"Opération patrimoine" : Bern veut "sauver" la France, mais de quoi ?
Fallait forcément que ça tombe sur nous : la mission, si toutefois on l'acceptait, regarder un programme de Stéphane Bern. Super. Mercredi 14 janvier, France 3 diffusait une émission inédite intitulée "Opération Patrimoine, sauvons nos fêtes traditionnelles". Fini les vieilles pierres et les châteaux en ruine, l'agent Bern veut désormais "sauver" la bourrée, les fanfares, les Bigoudènes, le chant corse, la "fête" du riz, les "bals trads". Mais les "sauver" de quoi au juste, puisque ces fêtes et ces danses folkloriques reviennent à la mode ? On a un peu peur de la réponse…
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A travers cette émission diffusée sur le service public , Bern fait l'éloge d'une France blanche, attachée à ses traditions.
Insidieusement, il fait sien le discours des réacs qui nous serinent à longueur d'antennes avec leur obsession du grand (...)
Qui nous sauvera de Bern ?
Ça fait plaisir de voir les médias s’emparer de cette question. On va enfin pouvoir s’attaquer sérieusement à la préservation de quantité de savoirs et de savoir-faire qui tendaient à se perdre, notamment en matière d’artisanat et d‘agriculture, face(...)
Derniers commentaires
J'aurais bien aimé voir ce cher Stéphane Bern faire un petit tour en Kanaky ; Polynésie.
Il y a un côté comique à voir les cultures régionales, qui pendant longtemps ont été chassées à cause de leur exotisme et du désordre supposé qu’elles pouvaient causer à l’unité nationale, en particulier à cause des langues et des dialectes, et avant ça de la religion, aujourd’hui appelées au secours par l’extrême droite.
Pourtant un breton devait à une époque apparaître aussi créole à un alsacien qu’un guadeloupéen à un Berrichon. [toutes les autres combinaisons fonctionnent]
Il ne manquerait plus que nos cousins québécois soient sollicités malgré eux comme réservoir de l’esprit français, pour qu’on s’étonne que les cajuns ne le soient pas tout autant, ou les algériens ou les sénégalais qui ont hérité de l’absurdité de notre administration. [ça marche avec d’autres pays]
Stéphane Berna avait à peine 10 ans, il y a plus de 50 ans, quand Pierre Perret s'employait à sauver une de nos plus riches traditions (même si les concernées ne se rendaient pas compte qu'il se fichait un peu de leur fiole).
Not all bourrées auvergnates, please !
"Opération patrimoine" : Bern veut "sauver" la France, mais de quoi ?
Pas du ridicule, en tout cas...
Oui c’est consternant ce genre de message et la façon dont s’est amené mais voyons le verre à moitié plein… A tous ceux qui nous serinent sur un grand remplacement, ces images montrent le contraire…
Et si c’était déjà complètement ringard il y a 50 ans. Il existe toujours des petits nombres attachés à faire vivre les traditions (c’est pas ma tasse de thé mais chacun fait c´qui lui plaît plaît plaît) et j’ai même deja vu dans des groupes folkloriques en province des noirs, des arabes, des asiatiques… parce que l’attachement au terroir n’est pas forcement un repli sur soi mais une ouverture aux autres et des autres à s’interesser à la terre qui est sous leurs pieds.
Raz le bol de Bern et cies,les journaux de 13h,des racines et des ailes,etc,etc......
La France d'avant,que nous les vieux,vieilles,ne regrettons pas ,mais pas du tout,du moins je l'espère.:0)
Bonsoir : je n'ai pas regardé l'émission de Bern, mais votre article appelle un commentaire concernant la "diversité". Cette France qu'il montre de manière caricaturale, superficielle, elle existe aussi, et mérite mieux que la caricature. Il y a en Bretagne, où j'habite, une vraie dynamique culturelle autour de la musique et des danses bretonnes, avec une vraie créativité variée qui mériterait un peu d'attention des médias "mainstream". Effectivement, cette musique a son public et elle n'est pas en danger, sauf en danger d'indifférence vue de Paris.
Par contre, là où il y a un vrai "combat", c'est dans celui de faire admettre qu'il s'agit d'une vraie culture, et pas uniquement d'un patrimoine qui serait historique ; culture qui évolue, vit des influences variées. Et le combat pour la survie, c'est celui des langues régionales largement combattues par la République française. Nous sommes 100 000 locuteurs de breton actuellement et notre langue, qui est ma langue d'origine, risque de disparaître dans une grande indifférence médiatique et, d'ailleurs, la place qui leur est accordée dans les médias publics, notamment, est une des données du problème. Mais il s'agit là d'une question éminemment politique que n'aborde sans doute pas M. Bern celle, notamment, de la langue unique que la France veut imposer dans un pays historiquement divers du point de vue linguistique. Et cette dimension inclut les langues des DOM TOM, et des immigrations. Langue commune ne signifie pas langue unique, mais c'est ce dernier modèle qui a été imposé. Du coup, le droit à la différence linguistique n'existe pas en dans la République française, que ce soit pour les Bretons ou pour les personnes issues de l'immigration. Pourtant, une langue unique est-elle une garantie de faire nation, ou de faire cohésion ? Pas sûr. La Suisse nous montre que même une langue commune n'est pas indispensable puisqu'il y a dans ce pays quatre langues officielles...
Voila de quoi réfléchir : avec Stéphane Bern ?
Kenavo
Christian Le Meut
Pour compléter mon commentaire, je note que jamais, depuis que je suis abonné à Arrêt sur images, soit au moins une dizaine d'années, le site n'a consacré le moindre article, ni la moindre émission, à la place des langues régionales en France. Chacun ses oeillères mais Bern lui, au moins, sait qu'elles existent... A bon entendeur !
(hm, effectivement, un peu périphérique - seul résultat obtenu en cherchant "glottophobie". il me semblait que ça avait été évoqué pour le contexte audiovisuel français par ASI, j confonds peut-être avec une vieille émission de france culture, à l'occasion d'un livre de Philippe Blanchet ?)
Merci Christian. J'allais déposer un commentaire, mais il ne serait qu'une redite du vôtre. (Merci aussi à Délecteur de vrai thé, en passant !). Personnellement, ce thème de la défense de la culture régionale me fait souvent enrager à deux titres pourtant bien distincts. Un, la récupération nationaliste qu'en fait l'extrême-droite, avec beaucoup d'hypocrisie. D'un côté, on défend "les traditions françaises", de l'autre, on rêve d'éradiquer les langues régionales. Deux, le travail de sape d'une certaine gauche, tout aussi centralisatrice et anti langues "minoritaires", pour laquelle la culture régionale, c'est d'abord et avant tout un vestige du passé qui fleure trop bon le traditionalisme catho et le monarchisme rampant. Image renforcée justement par un Stéphane Bern incapable d'en percevoir la modernité et l'esprit de création et de partage.
Pour la droite, la Phrance éternelle, pour (une partie de) la gauche, des ploucs ringards qui vivent dans le passé. On les invite à venir dans les nombreux, et très fréquentés, festou-noz de nos villes et villages, et à y rencontrer les organisateurs, les musicien.ne.s et le public. Ils se rendront peut-être compte qu'on est loin, très loin, des apéros-saucisson organisés par les copains de Stérin. Koc'h ki gwen...
Pareil en Occitanie où tous les locuteurs occitans que j'ai pu rencontrer etaient d'extrême gauche voire anarchistes (j'ai peut-être un biais de fréquentation...), avec une tradition directe liée à la guerre d'Espagne et à la Résistance.
Vous auriez pu (@si) vous intéresser au sujet lors de l'émission sur la "ruralité", Emma Conquet ne vous aurait pas dit le contraire.
Ayant participé au mouvement folk dans les années 70, je me suis rendu compte qu'effectivement, en Bretagne, les fêtes traditionnelles, la musique, la langue,, la culture vivaient de manière continue et se différenciaient du revival porté souvent par les néo-ruraux. Il n'empêche, le rôle des pionniers du folk a eu son importance pour faire revivre un patrimoine qui aurait disparu sans cela.
Paradoxalement, c'est à Paris que ce renouveau a émergé, dans les années 60 et 70, au Centre américain, sous l'égide de Lionel Rocheman. Avec notamment Alan Stivell, Steve Waring, Roger Mason, Gabriel Yacoub (fondateur de Malicorne), Marcel Dadi, Graeme Allwright. Les rencontres avaient lieu sous forme de hootenany. Il n'y avait pas de distinction entre artistes et public Chacun avait le droit de présenter un morceau qui ne devait pas dépasser 5 minutes. Au départ, le répertoire était exclusivement américain (avec la découverte de Woody Guthrie, Tom Paxton) avant de s'étendre aux chansons traditionnelles françaises. C'est là qu'un jour Alan Stivell a débarqué avec sa harpe celtique et qu'il s'est fait connaître. Plusieurs pionniers, ethnomusicologues amateurs, sont alors partis, comme en mission, pour faire du collectage en région (je pense au groupe Mélusine).
Vivement la fête de Ganesh à Paris ainsi que celle du nouvel an chinois...
Ça fait plaisir de voir les médias s’emparer de cette question. On va enfin pouvoir s’attaquer sérieusement à la préservation de quantité de savoirs et de savoir-faire qui tendaient à se perdre, notamment en matière d’artisanat et d‘agriculture, face aux assauts des multinationales qui délocalisent.
Attendez... On me fait signe que non ?
Plus que Mission Impossible, les images font surtout penser à Hot Fuzz :D (superbe comédie british)
Comme d'hab Bern a les yeux tournés vers le passé. S'il veut vraiment "sauver" de vieilles traditions il peut essayer de remettre au gout du jour les dessins d'animaux sauvages dans des grottes.
A travers cette émission diffusée sur le service public , Bern fait l'éloge d'une France blanche, attachée à ses traditions.
Insidieusement, il fait sien le discours des réacs qui nous serinent à longueur d'antennes avec leur obsession du grand remplacement.
Il y avait déjà la publicité clandestine. Il y a maintenant la propagande sournoise.
Étonnez vous après que le RN prospère.
Depuis des lustres, les vacances sont émaillées de fest-noz, bals et danses du quatorze juillet
et des défilés de personnes en costumes locaux. Pas de Bern en vue pendant ces années, lui se dorait la pillule dans les manoirs et leurs parcs
Et même chose ailleurs hors frontière, ces danseurs aux chaussures typiques rouges de Wupperthal, Afrique du Sud
Ils perpétuent un style musical qui leur fut imposé de même que la langue Afrikaans dans laquelle ils s'expriment mais ils y ont ajouté naturellement les caractéristiques de leur héritage culturel plus ancien
mais dîtes-moi Stéphane Bern, vous en faites quoi de la défense de la langue Bretonne, et de la langue Alsacienne
ou bien c'est encore "Défense de cracher par terre et de parler Breton"...
et je ne vous parlerais pas de ces mots venus d'ailleurs, de ces langues maternelles jugées impropres
Ca revient depuis les années 70 .. mais mon père né en 1918 a la campagne n ' as jamais parlé de fête folkloriques, mais de bals de village. et des bagarres associées .. a croire que. ces fêtes se faisait au moyen âge, et ont disparu avant la révolution, pour revenir des fois sous le second empire, pour " fêter " le monde rural qui commençait à voter ...
Qui nous sauvera de Bern ?
Vu le climat géopolitique actuel, pas étonnant que j'aie lu "Berne" dans le titre.
Mandieu mandieu... effectivement ces fêtes pullulent partout en France.
Dans le grand Ouest où on se trouve on a des fest-noz partout, de la danse folklorique, des chorales, des jeux bretons, du palet en veux-tu en voilà, etc avec plein de participants, et des jeunes !
Et c'est tant mieux, mais du coup à part sauver ses rentrées financières, je vois pas trop ce que Berne fait là.