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Oui, la marinière Armor-Lux est fabriquée en France, mais...

Arnaud Montebourg en marinière à la Une du Parisien magazine pour faire la promotion du made in France : la photo a suscité engouements ou quolibets mais n'a provoqué aucun débat sur la réalité de la production française. Or, si la marinière Armor-Lux portée par le ministre du redressement productif est bien fabriquée en France, l'entreprise bretonne a cependant délocalisé plus de la moitié de sa production globale. Le 100% made in France dans un pays désindustrialisé relève-t-il du mythe ?

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Si le transport des marchandises étaint facturé à leur cout véritable (subvention du transport, cout dérisoire d'une ressource limité comme le pétrole et des dégats environnementaux des activités polluantes dans des pays à bas-cout), il n'y aurait pas pas de problème de délocalisation. Mais bon, c'est plus "facile" de faire l'exégèse du spectacle et des commentaires de ce spectacle.
Très peu pour moi les rayures horizontales: ça fait grossir.
Cette ridicule couverture de journal en forme d'affiche publicitaire témoigne de l'absence récurrente de politique industrielle dans notre pays... depuis de si nombreuses années. Ne nous trompons pas de cible en jetant la pierre à une entreprise comme Armor Lux qui tente de maintenir un activité dans un secteur comme l'habillement où il est aujourd'hui à peu près impossible de rester vivant. Interrogeons nous plutôt sur les conditions qui ont permis de détruire une grande part de notre tissu industriel : ouverture complète des marchés, marges de distribution gigantesques, prix de vente déconnectés des coûts de fabrication...
L'ouverture complète des marchés (allons chercher l'argumentation du côté de David Ricardo.... dans un monde bien différent de celui d'aujourd'hui) suppose que l'on soit capable de maintenir des activités partout et que chacun fournisse aux autres ce qu'il sait faire de mieux et de moins cher... sauf que cela ne fonctionne pas si les pays aux coûts de production les plus bas sont capables de tout produire à bas coût. Ce qui est objectivement le cas pour certains pays comme la Chine ou l'Inde qui disposent tout à la fois du capital, des compétences et de la main d'oeuvre pour produire n'importe quel type d'article, du T-shirt à l'avion de chasse. Que pourra produire et vendre, en produits ou en services, un pays comme la France. Pas grand chose, à par ses paysages et son histoire... du moins tant que les visiteurs ne se contentent pas de copies.
L'importation massive de produits de grand import a permis certes une réduction des prix de vente de beaucoup de produits, mais certainement pas autant que la baisse des prix d'achat par les réseaux de distribution. L'importation permet aux distributeurs et aux marques d'accroître leurs profits... en prélevant non seulement sur le salaire de l'ouvrier du pays de production, mais également sur celui du consommateur qui ne bénéficie que d'une très faible part de la baisse du prix d'achat. Qui a le pouvoir de contrôle de ces marges ?
Si nous voulons maintenir des activités dans nos pays européens, donner du travail à tous, continuer à produire des richesses, il ne suffira pas de réduire le "coût" du travail (utiliser ce mot signifie que considère le travail comme une matière consommable et non comme une source de richesse) par une réduction (disparition) de notre système de santé et de solidarité. Il faudrait réduire le coût de travail à un niveau voisin de celui du plus bas salaire qu'accepterait un travailleur quelque part dans le monde pour que cela suffise. Y êtes vous prêt ?
Maintenir l'activité économique des régions à coût de main d'oeuvre élevé implique que l'on réorganise le commerce mondial en zones un peu plus homogènes, ce qui ne signifie pas fermer les frontières, mais au contraire permettre le développement du commerce avec des règles de concurrence saines...
Mais il nous faut pour cela d'autres acteurs politiques que des mannequins publicitaires.
Ah, le beau marronnier que celui là... constater que les fabrications soi-disant françaises ne le sont pas vraiment...
Nous sommes en 2012 ... pas en 1980 ... et pourtant déjà à cette date des entreprises textiles françaises délocalisaient dans des pays à bas coûts de MO ou avaient fermé faute de pouvoir maintenir leurs positions face à des concurrences devenues plus aigues...
Alors pas vraiment de quoi réveiller un mort avec cette annonce qu'un fabricant de tricot breton maintient une activité de marinière made in France en faisant produire en Tunisie ou ailleurs l'essentiel de ses ventes...

Mais pourtant bien des choses ont changé et voir un ministre plutôt adepte des costumes élégants et coupés sur mesure déguisé en marin nous met la puce à l'oreille. Il peut bien reprendre les discours de ses prédécesseurs à l'industrie ou au commerce, rabrouer ou flatter les chefs d'entreprise selon qu'ils disposent d'une unité de production en France ou non, le ministre est désormais nu, riche d'euros forts pour acheter ses vêtements à l'étranger mais réduit à se contenter d'une marinière bretonne et à exiger du photographe que la prise de vue ne dépasse pas son nombril car pour le bas exhibant la nudité la plus crue faute de trouver des fournisseurs de slips, de chaussettes, de pantalons et de chaussures industriels français, il est certain que son message aurait pu être mal interprété...
C'est drôle la montre, c'est comme l'avion là, européen, le travail d'équipe quoi.
On pourrait faire du markéting avec ça au lieu de le prendre mal.
Une marinière européenne, pour nous sortir du marasme. les rayures bleues en GB, les rayures blanches en Grèce, l'assemblage des rayures de la manche droite en Allemagne, de la gauche en Espagne et la finalisation à Toulouse, en France. Les autres pays d'Europe? non merci, c'est gentil d'avoir proposé.
On oublie toujours le pire: mettre en avant la marque Moulinex, une des premières à avoir été séduite par le proletariat chinois !
J'aime à dire que je suis alter-mondialiste, contre l'Europe libérale (celle de l'AGCS), et contre le dumping social.
Mais cela ne m'empêche pas de trouver le 100% made-in-France complètement idiot.

Le vrai débat du made-in-France devrait tourner autour de ces points :
- la valeur-ajoutée : ou se crée la richesse ?
- l'emploi : ou se situe le plus fort réservoir d'emploi (et à quel niveau de qualification) ?
- l'innovation : quelles sont les technologies capacitanceAs qui essaimeront dans d'autres secteurs ?
- la stratégie de defense : quelles sont les industries essentielles à la protection du territoire et à la stratégie de la France à l'international ?
- l'impact carbone

Autrement dit, cela ne sert à rien de fabriquer en France si d'autres pays font aussi bien pour moins cher (ou mieux pour le même prix), à fortiori quand la production fait partie de leur culture (ex les montres suisses ; La Chine, l'Inde, le moyen et le proche orient ont une très forte tradition d'industrie textile y compris de qualité : pourquoi le nier ?) ou quand il y de bons échanges commerciaux avec le pays. On peut ensuite boycotter les pays ou les fabriquants qui font travailler les enfants, les prisonniers, mais de la à relocaliser toute une production...

Il ne faut pas se faire abuser par des débats idéologiques...

I
Il avait peut-être déjà pensé endosser le costume du temps de Lejabi...

Mais maintenant qu'il doit veiller aux destinés de l'industrie française il n'hésite pas à mouiller la marinière.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/01/20/chez-lejaby-montebourg-defend-le-soutien-gorge-tricolore_1632563_823448.html
Il fait vraiment petit minet ringard : je dirais même vieux beau ! ou bateau...
gamma
Dans le rôle de l’homme politique donc : le ministre du redressement productif en personne, Arnaud Montebourg. Parmi ses dadas, le protectionnisme et le patriotisme économique. Message : il faut produire en France. Et quand il n’est pas assez entendu, il insiste : au début du mois il se rend à un conseil des ministres au volant d’une Zoé – voiture électrique fabriquée en France par Renault – et, quelques jours plus tard lors du Mondial de l’automobile, il vocifère contre les voitures étrangères.


au lieu d'user d'un terme comme "vocifère contre les voitures étrangères", ne vaut-il pas mieux dire "il s'engage contre les voitures étrangères" pour ensuite critiquer cet engagement? On peut vociférer à bon escient, ça signifie "parler en criant et avec colère" (Robert), là, le choix du terme aide à un glissement de sens malheureux typiquement journaliste commun des médias habituels, glissement qui l'amène à signifier "parler de façon désagréable" en postillonnant ou un truc du même genre, ça contient un commentaire de façon ambigüe. Je trouve de plus en plus ce genre de tournure sur ce site, mais le fond reste le fond, heureusement. Inutile d'aider les journalistes que vous condamnez à longueur d'articles à détruire la langue, bon sang de bois!
Amicalement...
et même pas une photo d'Anne So en marinière???
tsss ;)
Là, elle est trop belle pour la laisser passer:
S'agit-il d'un article sur " la moule en marinière "?
Vous vous y prenez tôt, pour Noël... va falloir qu'on se cotise, ça coûte un oeil votre truc.
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