37
Commentaires

Netflix : Welcome en France, mais...

"Netflix doit se plier aux régulations" : en France, quand on parle culture, Aurélie Filippetti sort l'artillerie lourde, au nom de l'exception culturelle. Dans un entretien au JDD, la ministre de la culture a tenu dimanche à mettre au clair les conditions d'arrivée éventuelle du géant américain de vidéo à la demande (VOD). Mais que propose exactement Netflix ? Pourquoi Netflix, déjà disponible en Angleterre et aux Pays-Bas, ne l'est-il pas encore en France ? Va-t-il l'être prochainement ? A quelles conditions ?

Derniers commentaires

Ah, le Paysage Audiovisuel Français et l'arrivée des méchants amerlocains.

J'ai arrêté de regarder la télévision il y a maintenant 5 ans, écoeuré non seulement par le nombre croissant de publicités, mais aussi par la qualité des fameux programmes. Télé-réalité à tout va, séries crétinisantes, pseudo reportages racoleurs, plus rien ne justifiait que je torture mon cerveau à regarder ça.

Quant aux bons films financés par notre "système", ils sont éclipsés par des productions lamentables qui avaient droit à l'époque où je regardais encore à tous les plateaux télé et campagnes de pub.

Je suis depuis passé au visionnage à la carte sur internet, directement sur les sites de replay. Si je fréquente encore les replays de quelques chaînes françaises (France Télévision et Arte), c'est plus souvent aux US que je trouve mon bonheur.

Je dois bien avouer qu'entre un excellent "House of Cards" ( Kevin Spacey et Robin Wright Penn, excusez du peu) et un Joséphine, et autre Julie Lescaut, mon choix est vite arrêté. La qualité des jeux d'acteurs, de la réalisation, des scénarios est toujours du côté des séries US.

Si Netflix débarque en france et doit financer des projets de notre exception culturelle, ce serait déjà bien de se demander de quelle culture on parle.
Netflix est un fournisseur de contenu, au même titre que les chaînes de télévision. En ce sens, Netflix entre en concurrence avec les chaînes. Une soirée passée devant un film ou une série proposé par Netflix sera du temps en moins passé devants les programmes télé, et des revenus publicitaires en moins pour les chaînes privées.

De plus il faut penser de manière plus globale et sur un temps plus long. On va vers une tendance où les spectateurs veulent accéder à ce contenu où et quand ils le souhaitent. C'est valable pour le cinéma, les émissions de télé mais aussi la musique.
Et, oui, les radios musicales ont perdu beaucoup d'auditeurs avec l'arrivée du numérique et elles continuent d'en perdre avec l'avènement du tout-mobile. Certes Spotify n'est pas un concurrent direct à NRJ, mais Internet a fortement diminué l'influence des radios et des majors classiques, tout comme il a diminué le poids de la presse classique. Internet ne tuera aucun de ces médias à court terme. Et même à moyen terme je pense que les médias classiques atteindront un plancher et resteront utilisés par une part non négligeable des gens. Quant au long terme, qui sait...

En France, les chaînes de télé financent des films et des séries pour remplir leurs cases. Certes, ce système ne sera pas remis en cause par Netflix seul. Mais je ne crois pas me tromper (je n'ai pas les chiffres) quand je dis que les audiences des films diffusés à la télé sont en baisse depuis pas mal d'années. Ce n'est pas un contenu rentable à programmer.
Avec la concurrence de la VOD (je pense plus à la télé ADSL qu'à Netflix), des chaînes spécialisées, je n'ai aucun mal à imaginer que les chaînes gratuites lâchent les contenus "premium", chers à produire, comme les films et les séries et se contentent de diffuser des émissions (journaux, reportages, débats, télé réalité etc.). Les droits de diffusion coûtent chers et les chaînes gratuites n'ont plus le monopole qu'elles détenaient par le passé.
On a vu comment s'est passée l'irruption d'un nouvel acteur sur le marché des diffusions sportives avec BeIn (source : l'excellent article d'ASI sur le sujet), ça a surtout fait monter les prix des droits télé pour les chaînes, et les gratuites lâchent l'affaire. Au final le téléspectateur se met à payer pour tout, alors qu'avant il avait quant même (un peu) du choix hors Canal+.

Je pense pas que ce sera le cas pour le cinéma en France, pour des raisons historiques et grâce à la façon dont le cinéma est financé dans ce pays (vous voyez qu'on a des raisons de se réjouir de notre exception culturelle hin hin hin) : Netflix devra jouer des coudes avec France Télévisions, TF1, M6 et surtout Canal+.
Quoi qu'il arrive je vois mal Netflix débarquer avec autre chose que sa propre programmation comme atout principal.
Le catalogue Netflix UK/Ireland est assez limité, on est loin d'y trouver tous les grands clasiques du cinéma, c'est assez décevant de ce côté là. Je ne suis pas non plus convaincu par l'algorithme de recommendation personnellement. Par contre pour moi le point fort ce sont les séries : on n'y trouve pas tout non plus, loin de là, mais un bon nombre de séries de (très) bonne qualité (dont la plupart de celles produites par eux-même, on soigne son image). Pour 7€/mois sans pub, c'est assez intéressant à mes yeux... à condition qu'ils renouvellent leur catalogue assez vite, ça on verra dans la durée.

Sur l'obligation de financer des production françaises, c'est amusant de voir qu'ils pourraient refuser alors que c'est quasiment ce qu'ils font aux États-Unis sans y être obligé (enfin sur des séries et je ne sais pas si c'est la bonne proportion du chiffre d'affaire, mais ça semble similaire dans le principe).
Pourquoi n'avez-vous pas parler des possibilités de s'abonner à Netflix en France avec un VPN pour avoir accès au catalogue US ?
Rien de spécifique à la France n'empèche Netflix de s'installer chez nous. C'est évident qu'il n'y a pas d'exception française en matière de VOD. Si la chronologie des médias française était la véritable raison, la France serait le seul pays où Netflix ne s'est pas implanté. Or ce n'est pas le cas, loin de là ! Et même dans les pays où Netflix s'est lancé, comme au Royaume-Uni, leur catalogue reste bien plus réduit qu'aux Etats-Unis (cf. www.netflixukvsusa.blogspot.com)

Netflix doit négocier au cas par cas les droits de distribution avec les fournisseurs de contenus. Sachant que des droits de diffusions ont souvent déjà été vendus. Bref c'est un travail de fourmis qui prend beaucoup de temps pour obtenir un catalogue intéressant, et chaque pays est un cas particulier. Ca se simplifie probablement en ciblant une zone linguistique et culturellement homogène (i.e. qui regarde la même chose), vu qu'ils se sont lancés dans l'Amérique latine entière, mais ce n'est pas le cas de la France, de l'Allemagne et de bien d'autres pays.

Plutôt que de faire une revue de la presse sur le sujet, il serait intéressant qu'ASI enquête sur le maquis des droits de diffusion/distribution que doit élaguer Netflix pour s'installer sur chaque territoire linguistique ou culturel homogène (comme ils l'ont fait pour la Scandinavie et l'Amérique latine).
En France par exemple, Canal + détient les droits de diffusion de la série House of Cards produite par Neflix, et qui est leur principal argument de vente actuellement. Canal + a-t-elle les droits de diffusion pour la saison 2 qui débute en février ?
Chic, les jours de 24 heures seront rallongés de 10%. Et ne pas oublier de supprimer l'école, faut du temps de cerveau disponible pour absorber tout ça, autant commencer tout jeunot.
Quelqu'un saurait-il ce qui rend les chaines aussi frileuse à ce que les films soient disponible en VOD rapidement?
Parce que ayant moi-même une consomation de films et séries assez élevé, voire boulimique, je passes de façon assez naturelles par internet. Internet avec lequel j'ai grandi évidemment, c'est le médium que j'utilise en priorité.

Du coup je me demande : si de moins en moins de personnes regardent la télé, les ventes de DVD baissent, et si tout ces gens semblent daccord pour dire que le piratage est la cause de tout les maux, pourquoi freiner la diffusion légale des films sur le net?
Car Aurélie Filippetti n'en démord pas : "S'il veut s'installer ici, Netflix doit se plier aux régulations qui font le succès de nos industries(...)"

Le succès?

PF, s'en allant en pouffant.
Cette obsession de la protection de la création française, et surtout, de la mise en avant de la création française de gré ou de force ne m'exaspèrerait pas au plus haut point si on ne savait pas tous que les principaux bénéficiaires sont les José Garcia, Franck Dubosc, Elie Semoun et autres Gad Elmaleh qui pondent chacun en moyenne une sombre daube par an.

Le cinéma français, est principalement composé actuellement de comédies populaires/mongoloïdes. Forcer Netflix à les mettre en avant au détriment de vrais films bien souvent américains ou asiatiques est assez honteux, et relève du chauvinisme le plus primaire.

Si on forçait Aurélie Filippetti à se fader un bon vieux marathon Chouchou-Foon-Coco-Les Bronzés 3-Jet Set 2-Taxi 1, 2 et 3, peut-être arrêterait-elle de défendre cette cause perdue qu'est le cinéma français, et de laisser se financer des films conçus pour nous abrutir juste ce qu'il faut le dimanche soir sur TF1, en prévision de la page publicités...

Je tiens à m'excuser auprès des deux films potables par an et particulièrement confidentiels qui tirent un bénéfice de l'Exception Culturelle française. Je ne vous connais pas, et je suis le premier à le regretter.
Petite erreur : aucune des séries HBO n'est disponible sur Netflix (pas de Game of Thrones donc).
Pas concerné, mes excuses. D'autres le sont probablement...
gamma
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.