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Les violences visibles, et les autres

Le visible et l'invisible. Deux violences dos à dos.

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A y réfléchir... Les journalistes qui font tout un plat d'une chemise déchirée révèlent une bone fois pour toute leur déférence éune classe. Ils ont peur car il sont consciemment ou inconsciamment totalement solidaires des "victimes" dénudées... Par contre il ne se placent jamais intellectuellement du côté des vrais victimes : les licenciés dont la vie basculent en enfer... Ils ne se sente,t jamais concerné. On peut toujours être horrifié des têtes trimbalées au bout des pics. Mais il faut se demander ce qui à pous9r des personnes à de telles extrimité. Et les gens méprisés, jamais écoutés peuvent un jours vouloir faire chander la peur de camp. Maerci aux "Air france" de
On le sait bien que Daniel Schneidermann est un bon petit bourgeois, effrayé par les convulsions de la méchante plèbe. Mais quand ça se révèle vraiment, ça fait toujours un choc...
Si rien ne justifiait de s'en prendre physiquement aux puissants, cher Daniel, il n'y aurait plus qu'à se suicider dans un monde totalitaire.
Un traitement de l'information qui illustre de manière cru le positionnement politique et sociétale de médias mainstream...
L'unamimisme (télé, radio et journaux "de référence") national et international en devient presque effrayant.
J'ai même entendu sur France Inter lors de la revue de presse un forme de chasse aux sorcières : "L'humanité" n'avait pas mis à sa une la photo du pauvre DRH avec sa chemise déchirée. Esprit de Charlie es-tu là???

Même si je conçois qu'on puisse s'émouvoir de la situation du DRH.

Le traitement, par exemple, de la mort de Rémi Fraysse avait été fait avec beaucoup plus de circonspection de la part de nos "maîtres à penser"
"Oui, monsieur le ministre, la violence c’est chose grossière, palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est noté. Un acte de brutalité, il est vu, il est retenu. Une démarche d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges. Le propre de l’action ouvrière dans ce conflit, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle s’exaspère, c’est de procéder en effet par la brutalité visible et saisissable des actes.

Ah, le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour d’un tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale."
(discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906)
Merci pour le traitement intelligent du sujet.

Le sujet illustre que la lutte des classes n'est finalement pas dépassée (!)
Marx ne s'est pas noyé dans le coca ... tout juste s'il n'a pas été baptisé.
Les capitalistes ont fini par "croire" Marx ... au moins quand il leur annonce que leur système générera crise sur crise ... jusqu'à épuisement.

Poutine appelle ça la révolution permanente ... insoutenable.
Il a une petite idée de quoi il parle : "Celui qui veut restaurer le communisme n‘a pas de tête. Celui qui ne le regrette pas n’a pas de cœur."

Ce capitalisme, qui fini par avoir un (arrière) goût de totalitarisme, pris dans sa fuite en avant ... après nous avoir vendu la guerre préventive ... vient nous prévendre la répression policière préventive.
"Rien ne justifie de s'en prendre physiquement à des dirigeants d'entreprise"

Tout à fait. Et rien ne justifiait non plus la Grande Révolution de 1789, ni les têtes coupées. D'ailleurs, rien ne se justifie, ni en général, ni en particulier. Rien ne justifie non plus la colère, ni le désespoir. Rien ne justifie la justice, dans un monde où règne l'injustice principalement, même dans les tribunaux, diront les plus audacieux des "je-dis-rien". Rien ne justifie la destruction d'un hôpital par "erreur", ce ne sont que dégâts co-latéraux. Reconnaissons que la langue s'est enrichie grave d'un "concept" qu'on aurait envie d'utiliser pour justifier une liquette déchirée, mais acceptons que seuls les puissants ont le droit d'en faire usage, du dégât co-latéral.

Les autres sont priés d'exprimer leur désespoir et leur révolte avec politesse, retenue et humble appel à la justice (des puissants) pour ultime recours. N'est pas bonnet rouge ou pigeon qui veut.
Air France aurait du fermer il y a bien longtemps déjà.
Cette boîte est pourri de l'intérieur par ses syndicats, notamment le syndicat de pilotes majoritaires : le SNPL. Mais pas qu'eux.
Ils ont fait couler des compagnies concurrentes comme AOM, Air Liberté.
Ils ont envoyé au tas un nombre invraisemblable d'avions (dont un bon nombre avec leur passager) ces 25 dernières années.
Quand KLM (groupe Air France/KLM) est classée 5ème mondiale dans les compagnies les plus sûres en 2014, Air France est 38ème (et encore ils évoluent favorablement vis à vis des années précédentes).
Ils ont coûté 20 Milliards de francs au contribuable en 1997, pour se retrouver 20 ans plus tard avec 5 Milliards d'€ de dette.

Quand on pense que l'outil de travail est de qualité et qu'ils évoluent dans un secteur en pleine croissance (le nombre de passagers transportés dans le monde devraient doubler d'ici 7 ans), c'est à pleurer...
Violence physique, visible, télégénique, médiatisée contre violence invisible ou sociale... Il faut lire ce dernier billet de Daniel Schneidermann et le chapelet inaugural d'adjectifs à l'aune du concept qui lui manque... Et de la figure qui le hante.
Ce concept c'est celui de l'autre violence que Bourdieu, la figure tutélaire et controversée de l'@si des origines, qualifiait, quant à lui, de "symbolique" parce que cette forme de violence "s’inscrit durablement dans les corps des dominés, sous la forme de schèmes de perception et de dispositions".
Fruit d'une "méconnaissance" l'acceptation de cette violence repose, selon Bourdieu, sur un accord tacite entre les agents sociaux par lequel l'ordre social pouvait être non seulement légitimé, mais aussi naturalisé. C'est ainsi que les effets de soumission, tout comme les actes de contrainte qui régissent, pour l'essentiel, l’ordre social, résultent moins de la coercition physique que d’une violence symbolique qui s’intègre aux structures cognitives et s’exerce avec la complicité de ses victimes.
Bourdieu attirait, par ailleurs, l'attention sur le fait que la violence symbolique induit l’exclusion de toute une gamme de possibles politiques et
sociaux en présentant comme évident, acquis et établis une fois pour toutes ce qui, en réalité, appartient à la vision du monde intéressant les seules forces sociales dominantes.
C'est cette certitude définitive que résume, depuis Margaret Thatcher, la formule proprement "magique" TINA : There is no alternative ! devenu l'axiome de base de toute argumentation néo ou sociale-libérale.
Cette survalorisation du point de vue des dominants rendue possible par l'acceptation de la violence symbolique conduit inévitablement à une distribution très inégale des idées et des options politiques dans l’espace public et, bien sûr, le champ médiatique.
S'agissant de la molestation des cadres dirigeants d'Air France, l'avantage accordé aux dominants, même en tant que victimes, est parfaitement illustré par la posture morale adoptée par tous les commentateurs et éditorialistes et l'écho donné à leur condamnation unanime de la "violence "inacceptable", "inqualifiable" des manifestants.
Certes, comme quelques uns de ces confrères, Daniel Schneiderman aura pris la peine de nuancer son parti pris moraliste et d'assortir sa condamnation de circonstances atténuantes, à raison des 2900 emplois supprimés.
Mais loin d'expliquer cet accès de violence physique comme la rupture du consentement à la "violence symbolique" de l'encadrement, il prend soin néanmoins de nous rappeler que : "Rien ne justifie de s'en prendre physiquement à des dirigeants d'entreprise dans une négociation sociale."
Il est vrai que, venant de salariés d'une entreprise comme Air France, cette rupture du "contrat" tacite associé au "dialogue social" a de quoi surprendre. Rien de commun, en effet, entre la colère de ces "rampants", bien insérés dans le monde du travail et solidaires, de fait, de leurs collègues pilotes qui comptent pourtant parmi les salariés les mieux payés, et les débordements épisodiques des émeutiers à capuche. Encore que!
La perspective du "déclassement" aidant, le recours à l'émeute pourrait devenir l'expression politique de certaines catégories de la classe moyenne... Et ça, ce n'est jamais bon signe!
Autre bel exemple de choix éditoriaux :

- Violence visible, les 20 victmes des intempéries dans le sud-est de la France.

- Violence invisible, les 22 victimes dans le bombardement d'un hôpital par l'aviation US.

Trois jours d'information en boucle, dans un cas. Quelques minutes dans l'autre.

Quand on nous montre des images de violence, un sain réflexe consiste à se demander :

De quelle violence veut-on détourner notre regard ?
C'est surtout que les pauvres directeurs, ces merveilleux costkillers, sont rémunérés très cher pour élaguer une partie des salaires, donc licencier les salariés, c'est probablement le contrat qui a été passé entre eux et les actionnaires, y compris l'Etat.

Justement parce qu'ils prennent des risques de cet acabit.
Ce sont les risques du métier.... Être des killers provoque forcément des réactions, donc on les paye grassement pour ça.

Alors le plaindre..... Il y a des limites à l'indécence.
Ils ne peuvent pas avoir la rolex et la passivité des salariés confrontés à leur licenciement..

Le salarié lambda, lui n'est pas destiné à être viré, son contrat ne le prévoit pas... Il est sensé travailler et par son industrie faciliter le profit de l'entreprise.
http://www.politis.fr/Air-France-salauds-de-grevistes,32573.html
Bonjour
A lire (et aussi à regarder et à écouter) cet article accès abonné de Martine Orange dans Mediapart sur l'ignoble individu qui est aux commandes chez Air France datant de mars.
Il a vraiment cherché la bagarre… et il l'a trouvée quoiqu'en pensent certains.
Violences visibles.
Violence de l'image?
Ou image de la violence?
C'est à dire, encore et toujours, spectacle de la violence, absente en tant qu'action, dont seul le résultat est mis en scène: la pathétique fuite au-dessus de la grille, torse-poil, du malheureux DRH qui avait oublié qu'il y avait une issue de secours dans la salle du CCE (ce que Fred Gagey, vieux de la vieille d'AF, savait, lui qui s'est gentiment tiré avant de s'en prendre plein la tronche).
Et quelques heures après, Xavier Broseta, se déclare "choqué et déçu".
Choqué, OK, on comprend.
Mais déçu?... Que sa chemise à 250 boules n'ait pas tenu le coup? Que son boss l'ait lâché discrétos face à la meute? Que les damnés de l'air à 1200 € par mois n'aient pas entendu son discours de raisonnable (ré)conciliation?
Et, finalement, de quelle violence cette image est-elle le nom?
Ici (i.e. sur le forum) on dit violence physique. Mouais... mais absente de l'image.
Là (idem) on évoque la violence sociale. Pareil, absente de l'image.
Alors du coup l'apprenti critique des médias se (re)pose la question de quelle violence parle-t-on?
Mais reprenons l'image. Pardon l'IMAGE, celle qui a fait le tour du monde des médias: la chemise à 250 boules arrachée. Bon. Mais la montre à 5000 boules, elle, intacte. Aperçue sur le bras nu de Xavier poursuivi par la horde sauvage, elle pérore, bien nette, sur l'image de la déception, voix tremblante mais absolvante ("je ne veux en aucun cas que l'opprobre soit jetée sur l'ensemble des salariés d'Air France" - ben manquerait plus que ça, dit le damné de l'air).
Alors peut-être que la violence de l'image elle est là, cachée dans une (grosse) montre à 5000 boules. Une montre que le CDB à 300 k€ aperçoit et apprécie lors des négos sur les heures sup pas payées, et que le damné de l'air il voit aussi (à la télé parce que c'est son syndicat qui parle avec la montre, en négo, pas lui) et qu'il se dit comme ça, in petto (enfin lui il sait pas que c'est in petto, n'est-ce pas, vu qu'il est juste violent de base) "putain le mec il a une Rollex à 500 boules, et il nous embrouille et nous prend la tête avec son plan B que j'ai plus de taf. Putain." .
Bon, je reconnais: dans l'image il n'y a pas le son, alors c'est moi qui fait le dialogue.
Mais, franchement, la violence de l'image, ne serait-elle pas dans ce qu'elle montre, justement, mais ne dit pas?
La violence des licenciements est la cause et la chemise déchirée la conséquence. Dans la grèce antique les porteurs de mauvaises nouvelles on les exécutait alors qu'ils ne se plaignent pas d'avoir eu quelques coups pied au fesses et la chemise déchirée vu leur salaire ils vont pouvoir renouveller leur garde robe sans problème. (là c'est mon coté tripes qui parle) mais bien sur les choses ne sont pas aussi simple.
Depuis 1974 systématiquement ceux qui tiennent les rennes du pais (pas toujours nos élus qui parfois font ce qu'ils peuvent, mais ceux qui tiennent le tiroir caisse discrètement loin des regards) détricotent les acquis sociaux ( Denis Keysseler dirigeant du medef et ex maoïste de la Gauche prolétarienne a formulé explicitement cette stratégie).
En moment il y a en france 10 millions de nos cons-citoyens qui sont dans une merde noire, 1 personne sur 6 c'est énorme non? Pour ce qui me concerne la violence de la réponse me gènerai uniquement si elle était contre productive.
Combien de morts et d'accidents du travail? combien de santé ruinées par les conditions de vie et de travail? Combien de familles à la dérive et de gamin(e)s sans soutien? Il faudrait faire la différence entre une violence organisée systématique et cynique et la réaction à la souffrance et au mépris.
Bien sur ce qui est épidermique est potentellement dangeureux ( on pense bien sur au FN) mais ce peut être aussi l'émergence de quelque chose de positif redresser la tête est dire NON à l'injustice. En tous les cas qu'on ne me demande pas de tirer dans le dos des travailleurs en mettant toutes les violences sur le même plan, car on fin de compte je trouve que les gens sont bien patients et conciliants.
En passant :
Sur l'image d'illustration de l'article, on voit au premier plan L'Opinion.
Comment se fait-il que ce journal que personne ne lit soit cité dans toutes les revues de presse? Et qu'ASI lui fasse de la pub? Cela aurait-il un lien avec ses actionnaires?
Je me demande si ces photos des cadres d'Air France sans chemise n'ont pas eu tellement de succès auprès de la presse anglo-saxonne parce qu'en anglais il y a une expression "to lose your shirt", souvent utilisée pour caractériser un risque lié à un investissement, qui veut dire en gros "être à la rue" ou tout perdre.

Et donc il y a un côté comique dans le fait de voir ces gars qui ont littéralement "lost their shirt".
pour fuir la colère des syndicalistes...

Une chose me gêne dans l'article , c'est cette confusion entre "syndiqués" et "syndicalistes" , voir même "manifestants" et "syndicalistes" .
Cette "confusion" ne contribue-t-elle pas au poncif de droite montrant le syndicaliste , couteau entre les dents , mangeant des enfants ?

Les mots perdraient-ils leur sens ?

De plus rien ne prouve que chacun des intervenants visible sur cette "action" soit porteur d'un mandat ou au minimum encarté !
La colère peut être partagée simplement par des salariés sans aucune carte !

Ce qui devrait inquiéter nos sphères de pouvoir , l'effritement des institutions au bénéfice du seul gouvernement pas le monde financier ne peut que mener à des réactions beaucoup plus "physiques" , mercure du "thermomètre social" ; le sifflet de la cocotte devrait interpeler nos élus , malheureusement nos joyeux rentiers , quitte à se brûler les doigts , s'échinent à en freiner la rotation afin d'en étouffer le son !

Bientôt la fureur ?
Je ne regarde pas la télé mais est-ce que Pujadas a demandé à la CGT d'appeler au calme ?
@ freuqo (entre autres)

Dom helder Camara

« Il y a trois sortes de violence.
La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

Nom de Zeus, il faut que j'aille pêcher chez les cardinaux.
Avec ce vent du Sud, j'ai perdu le Nord.
Qui sème le vent récolte la tempête ! Il faut que les PDG , le Conseils d'administration aient peur ! la peur doit changer de camp .
Il faut qu'ils sachent, que quand on lève la main pour voter un plan de suppression de postes , ce n'est pas voter pour supprimer des lignes sur un Bilan ou un compte de résultats , mais des familles derrière qui payent les pots cassés par des mauvais gestionnaires et des casseurs sociaux .

Moi je salue les syndicalistes qui ont choisi cette méthode pour montrer le chemin pour les ouvriers et salariés Français ou pas.
Je préfère ça que de se cacher derrière le bulletin de vote pour les fachos du FHAINE .

Réveillez-vous ! les acquis sociaux dont on bénéficient , n'étaient pas offerts par les patrons , il a fallu du sang et des larmes de nos parents et grands parents pour les avoir .
WAKE UP !
Que chaque PDG,que chaque actionnaire,que chaque DRH ,pense que cela lui arrivera un jour.
Merci pour ce 9/15. ça fait du bien.
Une idée pour pacifier enfin la société française : rendre l'adhésion à la CFDT gratuite et obligatoire pour tous les salariés.
L'occasion de revoir ce film Ressources humaines
ou encore celui-ci Violences ordinaires en milieu tempéré
Devant l'image de cadres dépouillés de leur chemise , nous étions nombreux hier à penser à la violence faite aux employés jetés à la rue de l'entreprise qu'ils ont enrichie par leur travail , et qui a permis à ces cadres (supérieurs) de toucher des salaires disproportionnés.

"Le coût pour la collectivité etc ...

C'est le moment pour les médias indépendants ( dépendants de la volonté des abonnés à ne pas se taire ) de "faire sauter le verrou médiatique" (article de Serge Halimi , Le Monde Diplomatique) .

"Or , en l'absence d'une résistance dans les salles de presse de plus en plus inquiètes et dépeuplées ou d'une législation contraignante , chaque concentration favorise la suivante .
...
En France , par exemple , six des dix principales fortunes nationales - la première , la cinquième , la sixième , la huitième , la neuvième et la dixième - sont désormais détenues par des propriétaires de presse .
...
Pourtant , dans ce secteur-clé qui conditionne à la fois l'information publique , l'économie , la culture , les loisirs , l'éducation , on peine à détecter la moindre stratégie politique qui s'emploierait à contrer le danger ".



Voilà qui nous change enfin des aventures de Ruquier à la houppe.

Merci
A comparer au traitement mediatique des manifestations d'agriculteurs organisee par la FNSEA, en general beaucoup plus violentes.
Magnifique critique des médias en tous genres...On a unanimement oublié de parler des appels au calme des syndicalistes qui voulaient arrêter les violences. Bien sûr, ils savaient à quel point elles nuisaient à la cause et ils se montraient "humains". Même sur Inter ce matin les propos tenus pendant la revue de presse ont été quelque peu corrigés.
Ajoutons à ça les vociférations des auditeurs appelés à réagir sur les radios populistes...inutile de les citer...celles qui vous gavent de pubs et d'âneries...Et l'opinion est formatée. La droite peut se frotter les mains puisqu'on lui fait un lit de roses.
Je serai toujours fasciné par ce pays où la violence physique est systématiquement mise sur le même plan, par certains, que la violence sociale.

La violence subie par les travailleurs d'air France n'est pas invisible. Elle n'est juste pas du même ordre. Dans un pays normal, perdre son emploi dans une compagnie qui s'écroule, c'est une épreuve difficile, mais ça n'a rien à voir avec le traumatisme d'une agression.

Sur un plan très différent, et sans commune mesure, ça rappelle lorsque les mêmes exprimaient leur surprise à voir l'Allemagne accueillir des syriens tout en refusant l'aide à la Grèce. Parce que pour certains, accueillir des gens qui fuient la guerre devrait se faire selon les mêmes principes que ceux guidant l'aide à un pays en crise touché par le chômage de masse.

Ça ne dit pas qu'il ne faut pas aider la Grèce, ou que les salariés d'Air France ne doivent pas manifester. Mais ça en dit long sur un pays qui a perdu tout sens de la mesure lorsqu'on y évoque le travail et le chômage.

Et de conclure sur une personne qui s'est immolée parce qu'elle avait des ennuis avec l'agence pour l'emploi… Et on s'étonnera que le débat s'hystérise, que la société se clive entre chômeurs sans espoir et inclus terrorisé à l'idée de perdre leur emploi…
Elle est longue, hein, et loin d'être exhaustive, la liste des violences invisibles. Il faudrait d'ailleurs dire plutôt "invisibilisées" (dommage, c'est moche), disons rendues invisibles, cachées, camouflées, méprisées.
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