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"Noirs en France" : "Des Noirs sages qui ne font pas de vague"

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Il est arrivé une fois que le sujet de philosophie du bac soit "Qu'est ce que l'audace".

Un candidat a rendu une copie qui contenait cette seule phrase : 


C'est de faire un documentaire intitulé "Noirs en France" qui évoque le racisme policier ...(...)

Il est évident que ce documentaire n'apprend strictement rien aux "Noirs en France" ni à ceux qui vivent avec eux (qu'ils soient Blancs, Arabes ou Asiatiques). Ce n'était pas son objectif.


Pour autant l’œuvre est salutaire car elle dévoile aux "Blancs(...)

Merci à vous trois pour cette passionnante émission. J'aimerais juste, en tant qu'enseignante (blanche), apporter un petit témoignage : nous avons eu, dans l'école, il y a quelques années, une petite fille métisse, qui, à 6 ans, a demandé à sa maman (...)

Derniers commentaires

En anglais, le titre de l emission devrait etre: As an ALLY, mr. Blanchard mansplains racism to a black woman!!  Mr. Blanchard a vraiment demontre un comportement raciste conscient ou pas! #whitefragility

Il serait formidable de faire l'analyse de cette emission!! Le pire etait le geste avec sa main vers Aya Cissoko pour la faire taire. 

Mais que faire sur plateau quand on est au prise avec ce genre de comportement? On hausse le ton, mais son ton a lui etait deja tres haut, on s'insurge et part du plateau, on lui donne une tape sur la main.... Que de patience de la part de Aya Cissoko.

Emission passionnante. Merci à ASI et aux invités 


Moi blanche, je rêve d'une émission faite par des blancs sur des blancs sur le sujet suivant : "mes ancêtres étaient des colonisateurs, je raconte les souvenirs familiaux enfouis, la violence des rapports avec les colonisés  ..."

On doit bien en trouver à Nantes ou à Bordeaux, des héritiers de ces grandes familles qui ont fait fortune dans les colonies, dans les Caraïbes ou en Afrique


Ne serait-ce pas une manière de déranger le confort des blancs en brisant l'omerta ?



en attendant je vais regarder les documentaires dont vous parlez et que je n'ai pas encore vus


je m'étonne des commentaires accusant Blanchard de white-spreading, etc.

le docu n'est pas que de lui, il est cosigné par Alain Mabanckou, qui n'est pas blanc.

Blanchard est ce qui se fait de mieux en matière de Blanc qui s'intéresse aux problématiques de Noirs. Il a sans doute envie d'avoir raison face à Cissoko, mais c'est juste du male-spreading "classique" dans ce cas.

j’ai été personnellement choquée par l’attitude de mâle blanc dominant de Pascal blanchard, irritė de ce que son « amie puisse le contrecarrer ! Car les critiques de aya cissoko étaient pleinement justifiées : incroyable de parler du racisme sans mettre en cause les institutions. Et il est vrai que la comparaison avec Raoul peck est terrible et fait passer ce documentaire pour de la soupe fade.

Et pourquoi personne voulait jouer avec la poupée indigente : 


à quelques jours d'intervalle à la télévision, la comparaison avec "Exterminez toutes ces brutes" (R.Peck, Arte) fait très très mal...

Belle démonstration de "white man spreading" (étalement masculin blanc). C'était douloureux et je suis un peu déçu que l'animatrice n'ait pas réussi à contenir la suffisance du sachant mâle blanc. J'aurais bien aimé en apprendre plus sur Aya Cissoko. Je pense qu'il aurait été intéressant sur ce sujet de n'avoir qu'elle comme invitée, sans quelqu'un pour lui couper la parole à tout bout de champ. La prochaine fois on pourrait peut-être donner vraiment la parole aux gens intéressants, non ? Allez, soyons fous, je suggère à ASI de s'inspirer des grand entretiens radio (les nuits magnétiques, etc.) et de nous proposer de temps en temps des discussions sérieuses, approfondies, avec des silences interminables où on entend penser les invité·es pendant de longues secondes. Sans contradicteur venu pour faire son buzz publicitaire. Du calme, de la pensée pure. Un truc de dingue où on pourrait même s'endormir en écoutant un débat important. Mais je rêve, tout ça ne vaut rien sur Twitter, Facebook et les autres machins qui comptent vraiment.

Comme souvent après avoir regardé une émission ASI, je me suis fait un plaisir de regarder la section commentaires. Qu'elle ne fut pas ma surprise d'en trouver si peu (43 vs 150 voire 300 pour d'autres émissions récentes...)

Heureusement que Aya Cissoko était là pour apporter un regard critique sur ce docu. Je ne voudrais pas avoir la dent dure contre Pascal Blanchard, mais il m'a fait l'effet d'être un allié presque toxique tant il cherchait à défendre ce docu qu'on pourrait presque résumer par "je dis ça, je dis rien". On montre la souffrance des noirs en France sans pointer de responsables, ça laisse penser que c'est une fatalité, il ne faudrait pas bousculer les gens, qu'ils se sentent visés. C'était sans doute la condition pour être diffusé sur France 2, Aya Cissoko a mille fois raison sur ça. Après, ça reste une bonne chose de l'avoir diffusé, le bilan n'est pas non plus négatif. Mais la mission est loin d'être remplie. Si personne n'est visé, comment les choses peuvent évoluer? Les responsables, ce n'est pas les autres, c'est chacun de nous tant qu'on n'a pas questionné cette culture raciste qu'on intègre, qu'on le veuille ou non, et tant qu'on n'a pas fait un travail sur soi pour s'en débarrasser. S'il y a une culpabilité, ce n'est pas d'être raciste, mais de le rester.

Il n’y a pas que le discours militant dénonciateur qui soit politique, bien au contraire.

La sexualité est politique (c’est ce que savent les militants LGBT), l’intimité du couple est politique (c’est ce que nous disent les violences conjugales), l’expérience du quotidien est politique (c’est le fameux pansement de Rokhaya Diallo), celle du corps également (voir les luttes pour l'avortement ou les transitions de genre), etc. : il n’y a d’integration et de compréhension du politique par chacun que lorsqu’il y a une expérience affective ou émotionnelle liée au message politique.
On ne fait pas pousser les fleurs en tirant sur la tige, ou plus exactement une fois qu’on a tenté de le faire, on réfléchit à comment être plus efficace autrement.

La dénonciation de « la France » et des « institutions » racistes se fait depuis des décennies sans beaucoup de résultats, sinon de convaincre les personnes déjà convaincues. Au mieux c’est un fait historiquement reconnu, sans que cela implique forcément de la mobilisation, sans que chacun se sente concerné personnellement. Car « la France » et « les institutions » sont des abstractions peu mobilisantes, notamment pour les générations nées après les guerres d’indépendance. C’est face à l’incarnation de ces institutions, avec son propre ressenti, que chacun peut prendre la mesure de ce qui se passe et décider de réagir. D’où l’importance ces dernières années de la mobilisation autour des violences policières, et le mouvement planétaire autour de la mort de George Floyd.

Au regard de cet état de fait, bien connu des acteurs de prévention, il n’y a pas non plus « le spectateur blanc » ou « le spectateur noir ». Imagine-t-on nier les expériences propres de Yannick Noah, Aya Cissoko et Surya Bonaly sous le terme « le sportif noir »?
Les généralités manichéennes ne servent personne et sont inefficaces. Un documentaire est une œuvre comme une autre, et libre est le spectateur de la goûter à sa mesure. Par exemple, je ne connaissais pas cette contrainte de couleur concernant les vêtements des danseuses classiques. Suis-je blanc ou noir si je l’apprends à cette occasion? Je ne connaissais pas non plus en détail le parcours de Yannick Noah, ni l’existence de Ibrahima et ce que lui fait vivre sa pratique de la course. Suis-je noir ou blanc de m’y intéresser à cette occasion?

Parler « du spectateur blanc » tel que le fait Aya Cissoko (le canapé, le verre de rouge…) est à mon avis un non sens qui dénie à chacun sa capacité de réflexion, d’implication, de réaction…  Les réalités blanches sont multiples et quand bien même elles se situent forcément du côté du privilège blanc, elles ne sont pas pour autant toujours du côté des dominants. Les réalités blanches s'inscrivent elles aussi dans une mosaïque d’expériences où les minorités existent, et où les ressentis d’exclusion, d’invisibilisation et de mésestime de soi existent également.
C’est vraisemblablement d’ailleurs ces ressentis qui ont permis à un grand nombre de spectateurs, de toutes les couleurs, d’entrer en correspondance avec les témoignages divers exprimés dans le documentaire. 
Un peu de subtilité ne nuit pas. Surtout quand ça fait pousser les fleurs.

À propos de Surya Bonaly et du patinage artistique, un sport assez particulier dans la mesure où il comporte, comme son nom l'indique, une dimension artistique, donc très subjective et dans le cadre duquel les décisions prises par les jurys dans les programmes libres sont souvent contestées... 


Il est déclaré dans le documentaire que le patinage artistique est pensé pour les corps blancs et non pas noirs. Mais alors comment expliquer que Surya Bonaly ait été 9 fois championne de France, 5 fois championne d'Europe et à 3 reprises vice-championne du monde? Par ailleurs, je reste perplexe devant les 2 intervenants qui, appuyés par la journaliste d'ASI, présentent comme un fait et non comme une hypothèse doublée d'une opinion la discrimination dont aurait été victime Surya Bonaly. J'ai bien conscience que la discrimination est en général assez difficile à prouver, cependant il me semble que, dans ce cas de figure, la carrière de Surya Bonaly vienne spectaculairement contredire les propos tenus. Ou bien c'est la médaille d'or ou rien?

Dans le bus, en regardant dans le rétroviseur central du chauffeur, j'ai été surpris par l'image d'une personne qui dénotait des autres voyageurs. Sa couleur de peau tranchait fortement. 

Il était blanc dans un bus plein de noir et de plus c'était moi !

Je me suis trouvé laid, monstrueux...

Il n'est pas facile où que l'on soit de ne pas être dans la norme. 

Ça s'apprend, ce n'est pas inné, le racisme est beaucoup plus "naturel" que l'antiracisme...


Bravo pour cette émission et pour la qualité des questions posées. 

Merci à vous trois pour cette passionnante émission. J'aimerais juste, en tant qu'enseignante (blanche), apporter un petit témoignage : nous avons eu, dans l'école, il y a quelques années, une petite fille métisse, qui, à 6 ans, a demandé à sa maman noire, à quel moment elle deviendrait blanche, comme son papa. Elle était tellement mal dans sa peau (au sens propre), qu'elle était couverte d'exéma et qu'aucun traitement ne la soulageait. Nous avons tous été très touchés, tristes, désarmés.

Lire  mille petits riens de Jodi Picoult qui montre que le racisme est un toxique violent qui pollue les relations

sociales même pour chez une femme blanche qui se veut antiraciste

Bonne émission

je précise que je n'ai pas vu le documentaire, que je suis blanc avec des cheveux crépus ( oui, ça existe ) pour donner mon avis 

;-)


C'est étrange que sur un sujet sur lequel les 2 interlocuteurs se connaissent et partagent l'essentiel de leurs analyses; ils en arrivent encore  se prendre la tête sur ce que l'une considère comme essentiel et l'autre comme marginal au vu du travail déjà accompli


comme beaucoup d'autres commentaires, j'ai été choqué (et émus ) par la scène des enfants avec la poupée; mais cette "expérience" est temporisée par le conteste (lieu de l'expérience ) et par une interlocutrice blanche ( ce qui incite peut être les enfants à donner la bonne réponse, celle qu'on attend d'eux car c'est ce que nous apprend le système scolaire français, ne l'oublions pas )


ça n'enlève rien à la puissance de la dernière réplique de la jeune fille qui veut devenir blanche quand elle sera grande 


je citerait (avant d'aller voir le  Raoul PECK ) 

-un livre : je ne suis pas une héroïne de Nicolas Fargues ( avec une scène anodine à travers laquelle on apprend que le personnage principal est une jeune femme noire et la révélation que ça a été pour moi de m'apercevoir qu'en lisant le livre mon imaginaire n'avait pas pensé que cette  jeune femme pouvait être noire : stéréotype quand tu nous tiens ... ) 


-une série : l'Opéra où l'un des personnage est une jeune danseuse noire et comme dans le documentaire on comprend la difficulté de "ne pas avoir la bonne couleur " dans ce milieu très fermé et codé. Bonne série originale avec de bons personnages pour qui comme moi ne connait pas cet univers 


-une oeuvre documentaire : celle de Jean ROUCH certes un peu datée mais dont l'oeuvre est d'une infinie richesse sur le sujet de la condition de l'homme noir



Et le test avec des enfants blanches? Moi, petite fille, j'avais entre autre une poupée noire; c'était ma préférée. Quand je voyais des documentaires à la télé sur des noirs, je les trouvais beaux, et leur couleur de peau était pour moi sublime à côté de notre pâleur. Ceci dit, j'avais une mère anti-raciste qui me présentait toute personne, quelque soit ses origines, étant égales aux autres. Quelle ne fut pas ma déconvenue quand, plus grande j'ai vu des gens confrontés au racisme: je ne comprenais pas!

Le test des poupées


Y a -t-il déjà eu une expérimentation avec des enfants blancs et une investigatrice noire?

Quels résultats?

Je trouve les propos d'Aya Cissoko assez justes, en effet, le documentaire n'est pas "politique" et je comprends qu'elle le regrette (la séquence sur les violences policières aux Etats-Unis plutôt qu'en France est parlante).


Mais je trouve aussi intéressant le choix d'interviewer des personnes qui ne sont pas des militant.es ou des personnes victimes de graves violences, mais au contraire des personnes "ordinaires", cela permet de bien percevoir le racisme ordinaire, celui de la vie de tous les jours, le racisme invisible et pourtant tellement terrible ou violent comme cette fameuse séquence des poupées ou le fait que quand on est noir.e il est probable que l'on aura une mère femme de ménage et l'intériorisation de manière générale du fait d'être noir.e.Je l'ai dit dans un autre commentaire, ce qui m'a frappée, c'est la tristesse qui ressortait de certains témoignages.


On peut comparer avec un documentaire qui se serait intitulé Femmes en France, filmer le sexisme ordinaire, le rendre visible me semble important aussi et pas seulement de dénoncer les viols ou les féminicides. Ce documentaire montre bien que ce qui est moins visible n'est pas moins violent.  

1- je n'ai pas vu le documentaire.

2- le fait d'aller chercher des violences policières racistes aux amériques pour illustrer un sujet intitulé "noirs en france" (ce n'est pas comme si on n'avait pas de multiples exemples), dessine en creux la volonté de ne pas poser le problème.

3- les deux analyses sont tout à fait légitimes : le parti pris des auteurs doit se respecter, le manque de représentation de certains sujets politiques peut se déplorer.

4- Pour avoir exhaustivité et points de vue représentés, la réponse se trouve surement dans le nombre de documentaires traitant le sujet : 2 en 10 ans (oui, c'est un peu caricatural)...

Il est évident que ce documentaire n'apprend strictement rien aux "Noirs en France" ni à ceux qui vivent avec eux (qu'ils soient Blancs, Arabes ou Asiatiques). Ce n'était pas son objectif.


Pour autant l’œuvre est salutaire car elle dévoile aux "Blancs en France" les violences quotidiennes subies par leurs voisins dès leur plus jeune âge.

Ne reste plus qu'à se féliciter d'être Blanc ou réfléchir.


Aya Cissoko aurait pu être moins véhémente mais son émotion et son impatience sont compréhensibles.

En effet si il existe bel et bien des choix d'auteurs comme le souligne son ami Pascal Blanchard, il existe également des angles morts intégrés tactiquement:

- Rechercher le racisme de préférence hors de France (USA ou Japon c'est assez loin, c'est parfait)

- Ne pas questionner les rôles actifs et passifs des médias français ("France Télévision" en premier lieu, mais pourquoi pas une émission comme "Quotidien" ?)


Ce documentaire a le mérite d'être de qualité et d'être passé en prime-time avec un succès significatif. C'est déjà ça.

Ne boudons pas notre plaisir.


Petit conseil (hélas récurrent) pour ASI: Si vous faites le choix de vous imposer un temps maximal essayez de mieux cadrer l'agenda pour éviter des fins aussi abruptes. Faites le pour nous mais également par courtoisie pour vos invités.

PS:

Malgré le sentiment d'Aya Cissoko que rien ne change, le monde change et a changé, grave.

60 ans après "Black is Beautiful", le combat reste nécessaire, pourquoi?

J'ai la réponse, mais j'attends les vôtres :-)

Une petite piste?

Elle n'est pas microcosmique... :-)

Merci pour cette belle émission, sur un sujet bousculant... Bravo à ces deux femmes qui ne s'en laissent pas conter, et à cet homme dont l'assurance érudite et le plus possible distanciée ne parvient pas à masquer tout à fait le malaise... Merci d'avoir abordé des questions difficiles sans trop de masques. Et avec passion...

J'aurais toutefois souhaité que la terrible séquence des poupées soit mieux expliquée - et qu'on puisse parler de la misogynie de (trop de) femmes, tout autant que du racisme intériorisé des enfants. Comment résister à l'attraction du dominant ??? Comment ne pas abuser du pouvoir dès qu'on le détient (cf. le cas du Libéria) ??? Pas si simple... 

Bref, merci pour cet oasis de courage et de lucidité au milieu de la déchetterie ambiante...

Une émission très enrichissante, qui permet non seulement d'analyser le documentaire mais aussi d'aller plus loin en comparant des points de vue divergents mais respectueux... La dimension politique du débat était très intéressante !

J'ai pas vu le documentaire mais le passage sur les enfants on pourrait apparenter ça a de la pseudo-science. Refaire une expérience dans un documentaire avec une méthode plus que discutable pour justifier finalement on sait quoi.
Je sais pas trop quoi en penser.

Il est arrivé une fois que le sujet de philosophie du bac soit "Qu'est ce que l'audace".

Un candidat a rendu une copie qui contenait cette seule phrase : 


C'est de faire un documentaire intitulé "Noirs en France" qui évoque le racisme policier .... aux USA.


Il paraît qu'il a eu 20/20.

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