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Polémique autour d'une journaliste envoyée au "camp décolonial"

Fallait-il que la journaliste de Mediapart, Faïza Zerouala, aille au "camp décolonial" de Reims ? Le camp d'été interdit aux Blancs, dont @si vous parlait ici, s'est tenu du 25 au 28 août dernier. Une rencontre où n'ont été invités que deux journalistes, acceptés car "racisés" comme les participants. Critiqué pour y avoir envoyé sa journaliste, notamment par le philosophe et chroniqueur pour Europe 1 Raphaël Enthoven, Mediapart s'est expliqué. Retour sur la polémique.

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Camp décolonial : Avec du barbelé et des mitrailleuses en haut des miradors pour empêcher les colonisateurs d'y pénétrer j'imagine ? :-D
C’est une lettre adressée aux étudiants nouvellement inscrits à l’université de Chicago qui a mis le feu aux poudres, rapporte le Chicago Tribune. Signée par John Ellison, doyen des étudiants, elle évoque des sujets qui font polémique depuis plusieurs années sur les campus américains : le droit de ne pas être offensé, l’instauration d’espaces où les étudiants seraient protégés de toute expression hostile et l’opportunité d’utiliser des « trigger warnings » (avertissements déclencheurs) pour signaler thèmes ou textes sensibles.

« Notre engagement pour la liberté académique signifie que nous n’approuvons pas ce qu’il est convenu d’appeler les “trigger warnings”, que nous ne renonçons pas à inviter certains intervenants sous prétexte que les sujets qu’ils se proposent d’aborder pourraient prêter à controverse et que nous ne sommes pas favorables à la création d’espaces intellectuellement sécurisés (“safe spaces”) qui permettraient de ne pas se trouver confronté à des conceptions ou des idées contraires aux siennes propres », écrit notamment John Ellison à ses nouveaux condisciples.


Ça me rappelle quelque chose...
Il y a des nuances entre faire d'un sujet un tabou et en faire sa banderole.

La nuance c'est ce qui manque justement aux populistes (parfois sciemment).
En fait on s'en fiche.
Monique Pinçon Charlot adopte les codes et a le look de la catégorie sociale qu'elle observe et dans laquelle elle s'infiltre, est-ce pour autant qu'elle promet allégeance et que ça conclut un pacte de ne rien raconter? Elle semble naturellement comme "eux", mais ce n'est pas pour autant qu'elle manque de recul.
Par exemple à une réunion pour la non ouverture d'un centre d'hébergement dans le bois de Boulogne où elle se fait remettre une pancarte, très crédible, avouant que c'est pour ses archives, la dame la lui fait rendre, ah bah non si ce n'est pas pour manifester :-) très drôle.

Donc pourquoi ce grand philosophe, twittant de toute sa hauteur, n'est pas capable de discerner la question que sur-ajoute la venue de journalistes. Car triés, tous les journalistes le sont, se faire accepter, se fondre fait partie un peu du job: rien de nouveau! Et le critère de sélection de l'entrée du camp si on l'accepte pour les autres, pourquoi ne pas l'accepter pour les journalistes?: rien de nouveau!
La seule question a se poser est (le truc propre et nouveau dans le fait incriminé): est-ce qu'on considère que cela empêchera les journalistes de faire leur boulot de ne pas être blanche de peau? Non! Bien sûr que non!
Donc cette polémique me déçoit. Pas grand chose à en tirer.
"decolonial", "racisme d'Etat", "racises"...
Quand la lutte contre le racisme renforce le concept de races.
Lorsque qu'on met en avant avec une si vive insistance une "difference", on en renforce soi-meme la valeur discriminante.

Ce genre d'initiative est a rapprocher de celles liees a "l'identite nationale", mais de l'autre cote de cette barriere que certaines personnes (des deux cotes), tiennent tant a maintenir erigee.
Je crois qu'Arfi n'a pas de problème avec le désir de certains d'un atelier non-mixte où des "racisés" parleraient entre eux de l'hostilité quotidienne qu'ils rencontrent au sein de la société française ni même un éventuel refus de la présence de journalistes.
C'est le fait que les journalistes agrées et qui doivent rendre compte du camp et de ces ateliers doivent être "racisés". La probité et le professionnalisme seraient liés à la fois à un media considéré comme proche idéologiquement et à des journalistes de la bonne "race" (sociologique ou non; cette histoire de race sociologique est au mieux ambiguë voir casse-gueule-au pire c'est hypocrite).

On est dans la même démarche que Bricmont critiquant le choix d'un juge juif pour statuer sur le procès de Dieudonné accusé d'antisémitisme; les origines (réelles, supposées, revendiquées, définies par l'extérieur, sociologiques, religieuses, ethniques, sociales...liste non exhautive) deviennent l'alpha et l'omega de toute individualité humaine. Elles ne sont plus un trait (plus ou moins important) d'une identité: elles sont l'identité (au delà de tout autre parcours: études, rencontres humaines, construction familiale, conception du monde, profession...).
Zerouala est une journaliste probe, dont le travail est reconnu. Mais c'est le soi-disant racisme institutionnel de la République française blanche (dont elle est victime) qui la rend légitime pour couvrir, en tant que journaliste, le camp décolonial aux yeux des organisateurs.
Stirn est un juge probe, dont le travail est reconnu. Mais sa (très lointaine) filiation avec Dreyfus et son attachement au judaïsme (cultuel ? culturel ? affectif ?autre ?) le rend suspect aux yeux de certains (et pas seulement pour les fans dudit comique, des intellectuels très sérieux avec une gravité toute solennelle se sont posés de "légitimes questions" sur les origines douteuses de Stirn)

Que certains traits de notre identité puissent nous rendre sensible à certains sujets-journalistes ou pas-c'est indéniable. Mais penser qu'un élément constitutif de celle-ci puisse prendre le pas sur tout le reste (professionnalisme, honnêteté), est un pas périlleux à franchir. Et qui laisse à entendre qu'un journaliste blanc est d'abord un blanc avant d'être journaliste, une journaliste racisée est d'abord une racisée avant d'être une journaliste.
C'est moins une subversion de la pensée raciste (comme essaient de le dire les organisateurs de ce camp décolonial) qu'une façon de reprendre la vision du monde que celle-ci impose.

C'est très confortable à court terme. Et très poétique. C'est même tentant de jouer le jeu de l'identité, ça repose et ça réchauffe. Dans la réalité...ça ne donne pas envie. Du tout.
Si on m'interdit l'accès à un lieu sous prétexte que:
- ma couleur de peau n'est pas la bonne, c'est du racisme.
- mon sexe n'est pas le bon, c'est du sexisme.
Bah en fait ils se sont juste très mal démerdé, il "suffisait" de procéder à l'identique des discriminants dominants:
Une annonce: "Si vous désirez participer à notre atelier bidule, merci de nous faire parvenir votre CV+photo+lettre de motivation"
Et puis selon le cas, envoyer après tri des "Nous vous remercions de l'intérêt que vous portez à notre initiative, et sommes au regret de vous informer que votre candidature n'a pu être retenue faute de place suffisante".
Et voilà, exit les babtous, et pas de procès :-)
Et sinon, il y a un compte-rendu accessible quelque part ? Combien de personnes y étaient, ce que ça a donné, est-ce qu'ils comptent renouveler l'expérience etc. ?
Le titre du billet d'@si ne choque personne ?

Faïza Zerouala a-t-elle été "envoyée au camp" par Mediapart ?

La boîte noire du premier article est pourtant explicite : "J'ai choisi, de ma propre initiative, de couvrir ce camp d’été. ... Je connais par ailleurs Sihame Assbague, à titre personnel."

On comprends en creux que cette personne aurait probalement participé à cet évènement, indépendemment de la publication ou non sur Mediapart de son travail sur l'évènement en question.

Il me semble donc que ce qui est indiqué dans le titre et le chapeau du billet n'est pas factuel : la question n'est pas de savoir si Mediapart doit être "Critiqué pour y avoir envoyé sa journaliste" (ce qu'il n'a pas fait) mais du choix éditorial de publier ou non le reportage de celle-ci et ainsi d'assumer la présence de Faïza Zerouala à ce camp en tant que journaliste travaillant à Mediapart et non à titre personnel.
Ce camp n'a jamais été interdit aux blancs.
Ce camp n'a jamais été interdit aux blancs.
Ce camp n'a jamais été interdit aux blancs.

Toi comprendre ou moi faire trop mal à ton universalisme débridé ?
Il y a quelques années, un ami médecin exerçant à Aubervilliers a vu débouler dans sa salle d'attente deux gamines beurs mineures en train de tabasser un chinois avec la barre du portant de vêtement qu'il transportait. Le sang éclaboussait les murs. Depuis un mois, on parle (enfin!) des attaques contre les Chinois à Aubervilliers et la maire, Mériem Derkaoui, emploie clairement les mots d'agressions racistes. Racisme pratiqué par qui? Jamais, dans aucun article, je ne l'ai vu mentionner. Pourquoi? Est-ce que c'est si gênant de dire qu'il y a un racisme des enfants de l'immigration maghrébine envers les Asiatiques? Est-ce que ce ne serait pas intéressant d'en analyser les cause, et de lutter contre? Pas sûr qu'on en ait parlé au camp "décolonial" (entre "racisés", ça vaudrait le peine, non? on va dire ce n'est pas du "racisme d'état", alors fermez le ban, hors sujet) Bref je me souviens que Plénel disait que penser, c'est d'abord penser contre soi-même. Mais quand des intellectuels arabes comme Kamel Daoud le font, magnifiquement, librement, sans se demander à qui ils vont plaire ou déplaire, ou quels conforts ils vont bousculer, ils en prennent plein la gueule de la part d'une certaine gauche, pleine de certitudes.
encore une fois Al Ceste , je constate que vous oubliez les rouquins ......asi aussi d'ailleurs ....Scandaleux . Je profite de pouvoir toujours écrire en tant que bastounet sur asi pour le dire ! ! ! !
Féministe de la première heure, je rappelle qu'une majorité, dans notre mouvement, s'est voulue non mixte au motif que la parole des femmes était
confisquée dans les assemblées mixtes et le plus souvent inaudible.
Je maintiens que ce choix était réfléchi et s'avéra largement positif.
J'ajoute que, souvent, nos réunions étaient fermées aux journalistes, considérés comme peu ouverts aux théories et actions féministes.
Toute cette affaire de camp décolonial ne me choque donc pas et Einthoven et Marianne feraient mieux de s'interroger d'abord sur les raisons
de la tenue de ce camp et sur leur propre exclusion en analysant la place faite partout dans notre société, y compris dans les médias, à ceux qui
"viennent d'ailleurs" (et parfois depuis des générations !)
Plusieurs remarques :
- devoir se positionner par rapport à une interpellation de Raphaël Enthoven, qui est un tocard intersidéral, je trouve ça assez triste (rappel sur le lascar : http://lmsi.net/Les-Chemins-de-la-Meconnaissance )

- devoir se positionner par rapport à une interpellation de Jack Dion, directeur adjoint de Marianne, archétype du journal islamobsédé, je trouve ça assez triste.

- Madame Gramaglia, pourquoi utiliser des guillemets pour les termes camp décolonial, racisé, lutte antiraciste, lutte contre l'islamophobie, non-mixte, dominé ?
Le racisé "subiss(an)t à titre personnel le racisme d'État dans un contexte français" c'est l'axiome de départ, l'alpha de toutes leurs pseudo-justifications. La France exercerait donc, un "racisme d'état"... et de là découle tout le reste. On croit réver.

En fait, il suffit de lire un peu pour voir qu'un "Racisé" c'est tout simplement "Non blanc", mais c'est tellement plus ambigu, "Racisé". La Houria exclut explicitement du champs les prolétaires "de souche" dans son texte raciste, antisémite et misogyne (Les juifs, les blancs, et nous). On n'est pas dans la lutte de classe, on est simplement dans le racisme le plus grossier, le plus assumé que j'ai vu depuis bien longtemps.

Ces pervers du PIR alimentent le climat de haine, nourrissent le racisme, exacerbent les tensions, rien d'autre, leur but n'est pas le vivre ensemble et ils ne s'en cachent pas. Sont-ils différents des identitaires ? Devrons-nous dire, dès lors, "les racismes" pour différencier celui-ci de celui-là, de la vieille pourriture brune ? Je m'y refuse. Le racisme est un et indivisible, ce sont tous les mêmes.
Je n'imagine pas une seconde qu'il y ait un moindre intérêt à cette polémique.
Si ces gens désirent être entre eux, grand bien leur fasse. Si pour une fois une arabe a la chance d'être choisie parce qu'elle est une arabe, tant mieux pour elle, c'est trop souvent le contraire.
Si certains veulent se réunir et se dire à quel point ils sont victimes et se sentent mal, sans que personne ne puisse leur dire que peut-être se sentir différent est difficile, et que le regard des autres est de toutes façons assassin, qu'ils le fassent.
Les antiracistes radicaux sont comme les antispécistes, des militants qui finissent dans les dérives où tout se vaut, et où plus rien n'a d'importance, et Houria Bouteldjah est la prophétesse islamo-gauchiste et antisémite d'un point de vue culpabilisant et dévalorisant sur l'être humain, un point de vue religieux.

Comme disait Talleyrand qui s'y connaissait en politique, "Tout ce qui est excessif est insignifiant."
S'il vous plaît, Raphaël Enthoven est professeur de philosophie pas philosophe ! Il enseigne la pensée des philosophes, avec il est vrai un certain talent, mais c'est tout ! Il ne fait en aucun cas œuvre de philosophie.
Je n'ai pas l'impression que ça choque autant de monde quand il y a des réunions / commissions féministes interdites aux hommes et pourtant c'est le même principe d'autoriser des réunions seulement aux victimes du racisme.
Petite exercice de pensée : faites abstraction un instant des qualificatifs épidermiques et racistes/raciaux/racisants/racioïdes et remplacez-les par « victime(s) de racisme ». Voire « personne(s) se jugeant victime de racisme » si vous êtes du genre méfiant. Ça y est ? Maintenant, reprenez la discussion à zéro.
je vous renvois à cet autre artice d'asi qui explique un peu plus ce qu'est la non mixité
https://www.arretsurimages.net/articles/2016-04-30/Un-camp-d-ete-et-un-atelier-de-Paris-8-reserves-aux-non-Blancs-et-alors-id8713
ça ne sers à rien de relayer des discussions sur twitter (avec des gens pas très informés et pas très ouverts, Jack Dion et Enthoven) si on ne sait pas de quoi on parle, surtout sur ce sujet.
La polémique autour du fait que seul mediapart et bondyblog aient été invité est grotesque.
Les journalistes ne sont pas bienvenus partout tout le temps, ce n'était ni une conférence de presse, ni un meeting politique, mais des réunions en groupes restreints, on comprend qu'on ai pas envie de subir des hordres de gros lourdauds avec leur gros sabots de "journalistes". Faiza Zerouala et la journaliste du bondy blog ont été invités parce qu'elles suivent de près ces questions (et oui la condition de la non-mixité s'appliquait là aussi, ça n'as rien de surprenant).
Mal placé.
"D'un côté c'est de la non-mixité militante ("pour nous, par nous") et de l'autre, de la xénophobie décomplexée" (piqué ici).

Et pour compléter, jetez-vous sur le Dans le texte d'Houria Bouteldja avec Judith Bernard. Indispensable pour appréhender la lutte des racisés et comprendre comment et pourquoi des rencontres entre personnes "subissant à titre personnel le racisme d'État dans un contexte français" sont utiles.
J'ai toujours trouvé effrayant les gens qui expliquent très calmement que la "société non-mixte" est la solution formidable.

Le pire étant qu'ils ne semblent même pas se rendre compte que ce sont juste les mêmes arguments racistes que tous les racistes de la planète.
D'un côté, il y a les racistes blancs qui ne veulent pas se mêler aux minorités, et de l'autre il y a les racistes non-blancs qui ne veulent pas se mêler aux blancs.

Accessoirement d'un point de vue "efficacité" ça me semble complètement contre-productif. S'ils voulaient recueillir des témoignages vraiment libres. Il suffit de faire un documentaire comme pour La Mort de Danton, un livre, ou autre.
Là à mon avis il y a incontestablement derrière, peut-être inconsciemment (comme pour beaucoup de racistes), de l'idéologie raciste.
En quoi la journaliste de Mediapart subit-elle "à titre personnel le racisme d'État dans un contexte français" ?

Cette journaliste aurait-elle maintenu sa visite si elle avait su, avant d'y aller, qu'elle ne devait son accréditation qu'à ce critère ?

@si pourrait lui poser ces questions...
La journaliste est une amie d'un des organisateurs. Que pouvait-elle ignorer ?
Et bien au moins on sait ce qui s'y est passé.
Ben oui. Les articles dans Médiapart, et celui du BondyBlog nous en disent plus sur un événement qui, s'il avait fallu ne se référer qu'aux "informations" (pfff;;;) mainstream, nous serait resté assez énigmatique.

Il me semble que, d'habitude, les journalistes ne renâclent pas trop à se servir de leurs particularités pour se glisser dans un milieu fermé (une femme dans un endroit où les hommes ne sont pas acceptés, une femme de ménage (pas vraiment authentique) pour "Quai de Ouistreham, un blanc "dans la peau d'un noir" ou grimé en "tête de turc", voire même sympathisant FN pour accéder à plus d'info.

Ces modes d'investigation peuvent certes être discutés, et ils l'ont été, mais on ne peut nier qu'ils ont apporté des informations autrement non accessibles. N'est ce pas le coeur du métier de journaliste?
Votre argument n'a strictement rien à voir avec le problème posé. La journaliste était présente entant que représentante accréditée - ô combien — de Mediapart, pas déguisée en antiraciste ou victime du racisme.
// Le site d'information rappelle que c'est le "droit le plus strict" des organisatrices de refuser que la presse soit présente au camp. //

Et il pigne quand c'est les gars de la Marine qui lui fait le coup. Va comprendre,  Charles.

Sur ce camp interdit aux blancs. Nombre de gens ont dit que ça leur rappelait les bus et les chiottes interdits aux Noirs. Cacré progrès que du racisme pour dénoncer le racisme.

Inutile de dire aux organisatrices que cet interdit signifie en creux que les femmes sont inférieures aux hommes, et les femmes « racisées » encore plus, qu'elles seraient a priori incapables de s'exprimer devant des hommes.
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