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Monstrueuses accoutumances

Il y aurait pire que la panique : l'accoutumance aux scènes d'attentat.

Derniers commentaires

Bah, on s'est très bien habitué aux attentats à travers le monde, aux guerres "pour la démocratie", à voir travailler des enfants, des esclaves, des prostituées, à enfermer les "drogués", à maltraiter les malades mentaux, à bouffer de la merde, à empoisoner la nature, etc, etc.

Des milliers de gens meurent tous les jours à cause du système économique (1 milliard qui ont faim, 2 milliards qui n'ont pas l'accès à l'eau potable).

Sans compter que si on ne voulait pas s'habituer au terrorisme, il y aurait une solution toute simple : arreter de faire la guerre. Mais non, continuons la guerre, on s'habituera au terrorisme, comme à tout le reste.

Il faudrait s'indigner, s'arreter de penser, de parler, de se nourrir pour quelques dizaines de malheureux morts de "la faute à pas de chance" (de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment) ? Alors qu'on ne fait rien pour les incalculables injustices de ce bas monde ?

L'aveuglement qui transparait de ce billet est très révélateur. Il faudrait s'indigner d'idiots manipulés prets à se faire sauter, tout en continuant à faire comme si de rien n'était par rapport à tout le reste.
A propos de la laïcité ( dont je suis un partisan inconditionnel), ne serait-il pas temps de regarder en face que l'homme est un animal religieux ? Et que donc, loin d'être je ne sais quelle négation du religieux, elle en est l'accomplissement ? (Que Hegel me pardonne). En face d'un athée d'opérette comme il y en a tant, j'use toujours d'un argument imparable ( de lièvre): Porterais-tu la dépouille de ta maman à la décharge ? Non ? Bigot!
S'accoutumer à la violence me semble une forme d'adaptation nécessaire.
Imaginez que nous ne tolérions pas ce stress. Nous serions en permanence paralysés, alités et incapable de survivre et de se défendre.
Je pense qu'il s'agit d'une forme d'évolution naturelle indispensable.

Je pleure mes morts. Je regrette leur décès. Mais jamais, jamais, jamais je ne me laisserai abattre. Le faire serait trahir leur mémoire, donner raison à ceux qui les ont tués.
Si l'émotion me submerge, je la laisse passer comme une vague, puis je relève la tête. Si j'ai besoin, je prends des médicaments. Et je continue à vivre.

Je suis plus prudent qu'avant. Je regarde les autres dans le métro, je choisis mes itinéraires, j'évite les foules, les cibles potentielles. Mais je continue à aller au cinéma, je continue à aller en terrasse. Simplement si je vois une voiture s'approcher rapidement, je vais faire un tour aux toilettes, au cas où :D.
" Quand les drapeaux sont déployés, toute l'intelligence est dans la trompette. " (Stefan Zweig)

Et question trompette et Gers...le festival de Marciac permet à nombre de mecs du Nord de visiter les bouseux...
Bon, cet Euro de foute, il aura lieu ou pas ?
Manu a assuré que oui. Pareil pour le Tour de France. Même pas peur ! Héritiers que nous sommes, de Bayard et de Du Guesclin.
Le Tour, ce sera du 2 au 24 juillet, avec des incursions en Espagne, en Andorre et en Suisse. Ouf, on évite la Belgique !
L'Euro, du 10 juin au 10 juillet. Et meeerde, les Turcs sont qualifiés.

Bon moi, quoi qu'il en soit, je serai pas dans un stade à agiter une banderole ou un fanion, à souffler comme un con dans une trompette, un drapeau bleu-blanc-rouge peint sur le front. J'insulterai pas les rosebifs, les chleus ou les espingouins s'ils jouent contre nous, et j'enverrai pas l'arbitre dans des lieux d'aisance.
Je serai pas non plus le long des routes du Tour, pour encourager les cobayes des labos pharmaceutiques, leur jeter des seaux de flotte sur le râble, ou courir comme un blaireau lobotomisé a côté d'eux.

Si le sport vous gonfle, prévoyez pendant ces périodes éprouvantes, des vacances dans un de ces trous du cul du monde coupé de tout moyen de communication. Kamtchatka, Groenland si vous aimez la fraîcheur, Tassili n'ajjer, Kalahari si vous supportez la chaleur, Hautes-Pyrénées, Gers ou Cantal, si vous ne craignez pas les bouses... Vous avez le choix.
La même gueule, Ervé, que celle du médecin légiste qui examina les victimes d'Hiroshima et qui, quelques temps après, s'aperçut, dans son miroir, qu'il lui manquait des morceaux de lui-même.

Un puzzle dont les pièces se détachent d'elles-mêmes...et manquent, jusqu'à la dernière.

Nous sommes civilisés, disons-nous?
J'imagine la gueule de l'enquêteur chargé de rassembler les morceaux de kamikazes pour identification, et à qui on offre un puzzle pour son anniversaire.
Qu'en est-il des diptères?
une vision ... étonnante ... de l'accoutumance !

( vidéo d' une minute trente )
Allez comme d'habitude je vais dire un truc qui fâche:

Vous vouliez de la diversité, vous en avez: la majorité du monde est violent et impitoyable. L'occident était jusque là uniquement un ilot isolé et exceptionnel.
Appréciez maintenant les joies de vous faire tuer pour une cigarette. Dire qu'on a été choqué à une époque totalement immémorable par l'Orange Mécanique de Kubrik.

L'accoutumance, elle viendra. Et pourquoi devrions nous nous en soucier? Est ce que quelques attentats peuvent m’empêcher de jouir au fond? Les algériens ne faisaient même plus attention aux villages qui disparaissaient. Eux au moins ont pu avoir le répit de devenir islamistes à leur tour. Nous n'aurons pas cette chance.

Allez, encore une arabe qui nous prévient de notre bêtise pour la route: https://www.youtube.com/watch?v=dv_ayC9uaik / https://www.youtube.com/watch?v=SP8XPJLc62g

Et cette vidéo d'un algérien, qui n'a pas de prix: https://www.youtube.com/watch?v=db0yOA3EFhQ
Une émission sur le sujet ? Peut-être avec la psychologue citée (par exemple) et le sociologue Gérôme Truc, auteur de "Sidérations, une sociologie des attentats" (https://www.puf.com/content/Sidérations_Une_sociologie_des_attentats) ? Ce serait passionnant de les voir s'exprimer plus que 2 phrases tronquées dans le Petit Journal :)

ps: je fais honteusement de la pub, parce que je connais Gérôme en fait, mais je n'ai aucun scrupule car je sais que ce serait passionnant !
Autre accoutumance: le nucléaire, on est dedans, on vit avec, on va passer indifférent devant les commémorations des 30 ans de Tchernobyl après les 5 ans de Fukushima. Mais les djihadistes meurtriers ont commencé à s'intéresser à nos centrales, survols de drones et (même si la presse française n'en a pas parlé, ou très peu, et après coup, enquête à faire sur le sujet ?) sabotage dans un réacteur belge en 2014... et un beau jour... non n'y pensons pas.
Quand j'étais u lycée il y avait 16000 morts pas an sur les routes, un manquant par an dans une classe du lycée c'était courant, et j'ai continué de vivre et de venir en moto au lycée

Quand j'ai travaillé en Californie il y a eu des tremblements de terre, des gens sont morts au Biafra, des boat people se sont noyés, la famine a sévi en Afrique, et j'ai continué à vivre, à travailler, à élever mes enfants.

La bande à Baader, les terroristes basques, irlandais ou autres ne visent pas tant à tuer des gens, même s'ils y arrivent, mais à empêcher les autres de vivre, à les maintenir dans la peur et dans l'angoisse.
Alors il ne s'agit pas de s'habituer, mais comme le dit la psy si on pense à tout ça en se levant le matin, on reste paralysé, alors continuer de vivre c'est aussi une façon pour chacun de ne pas se laisser intimider, parce que tout le monde n'est pas policier, enquêteur, pompier, infirmier ou autre sauveteur de vraies vies, chacun peut faire obstacle à ces vendeurs d'angoisse en n'achetant pas leur marchandise.
Ce matin, la première nouvelle tombait, un email d'info : accident de mini-bus 12 morts

Une nouvelle banale d'horreur

Hier aussi, on fêtait l'anniversaire de l'autre fou qui se suicida en trucidant plus d'une centaine de passagers de l'avion qu'il pilotait

On ne m'accoutume jamais à ces nouvelles mais on s'y accoutume bien

sinon d ieu n'aurait pas survécu le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 et aux "60.000 victimes, dont beaucoup meurent suite à l’effondrement des églises où elles assistaient à la messe de la Toussaint."
Je continue à croivre qu’il est préférable que notre société passe systématiquement par les étapes de douleur, tristesse, ressentiment et formation
de symboles. Quitte à passer pour des catholiques zombies ou des culs-culs la praline ouh là la quéquiléneuneucedessin.
Et pas forcément une grosse intellectualisation.

Je suis sur la ligne Dayan.

Il me semble que, dans l’histoire de la violence, toute violence, agression subie se solde par une réponse. Et la tête de la réponse se construit en fonction de la capacité
à élaborer.

J’ai des doutes sur la capacité de notre opinion publique présente à rester sur une ligne très cool à force d'attentats, mais on verra.
La réponse sera peut-être youkiyou ! tout le monde s’aime.

L’accoutumance n’est pas toujours le signe de l’indifférence, parfois bien au contraire. On verra aux prochaines élections présidentielles, déjà.
Accoutumance, indifférence, je veux bien, mais il n'en demeure pas moins que mourir dans un attentat terroriste, ça vous a une toute une autre gueule que de crever banalement "des suites d'une longue maladie", ou bêtement dans un accident de la route.
C'est plus inattendu, donc plus marquant. Faites l'expérience. Inventez-vous un proche déchiqueté à l'aéroport de Bruxelles.
Votre interlocuteur, celui à qui vous aviez appris, il y a un an, qu'un ami commun était mort d'un cancer du poumon, et qui vous avait répondu : "Quelle saloperie ! Y'en a de plus en plus. Tiens tu connais Untel, eh bien... etc."
Le même que vous aviez informé six mois plus tard du décès d'un jeune du village, viandé en sortant d'une boîte de nuit, et avait compati, l'air contrit, mais n'avait pas manqué d'ajouter son couplet sur les jeunes alcoolisés au volant, cette fois vous allez le bluffer.
Votre petit-neveu fictif de Zaventem, vous allez décrire sa fin tragique avec force détails que vous puiserez sur le net, dans les quotidiens et sur les chaînes d'infos.
Vous constaterez qu'une mort originale peut encore frapper les esprits. Mais profitez-en bien pendant qu'elle l'est encore un peu.
Tout à fait d'accord, y compris sur la guerre des Femmes savantes (j'avais pas saisi au début, Trissotin), même si entre l'islam et la pauvreté comme causes, chacun peut faire la différence à mon avis (qui n'est pas pour autant marxiste).

Autre accoutumance, à la médiocrité du journalisme français, même écrit, qui ne peut toujours pas s'empêcher comme le monde.fr de commenter les faits à tire-larigot "Cette audition, assez sommaire, truffée d’incohérences, montre que les enquêteurs ont peut-être raté une occasion d’obtenir des renseignements qui auraient pu permettre de déjouer les attentats du 22 mars."...
Peut être qu'il est temps de (re)lire l'éloge de la fuite de Henri Laborit...
C'est surtout une excellente nouvelle: le terrorisme perd. L'indifférence est sa défaite absolue.

Pour le dire platement, le terrorisme est un phénomène statistiquement insignifiant en comparaison des accidents de la route, des violences conjugales, des canicules etc. Même s'il y avait mille victime par an en zone euro ça ne serait toujours pas grand chose en comparaison.
Dans le droit fil de ce billet, je poste cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=pl1OcfMr-Lw que l'on m'a fait découvrir sur un réseau. Je ne connais pas le narrateur, mais je trouve qu'il exprime de façon très saine et drôle l'air du temps et marque la défaite des terroristes - au moins pour lui.
Sinon, au Pakistan, en Afghanistan ou en Irak, c’est toutes les semaines ou presque et cela depuis des années...
En somme, nous les rejoignons ou presque.
Je suis (un peu) déçu que Daniel n'ait pas parlé de David Thomson véritable spécialiste du djihadisme que vous avez souvent reçus et son coup de gueule sur France 5, sur l'omniprésence des faux spécialistes et les dégâts que cela engendre devant ce cher Patrick Cohen demandant naïvement "c'est quoi un vrai spécialiste ?".
D'ailleurs je ne sais si une émission avait déjà été faite sur le sujet ( abonné depuis 1 an seulement) mais c'est un thème que j'aimerais beaucoup voir aborder et que je trouve même urgent ces derniers temps.

On peut voir l'extrait ici: https://twitter.com/IvanLeFou/status/712930315271086081
Oui, Daniel, j'approuve le propos, "on" se protège en effet de cette absence de prise à bras le corps du noeud du problème.

De la même façon en quelque sorte que toute la société israélienne a décidé de faire comme si les palestiniens n'existaient pas vraiment, et qu'il fallait accepter de vivre dans une société sur-militarisée, on nous demande, nous, de vivre dans un monde où le Moyen Orient n'existe pas, où l'Arabie Saoudite et le Qatar et leur pétrole et leur wahhabisme n'existent pas (voyez comme même les plus "grands" philosophe sont capables de parler de l'Islam-dans-le-déni-de-ses-responsabilités sans même évoquer les uns ni les autres... http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html). Il y a d'autres aveuglement que l'on nous demande de bien vouloir maintenir coûte que coûte... Le sort réservé à la Grèce, ou l'horreur au Congo ou au Soudan... Ces soucis là ne provoquent pas le même type de conséquences chez nous. Mais si finalement, aussi, un petit peu...

Voilà. On nous demande de vivre dans un monde où ce que nous faisons/soutenons ailleurs d'atroce et d'inhumain n'existe pas. Et nos politiques s'agitent sans évoquer une seconde le fait qu'un jour, pour enfin vivre dans une société réellement pacifiée, il faudra s'attaquer pour de bon aux causes.
Une chronique qu'on peut opposer à celle d'hier et je dis ici que je n'ai d'avis ni sur l'une ni sur l'autre. Intervention inutile donc. Excusez-moi!!!!!
J'aimerais qu'on parle aussi des terroristes qui prennent le volant avec 1g d'alcool dans le sang tous les samedi soir et qui causent nettement plus de morts, inutiles elles aussi
J'aimerais qu'on parle aussi des populations civiles de par le monde qui reçoivent journellement des bombes de la part d'états ou de milices terroristes et qui vivent chaque jour pire que les attentats en Europe
Pourquoi faudrait-il que ce soit si monstrueux ?
Tous les jours, depuis que nous sommes nés, nous avons droit à notre lot quotidien de guerres, attentats, famines etc.
Tous les jours nous avons eu des images de mort qui nous ont été balancées à la figure, avec plus ou moins de distance.
Jusque là, ils n'étaient pas si proches (qui se sent proche d'une guerre sur un autre continent, ou qui semble si lointain), mais ne sommes nous pas anesthésiés depuis bien longtemps sur ces questions ?

Et sinon, n'est-ce pas d'une certaine façon un moyen de défense que de se dire que c'est maintenant notre lot quotidien, et que si ça doit tomber sur nous, d'accord, de toutes façon, ce n'est pas nous, individus qui pourrions y faire quoi que ce soit, au fait d'être au mauvais endroit, au mauvais moment. Alors pourquoi changer ce quotidien qui nous définit en partie ?

Et n'a-t-on pas aussi le droit de se sentir étranger à cette overdose d'émotion ?
Faut-il vraiment chacun ressentir dans sa chair le malheur pour faire partie du corps des citoyens ?
Sortir le drapeau, les larmes, la commémoration nationale, les bougies ?

Et si on ne le ressent pas, ce besoin doit-on se sentir coupable pour autant ? et monstrueux ?
"le sentiment de persistance de JohannSfardessinateur à nous imposer ses dessins après chaque attentat [...] me désole."

Et concrètement, c'est quoi le procédé utilisé pour vous imposer ses dessins?
Essayez donc comme moi de prendre le Thalys régulièrement, en passant par Djihadistan, et vous verrez que les scènes d'attentats vous ne vous y habituez pas tant que ça.
Moi, c'est le sentiment de persistance de JohannSfardessinateur à nous imposer ses dessins après chaque attentat qui me désole.
Qui, quoi, lui lui a fait croire que son formidable "Chat du rabbin" faisait de lui un incontournable commentateur du quotidien ?

Buzzfeed devra t-il aussi se pencher sur les "experts dessinateurs" en tout genre qui trustent les médias à chaque attentat ?
Le gros poisson, comme les quatre autres la semaine dernière, va t-il être relâché sans poursuite, et dans une totale discrétion médiatique ?
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