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L'intericonicité pour les nuls

Derniers commentaires

Pas d'accord avec Alain sur la colorisation de la photo de Dorothea Lange, utilisée par The Economist pour sa couverture.
Vite dit : La grande dépression, le retour.
Coloriser cette photo de 1937, c'est l'actualiser.
Certains "anciens" qui ont appris l'allemand au Lycée se souviendront peut-être de cet autre tableau plus connu de Carl Spitzweg:

"Le pauvre poète" (Der arme Poet)

qui illustrait un manuel d'allemand (Bodevin & Isler me semble t-il)
Un joli tableau "le rat de bibliothèque" (Der Bücherwurm) par Carl Spitzweg (1850)
Aucun rapport avec le sujet, mais je ne savais pas où poster ça.
Ce week end je suis tombé par hasard (ne regardant jamais ou presque la télé), sur une chronique d'analyse de l'image. Il était question de Nadal qui s'effondrait sur sa chaise à cause de crampes.
Le présentateur de l'émission (un transfuge de i-télé dont le nom m'échappe) avait prévenu qu'on allait avoir affaire à une analyse originale (ce ne sont pas ces termes mots exacts, mais l'idée y est) : le commentateur l'a comparé au Christ, employant des termes tels que descente de croix, déposition, déploration... Bref...
Je n'avais qu'une envie, c'était de leur flanquer le lien des chroniques d'Alain Korkos sous le nez, qu'ils voient des analyses d'images pertinentes et originales !
M. Korkos, continuez votre excellent travail ! Merci.
Pour les anglophones, un extrait du /. du jour.
/. (slash-dot) est le site des geeks qui regardent le monde au-dela de leur clavier.
Ils nous apprennent souvent bien des choses;

http://news.slashdot.org/story/11/09/10/2310233/Turnitins-Different-Messages-To-Students-Teachers

Economist David Harrington (spotted via Tyler Cowan's Marginal Revolution) charges anti-plagiarism service Turnitin with "playing both sides of the fence, helping instructors identify plagiarists while helping plagiarists avoid detection." Turnitin analyzes student papers for suspicious elements in order to spot the plagiarism, scanning for things like lifted quotations or clever rephrasing. However, the same company offers a counterpart — a scanning service called WriteCheck which essentially lets the writer of a submitted paper know whether that paper would pass muster at Turnitin, and thus provides a way to skirt it (by tweaking and resubmitting). Harrington gave these two systems an interesting test, involving several New York Times articles and a book he suspected of having lifted content from those articles.

En franglishe; le moteur propose aux profs de detecter les plagiats dans les textes de leurs eleves, et propose aux eleves d'affiner leurs textes pour ne pas etre detectes. Ou comment etre et vendre tout a la fois le canon et la muraille.

v.l.e.m.
belle étude comme il se doit à chaque fois.
on se nourrit les uns les autres on a en partage un tel patrimoine qu'il serait criminel de le formoliser ou de le sacraliser .
je ne souhait qu'aux générations futures d'emprunter à chaque fois quelques phares qui dans la tempête les ont aidés à arrimer leurs pensés!!!
Bravo Monsieur Alain


Comme toujours, simple, précis, documenté, attrayant.

Je ne manquerai pas de d'envoyer mes élèves de collège vers votre page par un lien, lorsqu'ils seront en train de turbiner
sur la séquence que je leur ai concoctée "Rien ne se crée, tout se transforme", où il est question de reprise, de citation et de référence
dans les arts plastiques au XXe siècle.
Julia Kristeva est probablement la créatrice du mot : « Nous appellerons intertextualité cette inter-action textuelle qui se produit à l'intérieur d'un seul texte. » Julia Kristeva, Problèmes de la structuration du texte dans La Nouvelle critique, 1958.
La référence ne date pas de 1958 mais de 1968.
D'accord pour lire, relire et rerelire Perec (sans oublier "53 jours"....)

Pour les amateurs de décryptage, ce tableau cité (entre d'autres) par G. Perec dans "le cabinet d'amateur" (et vendu 181 275$ ....) :
Jan Vermeer de Delft: "le billet dérobé" (acheté par la Fondation Edgar A. Perry, de Baltimore).
Pareil aussi, encore appris plein de trucs aujourd'hui.... Merci merci !
Encore appris plein de trucs aujourd'hui.... Merci m'sieur K.

Question à "dix balles" :
- selon vous, lequel de nos "piocheurs/copieurs/plagiaires" ou de leurs "nègres" aurait autant de génie que Rembrandt ?
"Saint Augustin est né en 354, dans l'actuelle Algérie. Il se convertit au catholicisme en 386 lors d'un voyage en Italie, puis retourna dans sa terre natale où il se fit prêtre avant de devenir évêque."
Evêque d'Hippone, il était presque prédestiné à cette chronique ( je dicône).

Belle chronique Alain.
Merci cher Alain Korkos... ça c'est du beau travail. Quand j'ai vu le premier tableau (l'Arcimboldoflorine), j'ai cru que vous alliez nous coller le portrait du vibrillon de l'année : Lorànt Deutsch qu'il se nomme et qu'on voit partout exercer sa « bavitude » sans fin devant les caméras et les gogos et conduisant une pile de livres chez son éditeur, Michel Lafon, sans doute dans le but de lui apprendre à lire.
Vous dites : " les plagiats se ramassent à la pelle, à la pelle, vous dis-je"... C'est ben vrai! @si a certes pointé PPDA, et aussi Joseph Macé-Scaron… Mais @si a oublié Lorànt Deutsch qui s’est beaucoup servi d’Auguste André Coussillan, dit Jacques Hillairet (1886-1984), spécialiste de l’Histoire du Vieux Paris pour son « métro ». Et le voilà qui, déambulant dans les rues du Vieux Lyon (on l’a vu au vintor de la 2), nous dit préparer un autre ouvrage, cette fois sur la ville à Pivot… Nous lui conseillons de copier-coller le gros bouquin de l’abbé Adolphe Vachet paru chez Bernoux, Cumin et Masson, éditeurs (Lyon, 1902)… Avec cet ouvrage son boulot est tout fait... à part (oeuf corse) le pont Maréchal-Juin ou quelque boulevard Edouard Herriot.
Le st Jérome de Dürer, c'est quand même le plus joli.
Je vois pas trop en quoi il y a plus plagiat dans la seconde partie.
Merci Alain mais... qu'est ce que vous avez fait de ça ?
Si je tente de définir ce que j'ai cherché à faire depuis que j'ai commencé à écrire, la première idée qui me vient à l'esprit est que je n'ai jamais écrit deux livres semblables, que je n'ai jamais eu envie de répéter dans un livre une formule, un système ou une manière élaborés dans un livre précédent.
Cette versatilité systématique a plusieurs fois dérouté certains critiques soucieux de retrouver d'un livre à l'autre la " patte " de l'écrivain; et sans doute a-t-elle aussi décontenancé quelques-uns de mes lecteurs. Elle m'a valu la réputation d'être une sorte d'ordinateur, une machine à produire des textes. Pour ma part, je me comparerais plutôt à un paysan qui cultiverait plusieurs champs; dans l'un il ferait des betteraves, dans un autre de la luzerne, dans un troisième du maïs, etc. De la même manière, les livres que j'ai écrits se rattachent à quatre champs différents, quatre modes d'interrogation qui posent peut-être en fin de compte la même question, mais la posent selon des perspectives particulières correspondant chaque fois pour moi à un autre type de travail littéraire.

La première de ces interrogations peut être qualifiée de "sociologique": comme de regarder le quotidien ; elle est au départ de textes comme Les Choses, Espèces d'espaces, Tentative de description de quelques lieux parisiens, et du travail accompli avec l'équipe de Cause commune autour de Jean Duvignaud et de Paul Virilio; la seconde est d'ordre autobiographique : W ou le souvenir d'enfance, La Boutique obscure, Je me souviens, Lieux où j'ai dormi, etc. ; la troisième, ludique, renvoie à mon goût pour les contraintes, les prouesses, les "gammes", à tous les travaux dont les recherches de l'OuLiPo m'ont donné l'idée et les moyens : palindromes, lipogrammes, pangrammes, anagrammes, isogrammes, acrostiches, mots croisés, etc. ; la quatrième, enfin, concerne le romanesque, le goût des histoires et des péripéties, l'envie d'écrire des livres qui se dévorent à plat ventre sur son lit ; La Vie mode d'emploi en est l'exemple type.

Cette répartition est quelque peu arbitraire et pourrait être beaucoup plus nuancée : presque aucun de mes livres n'échappe tout à fait à un certain marquage autobiographique (par exemple en insérant dans un chapitre en cours une allusion à un événement survenu dans la journée) ; presque aucun non plus ne se fait sans que j'aie recours à telle ou telle contrainte ou structure oulipienne, ne serait-ce qu'à titre symbolique et sans que ladite structure ou contrainte me contraigne en quoi que ce soit.

En fait, me semble-t-il, au-delà de ces quatre pôles qui définissent les quatre horizons de mon travail - le monde qui m'entoure, ma propre histoire, le langage, la fiction - , mon ambition d'écrivain serait de parcourir toute la littérature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et d'écrire tout ce qui est possible à un homme d'aujourd'hui d'écrire : des livres gros et des livres courts, des romans et des poèmes, des drames, des livrets d'opéra, des romans policiers, des romans d'aventures, des romans de science-fiction, des feuilletons, des livres pour enfants...

Extrait de Notes sur ce que je cherche Georeges PEREC ( merci à cette page perso)
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