19
Commentaires

Mais d'où viennent les chiffrages de morts à la guerre ?

Lorsqu'il s'agit de conflits, les zéros donnent parfois le tournis : 6,9 millions de morts en République démocratique du Congo, 300 000 au Darfour (Soudan), … Mais au juste, d'où viennent ces chiffres ? Comment travaillent concrètement ceux qui les produisent ? Pourquoi, enfin, beaucoup de ces estimations sont-elles contestables – et contestées ? Pour ce quatrième article de notre série d'été sur les médias face aux conflits, @si vous propose de vous plonger dans les chiffres de la guerre.

Derniers commentaires

Coucou la rédac',

Ce serait peut-être bien de préciser dans le chapô le classement de ce papier de Justine.
Parce que avoir laissé "Pour ce [premier / deuxième / troisième / quatrième] article", ça fait... désordre :)
Article extrémement intéressant, merci.

Et c'est toujours étonnant de voir à quel point notre cerveau cartésien a besoin de chiffres pour comprendre, apprendre, appréhender une vérité toujours floue et plus subtile - c'est en ça qu'elle est vérité.
Mais en quoi le nombre de morts dans une guerre fait-il sens ? Peut-être mon cerveau est-il mal construit, mais un chiffre n'est jamais signifiant pour moi, qu'on parle d'argent ou de victimes. Je crois que si cela ne peut se transformer en image, ou en chose concrète dans notre cerveau, cela ne fait pas sens.
Pour comprendre l'ampleur d'une guerre, d'un événement, nous avons surtout besoin de comprendre les horreurs d'un massacre, d'avoir des informations sur des événements précis, même s'ils sont anecdotiques, des témoignages, des explications sur la situation et sur la façon dont les personnes la ressentent.
Les seules guerres que je crois avoir un peu comprises sont celles du Congo et de la Libye parce que je connais des personnes qui les ont vécues/les vivent, et c'est là que le cerveau commence à assimiler, et à envisager concrètement ce qui était beaucoup trop abstrait, beaucoup trop chiffré, et beaucoup trop codifié, avec tous les clichés du genre.
Très difficile donc de parler et de rendre compte de ce qui est si loin de nous : des pays lointains et des événements que la plupart d'entre nous n'avons jamais vécus, car il n'y a pas eu de guerre sur le sol français depuis plusieurs décennies.
Bonjour,
à propos du nombre de victimes des guerres du Congo, un rapport publié en 2008 par deux démographes belges arrivait au chiffre de... 183 000 victimes directes et indirectes (en ne comptant que les victimes zaïroises/Congolaises). Voir l'article présentant le rapport dans la Libre Belgique :
http://www.lalibre.be/actu/international/article/471140/guerre-1998-2004-183-000-morts.html
et le rapport lui-même :
http://www.congoforum.be/upldocs/Surmortalit%C3%A9.pdf
Les tueries , leur nombre, leur comparaison dissimule et révèle tout à la fois. Quand on arrive à s'élever au dessus de leur exposition naturaliste et obscène, et l'incise dans l'article insiste à juste titre sur le manque d'explication ,dans le mouvement d'empathie naturelle face aux grands désastres de la guerre,dans tout »ce qui ne fut pas » l'esprit humain considère les raisons des affrontements et vise à en comprendre les enjeux, naviguant entre ces « cercles de l'enfer « de Dante  et les sulphures de Raymond Roussel, reflet de son monde intérieur où le monde extérieur se reflétait.

J'ai partagé avec une amie ivoirienne les espoirs que l'élection faisait naitre en elle, réfugiée de Duèkoué quant au fait que » le pays aille mieux » et que ses enfants restés au pays puissent s'instruire et faire face , beaucoup de solidarités existant malgré « les intérêts supposés gouverner les rapports entre les peuples » selon une antienne de l'interprétation néo-gaulliste .Aussi lors de la crise post-électorale, avant l'intervention militaire, maudissais-je les deux candidats et leur propension à s'accrocher au pouvoir, dans de sombres présages qui s'annonçaient. Le parti pris systématique anti-Gbagbo des médias français, leur analyse « à fleur de l'eau », a connu son accomplissement pratique dans le lâchage par les hiérarques socialistes à l'exception de Labertit, au nom de la démocratie révélée.
. Une communication manichéenne, dans le style dont Salengro fut la victime, y a signé le mépris où l'on tient le public , ici réduit à l'image de consommateurs d'information.
Je dois à la vérité d'avoir finalement beaucoup plus appris de la situation ivoirienne par les écrits de Michel Galy sur l'économie particulière des seigneurs du cacao du nord, installés depuis 2002 et où la diplomatie française en refusant à mon sens d'appliquer les accords de défense a joué un grand rôle.
Revenant à ceux qui , désormais , portent les paroles de « cette prière quotidienne »,selon Hegel,je me souviens de la réaction de la salle de l'élysée où Laurent Joffrin, que j'imagine piqué au vif par les remarques de l’exégète marchand devenu président, rappelait les promesses électorales , des rires de l'assistance devant le style très « jerry Lewis » de l'époque et, contradictoirement de ma lecture d'Albert Londres dont tant le nom que les succès politiques dans la société de son temps a honoré la profession, ainsi qu'en atteste le nom du prix remis inter pares.
Aussi, sans aller plus loin, fut-ce au prix de votre confusion, ne puis-je que me féliciter de l'ouverture de votre dossier sur la guerre et ses réalités plus contradictoires que la relation d'un débat parlementaire intéressant un peuple qui en portera la responsabilité morale, à défaut de ce que les raisons de l'état voudront bien lui en dire.
Article salutaire mais dont je doute qu'il change quoi que ce soit aux mensonges des lecteurs de prompteurs (je ne dis pas que c'était son but).

Que le "thème de l'été sur la guerre était une excellente idée", est plutôt malheureusement le triste reflet de ce dans quoi les générations à venir vont patauger: ces tueries "soutenables" aux images insoutenables provoquées par nos leaders "démocratiques" (et leurs émissaires ramasseurs de fonds de charité dits ONG) pour "leurs" guerres du pétrole, du gaz, de l'eau, de la terre, des semences... que les pauvres vont payer de leur vie (et une partie d'entre nous sont d'actuels et futurs pauvres).

Merci Justine Brabant d'avoir mis le doigt où ça fait mal dans cette torpeur estivale.
Je ne comprends pas très bien cette idée de cuisine, le sang, ramené à très peu, dans cet environnement très clean, ne parle pas beaucoup, et au contraire minimise le sujet, parce qu'il enlève de la chair à ces catastrophes.....
Excellent article, j'attends l'émission.
Post-it (le cerveau à mit un petit moment à analyser ce qu'il a vu ^^)

Pour l'idée du "100 Years of World Cuisine" on pourrait surtout le contester pour le choix des conflits représentés : la plupart des guerres et massacres coloniaux sont passées à la trappe, les deux guerres mondiales ne sont pas représentées, ainsi que d’innombrables autres tueries (au hasard le Grand bond en avant/Révolution culturelle, le Timor Oriental, les exactions des juntes Sud-Américaines etc.) quand aux famines leur inclusion est très orientées idéologiquement il me semble : les famine en Corée et en Union Soviétiques d'accord mais pourquoi pas celles de la Corne de l'Afrique ou celle d'Indochine (année 30) qui firent des centaines de milliers voir des millions de morts.

Si le but ne semble pas de faire une liste exhaustive de toute les boucheries du XXième siècle, le choix des massacres représentés témoigne bien d'un usage biaisé (volontairement ou non) des chiffres, en cela "l’œuvre" (?) illustre bien l'article
Très bon article d'@si !
Votre thème de l'été sur la guerre était une excellente idée, chaque article/émission est un vrai plaisir !
Je n'ai rien de plus à dire, alors oui c'est un peu court mais il est rarissime que je sois si tôt sur mon ordinateur pour pouvoir réagir le premier, ça n'arrivera peut être qu'une fois dans ma vie donc allons-y ! Désolé pour le message inutile :)
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.