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Nicolas Colin, un barbare numérique contre les empires

Drôle d'oiseau ! Depuis longtemps, on rêvait de le contempler de près. Quand Nicolas Colin, l'an dernier, a publié avec son quasi-homonyme Pierre Collin son rapport sur la monétisation des données des internautes, avec la modeste ambition d'inventer la fiscalité du XXIe siècle, notre éconaute, intriguée, était déjà allée lui rendre visite. C'est même ce rapport qui nous a donné envie de creuser la question de la valeur économique des données. Et voilà qu'on le retrouve, trainé au tribunal par le PDG des taxis G7, parce que notre chevalier du numérique s'est embringué dans la guerre des taxis. Et voilà qu'il en tire (encore) une brillante réflexion sur la révolution numérique. C'en était trop. Il fallait l'interroger devant nos caméras.

Derniers commentaires

"La barbarie n'est pas un commencement, elle est toujours seconde à un état de culture qui la précède nécessairement et c'est seulement par rapport à celui-ci qu'elle peut apparaître comme un appauvrissement et une dégénérescence. La barbarie, di Joseph de Maistre, est une ruine, non un rudiment. la culture est donc toujours première"
Michel Henry - La barbarie.
Je ne suis pas familier de sa référence aux Barbares et à l'Empire qui semble-t-il est inspirée d'Henri Verdier mais dans cette situation quel rôle joue l'Etat / le citoyen : fait-il partie de l'Empire ou est-il oublié ?
Dans le premier cas, une contradiction du présentateur sur le caractère démocratique de "l'Empire" aurait été bienvenue...
Cette analogie avec les Barbares m'a dérouté au début car je trouvais que comme il est dit plus haut, les Barbares ne veulent pas tous piller les villes, etc...
Mais en y réfléchissant, je trouve que c'est vraiment une bonne image. Mais pas dans le sens que prone ce type de la secte ultra-libéral.

Sans être un expert sur le sujet, je sais que les vagues d'immigration barbares ont été succéssives. Elle ont commencé vers 250 après J.C. et ces Barbares là ont été intégrés dans l'Empire romain. Mais il faut dire que cet Empire fonctionnait à peu près correctement.
Ce que nous nommons les "invasions barbares" arrivent surtout à la fin du quatrième siècle, quand l'Empire romain est déclinant. Les Barbares se trouvent alors au bon moment pour renverser l'Empire et prendre sa place.

Et c'est là que l'analogie est intéressante. Dans une société prospère et sûr de ces institutions, ces nouveaux barbares auraient été intégrés (plus ou moins bien avec plus ou moins de réticences de la part de ces entreprises barbares). Mais dans notre société en déliquéscence, ce sont ces entreprises qui sont sur le point de renverser l'ordre établi car celle-ci est faible.
Le problème ne vient donc pas de ces entreprises mais de notre société qui ne peut plus les absorber tout en garantissant une vie correcte au plus grand nombre.

Enfin, j'espère juste que la chute de notre Empire ne va pas être aussi violent que celle de l'Empire romain car ça va pas être drole pour la majorité des dominés.
Pitié, ne mettez pas vos invités sur des chaises tournantes ! On a le tournis...
Patrick Lecoq
Ou est-ce qu'on peut signer la pétition pour le remplacement de la musique d'intro du 14h42?
C'est la musique la plus irritante du monde.
Ce monde dessiné j'espère qu'il n'arrivera pas ce sera infernal le fric le fric...où sera la solidarité humaine
Glaçant ce type qui veut tous nous enrôler dans sa guerre économique. Appel à régénérer par la "barbarie" un monde sclérosé, vision historiciste du devenir humain (l'histoire a un sens et je le connais, silence dans les rangs: ein, zwei... !), le tout conjugué à une conception totalement niaise des rapports entre consommateurs et producteurs, encore plus niaise de l'entrepreneur comme un enfant qui doit apprendre en se trompant au sein d'une famille bienveillante... et puis ce regard figé, cette mâchoire crispée qui ne décrochera pas un sourire, cette absence complète de recul et de réflexion sur les conséquences politiques des évolutions qu'il décrit (en réalité des prophéties autoréalisatrices), cette assurance mécanique teintée de mépris pour tous ceux qui n'auraient pas compris la marche glorieuse de l'histoire. Si le "totalitarisme doux" (pas si doux) avait un visage, ne serait-ce pas celui-là?
Cela commence mal :

- les barbares ne veulent pas piller les villes et aller voir plus loin pour piller encore et encore.
- les barbares comme les romains, quand ils font la guerre on un objectif de guerre à savoir, affaiblir l'adversaire économiquement, ce qui peut passer par la phase de destruction éventuelle des cités.
- les barbares ont un objectif politiques, devenir romain, prendre le contrôle de l'empire, pas de le détruire.

Je ne suis pas informaticiens ou expert en nouvelles technologies alors je ne pontifie pas sur ces sujets. Alors pourquoi n'importe quel olibrius se permet de disserter sur des problématiques historiques auxquelles il n’entend rien ?
Les analyses de Nicolas Colin contiennent des idées et pistes intéressantes. Le numérique va en effet rogner peu à peu tous les bastions de la vieille économie et remplacer les anciens monopoles. Mais son rapport sur la fiscalité du numérique me laisse très perplexe. Les données personnelles sont certes à la base des profits des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui les escamotent ensuite dans les paradis fiscaux selon des astuces juriodico-fiscales qu'il serait trop long de rappeler ici. Mais il est inutile ici de réinventer l'eau chaude et de créer une nouvelle usine à gaz fiscale pour les faire passer à la caisse. Au lieu de redéfinir la notion d'établissement stable et de proposer une taxe aux contours flous dont les Gafa ne s'acquitteront pas plus que les taxes et impôts existants, il suffirait de constater la réalité de leur principale ressource, la publicité ainsi que les produits achetés en e-commerce. Les annonceurs sont dument facturés par Google ou Facebook: il existe donc bien la preuve formelle et traçable que les Gafa ont encaissé des revenus provenant de clients établis en France. L'administration fiscale sait le faire mais doit être largement dépousiérée à cet effet. Laisser les GAFA à l'abri des contraintes incombant aux entreprises classiques (avec immeubles, nombreux salariés, parc de machines, etc.) est particulièrement révoltant mais ce n'est pas inéluctable. Voir ce billet à ce sujet sur Humeurs Numériques.
Quand on sait que 60 à 80 milliards disparaissent chaque année en évasion et fraude fiscale, et près de 32 milliards pour la fraude à la TVA ( carousels, etc.On met ici le doigt sur un vaste problème qui n'est pas imputable au numérique.
Je ne comprends pas bien l'intérêt de la presse pour le rapport Colin sur la fiscalité qui se conclut par une solution proche de l'usine à gaz fiscale (taxer l'utilisation des données personnes des clients !), totalement innapplicable en l'état quand on connait l'agilité des géants du numérique à se faufiler entre les lois . Il ne faut pas dire que ce sont des barbares incontrôlables alors qu'il suffit de leur appliquer la règle commune à toute entreprise. Les caisses de l'Etat se vident: peut-on accepter de voir les GAFA et autres acteurs du numérique refuser de jouer le jeu. Non, evidemement si on veut rester cohérent et juste.
Encore un libéral, qui veut nous faire croire que la solution est l'entreprise capitaliste. Alors que c'est à la base le problème. L'état de libre concurrence n'est pas un état stable. Il tend toujours au monopole privé, qui donne tout pouvoir à des ultras riches sur le reste de la population. C'est l'arnaque du système et l'immense mensonge.
L'obsession d'un entrepreneur c'est le bienêtre du client "kikoulol", je pensais bêtement que c'était le fric, c'est sur qu'une bonne prothèse P.I.P. ça fait du bien au client.
et le patient qui ne vie pas comme il "faut" sera mi au ban.
Si les acteurs de la nouvelle economie peuvent etre representes par des barbares ...
Et les acteurs des industries existentes par des empires ...

Alors quel serait le role des personnes qui se font payer par l'empire pour savoir comment se preparent et attaquent les barbares?

Comment finissent-ils dans l'histoire?
quid de l'innovation créée gratuitement sur un modèle participatif, libre, etc. Et dont les résultats sont largement réutilisés par le sphère professionnelle, openssl, apache par exemple.
"25 places par séminaire, 950€ HT la place
1300€ HT dix jours avant la date du séminaire"

http://mba.thefamily.co/?utm_source=SiteBA&utm_medium=Test2&utm_term=Test2&utm_content=Test2&utm_campaign=Test2

Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a d'innovant à servir la soupe à un néo-charlatan qui sert et se sert du surplus économique accumulé par les boîtes qui payent à leurs cadres dirigeants des séminaires dispendieux et des conférences fumeuses centrées sur un vocabulaire guerrier et vaguement inspiré des théories elles mêmes contestables de T Negri et M Hardt (l'Empire, la Multitude...).

Quand à l'édification béate de la figure de l'entrepreneur en héros barbare nietzchéen animé de la "volonté du vainqueur et de la joie de créer", on connaissait déjà ce genre de salades avec JA Schumpeter et W Sombart: recycler cette figure mythique complètement éculée n'a là aussi rien d'original ni d'innovant.

Le modèle des GAFA repose sur la position monopolistique, la mise au travail des clients, la captation des ressources numériques que ceux-ci mettent gracieusement à la disposition de ces groupes, la généralisation des économies d'échelle et l'optimisation fiscale: autant de concepts qui consistent simplement à s'emparer du travail des autres sans contribuer en retour aux biens publics, soit la base du capitalisme à l'ancienne transposée à l'économie de la connaissance.

Le seul écosystême dont on peut parler dans l'affaire est la convergence au sein de la même secte techno-libérale d'un public de moutons dénués du moindre esprit critique et de petits malins qui recyclent en business des concepts empruntés à d'autres, et qui célèbrent de concert la fée "innovation", entretenant la confusion ambiante et la représentation univoque d'une société foncièrement agonistique qui serait le théâtre d'un affrontement entre barbares en costume-cravate et soldats d'un empire capitaliste en perdition. Pathétique.
très impressionnant.
Remarquable émission, une fois de plus. L'empire ( le vieux libéralisme) n'a aucune chance contre les barbares ( le nouveau libéralisme). Si tous les libéraux étaient aussi intelligents que Nicolas Collin, on s'ennuirait moins sur le PAF. La question foudroyante ( à la fois innocente et assassine) sur le luxe remet néanmoins les choses en place.
"Google veut prolonger le vie"... Sérieusement ?
Émission intéressante. Nicolas Colin affirme que les banques ne sont pas les mieux placées pour financer l'innovation. Il préfère ce qu'il appelle les "capital risqueurs". Qu'en pensez-vous ?
Il ne faut pas demander à ce que les acteurs d'un monde néo-libéral soit autre chose que des néo-libéraux. Je participe à plusieurs incubateurs de start-ups depuis deux ans et je peux dire que l'entreprenariat (spécialement numérique) est porté par une idéologie (secte) profondement néo-libérale. Tout le langage est issu des bouquins de marketing américains. Encore une bataille que l'on a très largement perdu à force de regarder ailleurs que l'endroit ou ça se passe.

Ce Nicolas Colin a l'avantage de regarder au bon endroit de la bonne façon et de proposer des pistes vraiment crédibles pour l'innovation qui seraient parfaitement accaparables par un état de gauche voulant améliorer ses administrations et ses services ...

Je rigole vraiment de la gauche "des sentiments". Il faut qu'on ai une gauche de l'innovation, de l'investissement si on veut un jour etre autre chose que des bouffons qui n'ont rien autre a proposer qu'un genre de charité à coup d'allocation et de rustine pendant que tout se barre en sucette. La banque d'investissement du programme de Hollande est un tres petit pas dans ce sens.

Je rêve d'un gouvernement qui mette en place une assemblée de gens élus ayant pour fonction d'investir dans des entreprises qui comptent vraiment pour le futur. Avec des choix d'investissements concertés, soumis au vote, qui ont pour véritable intérêt de servir le bien-etre des gens et non pas la rentabilité a court terme. Cela donnerait peut etre une nouvelle caisse de résonnance pour le CNRS français et les entrepreneurs qui ne sont pas issus de familles de millionnaires... Imaginez si jamais lagardere ou le qatar devaient maintenant composer avec un investisseur massif, public, controlé par une assemblée. Le rapport de force avec l'actionnaire serait enfin profondement modifié et on apporterait enfin une réponse facile et rapide a mettre en oeuvre pour proteger un minimum les gens des monstres de la finance. Et en plus, on pourrait meme gagner de l'argent plutot que de laisser une activité hyper lucrative a des acteurs privés psychopates... Cela résoudrait aussi sans doute le fait que les seules usines modernes, performantes et donc compétitives qui se construisent désormais se situent en amérique du sud et en asie.
il y a chez n collin,une rigueur mathématique du raisonnement qui fait froid dans le dos,tellement elle est peu poêtique."le capital risque pour les barbares" serait l'adaptation financière ultime au service de l'innovation.de ma part ils n'auront pas un centime.
ces individus ont tellement interieurisés,par leurs diplomes universitaires,la compétition,qu'ils ont une vision du monde uniquement prédatrice,avide de clients,de marchés...leur psychologie d'esclaves du savoir,qui leur a permis de s'élever intellectuellement et socialement,biaise leur anticipation des rapports humains à venir,la révolution numérique,de leur point de vue,serait pourvoyeuse d'une finalité lisse,intéressée,irréfutablement libérale.c'est un postulat qui peut se comprendre,ils leur restent des esclaves à trouver pour faire fonctionner cette machine atroce...trés peu pour moi.
Oh la ça a l'air d’être un affreux ultra libéral post-humaniste ce Nicolas COLIN.
Dommage qu'il n'ait pas de contradicteur.

Colin confond économie numérique et libéralisme .

Et si une entreprise comme Amazon s'enrichit tellement et se trouve dans une situation quasi monopolistique c'est bien parce que des lois l'y autorise (l'article 63 du TFUE qui interdit toutes les restrictions aux mouvements de capitaux ).
Comparable au développement des super-marchés dans les années 70 par exemple.
Ce n'est EN RIEN une avancée économique, bien au contraire, ni un " ah on n’arrête pas le progrès".
COLIN défend simplement des idées de droite radicale parfumées de branchitude scientiste.

L'économie numérique quoi qu'ils disent est un secteur mineur qui n'englobera jamais toute la sphère économique. C'est son utopie. A quand le géant numérique des TGV et des avions de chasse? ah ah

Son innovation disruptive s’arrête ou ? L'école publique, la sécurité sociale , l'Etat social, les entrepreneurs vont s'en occuper aussi?

Sinon historiquement, l'invasion barbare est un mythe...
il semble que même pour les barbares, l'intéret du client n'est plus au premier plan au dela d'un certain niveau de pouvoir. (ça vient vite, google n'a que 16 ans ....)

Quand Google devient le plus fort, il n'a plus besoin d'avoir le comme premier objectif le besoin du client. Et il n'y a aucune raison pour que ce soit différent pour Uber , Airbnb, et les autres. La question est de savoir si ces "barbares" peuvent disparaitre aussi vite qu'ils sont apparus quand leur propre interêt supplante celui de leurs clients ? Je ne connais pas la réponse.

http://pastebin.com/qh6Tta3h
J’ai fait un tour sur le site TheFamily.
Heureusement que les barbares entrepreneurs du privé ont attaqué le marché (!) de l’éducation !

Je n’ai pas le courage de regarder la longue vidéo présentée par le coooool conférencier de ZeFamili.
Mais quelques extraits m’ont suffi. :(
Enthousiasmant et flippant
excellent
Passionnant cette vision des choses..... A méditer ... mais pas trop longtemps ! sinon, les barbares !.......
Ce serait amusant, voire enthousiasmant, cette vision à (très) court terme des problématiques de changement, si elle n'avait pas un impact aussi profond sur nos vies. Sur, précisément, sur son impact à long terme sur nos vies. Le terme « toxique » a été employé très justement mais il ne caractérise pas seulement, comme dans cet entretien, le climat entrepreneurial en France (et ailleurs), mais aussi les conséquences induites par ce mode d'entrepreneuriat qui favorise absolument n'importe quoi pour engendrer et maximiser le profit. Si vous ne voyez pas de quoi je veux parler, vous serez peut-être l'entrepreneur phare de demain qui fera l'« innovation disruptive » des gélules mêlant pesticides, OGM, bisphénol A et radioactives de surcroît, si possible avec des particules fines, qu'on soit bien sûrs de ne rien rater.

Je ne dis pas qu'il ne faille pas innover, on est même obligé d'innover, parce que tout le paysage, les fondements même de nos sociétés ont changés et continuent de changer. Il est dès lors indispensable d'innover. Mais pas en laissant libre court à n'importe quoi, en repoussant les conséquences de ces innovations à... ou plutôt en ignorant lesdites conséquences. Je ne blâme pas les entrepreneurs : on leur laisse la bride sur le cou, on les encourage même à tout bousiller, puisque les maîtres-mots sont « profit », « croissance », «compétitivité », etc. Où c'est qu'on est, en tant qu'êtres humains là-dedans ? Juste les machines à produire ; nos intérêts propres n'ont aucune importance, seuls comptent ceux des « créateurs d'emploi » que sont les Chefs d'Entreprises (et leurs actionnaires).

Blâmerais-je alors l'État ? Peut-être. Peut-être, considérant qu'il est censé nous représenter, devrait-il s'intéresser à nous plus qu'aux entreprises. Peut-être devrait-il inciter fortement les entreprises à s'intéresser à nous, plutôt qu'à les laisser faire ce qu'elle veulent en assurant pourtant qu'elles ne veulent que notre bien -- alors qu'elles ne regardent cependant que leurs marges bénéficiaires. Mais l'État est aussi source d'innovation ayant, par exemple, considérablement favorisé l'industrialisation de l'agriculture, poussé au remembrement, faisant passer en moins d'un siècle le nombre d'agriculteurs sur notre sol de quelques 70% à autour de 1%. Avec des conséquences drastiques dont un ministre responsable, Edgar Pisani, a eu l'honnêteté de s'en sentir coupable.

Plus étonnant est l'apport supposé du capitalisme dans nos récentes innovations comme l'avion, l'ordinateur, le web, beaucoup de médicaments, j'en passe. Noam Chomsky le résume dans un entretien sur la pseudo-opposition entre capitalisme et socialisme dont je me suis permis de traduire et dont j'en reproduis le début.

« Alors que la Guerre froide arrivait à sa fin dans la fin des années ‘80, j’ai écrit un article intitulé "URSS versus socialisme". J’avais été invité à l’écrire par un journal de gauche qui a refusé de le publier et il est finalement paru dans un petit journal anarchiste. Et il était très juste. Quand Lénine prit le pouvoir en 1917, une de ses premières actions — Lénine et Trotsky — fut de détruire les institutions socialistes qui s’étaient développées pendant la période de la révolution. Il le fit pour une raison principale, qui n’était pas secrète : il pensait que la Russie était une société paysanne passéiste, qu’il fallait la conduire de force à l’industrialisation, elle n’était pas prête pour le socialisme.

Alors, où est la bataille contre le socialisme ? Ou prenons par exemple les pays de l’ouest : étaient-ils capitalistes ? Utilisez-vous un ordinateur ou l’internet ? Voyagez-vous en avion ? Prenez-vous des médicaments ? Pratiquement tout ça est issu du système de l’État. Ça provient du secteur public.

Si vous considérez l’immeuble dans lequel nous sommes assis, il a été construit sur les ruines d’un laboratoire qui concevait, il y 50 ou 60 ans, avec un financement du Pentagone, des ordinateurs, l’internet, de la micro-électronique, la révolution des technologies de l’information (IT), et ainsi de suite.

Entièrement payé par le public, sous le prétexte de la défense : "Les Russes arrivent". IBM, par exemple, était ici pour apprendre, avec des fonds gouvernementaux, comment passer des cartes perforées aux ordinateurs. Finalement, dans les années ‘60, IMB en est arrivé à fabriquer ses propres ordinateurs qu’ils ne pouvaient pas vendre parce qu’ils étaient trop chers. Donc le gouvernement les a achetés. L’acquisition est un des principaux moyens avec lequel le public subventionne des industries privées.

Et finalement, vingt ans plus tard, il devint possible de faire de l’argent avec les PC et autres. C’est la manière dont l’économie capitaliste fonctionne. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’initiatives des entreprises ou de choix des consommateurs. Il y en a. Mais ils ne sont pas le facteur principal, ça se passe plus dans la branche marketing. »

Je ne lance que des pistes et ne pose que des questions. Mais je suis fondé à penser que dans le mode de fonctionnement actuel, si vous me permettez l'expression, on l'a dans le cul. Et vous venez de voir dans cette émission un de nos enculeurs en chef.
excellent! Merci!
Je ne désespère pas que un jour vous trouviez à interviewer un « spécialiste du numérique » de gauche.
Un tour sur Ars Industrialis…

PS :Au fait que cherche les barbares ? Et bien la même chose que l'empire ; le fric pour le contrôle.

Rien de neuf sous le soleil. Mais si on garde l'analogie on peut se dire que tt comme à Rome, les barbares deviendront empereurs et plouf l'empire.

PS' : n'importe quelle entreprise vise une satisfaction client lorsqu'elle est minoritaire. Le jour où elle devient majoritaire et en quasi monopole le rapport de force s'inverse.
Ce n'est pas parce qu'il y a conjonction un temps entre l’intérêt du client et la survie de l'entreprise que ça en fait un même objet.
Passionnant !
Genial!!
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