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Nicolino à Bové : "José, touche pas au loup !"

Loup y es-tu ? Oui, le loup est revenu sur le plateau du Larzac, et menace les brebis. Emoi médiatique (local). Du coup, José Bové en personne s'est rangé parmi ceux qui préconisent de "tirer sur le loup". Faut pas exagérer, José ! s'exclame Fabrice Nicolino. L'animal est sanctuarisé, notamment par la directive habitat européenne, transcrite dans le droit français. Quant à l'argument du pastoralisme, garant de la biodiversité, avancé par les anti-loup ? Les ennemis de la biodiversité ne sont pas forcément où on pense. "Il y a davantage de diversité floristique sur les pistes de ski, que dans des zones surpâturées par les brebis" assure Nicolino. Le débat est lancé.

Derniers commentaires

Et la hausse de la maladie de Lyme? Est-elle liée à l'absence de grands prédateurs ?
Chronique savoureuse. Et effectivement, la mise en perspective avec l'éléphant et le tigre est implacable.

Avant de dire deux choses importantes sur le pastoralisme et la biodiversité, je voudrais dire quelle a été ma déception à la première chronique de F. Nicolino. Telle qu'il a été présenté par D. Schneidermann: "un nouveau chroniqueur spécialiste de l'écologie"; j'ai cru à l'arrivée d'un écologue. Mais non, il est écologiste, voire pire... un journaliste écologiste ! Me sentant trompé sur la marchandise, c'est avec un certain enthousiasme que j'ai déversé mon fiel dans le forum de la première chronique. Néanmoins, F. Nicolino, avec humble lucidité, ne prétend pas être scientifique. Et une fois le mode d'emploi de ses chroniques digéré, c'est avec un grand intérêt que je les regarde.

Bien. Maintenant, je voudrais apporter deux précisions sur le fond. J. Bové prétend que le pastoralisme assure la biodiversité. Et F. Nicolino de répondre que la "diversité floristique" est plus grande sur les pistes de ski que dans les pacages. Attention, le nombre d'espèces présentes dans un espace (cet indicateur se nomme la richesse spécifique) ne dit rien à lui seul, ou pas grand chose, de cet espace. La biodiversité pour la biodiversité -telle que résumée à la richesse spécifique- n'a pratiquement aucun intérêt pour l'écologie. Typiquement, une tourbière acide est plutôt pauvre en nombre d'espèces qu'elle héberge, par contre s'y trouve des espèces rares et protégées, et ces milieux naturels fragiles ont un rôle important dans le cycle de l'eau. A l'inverse, un parc paysager offre à la vue du promeneur une pléthore d'espèces ornementales et peut donc s'enorgueillir d'une très grande richesse spécifique... malgré les pesticides, leurs ruissellements, et le bilan hydrique désastreux.

Ma première remarque est donc de vous inviter à ne pas confondre richesse spécifique et biodiversité. La richesse spécifique est un indicateur factuel quantitatif. La biodiversité est une appréciation qualitative relativement subjective et discutable.

Ma seconde remarque vise à préciser l'impact du pastoralisme sur les habitats. F. Nicolino parle "d'appauvrissement" et généralement, on considère moutons, brebis et chèvres comme des "tondeuses à gazon". Ca bouffe tout et il ne reste plus que des cailloux: le milieu est "appauvri". En réalité c'est à la fois plus subtil et plus dommageable pour les milieux naturels, et notamment pour la moyenne montagne. Typiquement, un mouton va préférer manger l'écorce, les bourgeons et les jeunes pousses de hêtre et de chêne (tendres et azotés) plutôt que des aiguilles et des cônes de sapin (durs et acides). Il suffit ainsi de quelques décennies pour que chênes et hêtres disparaissent des forêts mixtes au profit des conifères par la sélection alimentaire des moutons. Dès lors les sols s'acidifient, les habitats ainsi que les paysages se transforment et se réduisent, et les montagnes "s'enrésinent".
exposé implacable !
Monsieur Bové a du oublier que, depuis longtemps, il nous est expliqué que si les animaux sauvages se rapprochent de l'habitat humain c'est bel et bien parce que l'habitat humain a pris sur l'habit animal en flinguant l’écosystème dans lequel il trouvait son équilibre !
et sans vergogne !! qui est la victime dans l'affaire ??!
la biodiversité passe aussi par la protection de l'habitat animal, ce que l'homme est loin d'appliquer !!

et ceux qui crient haro sur le loup en france, (au nom de l'écolo-bio-diversité ??) pourraient bien être les mêmes que l'on entendra crier haro sur le paysan africain ou indonésien parce qu'il trucide l'éléphant ou le tigre pour préserver son champ !
en france cela va s'appeler : "régulation nécessaire au bon équilibre de la biodiversité" ; en afrique ou en indonésie, cela va s'appeler "massacre responsable du déséquilibre de la biodiverstié" !
deux poids deux mesures ?!! faites ce que je dis pas ce que je fais :(
[quote=Marcel Aymé]«Comme le loup protestait de ses bonnes intentions, elle lui jeta par le nez :
- Et l'agneau, alors ?... Oui, l'agneau que vous avez mangé ?
Le loup n'en fut pas démonté.
- L'agneau que j'ai mangé, dit-il. Lequel ?
- Comment, vous en avez donc mangé plusieurs ! s'écria Delphine. Eh bien ! C'est du joli !
- Mais naturellement que j'en ai mangé plusieurs. Je ne vois pas où est le mal... Vous en mangez bien, vous !»
Ah !
si j'osais Bové.

n'importe quoi
Excellente chronique,

la comparaison avec l'elephant ou le lion qui tuent chacun 10 fois plus d'etres humains que le loup est plutot convaincante.
Comment peut on leur interdire de massacrer leurs propres animaux alors que chez nous on ne se gene pas pour exterminer une espece.

C'est un sujet extremement riche et j'adorerai un debat avec Jose bove sur ce sujet.
pour les gens pleins de compassion pour les bergers (quitte à avoir de la compassion, j'en ai plutôt pour les berbis. les bergers, au bout du bout, ils amènent tout le monde à l'abattoir, j'ai du mal à compatir) l'excellente nouvelle de l'abattage autorisé de 40 loups, encore un effort, et on en sera débarrassés, ouf. et ça sera l'agneau en fête dans les boucheries, et plus dans le bide du méchant loup. glauque.
Parlons-en, du "pastoralisme"...Troupeaux surdensitaires, vols d' hélicoptères pour monter les packs de Kro du Père Seguin à l' estive, en ajoutant, pour ceux qui le sauraient pas, que toutes ces biques, bouffées par un ogre, un cador, ou, pourquoi pas, un loup, seront, bien évidemment, dûment indemnisées! Avant que d' être, au final et pour les "rescapées, trainées à l' abattoir, où elles finiront (salement) égorgées...Ce qu' oublient de nous préciser ces bergers pleurnichards qui viennent, les larmes aux yeux et en se tordant les mains, s' indigner de la "barbarie" du loup assassin!
Alors, dans un monde idéal ( Le mien, quoi... ), et quitte à pratiquer le tir prophylactique, je préfèrerais qu' on choisisse, pour cibles, les éleveurs...Ca leur éviterait, au moins, de mourir de chagrin de voir leur harem de gigots se faire niquer par le grand méchant loup!
Il faut savoir rester humain...On est pas des bêtes, nicht wahr!?
Carpe diem...
Pourtant la solution est simple, adopter un régime végétalien, réintroduire d'autres espèces, augmenter l'espace protégé afin de favoriser le retour d'autres espèces.
Il y a longtemps que le José est converti à l'économie capitaliste et qu'il a fait sienne la devise de Margareth ... le démontage de Mc Do c'était quand il était en mal de popularité pour lancer sa carrière. Maintenant il hurle avec les loups au sein de l'"Europe qui protège" ...

Un pauvre type, un tartuffe de plus, comme Nicolas Hulot qui se sont construit une image de héros à peu de frais et à grand renfort de com.
à regarder un documentaire sur viméo : le pacte du loup (9'30") : "comme le chat que tu donnes des croquettes, il va pas s'embêter à tuer les souris"... ce qui est faux... jusqu'à quel point les gens-proches-de-la-nature la connaissent vraiment ?
mais le docu est intéressant. les images au début : je me rappelle un film (plus long que ces quelques images) en infra-rouge d'une chasse aux moutons dans le mercantour, ça donnait pas envie d'être mouton... c'était un vrai massacre. c'est clair qu'on ne peut partager le territoire avec le loup que s'il y a de la faune sauvage pour ce prédateur (et pas entièrement confisquée par les chasseurs - on compte plus les phoques en méditerranée dans mon coin tués par les pêcheurs parce que c'est de la concurrence, et ça fout en l'air leurs filets) et aussi si les troupeaux sont moins énormes et mieux protégés.

in petto, je me dis parfois, tout de même, que je suis plus inquiète par la disparition des papillons, des batraciens, des oiseaux.
Une nouvelle fois, merci pour cette chronique qui tombe peu de jours après avoir entrevu un article (je ne sais où) qui parlait de l'hécatombe des espèces animales en peu d'années. J'ai retrouvé un article semblable mais déjà vieux d'un an

Ces chiffres sont effarants.

La position de Jose Bové me rappelle les réactions des enfants quand on leur lit des histoires de loup. Ils imaginent des actions vengeresses avec des kalachnikovs, des bazookas... Pour éviter cela, on canalise leur volonté de décimer le règne animal sur des animaux de jeux virtuels dans un but louable

En Bosnie et Montenegro, les éleveurs font face aux loups, aux ours et aux meutes de chiens sauvages. Les troupeaux étant plus réduits, il est plus facile de les défendre.
Lorsque qu'on dit "de très nombreuse études montrent...", et que derrière aucune étude n'est mentionnée nulle part, c'est aussi un peu léger et pas très sympa pour ceux qui veulent se documenter...
Mettez vous a la place de éleveurs aussi. Et puis sinon les bobos vous acceptez l'élevage en étable, du fromage sans lait de prairie .... bon tout ça est compliqué quand on crois que la bonne bouffe se fabrique sans nature et sans déranger le sauvage. Trop rigolo, faire ses courses chez le traiteur et croire que c'est le cuistot qui et bon et pas la qualité des aliments.
ah ça, cet argument : si nous, on n'arrive pas à vivre/cohabiter avec 300 loups, qu'est-ce qu'on va dire aux africains et leurs éléphants, et aux indiens et leurs tigres, c'est franchement IMPARABLE si on prétend se préoccuper de biodiversité animale et d'égalité des droits et des devoirs à l'égard de l'environnement. et c'est sûr que dans cette logique de primauté de l'activité pastorale sur la biodiversité (et nicolino met le doigt aussi sur l'extrême partialité d'utiliser le loup comme l'ennemi de l'agneau français, quand le marché est inondé d'agneau néo-zélandais à vil prix) (et vivement qu'on arrête de bouffer de la viande, mais ça c'est off the record), d'ici pas longtemps, les seuls animaux non domestiqués qui vivront sur notre planète commune, ça sera en zoo qu'on ira les voir (c'est déjà souvent le cas, en fait), et pour les plantes, à part les OGM et les arbres pour les meubles IKEA, ça sera dans les parcs et les jardins...
merci nicolino !
On sait exactement quelles attaques seraient imputables à des loups ?
J'ai fait une recherche rapide, ça parle ici de 26 attaques où la piste des loups n'est pas écartée mais rien de bien clair. Je n'ai trouvé finalement que cet article, parlant d'une attaque officiellement attribuée à des loups.

Pour qui ne saurait pas, les attaques de chiens font aussi des dégâts : cf celle-ci, 53 brebis en Pays de Loire, et cet article britannique parlant de 15 000 brebis tuées en 2016 dans un pays où il n'y a pas de loups.
J'avais d'ailleurs lu que les chiens avaient tendance à faire dans le massacre d'enragé contrairement aux loups qui s'arrêtaient au nécessaire pour manger. Faut dire qu'on a sélectionné des chiens pour tuer indépendamment de leur appétit...

P.S. : perso, j'évite de dire "le loup" : "des loups" (c'est parfois un seul) me semble plus approprié parce qu'ils n'ont pas tous le même comportement et dire "le loup" ne fait qu'encourager les rhétoriques de menace mythique.

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Postulat : le loup est un animal loin d'être con. S'il s'en prend aux moutons, c'est parce que c'est beaucoup plus facile que de s'en prendre à une biche ou un sanglier.
Avec notre science et de notre connaissance de la sélection naturelle et de la psychologie animale, ne pouvons nous pas trouver une solution ? Nous avons bien appris aux chiens à ne pas bouffer nos gosses et à nos chats à manger des croquettes... N'y a t'il pas moyen de créer une pression de sélection pour que dans les gènes ou l'inconscient du loup s'inscrive "il est très dangereux de croquer des brebis d'élevage"?
Une "pression de sélection" sur les ... 360 loups présents en France ?

360 loups d'un côté, et plus de 5,7 millions de brebis (plus de 7,4 millions d’ovins) de l'autre.
Pour les brebis se sont des animaux domestiques. Autant dire foutu pour elles. On pourrait leur apprendre à se défendre, mais je doute que les éleveurs soient pour: une brebis qui casse la gueule à un loup pourrait casser la gueule à son éleveur.

Pour les loups...
Je pense aussi au fait que le loup s'attaque rarement à l'homme. Pourtant un homme seul est facile à tuer pour un loup. Mais un homme, c'est des emmerdes. Les loups l'ont appris. Et l’apprennent à leur portées.

On pourrait distribuer des brebis mortes remplies d'un produit donnant une forte nausée non létale. Le loup finirait par apprendre que la brebis est toxique.
On pourrait même utiliser l'aposématisme: par exemple en passant au bain des brebis. Le bain contiendrait un vomitif puissant (non toxique pour la brebis) et éventuellement une couleur visible par le loup. Le loup finirait par associer cette couleur à la notion de toxique. Et éviterait de croquer des brebis.
pas con ! bon, je suis pas sûre que les éleveurs, qui déjà renâclent à se munir de chiens de garde, acceptent de passer leur troupeau de combien ? 50 têtes ? 800 têtes ? 10'000 ? au vomitif, mais l'idée est juste, ça marcherait.

pas con ! bon, je suis pas sûre que les éleveurs, qui déjà renâclent à se munir de chiens de garde, acceptent de passer leur troupeau de combien ? 50 têtes ? 800 têtes ? 10'000 ? au vomitif, mais l'idée est juste, ça marcherait.

En dehors des éleveurs bio (?)... une brebis doit se prendre je ne sais combien de traitement dans la tronche avec toutes les maladies, les insectes, les parasites. Alors un de plus, un de moins...
Je pensais aussi à l'astuce d'un machin qui serait sur la peau, comme un antipuce. Suffit que la brebis passe dans un bain. Je crois que ça se fait déjà.
Pour la spécificité du produit (= que ça ne marche que sur le loup), on peut essayer les différences de métabolisme. Par exemple le chocolat est toxique pour chat et chiens, par pour l'homme (omnivore, disposant des enzymes adaptées pour digérer des produits végétaux).
On pourrait distribuer des brebis mortes remplies d'un produit donnant une forte nausée non létale.

Les loups sont chasseurs, pas charognards.
Je ne suis pas certain qu'ils croqueraient des brebis mortes.

Quant à un produit vomitif pour les loups et qui n'aurait aucun effet sur les brebis (et leur viande), est-ce que ça existe ?

Sinon, il y a l'idée de colliers à ultrasons, mais je ne sais pas si c'est au point...

Les loups sont chasseurs, pas charognards.
Quant à un produit vomitif pour les loups et qui n'aurait aucun effet sur les brebis (et leur viande), est-ce que ça existe ?


Pour le produit vomitif, cf plus haut. En résumé, vous mangez très bien du chocolat mais votre chien et votre chat non. L'humain étant un omnivore, il possède les enzymes lui permettant de dégrader les "toxines" du chocolat. Pas le chat.
Je ne sais pas si le produit existe déjà, mais ça doit pouvoir se réaliser.
Chez l'humain, il existe un produit appelé antabuse ou disulfirame. Inventé par accident en 1948 il a un effet très intéressant. Après en avoir pris une dose, la moindre goutte d'alcool vous provoque dans les dix minutes la pire gueule de bois possible (nausée, vomissements, etc.). Ca marche parce que le médicament bloque l'enzyme qui vous permet de digérer l'alcool. Imaginez un équivalent chez le loup, ça le dégoutterait à vie du mouton! :-D

Les loups sont des carnivores mais surtout des opportunistes. Traduction: ils mangent ce qu'ils trouvent, c'est ce qui a contribué à leur succès d'un point de vue évolutif. Peut-être qu'une charogne trop mûre les dégoûte, mais sinon ça ne les dérange pas. C'est moins de boulot et c'est de la bouffe gratis.
Deux sources: l'une neutre, l'autre pro-loup:
Wikipedia: L'espèce se nourrit de cervidés, volailles, renardeaux, marcassins, ânes, reptiles, charognes… et fruits blets (exemple : le raisin). Lorsque les proies sont rares, ils peuvent aussi manger des insectes ou des champignons

2009 le Parlement Européen a approuvé les propositions laissant des charognes à disposition dans la nature
Pour info, une idée était à l'étude en 2012 avec un projet de collier répulsif mais je n'ai rien trouvé montrant que ça ait beaucoup avancé depuis.
La personne faisant ça a un Institut pour la Promotion et la Recherche sur les Animaux de protection mais j'ai l'impression que c'est un truc privé et c'est un peu bizarre pour un sujet d'intérêt public.

Et sinon, cf cette photo de carcasse, c'est assez propre et ils n'ont pas l'air de vraiment toucher à la peau, un conditionnement passerait plutôt par des carcasses.

J'ai trouvé ça dans ce doc de l'université du Montana sur l'expérience américaine pas vraiment concluante :
"Scent and taste aversion compounds provide an alternative to the lethal chemicals whose use led to the near eradication of wolves in the U.S. in the 1930’s (Curnow 1969).

Sodium fluoroacetate (Compound 1080), a lethal pesticide, was federally banned in the US in 1972 (Lynch and Nass 1981). Lithium chloride, a common emetic, has been applied to livestock carcasses and baits with the intended purpose of producing severe nausea in the carnivore following ingestion (Gustavson 1982). Scent aversion chemicals can be applied to fence posts or system atically applied to areas surrounding a pasture.
Compounds commonly used contain concentrated ammonia, capsaicin compounds, or cinnamon; all which have proven effective at reducing coyote predation in field studies (Lehner 1987).
None of these compounds have demonstrated long-term or widespread efficacy and several have resulted in harming the sheep (Lehner 1987).

Theoretically, aversive conditioning of predators against a selected prey could be a useful tool for wolf managers, especially where wolves are protected under the ESA and management related mortality is undesirable. There continues to be considerable controversy over the efficacy of this technique, with inconsistent results leading to questions about whether an aversion to eating a particular prey species equates to an aversion to killing that prey species (Burns and Connolly 1980, Smith et al. 2000). Field application of scent and taste aversion chemicals is limited and past studies utilized captive carnivores in controlled experiments.
"

C'est sûr que si il y a un doute sur le lien direct entre attaque et manger la bête, ça peut être contreproductif : des prédateurs énervés par la faim faute de proies pourraient faire plus de dégâts.
Pour info, une idée était à l'étude en 2012 avec un projet de collier répulsif mais je n'ai rien trouvé montrant que ça ait beaucoup avancé depuis.
Probablement parce-que ça n'a pas grand intérêt. La cohabitation entre le loup et l'élevage de moutons ne m'apparaît ni possible, ni souhaitable. Pas de cohabitation, par contre, un voisinage de type "chacun chez soi et les moutons seront bien gardés" est plus réaliste.

Typiquement, les moutons sont très contents dans les prairies et les alpages. Et les loups préfèrent une végétation dense plus propice à la chasse. Ne côtoyant pas le même milieu, y'a pas plus de raisons que ça qu'ils se croisent. Si le mouton est un loup pour la végétation (par le simple fait de bouffer, le mouton finit par rendre un endroit peu accueillant pour le loup), loups et bergers ont leur propres moutons noirs: le berger qui trouve que l'herbe est plus verte chez le "voisin" et va venir "provoquer" le loup en lui mettant son troupeau sous la gueule (parce-que c'est "ma" montagne), et le loup opportuniste qui s'affranchit des règles de bien-séance à ne pas fréquenter les humains (à priori plutôt en hiver quand il fait faim).

Donc le boulot ne consiste pas à dresser les moutons et les loups, mais en un partage durable du territoire (dans l'espace et dans le temps), en concertation avec les bergers et les scientifiques. Il faut des endroits réservés aux loups où les bergers n'iront pas, et ce faisant, on peut se permettre de marquer certains territoires comme étant celui de l'homme et de ses élevages de moutons. Ca fait 10000 ans que ça se passe très bien comme ça, et en dehors d'épisodes de guerres (cadavres de soldat qui donnent le goût de la chair humaine aux loups) les "incidents" sont extrêmement rares au cours de l'Histoire.

Par ailleurs, on ne connaît pas l'effet à long terme des répulsifs acoustiques. Aussi bien dans un premier temps ça peut éloigner les prédateurs, que ça peut avoir un effet inverse par la suite: typiquement qu'un prédateur associe un son avec une proie qu'il affectionne. "Hé oh ! Monsieur le Loup, il y a des moutons de ce côté de la montagne !".
Si les loups ont disparus en France (fin des années 30), c'est qu'ils partageaient les mêmes milieux que l'humain et ça s'est aggravé avec le développement agricole.
Comme dit ce texte : "L’effondrement des populations de loup, de lynx et d’ours résulte des effets conjoints de la dégradation des conditions d’habitat, de la raréfaction de leurs ressources alimentaires et de l’amélioration des techniques de lutte contre ces espèces considérées nuisibles et dangereuses.
La disparition ou la régression des grands prédateurs puis le développement de la Politique agricole commune ont favorisé l’implantation d’un pastoralisme extensif, peu surveillé, dans des secteurs conquis par exemple sur la moyenne montagne.
"

Pas évident de revenir à des conditions de coexistence dans des écosystèmes qui ont été transformés et il faut que les milieux ruraux y trouvent leur intérêt.
Pour faire écho à ce que disait Nicolino vis-à-vis des éléphants, on a parfois des logiques similaires : réduction des zones sauvages (= non gérées par l'humain), on fait des parcs en comptant sur un "éco"-tourisme pour donner des perspectives économiques, mais les agriculteurs n'ont pas forcément envie de se transformer en guides surtout pour raconter des histoires d'animaux que le visiteur ne verra jamais en ce qui concerne loups, ours et lynx en France.

Tout ça n'est pas simple, un loup peut faire tranquillement ses 50km dans la journée et il n'a pas forcément le bon goût de rester là où on le lui demande surtout quand il y a des proies faciles par rapports aux animaux sauvages.
Au niveau des ours par exemple, il y avait eu l'histoire de l'ours Balou descendu en plaine, à une trentaine de kilomètres de Toulouse.
Vous confondez aire de répartition et habitat. "L’effondrement des populations de loup, de lynx et d’ours résulte de [la conquête de leur territoire]". C'est ça que ça veut dire "dégradation des habitats", "raréfaction de la nourriture", [secteurs conquis] et "lutte contre les nuisibles". L'homme et le loup ne partagent pas le même habitat. Ils ne cohabitent pas. Point.

Et si, précisément, le loup est un animal territorial et a donc le bon goût de rester dans les limites de son territoire. A condition, évidemment, qu'il en ait un et que ce dernier soit suffisant.
Oui, c'est bien le souci, laisser de la place aux loups...
Entre le doublement de la population depuis 1830, l'extension des zones agricoles et le tourisme de masse, on se demande où les loups pourraient avoir leur territoire sans volonté politique de leur en accorder un. Il n'y a plus de zone sauvage en France, tout est administré, au mieux ce sont des parcs dits "naturels" où la biodiversité est entretenue (pour les plaquettes touristiques ?).
N'oublions pas que le tyrannosaure rex avait aussi sa place dans l'écosystème.
Pas en France, le tyrannosaure est un ricain du nord (et puis pas au Jurassique, désolé Spielberg, c'était fin du Crétacé, au... Maastrichtien, avec l'astéroïde et l'extinction massive. Encore la faute à Maastricht).
J'ai appris que la queue du tyrannosaure lui permettait de tenir en équilibre(, compte tenu de son poids, ( tout le monde ne peut en faire autant )
Des chiens errants attaquent aussi les troupeaux. Vaut mieux penser à l'usage d'animaux de protection : il y a des chiens élevés pour ça comme le patou et, pour ce que j'en sais, on utilise aussi l'âne et... le lama.
Faut-il tout tuer?

https://www.youtube.com/watch?v=w3hTp7v2rqc&t=0s
Quel timing ! cette excellente vidéo fait écho avec le dernier numéro de Dirty Biology : "faut-il tout tuer ?"
Bové est passé de l'autre côté, c'est tout. Tout ça pour ça...
Excellente chronique. Merci beaucoup.

José Bové va certainement finir comme Daniel Cohn-Bendit, c'est à dire dans le néant intersidéral d'en marche.

Concernant les "pour le loup" et les "contre le loup", il y a aussi les "acharnés pour" et les acharnés contre" l'ours :

Jean De l'Ours raconté par Olivier De Robert
Magistral !
Excellente chronique qui élargie la focale sur necessité de comprendre l'interet de defendre la biodiversité. Etonnant de la part de José Bové d'avancer des arguments aussi ras de terre.
Démonstration magistrale et passionnante, merci.
je n'aime pas Nicolino mais là je suis d'accord avec lui : le loup est un masque, comme chacun sait, et derrière le Capitalisme mondialisé, que José Bové veuille tuer du loup m'étonne peu, ses analyses restent trop souvent à la surface des choses, il pousse des coups de gueule, frise sa moustache et vit bien de son métier de politicien.
Déjà au temps de la bête du Gévaudan, le loup était un bon sujet médiatique.

Aujourd'hui encore il fait vendre du papier et draine du temps de cerveau disponible.
Quelques exemples.

Sait-on comment font les bergers d'Espagne, d'Italie, de Slovénie et des autres pays où le loup n'a jamais vraiment disparu ?
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