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lettre ouverte à Pierre Laurent,

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Dans un entretien vidéo qu'il a accordé à l'AFP quelques heures avant sa mort, Christian Poveda critique l'effet pervers d'une initiative des médias salvadoriens intitulée «Médias unis pour la Paix», au nom de laquelle ils s'engagent à ne pas publier des photos explicites de violence. «C'est, me semble-t-il, un pacte d'une grande hypocrisie de la part des médias, une censure directe d'une réalité de ce pays», juge-t-il. «Nier cette réalité quand on est journaliste ou photojournaliste mérite de changer de profession (...) Ces gens, ceux qui ont lancé cette censure, ne sont pas des journalistes, en réalité ce sont des gens qui travaillent pour un parti politique», selon lui.

Christian Poveda, photographe-réalisateur franco-espagnol, a été abattu de quatre balles dans la tête. Il enquêtait sur les gangs salvadoriens ultraviolents. Il avait 54 ans.

PatriceNoDRM
Comme l'a déclaré Son Excellence Madame le Ministre Tzipi Livni à la radio israélienne, propos rapportés sur le WEB notamment par l'Express et France-Soir du 27 janvier 2009, le massacre des civils n'est qu'un "produit des circonstances", une sorte de détail dans l'histoire de Gaza, alors pourquoi en faire tout un plat messieurs de l'Huma. Bravo Alain Korkos pour avoir su remettre l'arbre au milieu de la forêt.
http://www.paysbasqueinfo.com/images/stories/photos_actu/19-01-09/dukat_007-600.jpg
Voici revenu le temps des grands silences, moment propice pour déposer au pied du forum
un mot abandonné aux âmes curieuses égarées dans des ruines de discours.
Cette enfant, martyrisée pour être née au mauvais endroit, au mauvais moment,
a depuis longtemps séché ses larmes de sang et de poussière.
Son corps a été déposé, comme des centaines d’autres, dans un cortège de douleurs absurdes,
accompagné de parents engourdis par le bruit des bombes.
Dans ce désastre des êtres qui ont tout perdu,
même le refuge d’un toit, englouti par un cratère géant,
nos mots enflammés d’hier ne sont jamais arrivés jusqu’à eux, hormis peut être une vague rumeur,
relayée par un médecin courageux, amputant dans l’urgence et sans anesthésie un membre devenu inutile.
Ce petit visage retenant notre attention s’est fait aussi dévoré par la cruelle distanciation critique où,
sous le couvert d’une approche universitaire, nous étions conviés à la regarder comme un objet à dire,
alors que la piété de son silence racontait l’impitoyable et dérisoire machine de guerre.
En retour, notre énergie aurait dû tancer les dirigeants de tous bords, pour qu’ils s’emploient dans l’union,
à faire pression pour trouver les mots d’apaisement et faire cesser unanimement la cause des interrogations existentielles de tels clichés.
C’est de la peine à le dire, mais ce n’est pas cette petite fille que l’on a regardé dans son accablement muet,
mais seulement la taille de sa photographie, sa place dans un magazine et en quoi elle pouvait nous déranger
dans ce que nous ne pouvons ou ne voulons voir avec notre fragile résistance au malheur ordinaire.
Mais chez nous, dans le confort de nos pensées, il y a tant à dire, à commenter, à faire débat, à donner de l’épaisseur,
non pas au sujet, mais à notre appréciation, à notre capacité à gloser, à comprendre, à instruire, à nous insurger, non de la cause mais de l’effet…
Quant à toi, petite chose dormante,
l’histoire ne retiendra pas ton nom, et à peine le souvenir de ton existence, car tu rejoindras le flot des statistiques racontant l’ennui des conflits.
Quand tout a été dit, les mots inutiles sont enterrés dans des trous d’oublis, de part et d’autre d’une muraille de papier.
Il ne reste que les champs de ruines à cultiver,
les vies à rafistoler et parfois aussi, des êtres à consoler.
En évoquant les sentiments face aux politiques impuissantes,
l’obscénité de l’émotion est bien de ne pouvoir empêcher les bombes de tomber sur des enfants occupés à grandir.
La guerre, ça met un goût de terre dans la bouche, surtout pour ceux qui ne peuvent plus la raconter.

Adieu petite fille de Gaza, ici aussi, le silence précieux fait défaut, il pèse quand nous devrions dire et il manque quand nous devrions nous taire.
on dit qu'une image vaut mille mots , mais ici des mots sonnent creux, Cassandre prône la politesse mais traite de "débile" quelqu'un qui entre sur le forum, c'est vrai que ces querelles de personnes et ces petits clans qui se forment (cassandre et urbidan se font des compliments entre eux...et n'aiment pas les nouveaux venus) éloignent des vrais débats...Oui DS fait bien de montrer que certains sujets font parler, car ils sont autrement intéressants que de savoir qui a plus ou moins de légitimité à débattre sur un forum....
Comme j'ai pu le signaler sur le forum de la chronique de Daniel S.,
la dernière relance mail d'@SI en direction de ceux qui tardent à se réabonner,
vantait la polémique autour de la chronique de AK, en l'occurrence ce forum, comme argument d'intérêt pour le site.

Après tout ce qui a pu être dit sur la récupération et l'exploitation d'une image pour faire de l'argent ou de l'audience....
je trouve vraiment limite qu'@SI utilise la même ficelle pour appâter le chaland.
Mais visiblement tous les moyens sont bons, et l'indignation d'un forum sur la légitimité de cette image
devient un argument de vente d'abonnements.
C'est vraiment fort cette mise en abîme....
Pour le reste, relisez avec attention le début de mon post précédent.
Merci de votre attention.
C'est vrai qu'il n'est pas nécessaire ,urbidan, d'encombrer la discussion avec des coupés-collés , nous sommes assez grands pour naviguer dans les discussions et les chroniques , nous n'avons pas besoin d'être ainsi pris par la main. La question de fond reste ; que faisons nous de l'information, interpellons nous nos hommes politiques bien prudents sur leurs prises de position sur ce conflit? Que de barvardages ici...
Monsieur Korkos,
Pensez-vous que vous auriez fait le même article si cette photo avait été en noir et blanc ?
Couleur et / ou noir et blanc. Rien à voir...
Peut-être est-ce un sujet que vous pourriez traiter dans un de vos articles.
Cordialement
Bonjour,

Bon.

J'arrive trop tard comme d'habitude, mais que voulez vous, il y en a aussi qui travaillent ;-) et j'imagine que, comme mes précédents posts sur d'autres sujets, je n'aurai pas davantage de réponse.

Mais je vais quand même poser la question que je n'ai pas vu posée (il est vrai que je n'ai pas réussi à tout lire) et dont je n'ai par conséquent pas vu la réponse.

Pourtant cette question me semble fondamentale et préliminaire, alors qu'on se jette à longueur de contributions morale et éthique à qui mieux mieux. Il me semble que c'est celle qui devrait permettre de ne pas être dans le discours intellectuel complaisant, théorique et désincarné sur une souffrance qu'il est agréable de commenter derrière son ordinateur, car on sait très bien, quelque part, que ça ne nous concernera jamais directement, et qu'en fait on s'en fout quand même un peu.

Cette question, la voilà :

"Les parents de cette fillette ont ils donné leur autorisation pour que la photo de leur enfant soit publiée à la une de l'Humanité en France, et que sa photo soit instrumentalisée pour prendre parti dans le conflit actuel ?"

Que celui qui a la réponse me la donne. Merci d'avance.

Bien à vous.
Cette photographie me semble très dérangeante car elle instrumentalise(sans respect pour elle) une enfant pour "vendre" un journal (qui s'apparente alors à Paris-match);si l'on se réfère à la célèbre photo de la petite fille brûlée au napalm au Vietnam,on sait malheureusement qu'une image n'a jamais éveillé les consciences internationales au point de faire cesser une guerre.Je crois pour ma part davantage à l'efficacité des explications politiques(de l'analyse donc)qui font appel à la RAISON plutôt qu'à l'EMOTION.Il ne s'agit pas de nier lâchement l'horreur en s'en détournant pour ne pas "vomir" comme le dit un internaute,mais de chercher à comprendre une situation politique complexe(ici le Moyen-Orient)pour ensuite prendre parti et agir ,en citoyen responsable,pour que cesse le carnage.
a vouloir "équilibrer" le Hamas et Israel, je crois que je vais me désabonner.


"Jamais une photographie n'a mis fin à une guerre." dirtes vous, c'est faux, la seule photo que vs n'ayez pas publiée est celle de la petite vietnamienne nue sous les bombes au napalm a été un vecteur essentiel de la prise de conscience des usiens pour cesser la guerre.

si on avait publié une photographie d'une petite israelienne comme celle de la petite palestinienne, qu'auriez vous dit

c'est trop

PPrado
Monsieur Korkos, j ' avoue ne pas vous comprendre.Pensez-vous que la guerre est jolie?Cette photo que vous reprochez à Pierre Laurent d 'avoir mis à la Une de L'Huma, moi elle ne me fait pas vomir mais plutôt pleurer; celle-là et beaucoup d'autres aussi.Et si elle peut secouer quelques Français , je dis :"Bien, P.Laurent a fait son boulot de journaliste".Des photos comme celle-ci, nous qui militons dans une Association de solidarité avec les Palestiniens, nous en recevons tous les jours de nos amis palestiniens.Elles nous font très mal mais elles nous donnent la force de manifester, de témoigner,de ne pas nous effondrer devant tant d ' horreur et aussi devant l'agressivité de certains , l'ignorance des autres, ou le mensonge , la couardise.
Etes-vous allé en Palestine monsieur Korkos pour vous permettre de donner des leçons?Moi oui et je sais comment sont traités les Palestiniens .
Et puis voyez-vous, l'attaque d'une école à Gaza a fait réagir certains . Je regrette qu'il ait fallu celà pour qu'enfin on lise nos tracts, on comprenne notre action - quand j'écris"on", il s'agit d'un nombre encore restreint de personnes mais chaque personne touchée est une victoire pour les Palestiniens.Oui on en est là , par la faute des gouvernements européens, leur partialité, leur indifférence , par la faute des médias qui disent , montrent ou écrivent ce qu'on leur dit de dire,montrer...
J' ai été indignée quand j 'ai entendu D.Schneiderman dire que les images des massacres à Gaza ne le touchaient pas , par leur caractère répétitif, toujours la même chose , des corps, du sang , des blessés , des personnes qui fuient,où?, qui pleurent...Pensez-vous à ces enfants qui ne se remettront jamais de ces traumatismes, de cette fureur, de ces détonations pendant que vous , vous chipotez à propos d' une photo qui ne serait pas efficace parce que trop horrible.
Alors oui à Pierre Laurent qui a choisi CELLE-LA.
Bonjour à tous, et tout d'abord, permettez-moi de vous présenter mon mot d'essecuzes, signé par ma môman : je suis depuis dimanche dernier en déplacement professionnel et n'ai pas le temps de seurfer sur internet, pas le temps de lire ce forum. Qui affiche 451 commentaires à l'heure où j'écris ! Je n'en ai lu qu'une soixantaine, désolé pour les autres.

Alors je vais assurer un service minimum (mais de qualité !) en ne répondant qu'à un seul commentaire, qui a le mérite de regrouper pas mal d'interrogations. Allez hop c'est parti, il s'agit d'un comm' signé Arya.

1. La photo de Virgin Killer

Il me semble qu'elle aurait dû rester là où elle était, c'est-à-dire dans l'oubli. Faire tout un foin à son sujet au prétexte qu'elle figurait dans une note de Wikipedia, en appeler à la censure, ouvrait la porte à d'autres censures. C'était extrêmement dangereux, et l'organisme qui voulait voir supprimée cette image a finalement changé d'avis.

2. Les photos de la Shoah

Ces photos n'ont pas été prises en vue d'être rendues publiques, et surtout pas à la une d'un quotidien. On ne peut donc pas les comparer avec celle qui fut publiée par l'Huma.
Aujourd'hui, elles sont utilisées dans un cadre pédagogique avec une contextualisation très forte. Là aussi, rien à voir avec notre une qui n'affiche qu'une photo choc, hors contexte : nulle part on ne nous dit où et quand elle fut prise, aucune explication n'est fournie, aucune légende n'y est associée. Car le titre "les photos du carnage" n'explique rien, bien sûr.
Quant à mon projet personnel relatif à ces photos des camps de la mort, il était rempli de doutes qui maintenant sont levés. (Mais je n'en dirai pas plus, évidemment.)

3. Comment distinguer voyeurisme et information ?

Le point 2 répond à la question, me semble-t-il. L'information, c'est une photo légendée assortie de moult explications. Le voyeurisme, c'est une photo muette qui ne mobilise que l'émotion : le dégoût devant une telle horreur, ou la haine pour les auteurs de ce massacre.
Le problème avec le dégoût, c'est qu'il détourne le lecteur du journal qui s'abstiendra de l'acheter, n'aura pas accès aux pages intérieures expliquant le conflit.
Le problème avec la haine, c'est qu'elle n'a jamais rien résolu : elle dure depuis plus de trente ans, et les cadavres s'amoncellent sans qu'un espoir de résolution du conflit ne se profile à l'horizon.

4. Les photos de la guerre en Afghanistan
Je déplorais que les photographes ne puissent y travailler librement. Je déplorais qu'ils n'aient d'autre solution que de se livrer pieds et mains liés aux forces militaires (mais on donne à cette posture un autre nom, on parle de photographes "embarqués", voire "embedded" si on veut se la jouer Amerloquie dans le texte).
Supposons maintenant que les photographes puissent travailler librement en Afghanistan, et supposons que ce conflit "bénéficie" de la même couverture médiatique que la guerre à Gaza. Si un quotidien avait publié en première page une photographie montrant le cadavre d'une gamine afghane dont n'émergeait que la tête, si en plus elle avait été accompagnée du même titre : "les photos du carnage", alors j'aurais écrit la même chronique mot pour mot, à un près. J'aurais remplacé "Gaza" par Afghanistan". Car la nature et le lieu du conflit ne sont d'aucune importance quand s'agit d'invoquer une certaine morale de l'image, et plus particulièrement de l'image de guerre.

Pour finir (et ce qui suit ne concerne pas le commentaire d'Arya sur lequel est appuyé ce qui précède), je rappellerai que je ne suis pas un journaliste politique, mais un simple chroniqueur qui s'intéresse aux images et qui parfois s'arrête dessus. @rrêt sur images. Telle est la vocation de ce site, et j'ai l'impression de remplir mon contrat.
J'ai, bien sûr, un avis sur ce conflit. Un avis de citoyen, qui ne vaut pas plus et pas moins que le vôtre. Daniel Schneidermann, homme avisé, ne me paie pas (une véritable fortune !) pour que j'étale ici mes opinions politiques et ceux qui croient savoir ce que je pense à ce propos se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate droite. Ou gauche si vous préférez, c'est à vous de voir.

Bonjour chez vous !
Plus de 300 enfants ont été tués et plus de 1.500 autres blessés dans la Bande de Gaza, a déclaré mercredi la directrice général du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).
lu sur le blog de Charles Enderlin :


"Le CRIF affirme :
"Par ailleurs, France 2 a diffusé le 29 décembre 2008 des images censées montrer la famine à Gaza : on voyait dans un magasin, les étals soi-disant vides, mais la réflexion de la vitre du réfrigérateur montrait que le reste du magasin était plein…"

C'est une accusation totalement infondée... Le palestinien interviewé dans le reportage
parle clairement (en "in") du manque de produits frais dans le réfrigérateur. Dans la réflexion de la vitre on voit des conserves... Visiblement le CRIF ne rate aucune occasion pour attaquer France2... Même en utilisant de fausses accusations."
Merci à Pierre Labate de m’avoir aidé à me remettre les idées en place.

Il m’a rappelé qu’il ne fallait jamais « plaider hors de la cause » comme disait je ne sais plus qui.

Merci à @si qui permet ces débats et réflexions, ce recul nécessaire…
Quatre jours et des centaines de messages ...

Tous les @sinautes restant etonnament courtois dans les discussion en general, et surtout se repondant intelligement : ce qui prouve qu'au moins la plupart des intervenants lisent et donc sont en contact avec des idees qui ne sont pas les leurs. Il y a donc un certain espoir.

Pourtant deux choses me tracassent par rapport a de nombreuses reactions a l'article d' Alain Korkos : Et il me semble que ,soit pas mal de gens n'ont pas lu tout l'article, ou alors, ont lu ce qu'ils ont bien voulu lire.

Un des reproches majeurs adresses a AK serait qu'il veuille censurer cette image !? Mais ca n'est pas un argument valable : Non seulement ceux qui ont deja lu des chroniques precedentes d' AK savent que s'il y a une personne qui milite fortement contre la censure, c'est bien AK. Le point de cette chronique est de demontrer l'inneficacite de montrer cette photo, et les explications, malheureusement ne peuvent pas nous plaire, car elles nous forcent a nous regarder dans le miroir et voir que nous sommes loin d'etre aussi beaux, bons et parfait qu'on aimerait le penser.

Alors a court d'arguments par rapport au texte, il faut bien en inventer un et croire que cet article demande a censurer cette image, et il est facile de se persuader et de faire croire que ca veut dire qu'AK veut censurer toutes les images des crimes commis a Gaza et que donc il prend parti : C'est le raisonnement exactement employe par tous ceux qui reprochent a AK une demarche intellectuellement malhonnete .... Quand on parle de mirroir .....

Il semblerait egalement que personne n'a lu la conclusion de la chronique :

"Je crois enfin, comme l'écrit Patrick Apel-Muller en conclusion de l'éditorial qu'il signe en page 3 de cet Huma du mercredi 7 janvier 2009, que « Les grandes causes humaines exigent de l'humanité… C'est bien elle qu'il faut convoquer face aux crimes et aux images d'apocalypse qui le signent. »

Convoquer l'humanité face aux crimes et aux images d'apocalypse. C'est déjà bien de le dire, il ne reste plus qu'à le faire."


Non seulement cette critique n'est pas une croisade contre l'Huma, non seulement AK ne nie jamais l'horreur des crimes qui sont commis a Gaza, comme il lui est a tord reproche plus d'une fois, mais s'il prend effectivement parti, c'est pour celui d'une recherche de paix reelle, mais qui ne peut se faire que par l'action. Par notre action individuelle avant toute chose.

C'est de devoir agir qui bien sur fait peur, et qui, bien sur, fait peur surtout a ceux qui detournent le vrai message de cette chronique.

Avant de critiquer avec hauteur une demarche intellectuelle biaisee de la part de l'auteur, essayons nous tous d'etre les premiers a essayer d'avoir cette honnetete intellectuelle lorsque nous lisons puis reagissons par rapport a des articles ou chroniques.

Quand on parle de miroirs ...
Il était un carreau, ma foi fort beau,
et aussi une pierre, tout en belles manières.
Une main ramassa la pierre
et dans une prière visa le carreau.
On ne sut jamais qui fit le plus de bruit,
qui de la pierre ou du carreau.
Un tribunal populaire jugea l'affaire.
Pour le bruit on accusa le carreau
et pour le bris on désigna la pierre.
Au final, on condamna la pierre
tout en blâmant le carreau
car, à bien y réfléchir,
il ne l'avait pas volet.
d’être si mal protégé.
Quant à la main on l'oublia,
et comme tant d’autres,
au rendu de justice,
acclama le triomphe de ce verdict.

dD
Souvenons nous des photos de cadavres de Timisoara [déjà évoqué sur un autre forum] qui ont fait le tour du monde en provoquant beaucoup d’émois, faisant couler plus d’encre que de sang.
Affaire des charniers de Timisoara

« D'abord de quelques centaines de morts annoncés, les télévisions ont annoncé jusqu'à 70 000 morts quelques jours plus tard, trouvés dans des charniers. Le journal L’Événement du jeudi du 28 décembre 1989 a même titré "Dracula était communiste." »

En conclusion, cela aurait pu être le titre de ce forum : « Les photos de guerre, font-elles verser plus d’encre que de sang ? ».

Stan 1000g
Je suis abonné à l'Huma et cette première page m'a également dégouté .
Je partage donc la critique de l'escalade de photos choc, avec le choix de la proposer en couverture et en pleine page ainsi que son caractère contre productif

A une époque, on rencontrait parfois des militant de la cause kurde d'iran ou d'irak qui proposait également des photos macabres pour attirer l'attention sur leurs combats contre les régimes en place. Cette volonté de montrer ces images m'apparait malsaine avec une espèce de glorification du morbide. : Il n'a peu ou pas de place pour la compassion dans ces images
Seul le dégout

Quant au politique, c'est pire : ça n'explique rien, ça va à l'encontre de ce que devrait être un journal de gauche y compris dans sa première page.
La photo choc en pleine page, je suis désolé mais ça n'a pas sa place dans un canard d'INFORMATION;
Demain, les journaux pro israélien peuvent aussi sortir d'autres photos totalement semblables à celles-ci
Et ça montrera quoi politiquement ?

Et pour être cynique puisqu'il s'agit d'une une, comment a été opéré le recadrage ............
Donc, j'ai planqué le numéro pour pas que mes enfants voient cette une

Et je suis toujours abonné à l'huma, qui reste le seul quotidien de gauche malgré tout;


alain
Ce qui m'a le plus interpellé dans cette chronique, c'est que pour dénoncer le fait même que l'huma diffuse une image très choquante, Alain Korkos se met à son tour à diffuser cette image. Il la publie 3 fois (en vignette puis deux fois dans sa "chronique", ayant même effectué une sordide découpe de l'image sortie donc de son contexte de presse et un très rapide rapprochement formel avec une autre photo).

Je ne lis pas l'huma, c'est donc ici que j'ai vu cette photo.
Le site d'ASI est, tout comme l'Humanité, un "diffuseur", un éditeur de textes et d'images.
Publier une photo, et pire encore en exhumer une autre (la petite fille prise dans la boue) qu'on aurait tant voulu ne plus voir, c'est complètement contradictoire et inconséquent.

L'huma n'avait peut-être pas les mots pour parler de l'horreur (et quels que soient leurs arguments) et a donc publié en Une cette photo,
Korkos n'avait pas les mots de la critique et il re-publie deux fois cette photo pour parler de l'horreur de l'huma qui publie... etc...

De bons critiques savent utiliser la description AVEC DES MOTS pour parler d'une image qu'ils se refusent de relayer.
La description, c'est plus qu'un art, c'est peut-être aussi aussi un moyen de connaissance, menant vers la reflexion, l'analyse.
La description nous oblige à ralentir, elle retarde la fonction de jugement. C'est le regard dans sa durée.

Très décevant de la part de quelqu'un qui prétend réfléchir sur l'image.
Alain Korkos s'attendait à une horde de commentaires, il l'a dit lui même dans la dernière ou avant dernière émission. Je pense qu'il attend que ça se calme pour faire un résume de l'ensemble.
Près de 400 messages depuis samedi. Et le silence du chroniqueur.
Il a raison d'être aux abonnés absents, parce que ce forum ne ressemble plus à rien.
Bonjour
Peut-être certains d'entre vous ont entendu à la radio un bon débat contradictoire dont l'un des contradicteurs est un journaliste de l'Huma qui explique sa Une et ses motivations profondes.

http://www.rtl.fr/fiche/2996140/on-refait-le-monde-du-8-janvier-2009.html
Le Tartuffe ou l’Imposteur est la quintessence de l’ hypocrite
« cacher ce sein que je ne saurais voir »

« Censure et Pudeur »
Tel est la question…

La censure est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun.
Elle passe par l’examen du détenteur d’un pouvoir

Etre pudique, c’est être discret, être secret…
Une mort pudique = une mort en silence = une mort sans témoins

L'ironie est la pudeur de l’humanité.
Censurer ce que tu ne comprends pas peut causer préjudice
.

Stan 1000g
Fan de canard, 08:16 le 13/01/2009, a écrit :
« Je crois qu'Alain, devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus. »

Cette présentation n'est pas conforme à la réalité des faits.
Alain Korkos n'a pas écrit une chronique pour nous aider à décrypter tous les aspects d'une image, il a utilisé sa page d'@si pour lancer - tel un projectile infamant - une lettre ouverte visant nommément un journaliste. Avec quoi il se pare lui-même de l'auréole, sinon de la médaille, du vertueux.
Par ailleurs, il enjoint aux @sinautes de choisir un camp moral, correspondant finalement à un camp géopolitique.

Je trouve que la réponse à cette offensive à double effet est plutôt modérée.

Ceci dit, Alain Korkos - iconophage autoproclamé - semble s'être fait une philosophie de la photographie de reportage qui le rend, de fait, Iconoclaste.

Les réflexions de Susan Sontag qu'il nous donne à lire sont à prendre en considération et à cogiter. OK.

Mais les conclusions que lui même en tire sont-elles cohérentes ?

Susan Sontag écrit : « Un événement connu par des photographies acquiert un surcroît de réalité qu'il n'aurait pas eu sans elles. (…) Mais aussi, après que ces images ont été imposées à notre vue de façon répétée, il perd de sa réalité. »
Alain Korkos la praphrase : « (…) loin de sensibiliser, l'accumulation d'images horribles a un pouvoir hautement anesthésiant ; par conséquent, pratiquer la surenchère dans ce domaine est parfaitement improductif. »

Qu'est-ce que « l'accumulation d'images horribles » paralyse en vérité ?
La réflexion ou l'émotion ?
Ce ne peut pas être l'émotion, sinon le coeur du chaland passant devant un kiosque ne se soulèverait pas « en un spasme incontrôlé », déversant brutalement son petit déjeuner sur le trottoir.

C'est donc la réflexion qui est paralysée.
Ah bon ?

Dans ma conception de l'homme, l'émotion est un des meilleurs stimulants qui soit pour la réflexion. Le scientifique pouvant trouver cette satisfaction émotionnelle dans la construction d'une hypothèse nouvelle, puis - s'il n'a pas fait fausse route - dans sa vérification positive.
La condition étant effectivement de savoir passer de l'une à l'autre ; ce qui ne va pas de soi, d'accord.
Mais il est trop facile de considérer émotion et réflexion comme résolument et définitivement antinomiques.

Dans sa rubrique précédente, « L'homme de Gaza, revenu d'entre les morts », Alain Korkos écrit :
« Les images terribles passées à la postérité sont toujours belles, voire fascinantes. Flattant notre sens esthétique, elles sont le plus souvent construites selon les canons de la peinturlure classique ou du graphisme des deux siècles précédents, quand elles ne sont pas l'évocation directe d'oeuvres picturales célèbres. »
« Parmi les photographies que W. E. Smith fit de la catastrophe de Minamata (voir par là), la plus célèbre
(…) évoque immanquablement une Pietà (…).
Et la photographie du cadavre de Che Guevara doit sa notoriété au fait qu'elle rappelle à la fois le Christ mort de Mantegna et la Leçon d'anatomie du professeur Tulp de Rembrandt (d'autres clichés, pris au même moment, n'ont pas atteint ce niveau de célébrité) ».
Citant Susan Sontag : « La puissance de cette photo tient en partie à ce qu'elle a en commun, du point de vue de la composition, avec ces tableaux.
Mieux, la mesure même dans laquelle cette photographie est inoubliable annonce sa propension à perdre sa signification politique, à devenir une image atemporelle.
».
A.K. reprend : « Les images qui nous parviennent aujourd'hui des bombardements de Gaza fonctionnent sur ces principes : composées de manière classique, elles peuvent rappeler des oeuvres célèbres ; et celles qui resteront dans l'Histoire rempliront impérativement l'un de ces deux critères. Ce seront de belles images privées de leur sens, des enveloppes vides comme celles de Minamata ou du Che mort. (…) L'image de cet homme entrera peut-être dans l'Histoire. Il sera l'homme de Gaza, revenu d'entre les morts. Les qualités esthétiques de la photographie, ses références iconographiques et l'absence quasi-générale de légende d'accompagnement * contribueront à en faire une « image atemporelle » qui ne nous permettra ni de comprendre ce qui se passait, ni de réfléchir. »
Encore une dose de Susan Sontag : « Le réalisme de la photographie engendre une confusion au sujet du réel qui est (à long terme) anesthésiante du point de vue moral tout autant qu'elle est (à long et à court terme) stimulante du point de vue sensoriel. »
Puis Alain Korkos : « Nous sommes simplement confrontés aux limites de l'image, et plus précisément à celles de la photographie de reportage qui n'est jamais qu'une vaine tentative de représentation du réel. Une tentative qui use de codes, de symboles et d'artifices visant à faire illusion.
Rappelons
cette évidence : une photographie n'est pas le réel. Ce n'est qu'une image fixe limitée par un cadre. Le réel, la vie et la mort, sont hors champ. Au-delà du cadre. Là où ça bouge dans tous les sens, là où ça explose et hurle, devant, derrière, au-dessus et au-dessous, se refusant à tout appareil photographique ou caméra incapables de saisir l'entièreté, la simultanéité des événements, l'indescriptible chaos créé par la chute d'une bombe. (…) Le hors champ de la vie est infini, quand l'image s'inscrit dans l'espace mesurable d'un viseur. »

La leçon Korkosienne est claire : une photographie n'est pas le réel. En vérité, il nous le dit : toute image n'est qu'illusion (tromperie), émotion et esthétique (jouissance).
La lumière ("Phôtos") est obscurité, comme dit Big Brother. Circulez, y a rien à voir.

On en revient quasiment au vieux débat théologique.

S'être ingurgité autant d'images pour les vomir ainsi (tiens, tiens…) !

Je rappelle que le fait que l'habitant d'une région du monde se sente généralement impuissant face aux choix politiques entraînant des souffrances pour les habitants d'une autre région du monde n'a rien à voir avec l'image, prise isolément, mais avec l'information (en général) rapportant de tels événements (dont l'image peut faire partie).

Ce que nous dit Alain Korkos, c'est que - rapidement et nécessairement - la photographie perd sa légende, c'est-à-dire son contexte historique et son intelligence.
Et il est sûr qu'une image sans contexte ne veut rien dire, ou plutôt qu'elle peut potentiellement être interprétée d'une multitude de manières.
C'est une remarque très basique sur ce sujet.
Les étudiants des écoles d'art et de journalisme connaissent ce jeu consistant à prendre une image et à orienter son sens en toutes directions en modifiant sa légende. Cela a été un grand plaisir de voir Cavanna appliquer cette méthode aux gravures ("pompier") des livres d'Histoire.
Ainsi, la photographie de la petite fille de Gaza, nous avons déjà vu sa semblable il y a quelque temps : en Turquie, à la suite d'un tremblement de terre, quand on extrayait les victimes des maisons effondrées (en fait, je n'en sais rien, mais une telle photo aurait été possible…).

La logique de connaissance pour le lecteur (ou le chaland de kiosque) confronté à une image est donc de dépasser immédiatement la polysémie intrinsèque de celle-ci pour exiger une légende. Simultanément, il lui faut interroger la véracité de la dite légende, car la possibilité de tromperie est permanente.
C'est valable pour tous les médias (merci @si) et c'est beaucoup de boulot, effectivement.

Dont acte : les images sont peu fiables par elles-mêmes.
Par contre, prétendre qu'elles ne rendent pas compte d'une partie du réel une fois contextualisées, qu'elles n'apportent rien à la perception, donc à l'information et à l'intelligence des faits, représente un dogme particulièrement radical.

Oui, en occident, nous sommes culturellement sensibles à l'esthétique des images.
Et alors ?
J'admets la “résonance” plastique, mais je ne confonds absolument pas l'événement en quoi consiste la mort du guerillero Che Guevara et la fable (pour moi) du Christ crucifié.
La référence iconographique peut faire que telle photographie soit sélectionnée plutôt qu'une autre, par le rédac'chef puis par notre mémoire. Et alors ?
La Pieta de Ninamata ne renvoie-t-elle pas - hors de toute image - à la mère qui voit souffrir et mourir l'enfant issu de sa chair ? N'est-ce pas cette douleur (intemporelle, effectivement) qui nous touche plutôt que l'application du Nombre d'Or ?
Autant on peut trouver d'esthétisation et de mystère dans le portrait d'Omayra, autant le témoignage photographique sur l'enfant de Gaza ne peut provoquer aucune "jouissance" de ce type.
Désolé, mais en regardant cette image, je vois une partie du réel. Donc, je vois le réel. La mort est bien dans le champ (visuel) !
Qui, par ailleurs, à jamais prétendu embrasser le réel dans sa totalité ? un nom…

Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?
Qu'est-ce que c'est que cette manière de préjuger de ma connaissance du monde ?

Est-ce que sa trop grande dévoration d'images et la confusion qui en résulte n'ont pas éloigné Alain Korkos du commun des mortels ?
Quel tissu de conneries emballé dans la boursouflure et l'emphase du savoir !
Tu vas arrêter toi aussi avec ta boursoufflure ! ?

Je trouve par contre et personnellement son post très bon.
Et vous très mauvais.

SEMIR
Venant de vous , il devrait se méfier du compliment.[quote=Je trouve par contre et personnellement son post très bon.]
Moi je peux me regarder fièrement devant un mirroir.
Je vous laisse soutenir des tueurs d'enfants, de femmes, de vieillards.

Vous ne m'intéressez même pas. J'ai même pas envie de vous parler.
Vous êtes méprisable.

SEMIR
Ben voilà , au moins il est clair que ce sont vos affects en général qui guide votre pensée , et non de l'objectivité. Il vous est peut-être difficile de ne pas prendre parti dans ce conflit. Moi , mon parti , c'est que tout soit fait pour que cette guère cesse. Il n' y a pas de bons morts et de mauvais morts.
Bof…
Somme-nous en mesure de dire que - dans ce forum - les @sinautes se partagent entre ceux qui préfèrent vomir (thème central de la chronique de A.K.) et ceux qui préfèrent comprendre ?
(oui, je sais, c'est facile ; mais j'en ai besoin)
L'un n'empêche pas l'autre.
On peut vomir et comprendre après!
Moi, ce que je vous reproche Monsieur Labate (et je ne vais pas me mettre à la place d'Alain Korkos), c'est qu'au travers de cette Une vous n'avez pas favorisé la réflexion sur le problème Israelo-Palestinien.
Je ne vous ferai pas un procès d'intention, je considère pour simplifier les choses, que vous êtes honnête et que ce que vous affichez est bien le reflet de votre pensée, de votre sensibilité.
Maintenant, regardez, tous, sur ce forum, ont un point commun, c'est le dégoût de cette guerre. Et pourtant sur le sujet de savoir s'il fallait ou non diffuser une telle Une, vous avez réussi à monter des gens qui partagent en gros la même opinion les uns contre les autres. Ne serait-ce que ce fait-là pour moi est la démonstration parfaite qu'il fallait s'abstenir.
Pourquoi est-ce que les différents intervenants de ce site ont eu des échanges enflammés ?
Y en a-t-il un seul qui ait trollé le site en disant être pour cette guerre ? Non.
Pourtant c'est le fondement de cette unité d'opinion sur le fond du sujet : Nous ici sommes tous défavorables à cette n-ième offensive, et plus globalement à la situation au proche-orient. Ce que nous recherchons tous, c'est la paix et la stabilité nécessaire au retour de l'espoir pour ces populations. La photo dont il est question, placée en Une n'a eu de talent que celui d'exacerber les différences au sein du même camp.
Parce que la Une d'une publication c'est ce que la rédaction veut monter en épingle, une manière de dire "c'est ce qui est le plus important, ne regardez pas ailleurs". La mort, vous vous en doutez certainement, ajoute à l'émotion déjà présente et peut faire basculer une opinion pro-paix vers une opinion beaucoup plus radicale.
Exposer un cadavre, qui plus est choisi, pour la charge émotionnelle qu'il véhicule, est contre-productif pour tous ceux qui veulent trouver une solution réfléchie conduisant à la paix.
Celui qui cherche avec colère ne trouve jamais, et là, je vous accuse d'avoir au travers de votre Une attisé la colère, et rien que la colère.
Pour moi, la prochaine fois, prenez mieux conscience de votre influence médiatique et des enjeux, et évitez de faire la même bêtise, placez donc ce type de photo à l'intérieur de l'Humanité, comme étant un témoignage de la barbarie qui règne dans ce conflit et construisez votre dossier afin de parler à l'intelligence de vos lecteurs et non leur tripes. Merci.
Correctif : j'me suis planté de nom, ce post ne vous était pas destiné spécialement. M'enfin, vous l'aurez bien compris.
Il est adressé à qui?
Je pense que les interventions de Pierre Labate sont d'une parfaite tenue,
d'une rationalité dont je suis personnellement incapable et d'une impartialité
exemplaire.
Chapeau Monsieu Labate!
@ Jeff
L'impartialité, c'est pratiquement un synonyme d'objectivité : quasiment inaccessible. Je n'y songe même pas !
Mais j'ai horreur qu'on me baratine et j'essaie de ne pas baratiner les autres.
Pour ça, je m'efforce d'être précis… dans la mesure qu'il m'est possible.
Des fois, ça donne des résultats.
Décryptage, c'est une idée sympa.
Oups !
Message précédent adressé à JREM (pas à Jeff)
C'était à destination de P. Laurent, vous l'aurez deviné... enfin, si tant est qu'il vienne à lire ce qui se dit sur ce forum.
@ Jeff
« Moi, ce que je vous reproche Monsieur Labate (et je ne vais pas me mettre à la place d'Alain Korkos), c'est qu'au travers de cette Une vous n'avez pas favorisé la réflexion sur le problème Israelo-Palestinien. (etc.) »

Bigre !
Excusez-moi, ne le prenez pas mal, mais je crois que vous faites une grosse confusion, Jeff.
Alain Korkos a envoyé sa lettre à Pierre LAURENT, directeur de la rédaction de L'Humanité. Lequel ne lui a pas répondu sur ce forum.
Moi, je suis un simple citoyen sans lien direct avec le journal, que je lis seulement de temps en temps.

P.S. J'ai grignoté avant de saisir ma réponse… et de lire votre deuxième message.
Pas de problème !
Merci de votre comprehension ! C'est vite fait de se faire avoir par les "répondre à" et quand on essaie de lire tous les commentaires... Et puis quand c'est parti, il n'y a que peu de temps pour corriger.

Quel tissu de conneries emballé dans la boursouflure et l'emphase du savoir !


D'un seul coup j'ai un doute : vous parlez d'Alain Korkos et Susan Sontag - que je cite abondamment - ou de moi ?
Si c'est de vous qu'il parle, la chasse aux épigones est ouverte!
Que de lignes, que de lignes Pierre Labate, ci-dessus dans votre commentaire réponse où vous me précisez que "ma présentation n'est pas conforme à la réalité des faits", quand je dis qu'Alain [Korkos] "devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus."
Heureusement que je lis tous les commentaires, sinon j'aurais raté cette réponse à mon endroit, et alors que vous n'avez pas cliqué sur l'onglet afin de me répondre, mais sur celui de Stanley Milgram, ce qui ne va pas sans créer une confusion pourtant aisément évitable.

On va faire simple et surtout mathématique:
Nombre de réponses/interventions/commentaire de notre chroniqueur dans ce forum: 1...
... un réponse à Stanley pour signaler une faute corrigée.
Donc déduction répétée de ma part:
Je crois qu'Alain, devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus.
Précision à toutes fins utiles (parce-que la non réponse volontaire est aussi une forme d'expression): dans ce forum-ci.
J'espère avoir été plus (encore plus) clair :-)
Salutations.
Dans “polémique”, il y a “guerre”…

@ Fan de canard
À mon grand regret, faute de disponibilité, je n'explore pas toutes les richesses du site d'@si. Pour cette raison et parce que je ne me sens ni la compétence ni la motivation, je n'interviens pas sur tous les forums d'@si, où je me suis inscrit - avec retard - lors de l'affaire Askolovitch-Siné pour mieux la comprendre. Depuis, je ne suis intervenu dans aucun autre débat.
Donc, j'oublie un peu les procédures techniques.
Par ailleurs, je vous citais sans que cela ait quelque chose de vraiment personnel, « à (votre) endroit » : je ressens les forums comme une sorte d'intellect collectif intégrant les contradictions. Je me focalise sur les arguments. C'est un peu avec ceux-ci que je dialogue, afin de ne pas me perdre dans l'émotif (cette fameuse et satanée émotion).
Je prenais simplement votre phrase, Fan de canard, comme résumant un peu le point de vue de plusieurs @sinautes semblant dire : « Mais qu'est-ce qu'ils ont comme ça à le bousculer, notre bon et compétent docteur Korkos qui nous explique que nous avons bien raison de ne pas acheter de vomitifs en kiosque. »

Vous-même avez écrit : « Je crois qu'Alain, devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus. »

« Ampleur de la tâche » pouvant être compris de plusieurs manières (dont une désobligeante), je n'en fait aucune interprétation.

Par contre, je trouve injuste les termes « la polémique ci-dessus ».

La « polémique » (la provocation, l'attaque, l'agression) est uniquement à l'initiative d'Alain Korkos, lancée dans la chronique ouvrant sur ce forum. Une lettre ouverte dans laquelle on vomit beaucoup. S'il ne s'était agit que d'une lecture pédagogique de l'image, l'aurait-on annoncée la veille à grand son de trompe ?
Par ailleurs, la « polémique » s'est doublée d'une apparence de leçon de morale surprenante.
Il me semble que, si je veux payer pour recevoir des cours d'éthique élémentaire dispensé par un maître en la matière, je m'abonne ailleurs qu'à @si.
Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres…

Donc, Alain Korkos n'est pas agressé « ci-dessus ». Plusieurs internautes répondent normalement et légitimement à la polémique que lui-même a lancé. Et il s'agit bien d'argumenter avec lui (et les @sinautes) : personne, à ma connaissance, n'a tenu de propos insultant à son égard.

Et je répète que je suis heureux de la qualité et du ton de la plupart des arguments échangés, du respect mutuel dans le dialogue (les rares dérapages eux-mêmes n'ayant pas tourné à la franche empoignade).
Ayant un peu remonté dans les posts, je viens de remarquer que j'ai formulé autrement certains arguments énoncés par d'autres. Je ne les ai pas plagié. Mais ils ont certainement nourri ma réflexion. Des avis opposés aussi ont été enrichissants, quand ils allaient au-delà d'une simple manifestation de sympathie pour Alain Korkos.
Je n'arriverais pas à citer tous leur pseudos, mais je les remercie tous.

Dans la chronique d'Alain Korkos, je persiste à voir la manifestation d'un parti pris.
Ce qui - en soit - n'est pas du tout un problème : on sent bien, dans ce forum, que le cœur de certains penche d'un côté plutôt que l'autre, et cela n'a pas empêché le dialogue (ce fameux dialogue humaniste).
Par contre, je trouve gênant que ce parti pris veuille s'imposer à nous sans se présenter pour ce qu'il est, et ceci par un argument d'autorité savante.
Pierre,
Dans polémique il n'y a pas guerre, mais dispute selon sa définition, mais aussi qui incite à la discussion par son ton agressif. Il est aussi synonyme de querelle, et de débat par écrit.
Et c'est bien ce dont il s'agit, Pierre Labate.
Pas de guerre. Personne sur ce forum, comme vous l'a signalé justement Jeff ci-dessus (à qui vous avez répondu en postant sous JREM), n'a une seconde pensé à s'envoyer des bombes au phosphore à la gueule.
Bref, le terme de guerre dans la polémique sans guillemets incitée par la chronique d'Alain Korkos est inapproprié, quand bien même il servirait votre propos.
Que vous le trouviez injuste ou non, le terme de polémique est donc convenable.

Quand je disais devant l'ampleur de la tâche, je voulais parler des différents points de vue exprimés, mais aussi des jugements proférés à l'endroit d'Alain Korkos, notamment en le taxant de judéomane, ce qui me parait absurde à la lecture du billet d'Alain. Cette accusation directement exprimée notamment par Fantômas avant modération, transpire aussi dans d'autres commentaires de manière détournée et à plusieurs reprises. Et les amalgames qui en résultent, improbables à démêler, donneraient bien du fil à retordre au chroniqueur si d'aventure il tentait de le faire.
Bref, le sens global de mon propos un peu plus haut, exclut une interprétation désobligeante (envers qui, d'ailleurs ?).

Du reste, je ne pense pas non plus que cette phrase résume ainsi ce point de vue d'autres @sinautes, auxquels je laisse le soin de décider s'ils se reconnaissent dans cette phrase.
Laquelle, je le rappelle encore une fois, n'appelle pas à être interprétée ailleurs qu'au sens littéral.
Quand je dis qu'il n'a pas mis son grain de sel dans la polémique ci-dessus, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Il n'a pas répondu, ni pondu d'addendum, de précision, de rectificatif à sa chronique: ça voulait dire silence radio. C'est un fait, une constatation, en témoigne l'absence de réponses formulées par Alain dans le forum.
Surtout que, dans un post un peu plus haut encore, je livrais mon point de vue ici, pour rafraichissement , et j'y affirme l'exact contraire de votre résumé concernant "le bon et compétent docteur Korkos" (sic).

Cherchez pas midi à quatorze heures, monsieur Labate :-)
Je souligne enfin qu'en accord avec vous, je salue la qualité et du ton des arguments échangés, du respect mutuel dans le dialogue, tout en déplorant les dérapages comme vous dites.

Salutations (bis)
Je suis bien d’accord sur les raisons de la non intervention d’Alain K. sur le forum cette semaine.
D’autant que, même si il s’attendait à des discussions enflammées, il n’imaginait certainement pas atteindre un tel nombre de commentaires.
De plus, de nombreux posts oublient que le reproche fait à P. Laurent est, non pas la publication de cette photo dans le journal, mais le choix de celle-ci pour la Une, plutôt qu’une des huit autres figurant en dernière page.
Pour ma part, et malgré (ou à cause de) l’avalanche de commentaires en quatre jours, je n’arrive toujours pas à me faire une opinion tranchée.
alain 07:19 le 14/01/2009
« …de nombreux posts oublient que le reproche fait à P. Laurent est, non pas la publication de cette photo dans le journal, mais le choix de celle-ci pour la Une, plutôt qu’une des huit autres figurant en dernière page. »

Rappel parfaitement exact !
Creusons ensemble la question (désolé pour l'ironie amère du verbe).
Interrogeons-nous…
Une fois que l'on a évacué l'argument forcé et absurde d'un transfert d'émotion depuis la photo d'Omayra (concernant les plus de 29 ans !), POURQUOI la photo de guerre de la "une" est-elle pire que les « huit autres figurant en dernière page » ?
L'âge de la morte, victime trop visiblement innocente ?
Le gros plan, qui donne un plus grand sentiment de réalité ?

Oui, cette photographie a été délibérément choisie pour créer un choc (pour choquer), c'est évident. Oui, c'est ici le choc de la photo.
Il est aussi évident qu'il s'agit une interpellation.
C'est un cri de révolte autant qu'un regard politique.
C'est un appel à la mobilisation de l'opinion publique pour que cesse au plus tôt cette agression militaire disproportionnée.
On peut appeler cela propagande, mais cela reste une forme d'information, rendant compte d'un fragment de réalité. Qui prétendra le contraire ?

C'est donc déjà une saloperie de dire qu'il s'agit de vendre de la souffrance pour faire du fric (comme Paris-Match).

Certains, de tous bords, préfèrent détourner le regard…
Moi-même, je n'étais pas en quête de ce genre d'image. Elle est arrivée et il est vrai que, d'abord, je l'ai regardée de biais.
Cependant, au-delà de chaque sensibilité humaine, respectable en soi, ils y en a certains qui nous suggèrent fortement : « Moi, être humain ayant du cœur, je ne peux pas regarder cette image. Vous ne devriez pas le faire. »
Et ça, ça interroge…
« POURQUOI la photo de guerre de la "une" est-elle pire que les « huit autres figurant en dernière page ? », ai-je écrit.

J'ajoute :
- Parce que certains ont cru immédiatement, au premier regard, qu'il s'agissait d'une tête coupée retombée sur les gravats ?
Ne voulant plus vérifier, ils sont restés sur cette impression. Et il est vrai que l'idée d'un corps fragmenté - même sans vie - nous bouleverse davantage. De même, le fait de mourir par décapitation est plus "visible" par notre imaginaire, que d'avoir les poumons explosés par un blast ou d'étouffer sous les décombres. La décapitation, c'est cinéphiliquement gore.
- Parce que le visage de cette petite fille - même les yeux fermés - est tourné vers nous et nous interpelle ?
La morte (la Mort) s'adresse à nous. Nous ne sommes plus spectateurs, nous sommes dans le cadre : nous sommes sur place, impuissants devant la mort déjà survenue. Impression que nous ne ressentons pas dans les photos de foule et de bousculade, proches de la série fictionnelle Urgence et de tous les films à grand spectacle : d'autres s'agitent, ils font ce qu'il faut faire - nous voilà rassurés !

Je prétends que, si cette image est effectivement pénible à regarder, elle n'est pas gore (“complaisante”).

Quelques @sinautes ont écrit qu'il fallait respecter cet enfant et sa famille en ne la montrant pas.

Pourtant…
Pourtant cette image - une des dernière que l'on aura d'elle - n'est-elle pas un hommage qui lui est rendu ?

Serge Klarsfeld et l'association des fils et filles des déportés juifs de France se sont efforcés de rassembler les portraits de tous les enfants juifs de France assassinés dans le cadre du génocide nazi avec la complicité de l'État français, et de les montrer dans un maximum d'endroits afin qu'on ne les oublie pas. C'est une idée juste, même si elle "joue" en grande partie sur l'émotionnel, le “compassionnel”.

Victimes tout aussi innocentes, les enfants palestiniens ne mériteraient-ils pas un hommage identique ?

Sachant que l'on aura du mal a trouver une gentille photo familiale ("humaniste") sous les décombres, la photographie de la morte n'est-elle pas son dernier portrait ?

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne compare pas les deux situations meurtrières. Je ne pense pas que l'agression militaire actuelle vise à tuer tous les Palestiniens, autant les femmes et les enfants que les combattants armés. Je ne parle pas d'extermination. Je songe plutôt à un projet de soumission définitive, renvoyant à une logique coloniale et avec un cynisme total concernant la question des "dégâts collatéraux". Autre débat, traité ailleurs, et auquel je ne m'accroche pas.

Mais, dans la chronique d'A.K. et dans ce forum, il est quand même question de l'image d'une enfant morte par décision d'hommes (et femmes) de pouvoir.
Il me semble que l'hommage aux enfants morts, victimes innocentes, est légitime pour tous.
Et je redis que cette photo peut être considérée également comme un hommage rendu à Kaukab Al Dayah, quatre ans, tuée le 6 janvier 2009, dans les faubourgs de Gaza ville.
Selon ce que je viens d'écrire, il serait légitime de donner à voir un portrait de tous les enfants palestiniens tués, tels qu'ils étaient de leur vivant, en précisant leur identité ; comme de tous les enfants Israéliens tués lors d'attentats ou par des roquettes kassam. Je ne suis pas en mesure de le faire…

Tiens, pendant que j'y suis, concernant l'accroche de la “une” de L'Humanité en question : l'adjectif “martyre”, cela ne fait pas trop "matérialiste dialectique”, ni même laïque tout court.
C'est un mot que je n'emploie pas, même si on l'a probablement déjà utilisé pour Guernica ou Oradour (autre référentiel probable).

Enfin, cette photo nous dit aussi que dans toutes les guerres - mais c'est encore plus vrai des guerres contemporaines - la vie d'un militaire vaut plus que celle d'un civil (halte aux doggy-bag ! pas de ça chez nous !).
Car, de quoi est-il question ? Il s'agit d'éliminer un adversaire qui se trouve probablement à tel endroit.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2484
Va-t-on envoyer un commando pour chercher cet homme ? Au risque qu'un soldat soit tué ? Vous savez, un soldat : un type avec des rangers, un casque, un gilet pare-balle, une arme automatique envoyant je ne sais combien de projectiles meurtriers à la minute, professionnellement entrainé pour tuer et ne pas être tué, faisant équipe avec une bande de copains qui le “couvre” quand il s'expose ?
Qu'un soldat puisse mourir au combat, quelle cruelle idée ! Vous êtes sadique ou quoi ?
Non. Il n'y a pas de “risque du métier” qui tienne… Donner la mort, pas de problème. La recevoir, ah ben non !
Alors, sur le refuge présumé de l'adversaire, on envoie un bon gros projectile qui va tout exploser, du sol au plafond, dans un rayon bien large afin de traquer l'ennemi jusque dans le fond des chiottes du troisième sous-sol.
Les non-combattants autour ? Franchement, on s'en fout. Un point, c'est tout.
Le soldat, de l'autre côté, avec tout son barda ?… Même pas mal !

C'est ça aussi - et peut-être surtout - que dit cette photo.
[quote=Serge Klarsfeld et l'association des fils et filles des déportés juifs de France se sont efforcés de rassembler les portraits de tous les enfants juifs de France assassinés dans le cadre du génocide nazi avec la complicité de l'État français]

Mais les portraits de ces enfants sont des portraits d'enfants vivants ; ils ne sont pas mis en situation macabre !
voir ici !

Je viens d'ouvrir le forum pour la première fois depuis le 170ème commentaire posté, je viens simplement de voir les derniers et je ne lirai pas les 250 autres.
@ Pamela, avec respect
(concernant les expos de Serge Klarsfeld et des FFDJF)
« Mais les portraits de ces enfants sont des portraits d'enfants vivants ; ils ne sont pas mis en situation macabre ! »
La vie interrompue dans la fleur de l'âge… Exact. L'appréhension du massacre vue du côté des vivants qui ont disparu. Reconnaissez quand même qu'au final il s'agit bien de récits de mort, et des plus terribles.
Le contexte, toujours le contexte !

Vous répondez sur un ton qui est celui de beaucoup de personnes et qui me paraît être une forme d'évitement.

Qui - quel engin de mort - a mis le visage de Kaukab Al Dayah « en situation macabre » ?
C'est DANS le sujet ; incontournablement.

Si vous me relisez, vous constaterez que je ne prône pas l'exposition de photos macabres.
Je n'afficherai pas cette image en poster chez moi : j'en suis psychologiquement et politiquement incapable…

Je dis simplement que la publication de cette photographie peut être également - malgré tout - considérée comme un hommage au sort funeste de cette petite fille, qui ne l'a pas mérité.
J'arrive à la considérer ainsi, mais je n'oblige personne…

Plutôt qu'Alain Korkos qui nous dis : « Je vous exhibe cette photographie et ne pensez plus », « Voyez-là pour ne pas la voir » - étrange manière d'exercer son métier de “décrypteur” de l'image -, j'essaie d'en envisager toutes les "lectures" possibles, compte tenu du contexte.
@ Pierre LABATE :

J'aimerais exprimer quelques idees personnelles par rapport a deux des votres parmis celles nombreuses et fort interessantes que vous avez developpees

Je dis simplement que la publication de cette photographie peut être également - malgré tout - considérée comme un hommage au sort funeste de cette petite fille, qui ne l'a pas mérité.
J'arrive à la considérer ainsi, mais je n'oblige personne…

Je suis d'accord avec vous : Mais fallait-il pour cela la mettre en une de l'edition ? Le fait que cette photo soit en couverture et donc visible directement parmis toutes les autres couvertures en kiosque, n'est il pas du a une volonte de choquer et esperer faire plus de ventes ? si la motivation reelle, etait vraiment un hommage a cette petite fille, la photo n'aurait-elle pas eu plus d'impact si elle avait ete place en interieur du journal avec un article plus intimiste plutot que livree telle quelle a tous ?

Tiens, pendant que j'y suis, concernant l'accroche de la “une” de L'Humanité en question : l'adjectif “martyre”, cela ne fait pas trop "matérialiste dialectique”, ni même laïque tout court.
C'est un mot que je n'emploie pas, même si on l'a probablement déjà utilisé pour Guernica ou Oradour (autre référentiel probable).


A mon humble avis, je pense qu'il est dangereux de refuser de voir certains aspects d'un conflit qui sont en contradiction avec nos propres idees : Que vous soyez laique soit, mais vous ne pouvez refuser le fait que la religion est une des clefs essentielles de ce conflit. Le refuser et se voiler la face revient a mon avis a s'interdire toute possibilite d'arret durable des hostilites.
Je ne sais pas si le tour du problème a été fait.
Mais nous fatiguons tous un peu et puis ce forum devient inaccessible à cause de sa longueur.
Pour vous répondre néanmoins, L-P R :
Concernant le fait que cette photographie puisse se trouver à la “une” d'un quotidien - et pas n'importe lequel - plutôt qu'à l'intérieur, j'y ai déjà répondu plus haut, pas très loin (08:31 le 14/01/2009).

« …vous ne pouvez refuser le fait que la religion est une des clefs essentielles de ce conflit. Le refuser et se voiler la face revient a mon avis a s'interdire toute possibilite d'arret durable des hostilites. »
Je ne souhaitais pas entrer dans l'aspect religieux du conflit qui est sans lien avec le(s) problème(s) posé(s) par la photo en question.
Je critiquais un peu le vocabulaire d'origine religieuse utilisé par L'Humanité, journal issu d'une philosophie exclusivement matérialiste. (Martyr, yre, n. et adj., latin chrétien martyr, du grec martur « témoin (de Dieu) »).
Au contraire d'un bon nombre d'intervenants dans d'autres forums, je n'ai aucune prétention à régler le conflit israélo-palestinien en convaincant tout le monde par la limpidité de mes analyses. De justes analyses selon moi, il y en a eu beaucoup. Mais, de toutes façons, beaucoup de gens ne les lisent plus et préfèrent jouer au ping-pong argumentatif avec de vieilles balles qui ont trop servi.
Ce forum est encore un espace de dialogue.
Je ne me voile pas la face devant l'aspect religieux des antagonismes.
Mais j'ai du mal à penser que les religions fassent partie de la solution. Je pense plutôt qu'elles font partie du problème.
C'est très simple :
La Parole de Dieu transcrite dans les trois (?) Livres Saints n'est absolument pas négociable. Et plus le croyant est sincère, plus c'est difficile.
Les guerres de religion, nous les avons bien pratiquées, comme guerres civiles avec interventions étrangères. Leur mémoire historique douloureuse en fait peut-être un des fondements de la laïcité.

Plus loin, L-P R, vous écrivez :
« Un des reproches majeurs adresses a AK serait qu'il veuille censurer cette image !? »
Il n'était pas en capacité ni en droit de la censurer effectivement, notamment parce que la publication avait déjà eu lieu, sans qu'on lui ait demandé son avis.
Après parution, comment pouvait-il encore agir à la place qui est la sienne ?…
Par son injonction morale à vomir (spasme violent et douloureux, sans parler de l'acidité), il nous a demandé de faire comme si nous ne l'avions pas vue, de la rayer de notre mémoire et, éventuellement, de l'histoire de la photographie de presse et de l'Histoire tout court.

“ (…) cette critique n'est pas une croisade contre l'Huma. »
Je pense qu'il faudrait vérifier auprès de Pierre Laurent lui-même ce qu'il pense de la lettre ouverte d'Alain Korkos. Premier concerné, je ne suis pas certain qu'il a ressenti les choses comme vous…
Pierre Labarte,
je vous remercie beaucoup d'avoir pris le temps de repondre.

Reponse qui bien sur, genere en moi quelques reactions, encore plus de questions et ouvre de nouvelles portes de pensees.

Mais comme vous le dites, ce forum commence a devenir un peu difficile a suivre, et je suis sur qu'il y aura ( malheureusement ) d'autres chroniques sur ce sujet et dans lequel nous aurons certainement l'occasion de continuer ces discussions
« Disqualifié ».
Voilà, j'ai trouvé le terme approprié !
Puisque le match de la parution avait déjà été joué, une portion dérangeante de réalité étant passée, Alain Korkos n'avait plus qu'à s'ériger en juge-arbitre pour disqualifier celle-ci sous l'accusation d'atteinte à la pudeur et à l'ordre moral.

Nombre d'@sinautes ont déclaré n'avoir tout simplement pas compris la chronique d’A. K.

Après nous avoir embrouillé en sortant son joker de la ressemblance formelle avec la photo d'Omayra, il n'a plus rien décrypté du tout. Il ne s'est absolument pas arrêté sur cette image, lui qui en a pourtant vu d'autres, paraît-il.

L'@sinaute n'avait plus comme repère qu'une repoussante flaque de vomi, sans aucune réflexion.

Le décryptage, il a fallu se le faire nous-même, à contre courant…
Il se trouve qu'au moment meme ou je lisait votre volonte d'avoir une reponse du redactuer en chef de l'Huma, une reponse de Patrick Apel-Muller a cette chronique a ete faite, et un nouveau forum vient de s'ouvrir.

Il sera interessant de voir ce que vont etre les messages sur ce nouveau forum.

Par contre une reaction tout de meme a votre dernier message, Pierre Labate : je ne comprends pas du tout votre raisonnement :

Vous parlez de discalification de la part d'Alain Korkos parceque l'image a ete publiee.

L'analyse d'une information ( ou photographie dans ce cas ) ( qu'on soit d'accord ou pas avec la maniere dont cette analyse est faite ) peut-elle etre faite avant la parution de cette information/photographie ??
Je ne suis pas sportif, mais "disqualifier", il me semble que c'est annuler la validité d'un résultat sportif, d'un record.
C'est défaire ce qui a été fait. C'est ce que je voulais dire…
Presque rien…
J'ai écris : « Dans “polémique”, il y a “guerre”… ».
Il s'agissait d'une vague réminiscence étymologique et je ne voulais pas être pédant.
Je fais donc appel au Nouveau Petit Robert de la langue française 2008 :
POLÉMIQUE adj. et n. f; - 1584 ; chanson polémique « chanson guerrière » 1578 • grec polemokos « relatif à la guerre ».

Bien sûr, le sens des mots s'adoucit très souvent, mais la racine grecque n'a pas perdu tout son sens initial, puisque la POLÉMOLOGIE est l' « étude scientifique, sociologique de la guerre ».

« Ton agressif, querelle… » retenez-vous. Je dis qu'Alain Korkos a lui-même, sciemment, cherché querelle dans sa chronique.
« Qui sème le vent récolte… ce qu'il a bien cherché ! ».
Je plaide non-coupable pour les @sinautes.
Désolé, Fan de canard, mais mon bout de dialogue en réponse s'est encore calé ailleurs, un peu plus bas (09:35 le 14/01/2009)…
Zut, celui-ci ausssi.
SVP : procédure pour déplacer ou supprimer ses propres messages…
Pierre,
Je suis complètement d'accord avec les idées que vous avez avancées et je vous en remercie.
Très sincèrement, et comme je l'ai dit plus haut, cette lettre ouverte émanerait d'un parti pris et comme vous, Pierre, je pense qu'il est fondamental à la formulation d'une thèse de dire d'où l'on parle (ie affirmer clairement sa position et cela encore une fois n'est pas un inconvénient, au moins pour celles et ceux qui cherchent un échange rationnel même en présence d'émotion à la vision de photos !). Nous devons être nombreux à exiger cela : des 'intellectuels médiatiques' dits "experts" ont la parole pour analyser, nous dit-on, des faits avec un grille de lecture partisane mais non dite et non connue pas le grand public (excepté ceux qui ont lu et/ou connu le fameux expert). Ce phénomène ne fait, au fil du temps, que que faire de cette exigence une condition nécessaire (pas forcément suffisante) pour un débat transparent où l'honnêteté intellectuelle est présente.
Encore une fois, MERCI PIERRE pour la clarté de vos propos.
Remarque personnelle, peut être déjà signalée depuis le temps mais j'avoue ne pas avoir TOUT lu (d'ailleurs je salue Alain si il a le courage de tout lire)
Est-ce que certains ne sont pas en train de confondre "Censure" et "Pudeur"? où est la limite entre les deux?
Je pose la question.
faut rien dire rien montrer ,des fois que nos amis israeliens soient vexés. surtout qu ils ont interdit la presse.SILENCE ON TUE!! ça se passerait en Georgie que ce qu ils prendraient les Russes!!Mais là c est propre, rien a dire c est civilisé.C est le remake du guetto de Varsovie
Merci à Alain Korkos pour son "regard" juste, comme d'hab !
Il y a belle lurette que je ne lis plus l'Huma, j'ai donc échappé à cette une. Cependant, cette photo, elle m'a fait sursauter quand je l'ai vue aux informations du soir de notre belle télévision (France 2, ou 3, je ne sais même plus). Quel choc, en effet !
J'ai simultanément émis un Ohohoh, détourné la tête, fermé les yeux en me mettant la main devant la bouche et ces gestes de sauvegarde contre l'horreur m'ont aussi carrément bouché les oreilles car j'ai complètement manqué les commentaires !
Remarquez, je n'ai pas dû manquer grand chose car les "infos" à la télé... mais pour le choc de la photo, CQFD !
extrait de la chronique d'André Gunthert : Pour ceux qui sont sensibles à l'asymétrie du conflit israélo-palestinien.


"Est-il pertinent d'associer l'image d'Omayra Sanchez, victime d'une catastrophe naturelle, et celle de la petite Kaukab Al Dayah, victime civile d'actes de guerre? Selon Korkos, quelle que soit la différence de contexte, «le chaland qui passe à l'ombre du kiosque n'a pas le temps d'opérer cette distinction, aussi juste soit-elle. Il se prend dans la face la photo de Gaza qui lui rappelle immédiatement celle de Colombie.» Cette certitude est révélatrice. En réalité, entrevoir une parenté entre ces deux images n'est possible qu'à la condition de percevoir l'invasion israélienne de Gaza (et ses inévitables "dégâts collatéraux") comme une tragédie dont nul, sinon le destin, n'est responsable.

A cette aune, on peut reprocher à L'Humanité son sensationnalisme vain, qui ne fait qu'alimenter un voyeurisme sordide. En revanche, SI L'ON EST SENSIBLE A L'ASYMETRIE DU CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN ET A LA DEMESURE DES OPERATIONS DE TSAHAL,, la photographie de Fadi Adwan accède à une autre catégorie d'images, celles de la dénonciation des crimes de guerre, où elle rejoint les gueules cassées de 14-18 ou la fillette brûlée par le napalm photographiée par Nick Ut (voir ci-dessous).

Une catégorie considérée comme noble et légitime – alors même qu'elle s'appuie sur des procédés rhétoriques souvent simplistes. Si l'on y voit de si nombreuses images d'enfants ou de petites filles, c'est que ceux-ci SYMBOLISENT L'INNOCENCE MARTYRISEE. Pourtant, dans ce cas, le "choc" produit par l'image est jugé salutaire: LA GUERRE DOIT FAIRE HORREUR. C'est ce même principe qui a présidé après-guerre à la publication des photographies des camps d'extermination nazis, au nom d'une «pédagogie de l'horreur» explicitement revendiquée."
Un haut le coeur en voyant cette photo,
pourtant c'est la guerre, dans ce qu'elle a d'injuste et d'insupportable,

je suis en désaccord avec Alain Korkos,
ce genre d'image permet de prendre concience de l'absurdité de la situation.
Un des tournant de la guerre du VietNam a été une fille courant à moitié brulé au napalm,
un autre a été un officier exécutant un vietkong sans procés d'une balle dans la tête.

Je crois que les images, les reportages, les journalistes ont le pouvoir de changer l'opinion publique,
à eux de l'utiliser pour nous éclairer, nous élever dans la compréhension de notre monde.
Voila une chronique importante. Et vu le nombre de messages postes, ainsi que la perte de control de nombreux @sinautes, autrement plus poses dans leurs discours losrqu'il s'agit de problemes qui, pour la plupart d'entre eux, les touchent de maniere beaucoup plus directe.

Il y a beaucoup de choses qui me viennent a l'esprit, et, alors qu'au debut de l'attaque d'Israel sur Gaza de nombreuses voix ici se sont faites entendre, accusant @si de ne pas faire d'analyse sur ce conflit ( comme si pour cet evenement particulier @si aurait du, contrairement a ses habitude, ne prendre aucun recul et faire une anaylse a froid sans reflexion ), il y a aujourd'hui beaucoup de forums sur lesquels on peu reagir par rapport a la maniere dont les medias traitent de cette attaque.

Je vais essayer de ne pas me repeter et ne pas redire ce que j'ai deja eu l'occasion d'exprimer sur d'autres forums, et vais m'en tenir a la chronique d'Alain Korkos.

Je trouve cette chronique tout a fait juste et justifiee. Et comme tres souvent nous avons tendance a reagir tres fortement contre une verite qui nous est presentee, lorsque cette verite nous mets en face de nos propres responsabilites, ce qui est bien le cas ici.

Qui, honnetement peut refuter le fait qu'il y a toujours une escalade au niveau de l'image pour montrer quelquechose de toujours plus choquant ? La plupart de ceux qui refutent ce fait sur ce forum particulier furent aussi souvent les premiers a denoncer cette escalade lors d'emissions de tele-realite ou certains documentaires par exemple.

Et si l'on reste tout aussi honnete, il y a toujours chez le photo-reporter un sentiment ( aussi minime soit il ), de "gagner" le pulitzer ou l'un des autres (trop ?) nombreux prix de journalisme.

Ce qui m'etonne grandement c'est que tous ceux qui emettent les critiques les plus virulentes choisissent expressement l'un des deux camps, et essayent de demontrer la manipulation faite ou supposee par le camp adverse sans meme essayer de voir que la manipulation mediatique faite par ceux qui controlent l'image du conflit pour le camp auquel ils se disent appartenir, est tout aussi presente et reelle. Mais nous avons tous ete tellement conditionnes a prendre parti dans ce conflit que meme avec tous les exemples d'analyses d'informations que nous avons l'occasion de voir et pratiquer ( sur @asi notament ), nous oublions tout ce que nous avons pu apprendre, et evitons un regard reellement critique : Et c'est bien la le danger, car en agissant de la sorte, nous donnons raison a ceux qui creent des massacres en pretendant vouloir se defendre tout comme l'on donne raison a ceux qui acceptent que leur propre peuple soit pris en otage en les envoyant se faire sacrifier dans des attentats ou en laissant l'armee israelienne les massacrer

Et ce genre de raisonnement est en fait un raison dangereux car base entierement sur la haine d'un autre, cet autre etant defini par le groupe religieux culturel ou geographique auquel il se rattache.

L'anesthesie provoquee par l'horreur est une realite. Il me semble que la mort est la seule certitude que nous avons en tant qu'etres humains, tout le reste n'etant que speculations. Et forcement toutes nos actions ou reactions sont fonctions de cette peur ou esperance de la mort. Il n'y a qu'a voir, par exemple, ce qui se passe depuis maintenant quelques annees a Hollywwod avec le cinema dit "d' horreur" : les films sont de plus en plus uniquement graphiques et bases sur des tortures physiques. Et ces films font des resultats incroyables au Box Office : Ces films ne sont pas seulement le produits de realisateurs ou producteurs qui veulent pousser des limites, mais avant tout des spectateurs eux-meme qui, toujours plus habitues a ces images, finissent par ne plus rien ressentir et en demandent toujours plus.

Malheureusement, il en est de meme pour ce qui concerne la realite : nous avons cette faculte desastreuse a nous adapter, de nous habituer et donc d'avoir forcement besoin de toujours plus pour pouvoir etre capables de ressentir des emotions.

Mias il me semble qu'il y a egalement un autre fait important lie a notre reaction par rapport aux images de cadavres : C'est le cote definitif qui y est par definition attache : et meme si ces images nous revulsent forcement, il y a toujours ce sentiment que " de toute facon, c'est fait " et meme si nous nous revoltons emotionnellement et intellectuellement sur le moment, il y a un sentiment de de-responsabilisation qui nous conforte : Qu'est-ce que je peux faire de toute facon ? Alors on va gueuler un coup, signer des petitions ou participer a des manifs avant de rentrer bien au chaud chez soi avec une illusion de deculpabilisation, puisque de toute facon nous sommes en face d'un fait accompli contre lequel on ne peut plus rien faire.

Alors que par contre, de voir des gens vivants, de voir qu'un Palestinien a la meme tronche qu'un Israelien lorsqu'ils font des grimaces ( qu'ils ont la meme tete aussi lorsqu'ils ne font pas de grimaces ), de voir des jeunes filles et de jeunes hommes faire du sport et faire des plaisanteries, ca nous ne voulons pas voir : Parce que ca, ce sont des images de vie : et que de voir ces images nous poussent a devoir agir pour preserver cette vie.

Mais non laissez moi dans l'illusion qu'on ne peut rien faire pour ne surtout pas me pousser a reagir et surtout agir ! Laissez-moi croire que je dois absolument choisir un camp plutot qu'un autre, parceque comme ca ca sont "ceux de l'autre camp " qui sont les responsables, et surtout pas moi !

Laissez-moi dans mon ignorance pour que surtout je reste anesthesie que je ne ne cherche meme pas a penser que la paix est une possibilite !
Je prendrais aussi parti pour l'Humanité qui, de toute façon, se place dans une perspective de mobilisation de militant et de leurs réseaux.
Pour ma part je prendrai également parti pour l'Humanité , si il vrai que cette image est choquante , inhumaine, que la guerre ne s'arrêtera pas , elle nous ramène aussi à la réalité qui ce joue à Gaza et surement ailleurs dans d'autres parti du monde ... EL
J'ajouterais pour ma part à cette critique d'André Gunthert Insoutenable : la guerre ou son image ? que la méthode de rapprochement des images pratiquée par Alain Korkos ne rend pas toujours compte de la création artistique parce qu'elle peut réduire à des procédés des formes de langage nouvelles. A quel désastre cette méthode aboutirait-elle appliquée à la poésie, à la littérature, à la philosophie ou au cinéma ?
Sinon, en effet, que pourrait bien répondre A. Korkos à ceci : "Une image n'a que le sens qu'on lui prête, et celui-ci dépend plus des catégories mobilisées par l'observateur que de ses propres caractéristiques formelles. De même, le rapprochement d'images n'est pas un acte de dévoilement d'un sens caché, mais la manifestation d'une interprétation et une orientation de la lecture" (A. Gunther) ? (Relire Spinoza.)
ASI pourrait s'honnorer d'un droit de réponse de l'intéressé.
Merci Mr Korkos de dire l'insoutenable, de mettre des mots sur l'indécence!
je participe rarement, voir jamais aux forums... mais devant ces réactions plutôt hostiles à votre analyse, j'ai juste envie de vous dire que je la partage (votre analyse). Quand j'ai vu cette photo, j'ai fermé les yeux, pas devant la cause palestinienne, mais devant le procédé, devant l'horreur accompli contre lequel on ne peut rien, et je suis d'accord: j'étais dans la rue samedi pour manifester, mais je me dis que si j'avais vu cette photo avant, peut être qu'au fond, je n'aurai pas eu l'energie d'y aller: anéantie par cette image qui m'a mise K.O. Comme beaucoup de citoyens et notament de lecteurs d'arrêt sur images, je milite, je lutte, j'analyse - ou du moins j'essaie - et alors que nous sommes sans doute plus militants qu'une partie de nos concitoyens, cette photo a failli me renvoyer chez moi, me mettre K.O. Je suis d'accord: elle anésthésie le citoyen lamba et n'est pas sans risque: les doses d'anésthésie se doivent d'être toujours plus fortes pour fonctionner: quelle photo la prochaine fois?
Je signale la réponse d'André Gunthert à la chronique d'Alain Korkos depuis son blog. Décidément, cette chronique n'a guère convaincu grand monde si j'en juge par les réactions du forum d'@si et cette dernière que je viens de citer. Je maintiens qu'à mon sens elle pêche entre autres choses par son argumentation, faiblement étayée.
Question hier à un pote socialiste de la rue de Solférino : et les les socialos, ils disent rien ?

Réponse, attention, on s'accroche.

"Entre ceux qui soutiennent l'opération et préfèrent garder ça pour eux et ceux qui cauchemardent à l'idée que leurs protestations contre Israël leur valent les bruyantes félicitations des assos pro-palestiniennes, tu comprends notre silence."

A force de criminaliser les soutiens démocratiques à la Palestine, on arrive à faire peur aux socialos. De quoi s'inquiéter sur le pluralisme politique ici bas.
http://www.france5.fr/ripostes/video.cfm?file=http://www.france5.fr/images/emissions/009545/16/riposte_20090111.asx

de 27' à la fin (on peut passer ALBANEL, ministre sans intérêt et sans fonction !!!)

j'ai trouvé que c'était un bon débat entre Daniel SHEK, ambassadeur d'israël en france dont on peut ressentir l'exaspération vécue par israël depuis des années face aux roquettes du Hamas, et Elias SANBAR, délégué de la palestine à l'Unesco, qui entre parenthèse n'a a aucun moment prononcé les mots qu'il faudrait prononcer à un moment donné de ces guerres, de la part des palestiniens, les mots qui condamneraient l'utilisation des civils comme bouclier humain par le Hamas...
le parallèle entre les 2 écoles par l'israëlien est un moment fort, selon moi, du débat..... le genre de moment qui peut faire pencher la balance !!
Jeudi matin, au micro de Nicolas Demorand, Avi Pazner (porte parole du gouvernement israélien) a parlé de « pépins » dans l’opération militaire et a eu bien du mal a expliquer clairement ce qu’il mettait derrière cette expression. Ecouter : 2’47’’
Quelques photos, même choquantes, peuvent illustrer ce que certains officiels nomment des « pépins ».
Encore une fois, ll faut situer à nouveau le papier d'Alain le contexte médiatique français de ce début 2009 pour comprendre pourquoi il est vain.

Ce matin, France Info relate le jet de cocktail Molotov sur une synagogue à Saint-Denis (93)

Selon le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, nous explique le journaliste Grégoire Lecalot, on aurait vu 3 personnes roder autour du lieu.

Ici France Info ne se fie pas à une source officielle, comme la police ou le ministère de l'intérieur, mais à l'affirmation d'une association privée.

Selon le CRIF, explique aussi France Info, le maire de Saint-Denis aurait une part de responsabilité pour cet acte car il a organisé une semaine avant une manifestation de soutien à Gaza.

Les organisions juives avaient demandé au préfet d'interdire la manifestation, ajoute-t-il.

Le journaliste ajoute que la manifestation s'est déroulée dans le calme.

Il cite également les déclarations de l'UEJF et de l'Intérieur.

Puis, il ajoute qu'il est difficile de ne pas voir une relation entre la manifestation et le cocktail Molotov, même si rien ne le prouve.


Difficile de dire si ce journaliste s'est fait piéger par les associations juives ou s'il s'agit là de son intime conviction, le mal est fait : par la voix de son journaliste, France Info fait endosser au maire de saint-Denis l'inspiration d'un acte criminel,

Jamais le journaliste n'a expliqué que demander au préfet d'interdire une manifestation intitulée "Solidarité avec la population palestinienne", absente de toute connotation guerrière, est une façon d'introduire un rapport de force, une provocation.

Ce genre d'information biaisée est quotidienne. Difficile pour les citoyens qui soutiennent la Palestine de ne pas se sentir lésés par leur médias.


Rares sont les médias a oser marquer une différence. C'est pourquoi la lettre ouverte d'Alain à l'Huma est aussi attaquée dans ce forum d'@si.


NB. Un article du Monde relate l'affaire



Ajout : la retranscription du papier de Grégoire Lecalot. Ne figure pas le passage où le journaliste met en cause le maire de Saint-Denis.
on retrouve la même photo ici avec les mêmes couleurs "basses"
Cher Alain Korkos
Désolé si mon post s'ajoute à une longue liste d'opinions similaires, mais il me semblait important de 'exprimer mon désaccord.
En effet, je trouve au contraire que des photos comme celle-là on n'en montre pas assez souvent, on a au contraire l'impression que les médias laissent dans l'ensemble croire en des guerres propres. On a beau savoir que c'est faux, une image choquante de temps en temps est une piqûre de rappel plus efficace qu'un long discours.
J'ai moi aussi tendance à penser que les discours rationnels et réfléchis sont plus constructifs que les réactions épidermiques face aux émotions fortes que provoquent inévitablement des images d'une telle violence, pourtant à la vue de cette photo, je me suis tout de même dit que je n'avais pas l'habitude de voir une chose pareille. Ce genre de photo doit être commun en salle de rédaction, les photographes et les rédac-chefs évitent dans l'ensemble de les publier de peur de choquer leur public. Il est quelque peu infantilisant de savoir que les journalistes filtrent ce qu'ils nous considèrent trop immature pour assimiler sereinement. C'est peut-être ce que font ceux qui ont lu Susan Sontag, d'autres se disent probablement qu'une image aussi gore ferait plutôt augmenter les résiliations d'abonnement qu'aider les ventes.
Toujours est-il qu'une autre question me titille. Il me semble qu'en ce moment ne pas montrer les violences c'est faire le jeu des israeliens et que les montrer c'est faire le jeu des palestiniens. Comment les journalistes concilient-ils cela avec leur souci de ne pas se faire manipuler?

Cordialement.

Continuez le bon boulot à ASI

Francis Poulet
ce qui me dérange dans ce débat c'est que nous parlons d'images réelles, non truquées, dont personnes ne peut douter qu'elles sont une part de la réalité du terrain. Alors première page ou pas, elle illustre tout simplement que les guerres sont de plus en plus sales (par opposition au concept de guerre propre qu'on essaie de nous faire gober) et que ceux qui souffrent le plus sont toujours les plus faibles, les plus pauvres.
Ne serait-ce pour cela, je pense que cette photo a sa place en première page.
Je voulais réagir à divers messages mais comme il devient de plus en plus difficile de s'y retrouver dans ce forum, je regroupe tout ici.

Déjà, je voulais revenir sur un sujet que j'avais développé dans mon premier post, de même que d'autres intervenants. La question était: l'Huma procède-t-il à un racolage à la Paris-Match, sans contextualisation, sans débat, sans propositions?

J'ai discuté avec des gens qui étaient à la manif' pour la paix hier à Paris. La Une de l'Huma, pas celle-ci, mais celle-là y circulait, imprimée en grand, et était brandie bien au-delà de la délégation du PCF. Sauf à accuser le MRAP, Amnesty International, la Ligue des droits de l'hommes, et j'en passe, d'être tous des racoleurs ou des staliniens (voire les deux, suivant les versions, car certains commentateurs ne reculent devant rien), cela tend plutôt à montrer que les Unes de l'Huma (sans parler de l'intérieur du journal), participent de la mobilisation pour la paix. Si l'on se réfère à cette Une et à d'autres, on constate que:
1) Ils savent également utiliser des gros titres et pas seulement des photos, si, si.

En particulier, une phrase telle que:
"La force ne réside pas dans la violence, mais dans la lucidité et la sagesse."
accompagnant l'une de ces Unes, me semble ne rien devoir envier aux donneurs de leçon "humanistes" que l'on croise parfois ici.

2) Ils ne se contentent pas de choquer, ils proposent des actions concrètes (manifs et sanctions contre Israël)
3) Ils vont plus loin dans l'analyse, il semblerait même qu'ils arrivent à faire un dossier, et même à interviewer des gens (c'est ce que suggère la Une en tout cas, je n'ai pas poussé l'enquête jusqu'à lire le journal).

Pour ma part, je m'estime convaincue que la remise en contexte est bien effectuée, et que l'argument "ils balancent des photos sans explications", et autres "ce n'est pas clair, sont-ils pour la paix ou attisent-ils la violence?" ne tiennent pas, qu'enfin l'accusation de racolage est erronée.

Tout ceci sans exprimer une quelconque opinion sur la ligne politique et éditoriale de ce journal.

A ce sujet, je tiens tout de même à féliciter les quelques intervenants qui postent ici pour qualifier ce journal de stalinien. Outre que cela n'apporte rien au présent débat, je pense que l'on peut leur octroyer un point Godwin, pour une variante très proche que j'énoncerais ainsi: "Tout sujet de discussion dans lequel apparaissent les mots "communisme", "PCF" ou "l'Humanité" voit très rapidement apparaître le mot "Staline" ou "stalinisme" prononcé par l'un des interlocuteurs, de préférence pour en accuser ses contradicteurs. Cette loi s'applique souvent, quoiqu'avec une probabilité légèrement moindre, à toute discussion relative à ce qui se trouve à gauche du PS, toutes tendances confondues. L'accusation de stalinisme peut venir quelle que soit la sensibilité politique de celui qui l'énonce. Elle le dispense en revanche de toute autre argumentation."

Mais ceci n'est qu'une parenthèse, puisque le débat n'est bien sûr pas de qualifier ce journal, mais un sujet beaucoup plus large et intéressant. Mes précisions sur les différentes Unes n'ont donc pour objet que d'apporter des précisions supplémentaires, qui me semblent utiles au débat. Mais tout le reste de la discussion serait inchangé s'il s'agissait de photos publiées sur Rue89, dans Libé ou dans Paris Match (ce dernier aurait toutefois moins de chances de réchapper à l'accusation de raccolage).
oui l'adéquation des deux images est fascinante
oui cette adéquation force l'émotion et l'empathie
oui ak (alain korkos, pas alexis kleiner) est brillant quand il démontre cette adéquation

j'ai le sentiment que ak (alain korkos, pas alexis kleiner) fait un procès d'intention à l'huma : genre vous produisez du gore pour vendre du papier et une idée anti sioniste

on fait dans ces colonnes à ak (alain korkos, pas alexis kleiner) le procès d'intention de soulever une polémique juste pour le plaisir de se faire mousser, poussant le paradoxe pour un commentateur d'images jusqu'à refuser l'image

et ak (alexis kleiner, pas alain korkos) ferait volontiers à @si le double procès d'intention de vouloir vendre des lignes de forum en vue d'abonnement d'une part, et de sous-tendre une minimisation de l'action d'Israël d'autre part
Et oui M Koros , derrière la froideur de votre anayse d'image , il y'a une réalité que vivent les Gazaoui qui voient masacrer des familles entières et non des combattant. En somme vous nous demandez de ne pas nous émouvoir du sort des palesiniens ce n'est que quelques photos mais quelle ignominies. Il est révolu le temps ou la constitution d'Israël était présentée comme 'un peuple sans terre sur une terre sans peuple". Tel-Avive et beaucouo de ville israelienne ont émergé sous les décombres de village palestiniens saccages par les trroristes D'Irgoun et autres groupessionistes. La constitution d'Israel est le fait d'un colonialisme( avec toutes ses horreurs) ce qu'ont passé sous silence pendant longtemps les medias.

Ces photos auraient du vous inspiré un autre commentaires , si le cynisme ne s'est pas emparé de vous : comment un peuple qui a subit d'horrible atrocité les reproduits aujourd'hui sur un autre peuple completement étranger à ces atrocités.

Mais rassurez-vous nous n'avons pas besoin de cette photo pour nous ouvrir les yeux sur le sort des palestiniens. Une abondante analyse de ce conflit existe pour celui qui souhaite faire l'effort de s'informer (oui la recherche de la vérité-qui doit être personnel et non médiatisé ou immédiate- demande un effort).
Je partage le point de vue de Luz publié sur ce forum.Je crois que ce qui a choqué Alain Korkos , c'est le côté stalinien de cette publication; or ,dans cette affaire ,personne n'a entièrement raison ni entièrement tort.L'opération israélienne est en effet brutale , et le nombre de victimes civiles est très élevé ,mais qui voudrait vraiment vivre dans un Etat dirigé par le hamas ?
Il faut ressituer le papier d'Alain dans le contexte médiatique français de ce début 2009.

Au fil des jours du conflits, télé radio et journaux semblent paralysés à l'idée de critiquer Israël.

Une pudeur qui fait dire aux médias qu'il n'y a pas "800 morts" mais "800 morts, selon l'ONU", c'est un exemple.

Tous les éditoriaux et les tribunes (à part dans le Monde) expliquent que le Hamas n'est pas un interlocuteur.

Aucun journaliste exprime un avis contraire dans les émissions de débat. Pourquoi ? Il n'y en a plus, ou si peu.

Depuis 2001, une petite bande de bonnes âmes, Askolovitch, Val, Fourest, Mace-Scaron, Adler, BHL, a instruit des procès en antisémitisme à nombre de personnalités critique d'Israël. Résultat, on trouille d'exprimer une voix discordante de peur de voir sa carrière gâchée.

Ajouter à cela Dieudonné, qui paralyse de trouille les humoristes de couleurs, très présents dans les médias. Ils se savent guettés, attendus...

En de début 2009, les médias français couvrent le conflit d'une manière partiale, à mille lieux de leurs confrères états-uniens, par exemple, qui n'ont pas hésité à mettre des photos terribles.

In fine, en France, la critique d'Israël est souterraine des médias, elle s'exprime sur Internet dans toute sa diversité, mais que sur le Net.

C'est dans ce contexte qu'Alain Korkos exprime sur le Net l'opinion dominante des médias. D'où... Colère.
Vous aimez les photos et l'iconographie cher Mr Korkos?Je vais vous parler dans votre langue.

Emmet Till est un jeune noir américain de 14 ans qui a été massacré en 1955 dans l'état du Mississipi par des blancs parce qu'il avait commis le péché suprême: siffler une "blanche".
Je mets le lien wiki pour ceux qui ne connaissaient pas cette malheureuse histoire.

Les similitudes entre votre chronique sur la une de l'humanité et la tristement célèbre affaire Emmet Till

Quand le corps sans vie et défiguré d'Emmet Till a été découvert, la maman, Madame Mamie Till a souhaité afficher le visage de son enfant pour montrer de la monstruosité du crime raciste qui a été commis. Son témoignage ici
A l'époque, "les blancs" qui étaient accusés et qui se sont avérés plus tard être les auteurs du crime, ont largement été soutenu par la population blanche, et regardez ce qui était dit à l'époque : vidéo minute [12:27]
Pour ceux qui ont un faible débit, on voit un homme "blanc" dire en parlant de Mamie Till: "je ne comprends pas comment une mère civilisée peut exhiber en public le cadavre de son fils".

CQFD

La photo d'Emmet Till publiée par Jet magazine

Ce commentaire est aussi adressé à ceux qui se sont posés la question : "et si des proches reconnaissaient la petite fille?" et j'ajouterai, si ses proches sont encore en vie...

Emmet reste un symbole de la sauvagerie raciste.
Son nom vous dit peut être quelque chose, c'est le titre d'une chanson de Bob Dylan, les paroles de la chanson pour les anglophones
Je viens de me rappeler que Korkos avait confondu le drapeau de la paix avec le drapeau gai. Et qu'il n'a pas voulu en démordre !
Est-ce qu'il regarde toujours tout la tête à l'envers ? Cela devient très gênant pour des arrêts sur images.
Plusieurs commentaires à faire, sur les commentaires beaucoup plus que sur la chronique d'AK avec laquelle je suis plutôt d'accord.

1) Les accusations contre AK au sujet de son soi-disant parti-pris dans cette guerre sont complètement ridicules (et je ne vous parle pas des accusations d'arrivisme ; y en a parfois...). Il aurait dit, à mon humble avis, exactement la même chose dans le cas inverse, ou dans un tout autre contexte.
Je ne comprends pas pourquoi tout le monde cherche à prendre parti de façon plutôt agressive en faveur des uns ou des autres (cf un vite-dit-et-gratuit dans lequel il est dit que LCI et je ne sais plus qui doivent fermer leurs forums à ce sujet, c'est dingue que les gens se lâchent à ce point-là !). Mais je comprends un peu en lisant cela pourquoi cette guerre dure depuis si longtemps : trop de passions.
Moi j'ai une solution : abolissons les frontières, et faisons du monde un seul grand et beau pays international....
2) Comparaison impossible entre la pochette de disque de Virgin Killer et la Une de l'Huma : d'un côté, une pochette de disque, donc liberté totale, aucun impératif, si ce n'est celui de vendre ; de l'autre, une journal censé informer. Le journal doit informer, pas la pochette de disque. Je n'ai pas compris les amalgames qui ont été faits dans la comparaison de ces deux chroniques.
3) Cette photo n'illustre pas vraiment la guerre ; comme je le disais dans la précédente chronique, elle ne dit que l'horreur. C'est déjà pas mal, me direz-vous, mais dans un monde où l'image est prédominante, je ne pense pas que ce type d'horreur ait un très grand impact. Tout ce qu'elle nous apprend, c'est que la guerre, c'est horrible et que la guerre, ça fait des morts. Je pense aussi que ce type d'images peut anesthésier le cerveau : tout à notre compassion et à notre dénonciation de l'horreur, il nous devient difficile d'essayer de comprendre cette guerre, et de tenter d'y trouver une issue.
4) Mais je me pose désormais une question : à quoi sert une Une ? S'il s'avérait qu'une Une serve à faire vendre, cette image se comprend. Je peux imaginer (pour l'avoir vu mercredi matin au kiosque à journaux) que cette une fait vendre, et j'ose croire qu'une fois acheté, le journal sera lu. Je vois donc un intérêt à cette image ; pas dans ce qu'elle dit de la guerre (pour moi, elle ne dit rien), mais dans son pouvoir de fascination et d'attraction.
C'est donc une technique de vente : j'appâte le client en jouant avec ses émotions, ses pulsions, sa compassion, et j'essaie ensuite de l'informer et de le sensibiliser de façon plus intellectuelle.
Les propos pertinents mais mesurés d'Arya m'avaient presque dissuadé d'envoyer ces quelques lignes. Les voici tout de même.

Si l'on comprend bien Alain Korkos, qui ne se prive pas par ailleurs de diffuser à son tour sur @si les images selon lui "répréhensibles" publiées par "L'Humanité" dans son édition du 7 janvier 2009, Alain Resnais et, pourquoi pas, allons-y, Honoré Daumier, auraient dû lire Susan Sontag avant de réaliser "Nuit et Brouillard" (1955*) ou de lithographier le massacre de la "Rue Transnonain" (1834). N'éprouvant (au mieux) aucune sympathie pour les dernières variétés de stalinisme(s) osant encore s'exprimer ici ou là sur cette planète (on le sait au moins depuis Orwell : "le stalinisme est l'éternité du mensonge"), je n'en pense pas moins que tenter de mettre sur un même plan , comme le fait Alain Korkos, le calvaire de la petite Colombienne Omeyra Sanchez, victime, ainsi qu' il le rappelle lui-même, d'une catastrophe naturelle, calvaire filmé, exploité et diffusé en direct par les médias du monde entier, et le visage d'une enfant palestinienne, victime civile d'un bombardement de l'armée israélienne sur le territoire de Gaza, zone - comme le sait tout un chacun - interdite aux journalistes internationaux par l'Etat hébreu depuis le début de l'opération "Plomb durci", photo montrée semble-t-il par un seul hebdomadaire hexagonal, relève très manifestement de la plus grande mauvaise foi - pour ne pas dire plus. Selon Alain Korkos, le quasi confidentiel hebdo du P."C."F. aurait publié ces photos "pour vendre une idée et du papier (ou inversement)". Mais, comme Alain Korkos, les @sinautes du monde entier, les publicitaires et autres boursicoteurs de la presses savent bien que c'est "Paris Match" qui, chaque semaine, vend ses idées et du papier, et non "L'Humanité" qui, malgré cette "une" jugée racoleuse, ne verra certainement pas plus son tirage augmenter que la publicité affluer. Il serait plus instructif de savoir pourquoi lémédias hexagonaux (et les autres) ne croient pas devoir montrer les photos reproduites par "L'Humanité".

Pour défendre sa très singulière thèse d'un nécessaire retour "à une photographie humaniste" (?), Alain Korkos en appelle au témoignage de Susan Sontag, qui n'en peut mais (**), dans le but assez extravagant de changer en OR (humaniste) le "PLOMB durci" de l'opération militaire israélienne éponyme.

Comme Arya, je préférais moi aussi "le Korkos d'avant".

(*) Resnais aurait-il pu par exemple filmer quelque chose comme "Les petites filles palestinienness meurent aussi" sans montrer l'atroce photo de Fadi Adwan, encourant du même coup les foudres vertueuses d'Alain Korkos ?
(**) L'essayiste et romancière américaine Susan Sontag, pour qui la race blanche était "le cancer de l'humanité" ("Partisan Review", 1967), est morte en 2004 et repose maintenant à Paris, au cimetière du Montparnasse. Elle s'est fait connaître, entre autres, pour son engagement contre la guerre du Vietnam, contre celle contre l'Irak et contre les tortures infligées par les militaires US aux prisonniers de la prison irakienne d'Abu Ghraib.
Pour ma part , je ne peux supporter cette photo : elle m'horrifie. Mais je me dis aussi que cette photo n'est pas forcément destinée uniquement aux individus lecteurs de l'Humanité, mais aussi et peut-être surtout aux gens de pouvoir qui sont en mesure d'arrêter cette guerre , un peu comme le "J'accuse" de Zola. Cher Alain , je n'avais pas lu votre article précédent et n'étais pas au courant de débat qu'il a suscité.La dernière émission , très interessante , m'en a informé. Je voudrais simplement vous répondre que je pense que des photos de journalistes peuvent arrêter une guerre , tout simplement parce qu'elles sont le fruit d'une lutte d'un pouvoir ( l'information du peuple) contre un autre pouvoir (le pouvoir politique) , et qu' à la longue ce dernier ,craignant pour sa survie , cède face au premier.
Monsieur l'auteur,

Pourquoi publiez vous une version édulcorée de la Une de l'humanité, une version où le sang a en grande partie disparue? l'originale est sur le site de l'huma. dans les unes en PDF? Que faut il conclure d'un papier et d'un auteur qui traite de l'horreur des photos et qui en retire lorsqu'il les publie? Manque d'attention, de rigueur... ou plus grave??

A la question, pourquoi fallait il publier la photo, la réponse ne vient pas d'elle même, mais est sous-jacente: Elle nous montre le résultat de la boucherie des nouvelles armes israéliennes, livrées par les USA biensur, les armes DIME Dense Inerte Metal Explosive, dont vous trouverez toutes led explications en googelisant, et tous les effets dans ce conflit en recherchant sur youtube les interviews du responsable norvégien, pas un gars du Hamas à priori, d'un hôpital de gaza. Cherchez "DIME Illegal israel Palestinian", et regardez la vidéo de 8mn40 du 05/01/08!!

Halte à la barbarie par les bouchers de TelAviv!

N'oubliez pas ma question M. AK. Pas né en 47 j'espère pour vous!
Expliquez un peu plus... j'ai peur de mal comprendre!
M. Alain KORKOS, je partage assez le fond de votre lettre ouverte.

L'HUMANITE sous JAURES aurait essayé de dégager des solutions pour empêcher le conflit. Aujourd'hui, pris dans ses dilemmes, ce journal se contente d'une photo. C'est qu'il a tout accepté auparavant : camp David, accords d'OSLO, sans remonter aux années 46 ou il soutenait ouvertement la partition...

Ce journal aurait pu saluer la manifestation de 10 000 juifs et arabes Israéliens à TEL AVIV dont la presse rabaisse le nombre à quelques centaines, et cela dans des conditions horribles puisque les participants sont agressés et dénoncés par les médias locaux, arrêtés ou perdent leur travail le lendemain... car ils demandaient l'arrêt immédiat de l'offensive...

Ce journal aurait pu aussi expliquer pourquoi la partition c'est la guerre sans fin et pourquoi ces manifestants demandaient le retour à la PALESTINE historique (intégrant toutes les communautés ou religion avec les mêmes droits) avec élection d'une assemblée constituante souveraine... il aurait pu donner la parole à ces israéliens échappés des camps de la mort, (scientifiques, écrivains, diplomates... de renom) qui dénoncent la politique d'Israël envers les Palestiniens... Non, ils ont choisi une autre voie.

Est-ce la préparation des élections européennes, leur accord avec les instances européennes sur Israël, leur interrogation sur l'abandon du mot communiste... qui les empêchent de poser les questions de fond et de se livrer au seul concours avec PARIS MATCH pour se donner bonne conscience ?
Je ne peux m'empêcher de vous recopier un des passages de la chronique de mon post précédent. L'écrivain israélien David Grossman, a compris quels pouvaient être l'utilité et même l'URGENCE, de montrer ce genre de photos au lieu de les cacher comme le suggère Korkos.




"La vision de la fillette de la plage de Gaza dont la vie a été mise en lambeaux sous nos yeux DOIVENT NOUS TIRER DE LA TORPEUR DANS LAQUELLE NOUS SOMMES PLONGES DEPUIS DES ANNEES ", affirme l'écrivain israélien David Grossman, l'une des grandes voix du camp de la paix, dans une tribune du Maariv.

"Jusqu'à quand accepterons nous, DANS LA PLUS TOTALE PASSIVITE, qu'une bande de responsables de la sécurité nous enferment dans le piège mortel des attaques et des représailles dans lequel nous vivons depuis des décennies", s'interroge Grossman.

"L'armée israélienne jadis audacieuse et inventive fonctionne depuis des années comme un piston stupide, assénant ses coups aux Palestiniens les uns après les autres avec pour seul résultat d'exacerber leur humiliation, leur colère et leur désir de vengeance".

"(Ehud) Olmert refuse obstinément et systématiquement toute ouverture de paix de la part des Palestiniens" poursuit l'écrivain en référence au référendum convoqué par le président Mahmoud Abbas sur un document d'entente nationale reconnaissant implicitement l'Etat d'Israël qualifié, selon lui, "d'insignifiant" par le Premier ministre israélien.

"Seul le piston (de l'armée israélienne) continue de broyer, les Palestiniens et nous mêmes (...) Sur la plage de Gaza NOUS AVONS PERDU UNE BATAILLE, CELLE DE NOTRE IMAGE EN TANT QUE PEUPLE ET ETRES HUMAINS", conclut Grossman.

La photo de la tête de la petite palestinienne selon Korkos ferait la une pour vendre ? ça ne lui viendrait pas à l'esprit qu'elle est un message, UN CRI pour nous FAIRE SORTIR DE NOTRE TORPEUR comme le dit si bien l'écrivain Grossman ?
Par honnêteté, je précise d'emblée que je suis de ceux qui pensent que cette photographie devait être publiée et massivement diffusée. Toutefois, je voudrais livrer ici quelques réflexions sur la photographie sans être (trop) partisan.


1) L'un des deux camps a tout intérêt à montrer cette photographie, l'autre a tout intérêt à la cacher. Dès lors, plaider pour ou contre la Une de l'Humanité, c'est, d'une certaine manière (à son corps défendant ou pas), apporter son soutien à l'un des deux camps.

2) La photographie est sortie le 7 janvier, je la découvre aujourd'hui alors que je visite tout de même pas mal de sites quotidiennement. Apparemment je ne suis pas le seul, d'autres @sinautes la découvrent également. Comme quoi ce n'est pas un raz-de-marée.

3) L'Humanité a sorti une bombe atomique en Une : tout commentaire construit et intelligent semble dérisoire en comparaison de l'horreur brute de la guerre, tout est réduit au rang de pinaillage d'intello. Et pourtant, il faut interroger cette photographie, ce que fait A. K. Alors, bien sûr, sa conclusion me déplaît. Mais nous avons tous payé un abonnement pour du décryptage d'images et le chroniqueur fait son job.

4) Assez ironiquement, ayant découvert cette photographie grâce à A. K., je viens de l'envoyer à plusieurs personnes qui vont probablement la relayer également : alors que l'article dénonce la démarche de l'horreur à la Une, il participe activement à la diffusion du cliché. A. K. pourrait facilement s'envoyer une lettre ouverte du même tonneau que celle qu'il adresse à l'Humanité.

Voilà, merci aux différents @sinautes qui parviennent à débattre sur ce sujet sans sombrer dans la polémique et l'invective comme c'est trop souvent le cas au sujet de ce conflit.
Bonjour
Tout comme Politique.net, l'obscénité est de montrer cette photo et l'obscénité suprême est d'afficher cette photo sans article de fond, sans contextualisation du conflit Israelo-Palestinien sans explication , sans nuance.
Résultat : un manichéisme forcené. Le bon et le méchant sont bien identifiés. Et vous me direz le truand? Certains journalistes qui usent et abusent des photos sans prendre la plume et bien expliquer.
Merci M. Korkos pour cette chronique.
Gaïa
"Les images des victimes du bombardement de Gaza choquent les Israéliens" Une autre photo de petite fille à montrer SURTOUT aux Israéliens !
La guerre c'est toujours l'horreur et cela depuis la nuit des temps: surtout quand l'objet est l'acquisition de territoires.

Dans cette perspective et pour éviter toute remise en cause, ultérieure, de ces acquisitions il vous faut décimer tout d'abord femmes et enfants...

D'où la barbarie qui continue de nos jours.
Quand M korkos entre en tragédie, il ne se refuse pas les moyens de l'expression.
Lettre ouverte à ......
Cette entame très solennelle laisse déjà présager du ton.

M Korkos prend doucement de l'assurance.
Avant il pouvait se livrer à quelques numéros d'élocution érudite en regardant des images,
en croisant des époques ou un style.
Sur ce plan pédagogique il n'y avait rien à dire.

Les premiers dérapages sont arrivés quand il a poussé ces images
dans une logique de raisonnement personnel, avançant des arguments qui se sont révélés faux,
partiellement erronés ou fatalement subjectifs.

Aujourd'hui M Korkos interpelle l'Humanité, à travers son directeur de rédaction, et je n'ai pu
m'empêcher, ( avec mon mauvais esprit qui me caractérise), de penser à une bouffée narcissique,
....humanité, urbi & orbi, etc...

Non content de nous livrer son sentiment personnel sur une image,
il nous donne la vraie mesure de ce que pourrait être la pertinence d'une réalité de guerre,
le seuil où une image se retournerait sur son lecteur.

Maintenant devenant Homme pensant les Images son discours prend de l'emphase...
ne se contentant plus de commenter, mais d'avoir le pouvoir d'influer sur une lecture...
ou d'inscrire son commentaire dans le monde de la pensée...

Cette photo montre une victime innocente frappée par hasard,
qui n'a pas pu participer de quelque manière que ce soit au conflit en question.
Cette photo a au moins le mérite de montrer l'aveuglement d'une explosion qui ne frappe pas seulement un objectif
mais aussi ceux qui sont sur ce passage ou dans une proximité.
Cet enfant enseveli n'est pas le Hamas, ni une résistance Palestinienne,.
Cette image dénonce la vraie nature de cette guerre, de toutes les guerres, dans la désolante obscénité de frappe aveugle.

Mais cette image serait à rapprocher de toutes celles du terrorisme qui ne désigne ses victimes qu'après l'accomplissement de l'attentat.

Un jour M Korkos se gausse d'une censure pudibonde,
un autre, des images de guerre molles et lisses et aujourd'hui, mêlant son assurance et ses contradictions
il nous livre presque un message définitif.
A quand M Korkos au ministère des informations.... ..

Contrairement à lui, je ne sais pas s'il faut la mettre en une, ou pas.
Je l'ignore car je sais qu'il n'y a pas de réponse, que quoiqu'il soit fait, il y aura toujours à redire.
Cette image est cruelle et je ne sais pas quoi en faire....mais elle existe....
et on pourra toujours lui reprocher de faire vendre, de faire vomir ou d'effrayer.
Chacun fait avec sa résistance et son cynisme.

Mais il y a un fossé entre faire un commentaire et interpeller au nom d'une pseudo légitimité.....

Dans une émission @SI, l'EGO de Korkos lui fait confondre dans l'affiche de la fête de l'huma, le drapeau de la paix avec celui des Gays...
Nous pouvons nous interroger sur ce type de démonstration... surtout quand aucunes excuses rétroactives n'a jamais ponctué ses allégations
d'un parti communiste ratissant large pour faire de l'audience....

Les sophistes ont encore de beaux jours, surtout en pleine saison de récolte de buzz.....
il me semble que l'on prête des sentiments ou des jugements à A. KORKOS au sujet de cette photo ; or j'ai l'impression que c'est la preuve du contraire qu'il essaye de démontrer : c'est à dire que l'on peut voir ou regarder des photos en ne jugeant que l'objet de la photo, sans aucun sentiment, et sans juger ce qu'elle veut, ou croit vouloir, démontrer ;
je ne veux pas intérpréter à mon tour, bien sûr, les propos d'A. KORKOS (-:)), je ne suis pas à sa place (je m'étonne d'ailleurs qu'il n'"y soit pas revenu" dans ce forum comme à son habitude pour placer quelques "réponses collectives" ??!!), mais je ne peux pas lui attribuer de part de cynisme ou d'indifférence : Mr KORKOS, je vous croie sincèrement dans le questionnement intellectuel de l'objet photographique....... ou alors ??
mais perso je ne peux pas me résoudre à croire, comme vous essayer de nous le démontrer depuis quelques forums déjà, qu'une photo ne puisse être jugée que sur l'image qu'elle donne à voir ; je reste convaincue que l'être humain, qui est un être subjectif (pour la plupart, car c'est le symbolique qui nous structure !!!) ne peut rester sur le plan de l'image... je pense que de le croire est un leurre dans lequel il pourrait nous plaire de tomber pour nous rassurer et ne pas souffir !!

lorsque vous écrivez :
"Ce que Patrick Apel-Muller omet de nous dire, c'est la raison qui a présidé au choix de cette photo en première page, plutôt que l'une des huit autres publiées en dernière.
Elle est pourtant simple, la raison. Effroyablement simple : nous avons déjà vu ces huit photos. Celles-là - ou d'autres en tous points semblables - furent un peu partout publiées ces jours derniers. Mettre l'une d'elles en première page n'aurait pas interpellé le lecteur une seule seconde, en raison du principe suivant : « Les photographies produisent un choc dans la mesure où elles montrent du jamais vu. Malheureusement, la barre ne cesse d'être relevée, en partie à cause de la prolifération même de ces images de l'horreur. » (Susan Sontag, Sur la photographie.)",

je suis un peu déçue que dans le même propos vous nous fassiez prendre conscience que P. APEL MULLER ne nous donne pas la raison de ses choix, et que tout à coup vous nous en donniez, vous, la raison, même pas conditionnelle, comme si vous lui aviez posé la question : qu'en savez-vous exactement de ses choix ?

et lorsque vous écrivez :
"Sauf que l'utilisation des images est plus complexe qu'il n'y paraît. Susan Sontag - encore elle - disait que « Souffrir est une chose ; vivre avec les photographies de la souffrance en est une autre, et cela ne renforce pas nécessairement la conscience ni la capacité de compassion. Cela peut aussi les corrompre. La première image de cette espèce que l'on voit ouvre la route à d'autres images, et encore à d'autres. Les images paralysent. Les images anesthésient. Un événement connu par des photographies acquiert un surcroît de réalité qu'il n'aurait pas eu sans elles. (…) Mais aussi, après que ces images ont été imposées à notre vue de façon répétée, il perd de sa réalité. »

vous avez l'air de bien aimer Susan SONTAG ; perso je ne la connais pas, et je n'ai pas envie d'aller chercher qui elle est, même si ça m'aiderait à comprendre comment elle a l'air d'être devenue blasée par la photographie ;
pour moi, "être anesthésié" par trop d'images ne signifie pas que l'on y est insensible ; au contraire cela pourrait signifier que le seul moyen de nous protéger de l'horreur de ce qu'elle montre est la fuite, occulter, fermer son cerveau à toute interprétation ; mais ça ne serait qu'une protection ; on sait parfaitement avec quel malin plaisir le refoulé refait surface à notre insu, un jour ou l'autre ;
on peut affirmer que si l'image nous a "anesthésié", justement, c'est qu'elle a eu un impact sur nous ;
alors que vu de l'extérieur cela ressemble à une non-réaction, "être anesthésié" est bel et bien une réaction ! et peut-être encore plus puissante que la réaction qu'ont pu avoir tous ceux qui peuvent la commenter dans l'instant !!

j'aime beaucoup vos chroniques car elles m'obligent à me poser des questions, et je ne vous crois pas "anesthésié" (mais ça n'est qu'un avis subjectif !! -:)) ;
je reste convaincue que les média, et pour moi la photo en particulier car j'y suis plus sensible, ont un impact sur nos consciences ; bien sûr, nous ne sommes pas dupes au point de croire que le réveil de nos consciences va faire arrêter les guerres dans l'instant, mais je pense, que dans un sens ou dans l'autre, une photo peut provoquer des bouleversements...........

c'est bien une photo prise dans les premiers jours de cette guerre, que j'appellais encore "conflit" (??!!) qui m'a fait passer d'un a priori positif envers israël l'"agressé" de ces dernières années, a une condamnation pure et simple de ses ripostes totalement disproportionnées pour moi : israël est devenu l'agresseur ;
cette photo ne s'est pas perdue dans la masse, elle est toujours gravée dans mon esprit, et je pense n'être pas la seule à réfléchir autrement à ce conflit aujourd'hui grâce à toutes les photos qui paraissent dans la presse......
Une autre photo que l'on a "vue nulle part" : http://www.info-palestine.net/IMG/jpg/A4-429.jpg

Et il y en a beaucoup d'autres que l'Humanité n'aurait pas pu toutes mettre à la une.

"Convoquer l'humanité face aux crimes et aux images d'apocalypse. C'est déjà bien de le dire, il ne reste plus qu'à le faire." On est sûr que ce n'est pas Korkos qui va le faire, c'est pas son boulot il parait. Convoquer le journal l'Humanité par contre oui, c'est hyper mega plus cool ! Et ça au moins c'esr sûr, cela ne va pas arrêter la guerre ...
Je voulais juste remercier pour cet article.

Je me trompe peut-être mais il me semble que la limite entre la photo utile au témoignage et celle qui ne sert qu'à faire du racolage sur l'horreur parce qu'hélas il y a un public pour ça et donc de la thune à se faire en tirant sur cette corde pourrie de l'esprit humain (ou du manque de), c'est en se posant la question de
Et si sur l'image c'était quelqu'un que je connaissais et que j'aime est-ce que je serais d'accord pour qu'elle soit publiée ?
qu'on peut la tracer.
(variante : et si j'étais le photographe qui l'a prise serais-je fier de moi ou bien mal à l'aise ?)

Enfin, oui, il y a une saturation de l'horreur alors l'escalade vers le pire ne peut en rien servir à faire réagir les gens dans l'espoir que la pression populaire ou de l'étranger soit assez forte pour contraindre les belligérants et autres guerriers à se calmer.
Quand j'ai vu cette image, j'ai détourné les yeux. Je n'ai pas cherché à en savoir plus, occupée que j'étais à contenir larmes et nausée. Je n'étais pas la seule. Du coup l'information que pouvait éventuellement contenir l'article ou le journal a complètement été ignorée. Effet inverse de celui prétendument escompté.
Les commentaires qui taclent Alain Korkos ont le défaut de mélanger tout, de ne pas vouloir saisir les nuances dans le texte de la chronique, pourtant plein de précisions.

-Il explique que c'est la présence à la Une de la seule photo inédite publiée dans ce numéro qui le dérange : on l'accuse de vouloir cacher cette image. C'est faux et il est légitime de s'interroger sur la justification d'imposer cette image à tous, en première page c'est à dire sans accès au discours d'accompagnement.


-Il explique que cette image d'horreur de la guerre n'atteint pas le but affiché, ou qu'on lui suppose, dénoncer la violence absurde de la guerre, la montrer dans sa réalité. Rimbaud peut-il vous convaincre qu'un instantané est parfois trompeur?
Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


Et Blaise Cendrars (J'ai saigné, éditions minizoé, extrait de la vie dangereuse, Grasset,1938) que les récits nous donnent mieux l'illusion de partager les souffarnces qu'on ne vit pas soi-même?
Les horreurs et les absurdités de la guerre racontées par Blaise Cendrars sont-elles plus dans la première image qu'il raconte? Il y est abandonné plusieurs heures, nu, son bras coupé emmailloté, sentant le sang s'échapper au rythme du flux de son coeur, la nuit, au milieu des blessés qui geignent, des bombes, et sous la pluie! Dans ce début j'ai surtout vu l'évocation de ces moments où les secondes rejoignent l'éternité, comme il le dit mieux que moi. Les horreurs et absurdités sont plus dans la suite. C'est quand une infirmière lui saute dans les bras de joie, et qu'il remarque en passant que c'est sa première etreinte d'une femme avec un seul bras..., c'est quand un médecin Général en chef se pique de faire une démonstration de comment il faut rejoindre les 72 drains (chaque éclats d'obus) en des rivières et fleuves pour mieux évacuer le "mal" et achève un jeune soldat, comme l'avait anticipé l'infirmière.

-Il souhaite de l'humanité. On l'accuse d'avoir choisi son camp, sous entendu que les deux camps à choisir sont le camp des palestiniens ou le camp des israëliens. Pour bien comprendre le texte d'Alain Korkos peut-être faut-il être capable de croire que les deux camps sont celui de la diplomatie ou celui de la violence?
Bon, tout et son contraire a été dit là-haut. De manière souvent claire et précise.
Je pense que diffuser ce type de photos est nécessaire, même si elles n'ont d'égales dans l'horreur que dans la guerre qui les a engendrées. Faute d'arrêter une guerre (encore que le travail de sape est largement sous-estimé en ce bas-monde, sauf par ceux qui s'y adonnent en maitres), elle a le mérite de montrer une réalité et de l'appréhender de manière bien plus frontale que dans un article d'un quotidien rédigé comme un fait divers.

Désolé Alain, mais je pense que l'Humanité a bien fait de montrer cette photo en première page.
Cette photo est une conséquence.
Nous avons la chance de ne pas vivre la guerre et d'avoir le luxe de se permettre d'écrire ce genre de lettres ouvertes, tout comme nous autres @sinautes avons la liberté de discuter de tout sur le forum.
Refuser cette photo alors qu'elle est contextualisée, c'est comme refuser une réalité pourtant bien présente.
L'armée israélienne bombardant Gaza, c'est un peu comme quelqu'un qui s'acharnerait sur un nid d'oiseau avec un lance-flammes.
Cette photo, parmi d'autres, nous le rappelle.
Outre le fait qu'elle contribue à la liberté de la presse à laquelle il me semble qu'@si est particulièrement attaché. Celle qui s'use que quand on ne s'en sert pas.
Ça ne vous rappelle rien ?
@ A.Korkos
J'ai lu votre malheureuse lettre ouverte et j'ai voulu aussitôt réagir mais j'ai préféré lire d'abord les commentaires des @sinautes. J'ai enfait deux commentaires à faire pour ma part :
1. Je pense que le massacre qui se déroule à Gaza mérite à mon avis de passer plus de temps à écrire une lettre ouverte dont le sujet serait une condamnation totale du massacre (le mot guerre me semble absurde dans notre cas) avec 0 photos (pourquoi pas?) que de passer du temps à se demander comment fait-on pour discréditer les rares médias qui osent montrer la réalité de ce qui se passe à Gaza.
2. Il me semble que vous avez eu largement l'occasion d'exposer votre point de vue sur le sujet de l'utilité des photos dans les guerres avec d'abord votre dernier article "l'homme de Gaza ..", puis dans l'émission de cette semaine... Et comme ce n'était pas suffisant, on a eu droit à une lettre ouverte à l'Humanité !

Pour finir, je me demande ce que serait votre prochain article : "les photos de guerre disent-elles la réalité ?"...
"Nous avons décidé de montrer ces images. Elles témoignent mieux que tout du sort de ce confetti où souffrent 1,5 million d’êtres"

Pourrait-il montrer aussi, horreur pour horreur, les milliers de victimes du régime islamiste de Khartoum ? C'est bien le diable s'il n'y trouvera pas une petite fille dans un état aussi épouvantable

La grande vague d'indignation sélective qui recouvre nos rues ces temps-ci est à vomir.

(Pour que les choses soient claires : ce que fait Israël à Gaza, pire qu'un crime, est une faute. Et d'abord un crime)
J'ai du mal à comprendre la logique que je découvre au fil de vos dernières chroniques. Je ne comprends pas en quoi il est moins obscène de vendre des disques avec la photo sexuellement connotée d'une petite fille, que de vendre des journaux - donc de l'information - avec la photo d'actualité d'une petite fille morte sous les bombes. Je ne comprends pas bien non plus votre façon de mettre régulièrement sur le même plan, pour les comparer, des images qui relèvent d'univers totalement différents : artistique et commercial ici, artistique et journalistique là. Franchement, j'ai du mal à vous suivre. Je commence même à me demander si vous ne taperiez pas dans les sujets provocs et les images chocs un peu, finalement, pour vendre du click...
Si vous vouliez attirer l'attention sur vous pour -pourquoi pas- avoir votre p'tite chronique au grand journal de canal, vous êtes sur le bon chemin, continuez!

J'ai bien vu votre jubilation quand dans la dernière émission, DS vous a présenté comme étant le "déclencheur d'un tsunami" (minute [01:28]) vous aimez la provocation? cool! sauf que "hic" là vous touchez au sacré, à la mort!

Dans plusieurs décennies, quand cet épisode de la vie des hommes fera partie de l'histoire, on pourra regarder le message de détresse véhiculé par ce genre de photo, qu'a-t-on pour arrêter l'armée israélienne toute puissante dans cette affaire? RIEN, strictement RIEN! il faut donc faire ce que l'on peut et on ne peut pas grand chose malheureusement, il s'agit de vies humaines, je ne vous apprends rien bien sûr mais vous avez quand même préféré "taper" sur ceux qui parlaient avec leurs tripes!!!

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A la petite fille

Cette photo a fait que je pense à toi fort, repose en paix petit ange!
Ce qui me manque le plus dans cet "arrêt sur image" de Monsieur Korkos, c'est qu'il décortique la photo un peu comme si elle tombait du ciel.
J'aurais bien aimé qu'il nous parle des images de la guerre comme celles qu'on voit dans LIBE.
Parce que, quand même, la publication de cette photo insoutenable est une réponse aux images que nous voyons le plus souvent.
Espérons que Pierre Laurent est abonné à asi, sinon cette lettre ouverte risque de finir comme celle-ci
Le pire est bien que même cette photo ne suffit pas...
Edgar Morin : en parlant du conflit israélo palestinien


"Comme souvent l'entreprise d'oppression dans le présent est masquée à soi-même par le fait qu'on a été opprimé dans le passé; comme l'a dit Hugo: "dans l'opprimé d'hier, l'oppresseur de demain". Ainsi la Serbie hypernationaliste s'est auto-justifiée de ses pratiques barbares a l'égard des bosniaques en évoquent le martyre passé des serbes sous les ottomans puis sous les nazis et les oustachis; ainsi la conscience d'être victime du passé permet de devenir bourreau du présent: mais cela peut préparer aussi les catastrophes du futur."
L'absence de photos des victimes de l'attentat du 11 septembre a permis à quelques imbéciles de prétendre qu'ils n'avaient jamais eu lieu. Sans être voyeur, ce genre de photos a l'intérêt supérieur : celui de témoigner. Pour le reste, à chacun de faire son choix et de s'y intéresser ou pas selon son degré de sensibilité.
Cette petite fille cachait des terroristes du Hamas, fallait qu'elle y pense avant.

Ce que je viens de dire est aussi con que les propos de Threard et Rioufol du Figaro, qui ont vomi des propos outranciers sur la une de l'Huma.

C'est ça les médias de 2008, on blâme la victime, des musulmans soutenus par des "terroristes", on comprend le bourreau, "la-seule-démocratie-du-proche-orient-avec-des-médias-libres".

C'est dans ce contexte qu'Alain écrit cette lettre ouverte. Il est sincère mais ça ne peut tomber qu'à côté de la plaque. Dans le débat démocratique, qui exclu les islamophobes et les antisémites, Il y a deux camps, il faut choisir le sien, on ne peut plus faire de la dentelle.
Un peu de décence ne fait pas de mal. L'obscénité, c'est cette photo.
Je suis totalement d'accord avec Alain Korkos.
On peut tout montrer, pourvu qu'on explique?

Maître Alain Korkos semble donc prêt à accepter plus facilement des photos qui peuvent être choquantes quand c'est de l'art (cf débat sur Virgin Killer) que de la réalité? J'aimerais d'ailleurs également voir sa réponse à Cassandre sur l'apparente contradiction entre ses propos sur les images de la Shoah et ceux d'aujourd'hui.

Mais je suis déçue: jusqu'à présent, sa position me paraissait claire et cohérente, et pour moi se résumait ainsi: on peut TOUT montrer, pour peu qu'il y ait une explication du contexte qui accompagne. C'est la position qu'il a défendue lors de la polémique sur les photos de Paris sous l'occupation. Là, curieusement, ce n'est pas l'horreur qui choquait l'opinion mais la non-horreur. Et les bien-pensants de s'écrier "Quoi, pendant une guerre où il y a eu tant de morts et d'horreurs, on veut nous montrer des images de gens normaux dans leur vie quotidienne? Honte!", ce à quoi Alain Korkos a magistralement répliqué que ces photos n'avaient aucune raison d'être censurées, du moment qu'elles étaient replacées dans un contexte plus large qui permet de ne pas oublier que ce n'était pas le seul aspect de Paris sous l'occupation, et d'expliquer comment et pourquoi ces clichés ont été pris. En revanche, ici, il faudrait montrer UN aspect de Gaza (l'aspect qualifié d' "humain", celui où l'on voit des gens dans leur vie de tous les jours) et occulter l'autre, la terrible vérité de la guerre? Allons, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas digne d'un défenseur de la liberté de montrer, ni, surtout, de celui qui disait au sujet de la fameuse exposition sur l'occupation:

"Et le visiteur de l'exposition - distrait ou mal informé - en viendra peut-être à penser que l'Occupation, finalement, ne fut pas aussi terrible que ça. Que l'on a beaucoup exagéré"

Comme ce serait facile de se dire dans peu de temps "Allons, à Gaza, c'était pénible d'accord, mais on a beaucoup exagéré! Sûrement de la propagande du Hamas!"

Comment distinguer voyeurisme et information?

Mais quelle est la différence entre une photo prise pour dénoncer, informer, et une photo qui montre l'horreur pour l'horreur, par fascination du morbide, parce que ça choque et que ça fait vendre? Là encore, tout est dans le contexte autour de la photo: si l'Huma se prend pour Paris Match et montre les photos en double page avec deux-trois phrases choc, là, oui, c'est choquant. Si, en revanche, cela s'accompagne d'articles détaillant la situation, rappelant les tenants et les aboutissants de la guerre, c'est différent (je n'ai pas la réponse, n'ayant pas acheté ce journal). De plus, tout dépend également du but de la photo. Montrer l'horreur d'une guerre pour la dénoncer, pour pousser les gens à se mobiliser pour la paix, est à mon sens légitime. En revanche, montrer une fillette en train de mourir à cause d'une catastrophe naturelle, c'est déjà très douteux. Et pour moi, le comble du voyeurisme malsain, c'étaient les photos qui s'étalaient partout, où l'on voyait une certaine Chantal Sébire au visage horriblement déformé. La raison avancée était de "mobiliser" les gens sur la cause de l'euthanasie mais en réalité, cela ne fournissait aucune information: on provoque le dégoût et l'horreur chez les gens, puis on utilise leur émotion pour faire passer des lois. C'est pareil quand l'émotion provoquée par une agression pédophile est soigneusement entretenue afin de faire passer des lois sécuritaires tout à fait discutables. Comme quoi, nul besoin d'une photographie pour exploiter l'émotion des gens sans les amener à réfléchir davantage au contexte.

Oui, ces photos sont nécessaires... mais pas suffisantes!

Pour conclure, pour moi la question est :

1) Ces photos nous apportent-elles des informations, et
2) Sont-elles accompagnés d'informations sur le contexte, de réflexions, d'arguments?

Pour le 2), je l'ai développé ci-dessus. Pour le 1), c'est peut-être utile d'en dire deux mots, car un argument repris par endroit dans ce forum est de dire "on sait bien que la guerre c'est horrible et ça tue des enfants, pas besoin de le montrer". Je trouve cet argument tout à fait discutable: pendant longtemps, on nous a bassinés avec la guerre "propre" permise par la technologie actuelle, et les frappes "chirurgicales" qui permettent de viser soigneusement le dangereux terroriste en épargnant les femmes et les enfants, c'est magique, on n'arrête pas le progrès. Comme nous sommes les pays occidentaux civilisés (cela inclut Israël), nous ne sommes pas des barbares qui tuent des civils, sauf par erreur et à notre grand regret (on appelle ça des "dommages collatéraux", mais rassurez-vous, ça n'arrive que rarement). Alors oui, ces photos sont un choc salutaire qui nous réveille de cette guerre aseptisée dont l'image a été soigneusement construite et entretenue durant les dernières décennies. Elles ne sont sûrement pas les seules, et les précédentes n'ont à l'évidence pas suffit puisque de telles choses recommencent. Mais tiens, n'est-ce pas le même Alain Korkos qui déplorait, au sujet de l'Afghanistan:


"Aujourd'hui les conflits se veulent propres, les frappes chirurgicales et les dommages collatéraux.
Les photographes sont empêchés de travailler, secret défense. Pire : il en est même qui s'en satisfont. Pas de sang, pas de sueur, pas de larmes. Tout est clair, net et sans bavures. Compris ? Oui chef ! Bien chef ![...] Nous n'aurons pas d'images montrant la réalité des "opérations extérieures en Afghanistan""


Alors Alain: Afghanistan, Palestine... Deux poids deux mesures?

Oui, ces photos sont indispensables. Mais pas suffisantes: il faut expliquer, proposer, relativiser, toujours, en permanence. Car les photos forment une vision partielle et partiale du conflit, et doivent être accompagnées et contrebalancées par d'autres (les fameuses photos "humaines", le reportage Gaza-Sderot qui est remarquable par exemple), par des informations factuelles (nombre de morts, situation humanitaire), par des mises en perspective.

C'est vrai, une photographie n'a jamais arrêté une guerre. Mais elle y contribue.
Cette lettre 'ouverte' est obscène.
Il est vrai que sans la une de l'Huma, on dormirait plus tranquille...
Pour ceux qui condamnent ces photos, disent qu'elles ne doivent pas être publiées, et donc, je suppose, qu'elles n'auraient pas du être prises, je pense qu'il serait bon d'inclure dans leurjugement la position des photographes. S'agit-il de reporters de guerre blasés, indifférents, qui reviendront de leurs missions dans quelques jours et iront promener leur cynisme dans les cocktails parisiens ? Il me semble au contraire qu'il s'agit là de palestiniens, vivant à l'année (je le suppose) à Gaza, en tout cas c'est leur ville (oui, car j'ai entendu que les photographes et journalistes étaient la plupart du temps des gens de Gaza eux-même) or, à partir du moment où ils vivent en ces lieux, bombardés, menacés eux-aussi, le reflexe de vouloir photographier les pires horreurs n'est-il pas normal, façon d'envoyer des messages d'alarme à ceux qui sont à l'extérieur et peuvent agir ? Ne s'agit-il pas là d'un acte militant, qui serait alors prolongé par l'Humanité - le journal ?
Grande contradiction dans la pensée de Korkos et là j'ai peur de comprendre.

Commentaire de Korkos suite à la chronique Virgin Killer et à la critique d'Oblivion : (le 14/12/2008 à 11H13)

" OBLIVION : « Imaginez l'horreur ultime selon vous. Bien. Maintenant, z'êtes prêts à voir une photo la représentant ? Où place-t-on le curseur de ce qui est acceptable ? »
Réponse de Korkos : "Pour moi, l'horreur ultime c'est la Shoah. Des photos, on en a vu des tas. Impossible d'y échapper. Et ça fait au moins cinq ans que je m'interroge sur un projet d'installation que j'ai en tête sur ce sujet. Dois-je le faire ou pas ? Je n'ai toujours pas trouvé la réponse."

J'ai déjà posé la question mais n'ayant pas eu de réponse je la réitère : Pourquoi Korkos, avez vous comme projet l'installation de photos sur les horreurs de la shoah,
alors que vous trouvez maintenant inutile de montrer les photos des horreurs et de crimes commis par l'armée israélienne et approuvés dit-on par 80 % des israéliens ? Il s'agit pourtant d'une guerre actuelle. Faudrait-il cacher cette réalité ?

Si montrer une photo n'arrête pas une guerre, ces photos serviront à nous faire notre opinion sur le côté immonde et inhumain de cette politique d'extermination et de colonisation. C'est pour le DEVOIR DE MEMOIRE !
Comme randal et Pierre Labate l'ont écrit ou laissé entendre avant moi, cette chronique est à mon sens peu convaincante, car pas suffisamment argumentée. Le point de vue d'Alain Korkos est peut-être défendable, mais j'ai trouvé que la démonstration manquait de justifications: ce sont essentiellement des arguments d'autorité qui nous sont assénés pour justifier le refus de cette photo [pour schématiser grossièrement j'ai eu l'impression que le propos se résumait à "Susan Sontag a dit que... Donc c'est comme ça et pas autrement qu'il faut comprendre cette photo"] et non une argumentation peut-être moins référencée, mais autrement plus convaincante.

Certes, Alain n'a sans doute pas la maîtrise parfaite des instruments rhétoriques qui est celle de Judith (laquelle emporte presque toujours mon adhésion, entre autres en raison de cette maîtrise susmentionnée), et je trouve que, tout défendable que puisse être par ailleurs sa position, elle n'est ici pas suffisamment étayée en arguments pour me convaincre. En gros, je serai prêt à accepter la thèse d'A.K. si seulement elle était mieux défendue; pour l'instant, je ne suis pas vraiment convaincu par les raisons qu'il évoque pour justifier son refus de la publication de la photo en une de L'Huma, et ne vois donc pas en quoi la position éditoriale du journal pose question. Certes, une photo n'a jamais mis fin à la guerre; il n'en reste pas moins qu'elle nous montre une (hélas faible) partie de sa sordide réalité, toute choquante [voire même anesthésiante sur le long terme] qu'elle puisse être.
1) Je lis pas l'Huma depuis la mort de Staline, ce qui ne nous rajeunit pas
2) Cette tête sanglante d'enfant prouve simplement qu'au lieu de se baisser pour pieusement la ramasser le photographe a aussi cadré les pieds d'un individu mâle donc a prémédité
3) Si vous voulez une série de photos horribles d'enfants israéliens explosés dans un bus scolaire ou de civils égorgés ça doit pouvoir se trouver
4) Si l'émotion des camarades est piquée au vif - et ça se comprend - je ne pense pas que ça leur dégèle beaucoup l'intelligence de la situation
5) ça me fait penser aux photos que les activistes Algérie française faisaient circuler parmi les troufions du contingent pour les colérer entre 1956-1962
6) Cela porte un nom (cf Jean Baudrillard) : c'est de la PORNOGRAPHIE
Merci Alain, merci.
Il y a juste un exemple qui me vient en tête quand vous dites qu'une photo n'a jamais arrêté une guerre.
Si on se remémore la période Vietnam, ce ne sont pas une mais les milliers de photos qui ont contribué à la prise de conscience.
Certaines sont extrèmement célèbres, vous les connaissez certainement. Mais il est prouvé aujourd'hui que ce qui a fait pencher le plus la balance de l'opinion publique côté américain ce sont les images des "bodybags" noirs dans lesquels on rapatriait les corps des soldats tués.
Un bodybag, ça n'est pas sanglant, si on ne savait pas à quoi ça sert, ça n'aurait eu aucun effet. Et pourtant, un bodybag, c'est lourd de sens.
Le choix de publier ces photos impudiques voire indécentes (moi je suis de ceux qui reconnaissent le droit aux victimes de reposer en paix sans passer par la case instrumentalisation) relève d'un odieux commerce, celui qui tend à vendre un papier sous couvert de militantisme. Cet enfant a une famille qui n'a pas forcément envie de voir le visage de leur enfant tragiquement perdu exposé de la sorte. Mais voilà, certains s'approprient ce visage, cette vie, cette pathétique destinée, pour en faire leur gagne-pain, et accessoirement leur propagande.
C'est indigne et irrespectueux. Non, messieurs de l'Humanité, l'humanité ne vous appartient pas !
moi, ce qui me torture le plus à la vue de ce genre de photo, c'est le boulot de photographe.
Est-ce qu'un photographe se doit d'être un être humain ou une boite a images? c'est ça qui me torture et le mot n'est pas assez fort, il a pris sa photo et il a fait quoi? il est rentré chez lui et est déjà en train de penser à son prochain cliché ou au prix qu'il va remporter?
Ces reporters de guerre sont-ils en train de devenir les paparazzi du people (people dans le sens anglais du mot, du peuple, des gens) et sont ils encouragés par ceux qui acquièrent leur photos?
C'est tout ce que m'inspirent ces photos, un malaise énorme envers celui qui a pris la photo!
Je crois qu'il s'agit d'un de vos meilleurs textes sur ce site.

J'ai lu l'autre jour un article qui m'a bien plus donné envie de vomir que ce genre de photos, pourtant il n'était composé que de mots.

Le voici (très court) :
http://www.lesoir.be/actualite/monde/on-est-arrive-dans-une-2009-01-07-679606.shtml

Est-ce que selon vous, ce genre de textes rentrent-ils dans le même schéma de surenchère que la photo dont vous parlez ?
Perso, je l'ai trouvé à la hauteur de l'horreur que les gazouis vivent là-bas. Ill a son rôle à jouer. La représentation mentale que nous nous faisons de bombardements est souvent limité aux images "nettes et propres" dont Tsahal nous abreuve. La réalité au sol est tout autre et il est bon de s'en rappeler.

Pour finir sur une note positive, je vous conseille à tous de jeter un œil à ces courts métrages, ça fait un bien fou (produit par Arte) :

http://gaza-sderot.arte.tv/fr/
Quand on feuillette Paris-Match, il y a les pages people, les pages cancan, les pages sensas de l'international... et le reste.

Et chaque jeudi, à 10h30, Madame L. réclame Match pour faire les mots croisés alors que son coiffeur lui fait son brushing.
Elle n'en a rien à faire des images des pages sensas de l'international, celles qui montrent des corps éventrés, des enfants zigouillés, des murs de sang.

Monsieur U. feuillette le même hebdo dans la salle d'attente chez son kiné, et regarde les images d'horreur des pages international.
Si c'est Gaza qui est ici étalé, il se dit, "bah ce conflit dure depuis si longtemps, ces gens ne peuvent s'empêcher de s'étriper".
Si c'est un conflit d'Afrique noire, les yeux en l'air et soupirant, il pense : "Ah, les guerres tribales des pays sous-développés !".
Tom, 12 ans, assis près de Monsieur U., regarde les images et les trouve "dégueulasses". Tout à l'heure, il jouera à un jeu vidéo haletant, où l'on dégomme des petits bonshommes plus vrais que nature.
X., maquettiste pour l'hebdo cité, bosse chaque semaine sur la rubrique gore depuis huit ans : Quel impact ont les images sur elle ?

Le pool rédactionnel de l'Huma savait exactement ce qu'il plaçait en couv, et l'effet produit.
Par hasard, un ami a montré l'autre jour à notre tablée la une de l'Huma.
Chacun a détourné le regard,
Deux ont immédiatement eu en tête la gamine colombienne montrée ici par Alain Korkos
sans pouvoir dater l'événement ni trouver le contexte.
Seule certitude : c'était avant que le Web ait intégré nos modes de consommation.

Alors je me pose cette question : quel impact ont les images sur nos consciences ?
La démonstration de Korkos est pertinente, hélas.
Elle vous dérange tant que cela ? Plutôt bon signe !
Cher Alain Korkos , je trouve votre propos assez sévère . Cette photo a au moins le mérite de montrer que les bombes israéliennes ne tuent pas que les combattants du Hamas
On peut montrer tout mais pas dans n'importe quel contexte. (Déproges à peine détourné). Alain Korkos, vous passez trop vite sur la contradiction :images d'horreur anesthésiantes et une de journal qui fait vomir le passant. Il manque un bout d'argumentation.

Vous faites bien de rappeler la petite Omeyra (1985) et ramener au débat "montrer/ne pas montrer" à propos des images de l'actualité (quelles qu'elles soient ).

Il ne s'agit aucunement de censure mais des modalités d'une transmission. Certaines images atroces ont des besoins particuliers d'accompagnement…  autant de paroles (légende, article, débat) que d'une localisation de la parole. Pour moi, la une, le kiosque à journaux, la rue ne sont pas des lieux appropriés à cette monstration là. Ni le JT de 20 h, ni des supports comme Paris Match. En cela je souscris à votre lettre ouverte.

En revanche, un site comme @si répond à ce critère de localisation, il est approprié à la vision d'une image aussi épouvantable. Comme peut l'être un documentaire télévi