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Mireille Knoll, Sarah Halimi : quand un meurtre devient-il "antisémite" ?

Le meurtre de Mireille Knoll le 23 mars, a été très largement couvert par les médias et dénoncé par toute la classe politique comme un acte antisémite. L'année dernière, celui de Sarah Halimi avait dans un premier temps été très peu traité. Pourtant, les cas sont similaires : des femmes juives, âgées, agressées à leur domicile par un voisin, des meurtres présumés antisémites. Pourquoi cette différence de traitement ? Nous avons cherché à comprendre.

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Chaque fois qu'une personne âgée, entre deux âges, ou pire enfant, meurt assassinée, c'est un crime contre l'humanité. Chaque fois que ce crime est utilisé au service de telle ou telle cause, c'est encore un crime contre l'humanité.


L'Union Juive Française pour la Paix, à propos du meurtre de Mireille Knoll et du CRIF

https://ujfp.org/spip.php?article6289



Mireille Knoll, tristesse, colère et inquiétude

                  

mercredi 28 (...)

Merci pour cet article.

Les propos de Noémie Haoulia sont quand même surréalistes. "C’était vraiment douloureux de se dire qu’il faut attendre autant de temps pour reconnaître une évidence." Quelle évidence ? Une évidence pour qui ? Pas pour(...)

Derniers commentaires

Merci pour cet article. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Michel Foucault et les questions qu'il apporte quant à la place des psychiatres dans les tribunaux, notamment lorsqu'il s'agit du meurtrier de Sarah Halimi. En effet, en plus de savoir si le sujet est fou (ou déviant ? Mais alors si l'on parle de déviance pourquoi ne pas poser la question à un sociologue plutôt qu'à un psychiatre ?) au moment des faits ou pas, on demande au psychiatre : l'individu est-il antisémite ? 

Merci de votre article qui permet de mieux comprendre.

Moi c'est l'emballement médiatique au début qui m'a fait peur. Je me suis dit qu'on était parti pour un "petit Grégory 2".

En fait dans un cas c'est un type en plein délire meurtrier qui a tabassé et défenestré une femme parce qu'elle avait le malheur d'avoir des symboles religieux chez elle. (Je me demande quel genre de ce délire il se serait pris avec mes affiches de black métal...).

Dans l'autre, deux crapules qui se sont dis que puisqu'une vieille dame était d'une certaine religion, elle avait nécessairement de l'argent (si elle avait été écossaise, ça aurait aussi pu marcher?).

Bref, dans les deux cas, l'antisémitisme ou des préjugés sur les juifs ont joué. Mais dans les deux cas, le mobile du crime n'était pas l'antisémitisme. A comparer par exemple avec l'attentat de l'hypercasher ou l'objectif était de tuer des gens juifs. Pas de voler de l'argent ou d'obéïr à un délire psychiatrique meutrier.

Pour faire avancer le schmilblick:


https://www.youtube.com/watch?v=RaHGvWamdhE

L'Union Juive Française pour la Paix, à propos du meurtre de Mireille Knoll et du CRIF

https://ujfp.org/spip.php?article6289



Mireille Knoll, tristesse, colère et inquiétude

                  

mercredi 28 mars 2018 par  le Bureau national de l’UJFP      

     

C’est avec une très grande tristesse et inquiétude que l’Union Juive Française pour la Paix a pris connaissance du meurtre de Mireille Knoll. Nous condamnons ce crime odieux dont le caractère antisémite est le motif retenu par le Parquet. Âgée de 85 ans, elle avait survécu à l’horreur nazie et aux déportations, menées avec la complicité de l’État français, qui avaient touché nombre de membres de sa famille et coreligionnaires.

Dans ce climat tendu et  alors que le fils de la défunte invite celles et ceux qui le souhaitent à participer à la marche blanche prévue à 18h30 Place de la Nation, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) n’en finit pas de semer la division et s’octroie même le droit de désigner les personnes qui ont leur place à ce moment de recueillement.

Pourtant, en prétendant faire de la lutte contre l’antisémitisme la mère de toutes les batailles, et en amalgamant sciemment l’opposition à la politique israélienne et la haine des Juifs, son agenda se résume en réalité à relayer la propagande de cet État et à discréditer le mouvement de solidarité avec la Palestine en faisant de lui le ventre fécond de la bête immonde.  Son inénarrable président, Francis Kalifat, ne recule devant rien – et sûrement pas devant la diffamation. Il l’a en effet prouvé une fois encore hier soir en renvoyant dos à dos le Front National et la France Insoumise : les « deux extrêmes » (sic) ne seraient pas les bienvenus à la Marche blanche organisée à la mémoire de Mireille Knoll. La critique d’Israël à gauche, cette « forme réinventée de l’antisémitisme » pour reprendre la dangereuse formule du Président Macron, et l’antisémitisme, bien réel celui-ci, de l’extrême-droite, ce serait la même chose ! Si la ficelle est un peu grosse, elle n’est certainement pas nouvelle : c’est le carburant de la machine de propagande des soutiens hexagonaux hystériques à Israël.

L’UJFP milite et continuera de militer inlassablement contre l’antisémitisme, toujours en récusant ces tentatives minables et obscènes d’instrumentalisation, et avec la conviction que la lutte contre l’antisémitisme ne doit pas être isolée du reste de la lutte contre le racisme : il est essentiel qu’elle soit portée par tou-te-s – victimes du racisme ou allié-e-s, Juifs/Juives ou non –, pour qu’enfin nous l’arrachions des mains de ceux qui l’exploitent et la dégradent au profit de la seule satisfaction d’autres agendas.

L’UJFP répond donc à l’invitation de Daniel Knoll et appelle ses militant-e-s et adhérent-e-s à lui apporter leur soutien, dans la dignité que requièrent les marches blanches organisées à la mémoire de sa mère, Mireille Knoll.

Nous espérons que le CRIF, entre autres, saura garder à ces démonstrations de solidarité le recueillement nécessaire. Nous nous y engageons pour notre part.

Le Bureau national de l’UJFP, le 28 mars 2018

Un fou qui tue un chrétien, un athée ou un scientologue en criant "j'ai tué le diable" est... un fou.


Un fou qui tue un juif  en criant "j'ai tué le diable" est... un antisémite.


Une petite frappe qui tue une vielle dame pour lui voler ses économies est une... crapule, sauf si la malheureuse victime est juive, dans ce cas c'est une... crapule antisémite. 


Si vous manquez de compassion pour un gendarme ou un boucher victime d'un acte terroriste, vous faites l'apologie du terrorisme.


Si vous manquez de compassion pour les 7 à 12 000 comoriens morts noyés en traversant entre les Comores et Mayotte dans des «kwassa-kwassa», vous êtes un Jupiter facétieux !


Je vis dans un pays formidable !

Bravo pour cette analyse.

Est-il possible de s'interroger? Qui est le plus insupportable : les antisémites ou les membres de la L.D.J ?

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Merci pour cette analyse approfondie.

Merci pour cet article factuel, ça fait du bien!

Faire passer deux tristes faits divers (un malade mental gravement atteint d'une part, un ex-détenu très con qui vient se venger de sa condamnation pour pédophilie dans l'autre et mis en cause  juste par son complice qui a pu dire ce qu'il pensait que la police voulait entendre pour se dédouaner), les faire passer pour des actes antisémites au seul titre que les victimes sont juives (le reste n'a aucune valeur en ce sens), on ne peut qu'y voir une instrumentalisation de ces affaires pour monter les communautés les unes contre les autres: les juifs qui entendent asséner une fois encore qu'ils ne sont plus en sécurité en France parce qu'il sont juifs, les musulmans ou plutôt les arabes en fait, qui se voient une fois de plus désignés à la vindicte publique de façon particulièrement injustifiée. 

Que Mélenchon et les députés FI aient participé à cette sinistre manoeuvre m'a énormément déçue.

Enfin une analyse circonstanciée et approfondie sur ce sujet ! Merci.

"De même que l'hypothèse de la "radicalisation" du meurtrier présumé en prison, qui avait été relayée par Le Parisienmalgré les démentis dès le début de l'enquête."


Est-ce qu'il est correct de qualifier ici le meurtrier de " présumé" ? 

 Je n'ai pas bien suivi l'affaire, mais à ce que j'ai compris il n'y a jamais eu de doute sur le fait qu'il était meurtrier. Que sa culpabilité doive être " présumée", en particulier en attendant de savoir s'il était responsable, que la motivation antisémite soit " présumée" elle aussi, je peux le comprendre, mais les actes ne sont pas présumés : il a assassiné Mme Halimi. 


Par ailleurs, l'argument d'une médiatisation  d'une affaire qui vient en réparation ou en compensation d'une autre affaire est vraiment bizarre et pas très bien démontré par la consœur que vous interviewez. C'est peut-être comme cela qu'elle voit la situation, mais rien ne prouve qu'il y ait eu volontairement un traitement d'une affaire  en référence à l'autre. Ni au niveau d'une rédaction en particuliet, ni au niveau des médias en général.

Si on avait le témoignage d'un journaliste ou d'un rédac chef disant ", oui, nous, en souvenir de ce qui s'était passé au moment de l'affaire Halimi, on a décidé de retenir l'angle de l'antisémitisme tout de suite", ce serait plus convaincant.

Comment croire  à une sorte de conscience collective des medias, qui feraient tous la même analyse de leurs agissements passés ( pourtant différents) et décideraient tous d'agir de sorte à rééquilibrer une balance ?


Oui, je trouve aussi l’article intéressant. Merci.


Il y a une faute : ce n’est pas Hyper Casher, mais Hyper Cacher. C’est pour le respect du souvenir…

Merci pour cet article.

Les propos de Noémie Haoulia sont quand même surréalistes. "C’était vraiment douloureux de se dire qu’il faut attendre autant de temps pour reconnaître une évidence." Quelle évidence ? Une évidence pour qui ? Pas pour les enquêteurs visiblement. S'il est compréhensible que la famille de Sarah Halimi, dans sa douleur, ait été d'emblée persuadée du caractère antisémite du crime, quid d'une journaliste comme Noémie Haoulia dont le job est d'établir la vérité des faits ?

Quant à sa phrase de conclusion, "La médiatisation de l’affaire Mireille Knoll est une sorte de réparation du silence de l'affaire Halimi", elle est très ambiguë et problématique. Les médias et les politiques doivent-ils "compenser" le sous-traitement d'une affaire passée jugée similaire ? Faudrait-il une émission quotidienne et une allocution hebdomadaire du président à propos de la guerre d'Algérie, sous prétexte que l'omerta a longtemps été de mise et continue partiellement de l'être ? Les affaires Halimi et Knoll le sont-elles seulement, similaires ?

Ce que semble regretter Noémie Haoulia du traitement médiatique du meurtre de Sarah Halimi, c'est visiblement, comme la clique réactionnaire Onfray-Gauchet-Finkielkraut, que les médias n'ont pas sauté sur l'occasion pour qualifier immédiatement ce crime d'antisémite et l'imputer à "l'islamisme". Ce qui est discutable comme le montre bien cet article d'Asi. Il fallait donc selon elle imposer le cadrage antisémitisme / islamisme au prochain crime "comparable", sans égard pour la vérité des faits. "Réparer" un grief passé, justifie pour elle de s'arranger avec les faits et leurs nuances.

Ca s'appelle de la propagande.

Chaque fois qu'une personne âgée, entre deux âges, ou pire enfant, meurt assassinée, c'est un crime contre l'humanité. Chaque fois que ce crime est utilisé au service de telle ou telle cause, c'est encore un crime contre l'humanité.


Bon article. Qui nous fait réfléchir sur les médias et la justice

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