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Porcher : "La gauche a perdu des batailles en refusant d'aller dans les médias"

Est-il possible de faire passer un discours économique de gauche, voire de gauche radicale dans les médias mainstream et notamment dans ce qu'on appelle la télé de flux ? Depuis des années, des économistes comme Frédéric Lordon que nous connaissons bien ici, répondent par la négative et ne s'expriment que dans des formats choisis ou à la limite, âprement négociés. Mais voici que d'autres économistes de gauche apportent une autre réponse. A l'image de notre invité Thomas Porcher, économiste de gauche, anti-libéral, membre du collectif Les économistes atterrés. Il débat aux côtés de l'historienne et chroniqueuse Mathilde Larrère, qui nous livre par ailleurs, en fin d'émission, une chronique sur le travail du dimanche.

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Une chose qui n'a pas été relevée (sauf par lui-même), c'est que, quand il participe à ces émissions mainstream, la cible, l'unique focus de Porcher, c'est le téléspectateur. Je crois que c'est ce qui lui permet d'être imperméable, sur le plan émotio(...)

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Parfaitement d'accord avec vous Kadife sur le réformisme de la FI (avec un programme qui correspond plus à mes attentes que celui du NPA ou de LO et oui je ne suis pas révolutionnaire)


Par contre vous attribuez l'image dangereuses qu'on lui colle au (...)

Pour ce qui est d'Hulot , en entendre parler par Rivasi et Tonneau sur Las Bas.org...Ce qu'il faut en retenir c'est que Hulot encense malgré tout le gouvernement qui fait obstacle à ses "idéaux" ! Aucune remise en cause du néo-libéralisme et aucune n(...)

Derniers commentaires

La prédiction de Lordon se réalise parfaitement avec Porcher, qui est somme toute très sympathique, lorsque celui-ci concède: "je suis pour un capitalisme redistributif"!

Excellente émission!

J'ai bien aimé lorsqu'il explique à DS qu'il y a une gauche entre la gauche libérale et la gauche anti-capitaliste.

Sinon toujours étonné de cette "méfiance" vis à vis du Média. A choisir, je préfère un média qui affiche directement la couleur (comme le Média, l'Humanité ou le Figaro) qu'un média qui veut nous faire croire qu'il est indépendant et impartial, alors que tout le monde sait pertinemment que ce n'est pas le cas (comme le Monde, BFM tv ou France télévision).


Thomas Porcher dit des choses intéressantes, cependant s'il est invité par les médias, c'est qu'il n'est pas dangereux pour le pouvoir, puisqu'il croit en la réforme du capitalisme et non à sa suppression. Discours qui met bien dans la tête des gens qu'il n'y a pas d'autres systèmes possibles. Il faut bien des discours opposants pour faire croire à la démocratie. Comme Lordon, Ruffin, Hamon , ils font bonne figure de liberté de parole. Pour les médias il est plus difficile d'inviter des Jean Ziegler, Nathalie Arthaud, qui pourraient donner des idées révolutionnaires, comme en finir avec le capitalisme.

J'ai une question sur le fait que les chercheurs en sciences humaines soient "toujours politiquement situés" (segment 00:19:30-00:20:00 environ).

Dans cette séquence Mathilde Larrère cite la "géo". J'ai toujours considéré - peut-être à tord - la géo comme ayant globalement plus de proximité avec les sciences dures que les autres sciences humaines dont il a été question dans l'émission ; du coup cette affirmation m'a interpellé.

La géographie me semble peu invoquée dans le discours politique, surtout par rapport à l'histoire, qui est le support permanent de projections idéologiques.

C'est quoi être politiquement situé en géographie ? Ça concerne spécifiquement les travaux sur la démographie et les mouvements de population ou c'est dans un sens plus large ?

Quand je vois la tronche suffisante d' Agnès Verdier-Molinié des envies moyen-âgeuses de chasse aux sorcières me reviennent... mais il me faut garder raison.

Inviter Porcher et aucun contradicteur, décidément ASI c'est toujours pas ça ! Feu Pierre Bourdieu avait décidément raison (à bon entendeur Daniel Schneidermann ;-)).


Si tout le monde est tombé dans le pastiche de Lemerdia c'est bien parce que ce pseudo-économiste tient des propos de ce genre, sans subtilité, sans finesse, à longueur de tweets. 


Et ses prises de parole sont tellement teintées de militantisme que je ne vois pas comment accepter ses propos comme des analyses. Ce sont surtout des réquisitoires systématiques contre le gouvernement. 

Émission intéressante et bien construite. Surtout la transition entre la théorie de Lordon sur la corruption insidieuse qu'engendre le fait de passer dans les média dominants et la question de la tonalité politique de Mr Porcher. Face au trollage délibéré de DS, il s'est montré bien moins à l'aise et n'a su que nous sortir des arguments stupides pour justifier le fait d’être capitaliste à base de "j'utilise un téléphone portable" (comme si seul le mode de production capitaliste pouvait permettre des innovations technologiques), et de "la planification soviétique c'est pas mon truc", on a même eu droit au Venezuela. Bref les poncifs de base sortis par les néo-lib...

Pour en revenir au sujet de l'émission, il semble qu'il est tout à fait possible d'avoir un discours de gauche dans les médias dominants à condition de ne pas remettre en cause fondamentalement le mode de production et d'être assez courageux pour se coltiner leurs dispositifs. Seulement, compte tenu de l'urgence écologique, il me semble que cela relève d'un intérêt limité. Après, Porcher et les économistes attérés essayent, ce sont des résistants et ça force le respect donc merci et bonne continuation.

Merci, arrêt sur image, pour cette passionnante émission, et merci à Thomas Porcher et à Mathilde Larrère pour toutes leurs actions, sur tous les supports. Margaret Boët

Très bonne émission, mais je suis étonnée que l'on ai pas évoqué Bernard Maris, qui lui aussi participait à "c'est dans l'air"(que je regardais encore de temps en temps à l'époque) et venait dans les matinales de France Inter porter la contradiction à Dominique Seux. 

Je ne connaissais pas Thomas Porcher, j'ai adoré. Oui, il faut qu'il continue à porter une parole neuve sur les antennes en détroussant habilement les faux économistes. C'est trop bon. Il est brillant et charmant.


Du coup, je vais aller le chercher sur les antennes bien que je ne regarde pratiquement ou presque que des sites et médias alternatifs (Médiapart, Arrêt sur image, La bas si j'y suis, Le média...), et ne lis que le Canard, Fakir, le monde diiplo, (non Le Monde n'est plus un journal prestigieux pour  moi), Siné Mensuel, et rarement plus.


Ah quelle belle émission ! Merci Daniel pour cette fulgurante rentrée, ça fait du bien, vraiment. On en a besoin. 

enfin un mec de gauche crédible....avec mélénchon ! excellent , intelligent , et solide malgré les  ( minuscules ) tentatives de D.S. ( vers 1h ) qui dit "être tombé de sa chaise" en apprenant que porcher n'etait pas anticapitaliste ( c'etait assez marrant de sa part cette tentative de  faire l'avocat du diable...) Vraiment un mec interessant ce porcher ! la gauche n'est pas morte ( il en reste quelques uns )

Une émission très intéressante .M. Porcher et les autres économistes de gauche ( Sterdyniak , Rameau) ont bien raison de participer à ces émissions pour apporter des arguments de gauche face au discours de droite .Il aurait peut être été bien d'évoquer un économiste de gauche médiatique , trop tôt disparu et dan quelles circonstance : Bernard Maris.

Remonter d'abord toujours et partout au langa(n)ge poétique originel 



oyant jadis l'ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu


Ainsi Mallarmé définit-il le bien dire poétique. Il est à noter que ce fut dans son hommage à Edgar Poe qui, poète ne fut au sens alors convenu. La raison en est que ce type courant de sens: "technique", "spécialisé", est,  par voie de chute, dérivé de ce sens angélique: "plus pur" (mais non encore - ou déjà - divin) auquel ici référence fait Mallarmé. 


C'est, nous fut-il invité à penser, qu'il y a langage, parlerie (Lacan) ou bavardage (Heidegger) et langa(n)ge: le premier étant, telle la monnaie us(it)ée, l'oublieux usage de la vérité. Oublieux usage dont pâtit l'économie tant chez les Anciens que - bien pire - chez les Modernes qui la confondirent avec la chrématistique, soit ce souci des marchandises dont le capitalisme a fait l'objet exclusif de, non l'humaine, mais l'hominienne - ou humanoïde - activité.


Faute ainsi de n'avoir pas du capitalisme oppositivement distingué le capital , celui-ci étant le don de pensée (la tête) dont celui-là est l'accumulatoire renversement en perversité, l'économiste Thomas Porcher, si sympathique au demeurant et aussi bien diplômé qu' intentionné, s'est avéré être économiste atterrant plutôt qu'atterré. Contrevenance fut la sienne en effet à la loi de la maison (ainsi qu'il faut traduire économieillustrant la nécessité de  devoir toujours et partout remonter à l'originel langa(n)ge de la poésie pour se hausser au niveau de dignité de l'humanité. 





TP: Je ne suis pas contre le capitalisme, je suis contre le capitalisme libérale

DS: c'est à dire que vous pensez que le meilleur systéme est la propriété privé des moyens de production ?


Je crois qu'on appelle ce genre d'argument un homme de paille...

Ne regardant pas beaucoup la télé, je ne connaissais pas Thomas Porcher. Il a la patience de supporter et d'écouter des contradicteurs qui me font éteindre le poste!

Emission intéressante et intelligente, merci à vous

Mon commentaire en action : changement d'avatar !

L'évocation  d'un "saint Lundi" et de Vernier Molinié dans la même émission suggère un espèce de continuum,   Ce pont jeté entre le fileur de Maine et Loire qui aurait proposé un salaire 10 fois plus élevé le Lundi pour attirer l'ouvrier à l'usine et la lobbyiste obsédée par l'absentéisme  dans la fonction publique : cela résonne comme un même discours .


C'est la raison pour laquelle il serait intéressant de connaître l'origine de cette histoire , celle du salaire 10 fois plus élevé  proposé par un  fileur au  XIX° siècle .



Maine et Loire : on présume qu'il ne s'agissait pas de la  soie, peut-être pas de la laine non plus , peut-être s'agissait-il d'une filature de lin ?




Une chose qui n'a pas été relevée (sauf par lui-même), c'est que, quand il participe à ces émissions mainstream, la cible, l'unique focus de Porcher, c'est le téléspectateur. Je crois que c'est ce qui lui permet d'être imperméable, sur le plan émotionnel, aux éventuelles agressions de l'animateur ou d'autres invités. Du coup, il ne s'embarrasse pas d'agresser en retour, ça ne l'intéresse pas. Il garde donc son calme et mobilise toute son énergie en faveur de la thématique du jour et pour exprimer le message qu'il veut convoyer auprès des téléspectateurs.


Je comprends que pour beaucoup, s'exprimer dans le cadre de ces émissions, c'est trop dur ou décourageant, et qu'ils refusent. Mais Porcher, manifestement, peut le faire sans trop de souffrance ; manifestement, il est à l'aise dans l'exercice. Du coup, c'est vraiment bien qu'il le fasse. Vraiment bien qu'au moins de temps en temps, la voix d'une gauche avertie soit entendue par un public large, et pas seulement par les convaincus d'avance.

Personnellement, je lui suis très reconnaissante de s'engager de cette façon. Je suis convaincue que c'est précieux pour la gauche.


Et merci à ASI d'avoir abordé le sujet !

Bonne émission, comme je les aime, du fond et de la forme, avec une pointe d'ironie et d'humour, à la ASI quoi !

La rentrée commence bien ainsi.

Bravo à tous

Le passage sur le capitalisme est révélateur de la confusion qu'a introduit dans les esprits le discours de Mélenchon. Pour que DS, qui n'est pas le moins informé ni le moins politisé des journalistes, soit persuadé que la FI a un programme anti-capitaliste, il aura fallu plusieurs années de rabâchage confusionniste d'un Mélenchon en campagne électorale permanente. Son programme n'est ni anticapitaliste ni révolutionnaire. Il ne faut pas confondre le marketing (qui fait vibrer la corde de la révolte) avec le fond, qui est simplement social-démocrate (avec un peu de vert dedans). Mélenchon 2017 est à droite de Mitterrand 1981.

D'ailleurs, je n'ai jamais compris ce qu'il cherchait à faire en gauchisant artificiellement son réformisme : ça fait flipper les tièdes et ça abrutit les militants, qui méritent mieux que des concepts politiques volontairement mal définis.

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Pour ce qui est d'Hulot , en entendre parler par Rivasi et Tonneau sur Las Bas.org...Ce qu'il faut en retenir c'est que Hulot encense malgré tout le gouvernement qui fait obstacle à ses "idéaux" ! Aucune remise en cause du néo-libéralisme et aucune nouvelle idée politique (d'ailleurs en a-t-il une ?).

Le capitalisme n'est pas dutout ce qu'il dit. Le capitalisme c'est le fait de partager la décision dans les entreprises en fonction de parts de capital ... Et il ne faut pas avoir peur d'être anti capitaliste ... Le capitalisme est une horreur ... J'espère sincèrement que dans quelques années on réussira étendre la démocratie dans les entreprises ... Le capitalisme est totalement dépassable.


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