation (vidéo si possible) de tout les recoins du site pour trouver ces trésors.

cher Alain j'ai apprécié de voir d'abord votre chronique par vidéo,
je me demande s'il serait préférable que votre chronique soit en vidéo pour être plus accessible,
car la paresse pousse d'abord les @sinautes à regarder les vidéos plutôt que les textes.

Après réflexion je pense qu'il faut garder le format texte, cependant il pourrait être judicieux de faire de temps en temps (1 fois par mois ou tout les 2 mois)
une chronique vidéo si l'image le permet, afin de montrer votre travail au plus grand nombre @sinaute qui seront alors plus attentif à votre travail écrit

Merci encore pour ces recherches.
Merci Alain Korkos, la lecture de cette page a été un joli moment de bonheur. Bon, voilà ce qui m'amène: j'ai visionné par deux fois le making-of de cette photo de Leiboviz (grâce au lien judicieusement placé dans votre chronique), et il y a un truc qui me surprend. Sur la photo, au centre de l'image, les rideaux sont tirés derrière le guitariste, or dans la vidéo il semble que ces rideaux restent ouverts pendant toute la séance de shooting. A la fin du film, alors que Keith Richards, découvrant la photo sur l'écran, s'écrie "Rembrandt !", on voit que les rideaux sont toujours ouverts. Bizarre, non ?
POUR INFO;


[large]Le service de presse Louis Vuitton, après un coup de fil personnel, confirme que tous les objets figurant sur l'image (crâne, foulard, livres, etc...) ont été apportés par Keith Richards lui même.
Ce serait donc Keith Richards qui tenterait de nous dire quelque chose?

Cette photographie devient passionnante et ouvre la porte à de nouvelles supputations, et il y aura bien quelqu'un pour parler au nom de Keith Richards[/large]

La vérité est parfois ailleurs, même si chacun de nous en possède une bribe.
C'est cette liberté des "possibles" que je revendique.
La compréhension de la solution d'un problème, n'est pas la solution du problème. Bartholomé Grappinelli, mathématicien.
A méditer en articulant "Vanitas vanitatum, omnia vanitas"


Pour ma part ce sera ma dernière contribution sur les forums @si.
Merci à Anne Reynaud et Linda Ly pour les infos à propos de Keith Richards en pirate, père de Johnny Depp.
Batiste K. : Non non, je ne me cache pas derrière mon petit doigt mais la décision de faire des chroniques en vidéo ne dépend pas que de moi. À suivre, donc…

Zgabom : C'est vrai que j'aime beaucoup la peinture médiévale et plus particulièrement celle de la Flandre du XVème s. Alors peut-être ai-je, en effet, une tendance à sauter sur les pubs qui y font référence. Mais cette période et cette région ne sont pas mes seuls centres d'intérêt, loin de là, et j'aurais bien du mal à les citer tous. Et puis en plus, il n'y a pas que la Peinturlure avec un grand P qui me passionne. À cela il faut ajouter l'illustration, la photo, le cinéma, la pub, la BD, etc. Tout ce qui est image, en fait. Ça fait beaucoup, c'est inépuisable, même. Et c'est tant mieux ;-)
Cher Alain,
Je me régale à chaque fois de vos chroniques, mais trouvant qu'elles étaient encore trop peu nombreuses pour mon appétit grandissant, je suis allé sur votre site "La boîte à images", tout simplement époustouflant d'érudition. Une mention particulière aux posts d'affiches publicitaires qui soulèvent toutes les références antérieures, souvent de l'art médiéval (vous êtes-vous spécialisé dans cette période au cours de vos études, ou sont-ce les référés qui foisonnent particulièrement datant de cette période ? Un exemple d'article plus qu'éblouissant : http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2007/10/20/au-nom-du-silence.html
Très respectueusement,
ALAIN KORKOS!!!

Vous n'avez pas répondu!

Beaucoup réclament des chroniques vidéo.
On vous a vu en faire une, il ne sert à rien de vous cacher derrière votre petit doigt. Vous cartonnez sur cette chronique parce que vous l'avez faite en vidéo!

Vous n'avez plus AUCUNE excuse pour ne plus en faire!!
C'est éclairant et limpide.
Quelle bonne idée et le forum en donne d'autres.
Quand à moi, petit citoyen de seconde zone, je n'ose plus prendre de photos avec mon portable, d'un coup, tout est devenu très complexe et manipulateur toujours : "qu'ais-je à dire avec cette photo, que vais-je faire voir.... ?. Tant pis pour moi, je n'avais pas qu'à m'abonner !
merci
à chaque phrase, j'ai appris quelquechose ......
merci pour ce cours ...
èème beaucoup !!
@Urbidan

une écrivaine racontait son amertume aux séances de dédicace quand les lecteurs venaient la voir et en profitaient pour lui expliquer le livre qu'elle avait écrit !!!

est-ce que vous vouliez dire ça à peu près concernant la chronique de Korkos ?

si c'est le cas, je suis d'accord avec vous.
Je suis un fan de longue date sur la boite à image, la chronique sur la literie m'avais un poil deçu mais là c'est vraiment du grand art !

En tout cas je suis ravi de retrouver vos billets sur ASI, une raison de plus de ne pas regretter mon abonnement.
Je profite de la foule pour glisser ce très interessant reportage de La Télé Libre.fr de J.P.Lepers sur les rapports entre la vision artistique de nos gouvernants et la disparition du lien social en France.

http://latelelibre.fr/index.php/2008/03/la-culture-en-crise/
Allez, pour relancer l'enquête (et l'hypothèse de Linda Ly) :
je viens de croiser l'inspecteur Derrick qui m'a confié cette affirmation pour le moins sybilline :
"Un sabre est posé sur les 2 livres". Je répète, "À gauche, un sabre est posé sur les 2 livres". Je répète :…
Cher Alain,
ce fut un vrai plaisir de vous voir à l'émission hier soir.
Et je tiens à vous écrire ces quelques mots, car lorsque vous avez cité Daniel Arasse, j'ai eu tout simplement des frissons.
En effet depuis 2002 (année où j'ai repris mes études en Arts plastiques) je lis, relis, étudie tout ce que je peux de Daniel Arasse. Le livre qui ne me quitte jamais "On y voit rien" est le livre auquel j'ai pensé lorsque je vous ai lu la première fois.
Impossible pour moi de ne pas vous transmettre cette émotion mélange de plaisir et de reconnaissance pour enfin parler de cette historien incroyable, passionné et qui prenait un vrai plaisir à PARTAGER, ce que vous vous efforcer de faire aussi à votre tour...
Merci pour lui, merci pour ça, merci tout court.
C'est nul ! Avant c'était un peu intime ,chez vous , maintenant on se bouscule et on se marche dessus pour vous fé... - attention mon pied ,enfin! - ...li... - aïeuuuuuu- ...ci... -oh,t'as vu bibiche ,c'est drôle il est pas comme sur la photo- ...ter. Ah ça y est , j'ai un petit créneau : BRAVO et MERCI .
superbe chronique. du grand "arrêt sur image" merci
Bonjour.Merci pour cette excellente "étude".Un petit détail me semble "clocher".Il me parait que la guitare de KEITH RICHARDS n'est pas une GIBSON ES355 mais une GRETSCH??.Guitaras guitatatum omnia guitaras.
Je me dis qu'il y a aussi une autre référence, au niveau pictural. En fait la photo rappelle par sa composition les joueurs de luths de la peinture italienne XVIIe, du type que Caravage avait lancé dans sa jeunesse. En plus, toutes ces loupes, la musique, le café, les lampes ça évoque les allégories des cinq sens (qui de toute façon se rattachent au groupe plus large des vanités). Quelque part cette photo est très XVIIe dans sa construction.

http://www.peiresc.org/IMAGES/Doussot.dias/002.jpg pour la caravage, très copié par la suite
Merci pour cette chronique éclairante.

Au sujet du "nombre d'or" évoqué dans celle ci, je tiens à vous faire connaître l'existance de l'article suivant:
www.pseudo-sciences.org/spip.php?article796

Celui ci a été diffusé sur le site de l'AFIS (association française pour l'information scientifique), dont le serieux peut être vérifié, notamment en prenant connaissance du nom et de la qualité des personnes qui la composent:
www.pseudo-sciences.org/spip.php?rubrique35
J'ai trouvé votre analyse géniale MAIS ...
en ayant regardé cette image pour la premiere fois... (en mettant sur pause la video de l'emission :D) j'ai cru y faire une découverte d'un niveau intellectuel beaucoup beaucoup moins haut.
Alors attention le public érudit va me lancer des pierres, mais en voyant cette image j'ai plutot pensé à une référence au mini rôle qu'à tenu Keith Richards dans Pirate des Caraibes 3. (un extrait ici que les plus de 30 ans ne peuvent pas connaitre ;))
Le foulard? La tête de mort? La longue vue? Les livres ?

Question
L'image ne peut elle pas offrir 2 niveaux "intellectuels" de lecture ?
Apres tout elle se destine à être publiée aussi bien dans le magazine "GQ" que dans "Beaux Arts Magazine" peut etre ?!
De combien sont les chances sur un million qu'un lecteur de GQ pense plutôt à Pirates des Caraïbes qu'à une Vanité?

attention attention je ne remets pas en cause votre analyse, elle est plus que brillante et aussi attention attention je ne remets pas en cause la vie et l'oeuvre de Keith Richards, je ne la resume pas à cette apparition dans ce film...
rhoo l'autre qui veut nous faire croire que Keith Richards est mortel ! ça va pas m'sieur ka ?
;-)
En lisant les commentaires de ce forum, je me rends compte à quel point le grand public @si découvre Holbein ou le nombre d'or.
Korkos, lui découvre les coulisses d'une prise de vue et nous invite à regarder cet assistant qui porte une lumière très puissante alors que tout à l'air naturel.
C'est touchant de naïveté.
Quand un peintre peaufine son cadre c'est normal, quand un photographe fait de même, c'est une surprise.
Mais il me semblait que c'étaitt le souci de tout créateur d'image.
Beaucoup de personnes confondent la photographie avec la restitution de la réalité, alors que ce point de vue est toujours subjectif. Désolé pour les objectifs.
Cette photo de keith est ensuite passée sous les mains expertes d'un spécialiste photoshop, pour équilibrer l'image, les contrastes, etc...
L"anecdote soulevée par Korkos sur les petites compositions annexes peuvent être interprétés, mais révèlent (peut être) de la zone de liberté de l'auteur, comme une private joke
ou un message personnel.

Je crois qu'il y a dans cette chronique, un mélange des genres qui me gêne.
La notion de cours élémentaire de l'histoire de l'art, toujours très intéressante, surtout pour un public non averti, n'est pas de l'analyse d'image factuelle.
Parler d'un visage de mort en désignant celui de Keith Richards, à côté du masque funéraire de Beethoven, CA c'est de la manipulation d'images.
En regardant ce visage d'une pop star, j'y vois une vie de frasques, toute auréolée de légendes made in Rock and Roll.
Je crois que que Korkos est meilleur en prof simpa qu'en avisé sociophilo-lecteur.
A trop vouloir faire parler les images des autres on finit par leur faire dire nos propres mots.

La semaine prochaine nous aurons peut être droit à un cours sur les représentations de mouches figurant sur certains tableaux ou le Modulor, à moins qu'il ne décide à nous expliquer que Rembrandt ou Le Lorrain peignaient à la bougie.
Mais je laisse ce soin à Korkos de vous les faire découvrir.
Trop bon comme dirait mon ado-e.

J'adorais vos analyses sur votre blog. Elles se poursuivent ici...

Merci
Merci pour cette leçon de photographie (et de peinture !). Je serai moins bête devant une photographie de Leibovitz, désormais...
J'aime beaucoup quand tu cites la Genèse après l'Ecclésiaste ! éh éh éh.
Très sympatique M. Korkos. Avoir une dimension si profonde dans une publicité, cachée comme des oeufs de paque, c'est quelque chose de très excitant. Apprenez nous à les trouver, ces oeufs de paques... C'est juste excellent.

Mais apprenez nous à les trouver EN VIDEO!!!

Vous vous en êtes très très bien sorti sur le dernier plateau. C'est unanime, tout le monde a aimé vous entendre parler.
En plus, vous avez du remarquer que beaucoup, dont moi, profanes en matière d'art et qui s'attendent à des contenus incisifs, perçoivent parfois mal (au début souvent) le ton que vous employez à l'écrit, ne comprennent pas vraiment la démarche. Mais si c'est dit de vive voix, tout le monde comprendra mieux. Parce que la manière dont on parle éclaircit les choses.

Je crois que je vais lancer une pétition.
En attendant je manifeste:

ALAIN KORKOS! EN VIDEOS!
ALAIN KORKOS! EN VIDEOS!
Merci Monsieur Korkos pour cette magistrale lecture de l'image. Mais j'approuve aussi poisson: derrière le talent photographique et la savante composition d'Annie Leibovitz n'y a-t-il pas une certaine hypocrisie à nous réciter L'Ecclesiaste et son dépouillement tout en servant [s]Satan et ses oeuvres[/s] LVMH?

Sinon, je me permets de vous renvoyer à une modeste suggestion faite ailleurs sur le forum pour la chronique de la semaine prochaine: les pieds de Carla Bruni-Sarkozy. N'y aurait-il pas du Viridiana derrière la première dame?

Hurluberlu
Bonjour M. KA
magistrale analyse, et avec une interviou en image à côté... c'est la gloire ! On pourrait développer la "divine proportion" et le nombre d'or Phi, qui permet de construire les spirales, comme étant un des nombres les plus ésotériques qui soient... vous êtes un peu le Dan Brown de l'image (sans vouloir vous manquer de respect). Montrez nous quelques crayonnés de votre bédé, moi j'adore voire les crayonnés, c'est souvent plus vivant que le dessin final. Bon courage et bon travail ;)
Au fur et à mesure des "vanités", des éléments s'ajoutent. Il y avait la vanité pure et dure, crâne et fleurs coupées, nous mettant de l'éphémère sous les yeux. Tout est vain, ok.
Ensuite il y a en plus des objets qui évoquent les plaisirs des sens, vue, ouïe, toucher, goût, ceci-cela, à travers les arts bien sûr. Alors là, soit les artistes (les peintres, auteurs des natures mortes) voulaient s'avertir, eux avant tout, que même les arts, qu'on imagine éternels, sont éphémères, soit ils choisissaient d'appeler "vanités" des "carpe diem" (copiés sur les antiques), pour rester corrects religieusement parlant, parce que "profitez de tout tant qu'il est temps" c'est pas archi-religieux comme discours, comparé à "tout est vain".

Grâce à Anne Leibovitz, à croire que depuis la société industrielle on a une chose de plus dont on peut profiter avant la mort : la consommation, en particulier des produits de luxe.

Moi je ne suis pas d'accord. Déjà à la base, je goûte les plaisirs gratuits, plus précisément le plaisir est indépendant du coût. Payer est parfois égalitaire et démocratique et j'accepte de le faire, la preuve je suis abonnée à asi.
Je conçois que beaucoup ne pense pas comme moi et corrèle la valeur monétaire et la valeur tout court, ça nous emmène loin, donc passons au deuxième point de "je ne suis pas d'accord", qu'est-ce qui empêchait de mettre des pièces d'or, des biens terrestres dans leurs natures mortes renaissance? Rien. Donc Annie Leibovitz, à première vue, on peut croire qu'elle fait évoluer la "catégorie" vanité selon le cours normal, en ajoutant "les vanités" de notre époque, de la société de consommation, et on se dit bien joué de placer son discours dans le monde publicitaire, cela s'y prête. Elle prolonge ses références pour les intégrer dans notre temps. En réalité, elle enlève de la subtilité à tout ça.
Donc à deuxième vue, elle n'a rien compris aux natures mortes du passé, qui ne s'occupent pas des biens, qui ne s'occupent pas de Vuitton, ou bien elle se permet de dénaturer tout ça pour un nouveau message : Vuitton pour l'éternité (impossible de dater Catherine Deneuve, Gorbatchev et son rôle dans la chûte du mur gravé pour l'éternité dans l'histoire, Keith Richard mort a encore son étui Vuitton).

Aussi je me réserve avant de crier à quel talent cette photographe. Qu'elle se débarrasse de Vuitton et on verra... Vuitton n'a rien à voir avec le plaisir des arts, Vuitton c'est bling-bling. Si encore il n'y avait pas LV dessus, mais là le doute n'est pas permis... Les bons artisans, d'accord. Le luxe tape à l'oeil, marre.

Plus les publicitaires ont de talent, plus je leur en veux. Pas pour leur efficacité à vendre. Je leur en veux parce qu'ils se galvaudent. Sous des dehors de vouloir toucher le plus grand monde (on se demande pourquoi c'est mieux?) ils sabotent leurs images. Elle s'est fait plaisir sans s'occuper de Vuitton? Peut-être, alors j'ai tort et j'interprète tout de travers.
Comment ? Depuis 3 mois que je suis @sinaute, je n'avais pas percuté sur cette chronique. J'ai honte.
Quelle bonne idée d'avoir montré AK sur le plateau, finalement la seule rubrique que je ne manque jamais.
Ce genre d'explication d'une image à un rustre et malpoli de mon espèce mérite la déclaration d'utilité publique. Monsieur AK, on vous écouterait pendant des heures. Et quel air modeste. Juste le contraire de qui vous savez.
Superbe portrait, Alain Korkos.

Une magnifique démonstration, plus longue et détaillée à l'écrit qu'à l'oral. On ne saura donc trop recommander de vous lire. Pour avoir le temps aussi de voir les choses en détail.
Cela me rappelle que vous aviez déjà traité le sujet des vanités sur la Boîte à images. Mais là, dans l'analyse de la photo d'Annie L., vous êtes au faîte de votre art.

A propos. Vous citez dans l'entretien sur @si Daniel Arras. Dans on n'y voit rien, on assiste aussi à cet art de la recherche du détail, qui lui fait trouver dans des oeuvres apparemment bien connues les détails nouveaux, le reflet d'une femme dans un miroir, etc.

Je vous trouve beaucoup de points communs avec lui.

Merci.

http://anthropia.blogg.org
MA-GNI-FI-QUE
Nous nous sommes posés la question sur l'intention réelle d'Annie Leibovitz.
La campagne étant sur le voyage, on peut penser qu'elle en est venue à cette époque de l'iconographie par le biais de l'image du pirate. Les symboles têtes de mort, longue-vue faisant partie de l'univers, au moins supposé, de Keith Richards.

Par rapport à l'analyse de l'image, le signe le plus marquant pour nous est le regard vers la gauche, donc vers le passé, et contrant le sens de lecture. Il ne regarde rien de visible pour le lecteur, perturbant une lecture simple de l'image. C'est amusant de voir que la pub avec Gorbatchev est basée sur cette même construction. Une autre ressemblance est la sortie de l'image à l'extrême droite (route, porte entrouverte sur la lumière).
Le discours de la photographe, n'est-il pas plutôt d'associer Vuitton à la mort, plutôt qu'aux vanités?

En essayant de trouver l'intention réelle de la photographe, et son cheminement pour en arriver à cette image, nous avons regardé d'une part le making off et trouvé 1 autre version de l'image. On y voit des petites différences amusantes entre les 3 versions:
- Sur la vidéo, la valise est placée n'importe comment, et n'est pas mise en scène pendant la prise de vue. On remarque une canne, symbole de la même époque, posée sur la chaise.
- Sur la seconde photo voir ici son coude est au-dessus du livre, la valise contre lui, et la tasse est absente, comme lors du tournage. Cette version éclaircie n'a plus le même discours. Elle est moins dramatique, moins sombre, la construction graphique a disparu, l'effet de vide avec. KR ne regarde plus la mort, il cherche l'inspiration...

Quelle version a été publiée dans quel magazine?
Magnifique analyse Maître KA
Mais cette porte ouverte sur la salle de bains allumée ? Que signifie-t-elle ? Le mur éclairé à droite fait écho au mur de gauche et à la lampe tamisée. Mon intérêt se porte sur le tableau à gauche. Il faudrait savoir ce qu'il représente, et s'i fut choisi exprès. Bref !
Pour moi, dans la salle de bains, il y a une femme à sa toilette, la groupie emblématique du musicien de rock. Elle a posé son verre de vodka orange à gauche avant d'aller prendre une douche. C'est peut-être elle qui a jeté ses foulards sur les lampes. Keith, lui, ne boit plus depuis longtemps que du thé Tuocha au lotus et de l'eau, come le prouve le verre sur le fauteuil. Quelle vanité se cache-t-ellle dans le off de cette salle de bains ? Celle du guitar hero méditant sur ses conquêtes passées ? Celle de l'âge, de la lassitude ? Du doute de ce corps vieillissant face à une jeunesse exigeante ?
Annie Leibovitz est une bien grande artiste.
Magnifique !

Et pourquoi pas rétablir régulièrement des chroniques (comme la vôtre en particulier) dans les plateaux qui permettraient de donner des respirations et surtout des contre-champs très intéressants, sur lesquels pourraient réagir des invités venus initialement pour autre chose ?
Le gag c'est que je n'avais pas vraiment vu l'étui valisé à guitare (1), j'avais surtout été sensible à la lumière et à l'équilibre parfait entre la position du sujet et le reste de la composition.
J'ignorais que Keith Richards ressemblât (?) à Beethoven et que déjà jadis l'anamorphose servit à glisser quelques messages légèrement cachés dans les tableaux de commande.
(de la à en conclure que rien n'a changé ...).
Et puis avant toute chose et la moindre lecture ou réflexion, j'ai pensé la mort rôde.

merci m'sieur KA

(1) cela dit je ne fais pas partie des gens qui s'ils avaient les moyens s'en paieraient de ces marques de valises, donc je ne suis pas du tout dans le coeur de cible.
Quel plaisir de faire cette plongée sous le superficiel chaque samedi !
Aujourd'hui, une photographe qui grave la gravité dans les reflets de l'éphémère.
Une photo de Catherine Deneuve si puissante et triste. Une motrice pour une arrivée, une vie, un départ.
Un Holbein qui nous répond à travers les âges, que j'aime écouter.
Merki m'sieur Ka de nous é-mouvoir en attendant le retour à la poussière.
Merci beaucoup Alain de nous régaler avec vos analyses d'images !
Alain Korkos? J'adoooooooooooorrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrreeeeeeeeeeeee!
et la vanité pour promouvoir vuitton, ça c'est balèze !!
Très intéressant.
Cela me remémore la série Palettes d'Alain Jaubert

Sur le fond, il n'en reste pas moins que c'est de la pub
et que ça a pour but de faire vendre de la maroquinerie de luxe.

Une petite ligne en forme de clin d'oeil n'aurait pas été malvenue.

"extrait de Marianne2
L'aumône chez Vuitton
« Bling-bling » comme jamais Nicolas Sarkozy s'était, lui, rendu à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l'Allier, une usine de confection Vuitton LVMH, propriété de Bernard Arnault, un ami du président). Le président s'est vu offrir un sac qu'il a promis de remettre à qui vous savez, ajoutant coquinement : « Ça fera plaisir à Carla ».
Mais même chez les malletiers de luxe, la vie n'est pas toujours « rose fashion ». En plein plan social, le maroquinier Auguste-Thomas, sous-traitant de Louis-Vuitton, a ainsi été contraint de verser une indemnité de licenciement de 2.000 euros par année d'ancienneté à ses salariés qui menaçaient de manifester ce jeudi 6 mars devant la vitrine Vuitton des Champs-Elysées. Mercredi, le délégué FO du maroquinier expliquait que les ouvriers avaient rejeté à l'unanimité la première proposition de leur PDG : « nous ne nous laisserons pas jeter pour 300 ou 500 euros, un demi-sac Vuitton, c'est l'aumône ! »."


http://www.marianne2.fr/Les-greves,-oui,-mais-a-Courchevel-ou-chez-Vuitton_a84617.html

Désolé d'être aussi rabat-joie.
Cher Alain (vous permettez ? sinon : "Cher monsieur - ou professeur, ou maître - Korkos),

Merci mille fois pour cette chronique qui a prolongé et infiniment enrichi encore mon plaisir pris au plateau d'ASI que je regardais hier soir et dont vous fûtes ! C'est tout bonnement génial (vous êtes un génie qui réalisez mes voeux informulés d'enchantement de mon quotidien plus que gris).

Ce qui me rassure, grâce à vous, c'est de m'apercevoir qu'au delà des icônes et des temples du post-modernisme bling-bling (Vuitton, le commerce du luxe, les rock-stars en coma dépassé, etc.), il demeure de belles choses à voir ! "Belles" au sens d'étonnantes, curieuses, intelligentes. Et le monde est plus beau (ou moins con).

A la prochaine !
belle leçon d'art, le plateau et la chronique se complétant parfaitement
doit-on vous appeler Professeur Korkos désormais ?
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