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Obama et la zone grise

Hier encore inimaginable, la perspective de poursuites judiciaires, aux Etats-Unis

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Deux documentaires sur la politique d'utilisation de la torture en Irak et Afghanistan qui a mené à la situation actuelle qu'Obama essaie de gérer:

Standard Operating Procedure (sur Abu Ghraib)

et

Taxi to the dark side (sur Bagram Air Base, Abu Ghraib, et Guantanamo Bay)

Voir aussi l'édito de Frank Rich dans le NYTimes d'aujourd'hui qui explique en gros que l'administration Bush savait et a utilisé le fait que quand on torture les gens (en particulier des gens dont on sait qu'ils ne savent pas grand'chose comme Abu Zubaydah) ils disent n'importe quoi ou plutôt ils disent ce qu'ils croient être ce que les gens qui les torturent veulent entendre.

Et donc non seulement Bush & co ont utilisé des techniques d'interrogations illégales qui déshonorent les Etats-Unis mais ils ne l'ont même pas fait pour protéger le peuple américain, ils l'ont fait pour vendre la guerre en Irak:

The Banality of Bush White House Evil

"As soon as Bybee gave the green light, torture followed: Zubaydah was waterboarded at least 83 times in August 2002, according to another of the newly released memos. Unsurprisingly, it appears that no significant intelligence was gained by torturing this mentally ill Qaeda functionary. So why the overkill? Bybee’s memo invoked a ticking time bomb: “There is currently a level of ‘chatter’ equal to that which preceded the September 11 attacks....”

...we do have evidence for an alternative explanation of what motivated Bybee to write his memo that August, thanks to the comprehensive Senate Armed Services Committee report on detainees released last week.

The report found that Maj. Paul Burney, a United States Army psychiatrist assigned to interrogations in Guantánamo Bay that summer of 2002, told Army investigators of another White House imperative: “A large part of the time we were focused on trying to establish a link between Al Qaeda and Iraq and we were not being successful.” As higher-ups got more “frustrated” at the inability to prove this connection, the major said, “there was more and more pressure to resort to measures” that might produce that intelligence.

In other words, the ticking time bomb was not another potential Qaeda attack on America but the Bush administration’s ticking timetable for selling a war in Iraq...

...Five years after the Abu Ghraib revelations, we must acknowledge that our government methodically authorized torture and lied about it. But we also must contemplate the possibility that it did so not just out of a sincere, if criminally misguided, desire to “protect” us but also to promote an unnecessary and catastrophic war. Instead of saving us from “another 9/11,” torture was a tool in the campaign to falsify and exploit 9/11 so that fearful Americans would be bamboozled into a mission that had nothing to do with Al Qaeda. The lying about Iraq remains the original sin from which flows much of the Bush White House’s illegality."
et si Obama avait tout simplement lu Régis Debray (" Moment Fraternité") et rêve lui aussi de "fraternité" avec son prix à payer : la responsabilité suivie de la condamnation des puissants de ce monde ?? à suivre..........

(mis dans un autre forum): dans le bouquin, le moment qui m'a vraiment interpellée est celui sur les droits de l'homme, que l'on pourrait considérer comme une panacée, mais que Debray démonte au regard de toutes les guerres faites au nom de la démocratie ; et en particulier les guerres de nos "démocraties" de ces dernières décennies ;

je trouve que sa description de l'ONU remets très justement en perspective l'ensemble de la communauté internationale :
"Tout un essaim de squatters venus de l'Est et du Sud ne veulent parler que de droits économiques et sociaux, qui sont autant d'entraves à la liberté du marché.
Les locataires de l'Ouest et du Nord ne jurent que par les droits civils et politiques, qui sont autant d'entraves à la souvraienté des Etats.
Chaque camp n'accepte de signer que le pacte onusien qui ne nuit pas à ses intérêts."

brrr pas étonnant de n'avoir jamais de consensus..... et donc jamais de fraternité ?? -:)
si je pensais encore (ce qui n'était déjà plus le cas) que nos démocraties occidentales avaient la vérité, ce passage sur les droits de l'homme, "nouvelles religions de nos démocraties", m'a bien remis les compteurs à zéro....
et la question qu'on peut se poser : aura t on effectivement un jour la chance de voir un Bush expliquer sa guerre d'Irak, ou un président français justifier l'ouverture de ses camps de rétention, ou encore l'état d'Israël venir s'expliquer sur ses crimes à Gaza, devant le TPI ???
pour Debray, il faudrait que les pays dits aujourd'hui en voie de développement portent plainte contre nos démocraties ; alors......à quand ???



bon en ce qui me concerne, je ne veux pas discuter de la vision politique de Barak Obama, je vote POUR a priori.... et d'ailleurs je ne comprends pas du tout du tout la polémique sur "l'atteinte à l'image présidentielle" qui est en train de naître aux Etats-Unis au sujet de la photo en mailot ???

....pardon -:)
Il y a quelques années les USA avaient Bush et tout le monde ( sauf notre petit N. ) détestaient les USA. Certaines personnes comme Donald Trump en avaient conscience et n'aimaient pas Bush non plus : http://www.youtube.com/watch?v=j6N8l8DMu3M
Nous on avait Monsieur Chirac.
Aujourd'hui eux ils ont Obama et nous on a Nicolas Sarkozy.
Je crois que c'est Stephen Colbert qui a le mieux décrit cette situation absurde. Il est génial comme à son habitude.

"I believe we need to punish those responsible for these acts. Not to set an example to make it sure it doesn't happen again. Personally, don't know, don't care. No. We need to punish them so we can lord our moral superiority over other countries. In your face Zimbabwe."

"So who really is responsible ?"

"President Obama made it clear who can't be held responsible. The CIA agents who carried out the enhanced interrogations."

"You see, the CIA agents were just following orders ..."

"And we can't blame the brilliant legal minds who approved the torture, lawyers like John Yoo ... Now Spain is considering prosecuting those guys but the spanish attorney general himself opposes the move because the men where not present when the torture took place ... Gracias amigo ..."

"Now, if we are not punishing people who approved of this torture, we can't really punish any americans because we all basically approved the torture when we reelected President Bush ..."

"Whoever we punish for these acts of torture had to be present, but they can't be the one who did the torture, can't be the ones who approved the torture and can't be americans. That means that the only guys left to punish for the torture are the guys we tortured."
Dans l'énumération des pays de la "zone grise", je suis très étonné de ne pas voir la France ; celle d'après l'occupation, celle d'après la guerre d'Algérie. Papon étant le personnage emblématique de ces deux périodes, promu ministre par de Gaulle, amnistié pour l'Algérie, condamné pour l'Occupation, mais combien d'autres ont continué à servir ?
De cette zone grise, on sortira trois plantins qu'on jettera en pâture aux médias puis à la justice afin de redonner une légitimité aux USA. Dans le même temps les prisons secrètes de la CIA vont fleurir ailleurs. Savez-vous que la CIA peut d'ores-et-déjà exercer son pouvoir en Europe.
Est-ce qu'Obama est contre cela? Pitié, qu'on ne nous serve pas l'eau tiède pour aimer un type qui ne fait que lâcher du lest pour reprendre gros. Obama a dit qu'il était contre le patriot Act, qu'en est-il dans les faits? A-t-il voter contre? l'a-t-il aboli?
Obama doit justifier la guerre en Afghanistan, n'a-t-il pas ressorti tout seul le spectre de Ben laden à l'OTAN?

Pff... Ce genre d'article Daniel, c'est mou. Brezinsky et Kissinger sont derrière lui, à quel changement peut-on croire?
Et pourquoi s'imaginer qu'il n'ait pas de plan: il en a tout autant que ses prédecesseurs. Les droits de l'homme, il en usera hypocritement comme tout le monde. Combien reste-il de guantanamo(s)?
Allez, on lui fait le coup de la baignoire au George W. Bush, histoire de voir s'il apprécie la plaisanterie et goûte tout son humour délicat ?

Ah ! La rue Lauriston a de beaux jours devant elle !

***
Les gens autour de Cheney sont allés beaucoup plus loin que de ruiner les principes moraux et légaux qui "fondaient" les Etats-Unis. Ils ont intentionnellement sacrifié des milliers d'américains pour fabriquer un ennemi fantasmatique (Al Qaida) et mobiliser la nation afin de sauver l'empire américain, dont la puissance est basée sur le contrôle du marché du pétrole et du gaz.

Ce sont des criminels et leur condamnation est nécessaire à la réhabilitation morale de l'Amérique. Nécessaire certes, mais elle risque de n'être ni suffisante, ni menée à bien. La vie du président Obama est maintenant clairement menacée. Que restera-t-il de l'image de l'Amérique s'il est assassiné comme l'a été JFK avant lui ?

La zone grise DS, vous en faites partie vous aussi ... qui veut vraiment regarder au fond du trou noir de la guerre contre la terreur ? Qui n'a pas peur de ce que l'on risque d'y découvrir ? Qui est vraiment prêt à assumer la vérité ?
Obama a parlé d'amnistie pour les interrogateurs de la CIA, et il n'est toujours pas question de poursuite judiciaire pour ces derniers, contrairement à ce que vous semblez affirmer dans cette chronique, Daniel.

Obama maintient que ceux qui ont pratiqué la torture avec le blanc-seing légal de l'administration ne seront pas poursuivi. En revanche, entre temps, il a déclassifié des rapports qui montrent qu'il y a eu une volonté de la part de l'administration de créer une base légale à la torture, avec les abjects rapports rédigés par le Département de la Justice. Les poursuites à venir concernent les juristes qui ont contribué à cela.
Notamment l'impeachment du juge fédéral Jay Bybee, comme l'appelait le New York Times dans son édito de dimanche.

De procéder en deux temps, après avis légal, est plutôt politiquement tactique, car en revanche c'est bel et bien une boîte de Pandore. Si l'admnistration Obama devait se lancer dans une investigation à grande échelle des huit années de Bush (il n'y a qu'à voir les réactions de Cheney et Limbaugh juste après la publication des memos), ce serait un vaste emballement médiatique qui rendrait impossible toute communication de la part de la Maison Blanche sur les réformes actuelles, alienerait les républicains et griperait le Sénat. Pour lâcher du lest sur Cuba, il a aussi procédé en deux temps, et annoncé le gros morceau après le tintamarre médiatique.
"...Sur la question de la torture elle-même, Friedman souligne justement que le véritable problème est que la CIA est une bureaucratie et que l’attitude de la bureaucratie tend à codifier, à “légaliser” selon ses règles, donc à “banaliser” toute pratique. Du coup, et c’est le véritable débat sur cette question, la CIA a rendu routinière et institutionnalisée, donc à la fois monstrueusement légale et structurellement inhumaine, une pratique qui ne peut être conçue que comme “exceptionnelle” (dans le sens circonstanciel du mot). La question de la torture devient dans ce cas la question de la bureaucratie, qui est implicitement définie ici comme une monstrueuse entité qui institutionnalise tout ce qu’elle fait. "...

Extrait du site dedefensa.org (cité plus haut par Loran)
Au contraire de ces analyses, personnellement, je penserais plutôt que ce terrible épisode, qui semble toucher à sa fin, de légalisation de la torture par la législation américaine, est plutôt, en creux, une preuve de la vitalité d'un phénomène fondamentalement démocratique au plus profond de la société US, et probablement dans toutes les sociétés occidentales de vieille tradition démocratique.

Parce que la société américaine a connu un épisode de recul flagrant des droits de l'individu dans les années 50 à l'époque du mac-carthysme. Et que pratiquement du jour au lendemain, cela s'est arrêté. Alors que c'était plus grave en fondement, parce que c'était les citoyens américains eux-mêmes qui étaient inquiétés. Cette dimension du droit du citoyen est très importante dans nos démocraties, car c'en est le fondement même.
C'est à la citoyenneté, qu'on le veuille ou non, que correspondent des droits fondamentaux, les fameux droits de l'humain.
Et à Etat de droit, territoire de droit.

Le fait que le climat délétère de peur et de désir de vengeance après le 11 septembre n'ait pas permis de s'attaquer aux citoyens de l'intérieur, même si les Patriot Act étaient un terrible recul, la clique de Bush a été malgré tout obligée de torturer à l'extérieur de ses frontières, chose que les autorités américaines ont de toutes façons de tous temps pratiqué, en temps de guerre chaude ou froide, et c'est un signe qu'ils ne pouvaient pas revenir en arrière sur les droits fondamentaux à l'intérieur de leur propre pays, et éviter de propager la peur à l'intérieur. Donc qu'il y avait un énorme progrès par rapport au mac carthysme pour les citoyens américains qui sont sensés jouir de la liberté démocratique.

Et l'"obamisme", qui est quand même un phénomène politique majeur et de masse à l'intérieur de la société américaine, se montre très clairement une réaction très "démocraticiste" (excusez les néologismes) à ce qui était du recul. Même pour l'extérieur, on ne supporte plus le déni des droits de l'humain.

Pour moi, les autoritaires sont en train de perdre définitivement la seconde bataille d'Alger, d'autant plus que cette politique sécuritaire a produit le contraire de ce qui était attendu avec le retour de l'ennemi Al Quaïda.
Et honnêtement, je ne pense pas qu'Obama fasse lever le vent de la révolte parmi les autoritaires, parce qu'ils ne risquent pas grand-chose au bout du compte, étant dans un état de droit.

Après tout, la "légalisation de la torture", en fait s'est révélée plus grave qu'il n'y paraissait, mais cela s'est passé à l'étranger. Si les prisonniers de Guantanamo ou ceux qui étaient torturés en Europe de l'Est (Pologne et Tchécoslovaquie à l'intérieur de l'UE même, ne l'oublions pas, ce qui jette une ombre très importante sur l'Europe) ont été les victimes, c'est plutôt le manque de démocratie d'autres pays, tels que Cuba, qu'on pourra accuser.
C'est certes de l'hypocrisie, mais que disait-on déjà? L'hypocrisie est l'hommage que rend le vice à la vertu, et la pratique de la torture à l'étranger est l'hommage que rendent les autoritaires à l'Etat de droit et à la démocratie, même imparfaite.

J'ajoute que je pense qu'Obama a d'autres moyens de pression sur les Bushistes et les néo-cons, ainsi que sur la CIA, parce que des horreurs, ils ont dû en commettre bien d'autres sous le manteau.
Et s'il rabat un peu le voile, ce qui est son intérêt, ça devrait bien se tenir à carreau en face, ceux qui ont beaucoup de postes à perdre.

Quant à l'idée qu'il y a des "vautours" qui ont élu Bush et les néo-cons, et en face d'autres, pauvres petits agneaux, qui auraient élu Obama, je pense qu'il faut éviter de diviser le monde en bons et méchants. En partie, ce sont les mêmes Américains, mais avec des émotions différentes parce que dans des circonstances historiques différentes.
En vérité, ils ont élu le roi-lion, des griffes de fer dans une patte de velours.

Il est possible qu'Obama soit "retourné" mais jusqu'ici, il a montré de bons nerfs.
" et malgré la mauvaise habitude d'ASI de porter des oeillères "

Que ferions-nous sans chaise ?
Votre analyse est tres pertinente.

Cette thèse (la boite de pandorre) est défendue par le blog dedefensa, depuis 1 an (bien avant l'élection).

A lire par exemple le récent http://www.dedefensa.org/article-cia_torture_et_gorbamatchev__21_04_2009.html
Il aurait été tout à fait impossible qu'Obama ne réagisse pas du tout lorsque ce WE, on a appris Le cerveau du 11/09 aurait subi 183 fois le "waterboarding", alors que jusqu'alors, la CIA avait annoncé que l'homme avait avoué quelques bribes après quelques secondes de ce traitement. Le traitement est inhumain, et l'absence de réaction l'aurait tout autant été. Cela ne va pas changer le fond de la politique d'Obama, dans ce domaine, mais les responsables directs des mauvais traitements sur ces deux hommes au moins devront sans doute en répondre.
Obama nous conduit à nous poser les questions essentielles que pose @rretsurimages : pourquoi rechercher la vérité, pourquoi la dire, pourquoi la cache-t-on ?
La modération et la prudence de vos propos dans cette chronique nous confirme (mais je n'en ai jamais douté) que vous savez que la réponse à ce questions n'est pas simple.
Oui, très juste, DS, on espère vraiment qu'Obama sait où il va, on ne le connait pas bien, mais on se dit qu'il n'est pas arrivé là où il est, sans une solide capacité à faire face aux mauvais coups.



http://anthropia.blogg.org
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