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Les pubs BHV, ou la bêtise stylée

Qu'est-ce que la bêtise, la stupidité crasse, l'imbécillité définitive ? Difficile à dire, à cerner. Nous sommes toujours l'imbécile de quelqu'un et la bêtise, comme le bon sens de Descartes, est la chose la mieux partagée du monde. Aussi la trouve-t-on partout jusques et y compris au BHV, célèbre grand magasin parisien qui nous offre ces jours-ci un concentré de bêtise pure garantie 100% inoxydable. Explication.

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À propos du vite dit sur la campagne d'Amnesty International. Je suis tombé de ma chaise ( ouille ! ) et découvrant que l'autorisation de l'utilisation des images n'avait pas été demandée au trois personnes concernées. Montrer des visages défigurés en les volant, pour une association qui prétend défendre la dignité humaine, ça la fout mal !

La fin justifierait-elle les moyens ?

Merci pour cette info.
Allez, un petit Bazar Noir http://www.youtube.com/watch?v=841i137-CYg
[quote=Duchamp, cité par AK]une réaction d’indifférence visuelle, assortie au même moment à une absence totale de bon ou mauvais goût… en fait une anesthésie complète

Je trouvais au contraire ce "hérisson" très évocateur. De quoi, me direz-vous? Je sais pas trop, on pourrait le suspendre dans un jardin, avec des fruits ou des fleurs piqués dessus. Ou y mettre de petits perchoirs pour les oiseaux. Ou y suspendre des trucs qui cliqueraient dans le vent. Ou y asseoir les publicitaires. En tous cas, ya au moins deux commentateurs à qui ce truc donne des idées. J'aime beaucoup les petits bras de bébé tour eiffel, un peu moins (mais je salue l'idée) l'instrument de torture.

Hors sujet (mais pas complètement puisqu'il s'agit de disagne). J'avais été éblouie par un docu sur la création du Bic Cristal. Le seul design réussi à mon avis: un objet d'une simplicité émouvante, d'un coût de revient minime, d'une diffusion inégalée, d'une utilité incontestable, d'une durabilité phénoménale. Rien à voir, mais rien de rien, avec les objets coûteux, tarabiscotés et prétentieux qui ont ususrpé, bien vite, l'appellation.

Alain, vous devez bien avoir ça dans vos archives?
En fait c'est un complot néo-nazi:
En 1910 Alexander Gurvich introduit la théorie des champs morphogénétiques, reprise par Jung dans ses travaux sur l'inconscient collectif.
Les maîtres secrets du monde, toujours à l'affut de nouvelles théorie permettant de mieux contrôler les populations, ont adoptés cette théorie.
La logique est simple et imparable: Puisque le terreau fertile du nazisme est un esprit stupide (comme l'ont brillamment rappelés la philosophe Sophia Aram et le sage Claude Goasguen), déversons sur la population des tombereaux de bêtise et éliminons tous ce qui de près ou de loin ressemble à une pensée logique et argumentée. Grâce aux champs morphogénétiques, les populations seront contraintes de se plier à la bêtise ambiante, et donc d'amener l'avènement du 4ème Reich.
D'où cette avalanche de messages publicitaires où les hommes et femmes sont de parfaits crétins, les enfants des petits monstres égoïstes, ou l'intelligence se situe dans le slip ou le soutien-gorge, et la beauté dans un moteur V8 rutilant.
Coté médias, 98% des journaux est consacré à de l'insignifiant.
Coté art, c'est l'explosion du n'importe quoi, avec des galeries ressemblant à des décharges publiques. Pour limiter l'influence des artistes pré-débilité, on entoure leurs oeuvres de barrages sanitaires morphogénétiques style Pyramide du Louvre ou colonnes de Buren.
Coté chanson... Il suffit d'écouter un chanteur de Rap ou de la musique sérielle pour reléguer les œuvres majeurs de Mozart aux cabines d'ascenseurs.

Bref, c'est un complot.
D'ailleurs, pour avoir moi-même regardé par erreur une pub sur BFM-TV ce matin (celle ou le type se lève après 4 ans de sommeil pour regarder le foot à la TV), je suis contraint par ce champ à écrire les débilités ci-dessus.
le regard inspiré et la cravate de k mennour,c'est le fin du fin négatif du client conceptuel!
prochainement,la subversion publicitaire pour "choquer" incitera au vol dans les rayons du bhv, j'ai anticipé le message quand j'étais parisien,rayon bricolage et rayon beaux arts...c'était du gateau!
Je n'ai pas vu la campagne, mais ii me semble qu'il y a une certaine ironie dans cette pub, pas si hors de propos je trouve.

Promenez-vous à la FIAC et regardez ce qu'est l'art contemporain aujourd'hui, on est loin de Duchamp. (Cf : emission avec Mermet avec Franck Lepage à la FIAC : http://www.youtube.com/watch?v=l8qQ5piQYYg&feature=kp)

Je trouve les analyses de Mr Korkos toujours très précises, mais j'ai été surpris que celle-ci n'aborde pas cet aspect, ou au moins le mentionne.

Qu'en pensez vous ?
Cher maître Korkos,

En peinturlure et réclame,vous me scotchez souvent.

Mais le Vite-Dit du 23/06 du 23/06 "LA PRINCESSE ET L'INFANTE, OU LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITÉ" montre d'importantes lacunes en coiffure de petites filles.

" Les deux filles de Felipe VI (ou Philippe VI), qui portent la même robe et la même coiffure…" dites-vous

Bein, non, elles ne sont pas coiffées de la même manière !
La robe bleue a un serre-tête, alors que la robe rose a une tresse sur le côté droit.

D'autres photos où on voit mieux les coiffures ici.


Et pour aucune des deux ce n'est la coiffure de Marguerite-Thérèse d'Autriche en 1656 ( "coiffure quasiment identique" dites-vous) :
Elle, elle a les cheveux noués par un ruban du côté gauche ( donc raie à droite, alors que les deux autres ont une raie à gauche), et bouclés !

Alors, évidemment, si les cheveux lisses ou bouclés c'est la même chose, et si un serre-tête, un ruban et une tresse ne sont pas différents, on pourra s'accorder à dire qu'elles ont toutes les cheveux sur la tête...

Allez, une chronique sur les coiffures de petites filles pour la peine !
( je ne retiens pas comme excuse valable le fait que vous n'ayez ni tresse ni ruban ni serre-tête sous votre chapeau !)
Ah, l'art contemporain. Du coup je ressors mon Calvin et Hobbes :
http://tinyurl.com/p9e7o3x
"The most crucial career decision is picking a good "ism" so everyone knows how to categorize you without understanding the work."
C’est un bazar, au bout des faubourgs rouges :
Etalages toujours montants, toujours accrus,
Tumulte et cris jetés, gestes vifs et bourrus
Et lettres d’or, qui soudain bougent,
En torsades, sur la façade.

C’est un bazar, avec des murs géants
Et des balcons et des sous-sols béants
Et des tympans montés sur des corniches
Et des drapeaux et des affiches
Où deux clowns noirs plument un ange.

On y étale à certains jours,
En de vaines et frivoles boutiques,
Ce que l’humanité des temps antiques
Croyait divinement être l’amour ;
Aussi les Dieux et leur beauté
Et l’effrayant aspect de leur éternité
Et leurs yeux d’or et leurs mythes et leurs emblèmes
Et les livres qui les blasphèment.

Toutes ardeurs, tous souvenirs, toutes prières
Sont là, sur des étaux et s’empoussièrent ;
Des mots qui renfermaient l’âme du monde
Et que les prêtres seuls disaient au nom de tous
Sont charriés et ballottés, dans la faconde
Des camelots et des voyous.
L’immensité se serre en des armoires
Dérisoires et rayonne de plaies ;
Et le sens même de la gloire
Se définit par des monnaies.

Lettres jusques au ciel, lettres en or qui bouge,
C’est un bazar au bout des faubourgs rouges !
La foule et ses flots noirs
S’y bousculent près des comptoirs ;
La foule – oh ses désirs multipliés,
Par centaines et par milliers ! -
Y tourne, y monte, au long des escaliers,
Et s’érige folle et sauvage,
En spirale, vers les étages.

Là-haut, c’est la pensée
Immortelle, mais convulsée,
Avec ses triomphes et ses surprises,
Qu’à la hâte on expertise.
Tous ceux dont le cerveau
S’enflamme aux feux des problèmes nouveaux,
Tous les chercheurs qui se fixent pour cible
Le front d’airain de l’impossible
Et le cassent, pour que les découvertes
S’en échappent, ailes ouvertes,
Sont là gauches, fiévreux, distraits,
Dupes des gens qui les renient
Mais utilisent leur génie,
Et font argent de leurs secrets.

Oh ! les Edens, là-bas, au bout du monde,
Avec des glaciers purs à leurs sommets sacrés,
Que ces voyants des lois profondes
Ont explorés,
Sans se douter qu’ils sont les Dieux.
Oh ! leur ardeur à recréer la vie,
Selon la foi qu’ils ont en eux
Et la douceur et la bonté de leurs grands yeux,
Quand, revenus de l’inconnu
Vers les hommes, d’où ils s’érigent,
On leur vole ce qui leur reste aux mains
De vérité conquise et de destin.

C’est un bazar tout en vertiges
Que bat, continûment, la foule, avec ses houles
Et ses vagues d’argent et d’or ;
C’est un bazar tout en décors,
Avec des tours, avec des rampes de lumières ;
C’est un bazar bâti si haut que, dans la nuit,
Il apparaît la bête et de flamme et de bruit
Qui monte épouvanter le silence stellaire.

Émile VERHAEREN
Recueil : "Les Villes Tentaculaires"
On n'y comprend rien, à partir d'un certain degré de bêtise.
J'aimerai pouvoir dire que tout ce que je ne comprends pas est bête, mais la double hélice d'ADN, les paradoxes mathématiques de ceci cela, l'élasticité du temps (time pas weather).
Je ne connais que Ambroise Vollard comme galeriste, et c'est tout récent.

J'aime beaucoup le porte-bouteille, on dirait la tour Eiffel. Un peu en transe, avec tous ces petits bras de bébé tour eiffel qui m'implorent. Effectivement il est exposé au sous-sol quand on sort du parking, à côté des bouchons en liège et des cartons de déménagement (le chariot plat est pas cher).
ce ne sont que des fabricants de fringues ou d'étagères, on est très loin de l'art contemporain.

Le "que" de cette phrase implique une verticalité qui vient très naturellement en France mais qui personnellement me consterne. Je me rappelle d'un designer de voiture qui venait des hallucinants prototypes les plus pointus mais qui expliquait que c'était infiniment plus intéressant de designer la R5, parce qu'elle allait être utilisée massivement. Même sur le seul plan de la création, l'Art Moderne est culturellement connecté au design et à la mode, et il en profite en ce que ceux ci font évoluer l'oeil du public qui revient avec plus d'acuité à la suite sur l'art moderne. A mon sens c'est une grande chaine culturelle et il n'y a pas de maillon plus ou moins indispensable qu'un autre, simplement des maillons qui prennent leur role à coeur et d'autres qui branloutent gentiment. Quand à la pré éminience de l'artiste, ça plait peut être à certains d'entre eux mais ça me semble largement un truc de critique, ou comment légitimer sa fonction en amplifiant le poids symbolique de l'objet qu'elle étudie.
Souligner la bêtise du BHV et de ses publicitaires, d'accord. Mais vous semblez bien indulgent avec ce Kamel Mennour qui est pour le moins complice de l'imbécillité et qui a dû percevoir une quelconque contrepartie à la diffusion de sa trombine.
Au contraire, la pub. est extrêmement ciblée et intelligente. Il s’agit de dire au client : « si vous allez au BHV vous faites, quelque part, un peu, partie de l’élite culturelle. » C’est totalement faux, mais ça en donne l’illusion. Quelque part, c’est la même chose que le vernissage : il ne s’agit pas d’aller au BHV mais de dire aux autres « je vais au BHV ». Idem pour l’inconnu sur la photo.

On parie combien qu’il y aura du monde pour tomber dans le panneau ? S’ils poursuivent cette stratégie publicitaire sur quelques années…
Pour un esprit mal tourné comme le mien, le porte-bouteilles de Duchamp paraît tout droit sorti du musée des instruments de torture médiévaux de Rothenburg -ob-der Tauber.https://www.google.fr/search?q=rothenburg+museum+of+torture&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=NX2pU7XrG--X0AWAnIDICw&ved=0CAYQ_AUoAQ&biw=1440&bih=764https://www.google.fr/search?q=rothenburg+museum+of+torture&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=NX2pU7XrG--X0AWAnIDICw&ved=0CAYQ_AUoAQ&biw=1440&bih=764
IL me semble que du tube de couleur au tableau terminé, il y a du chemin, alors que de l'égouttoir du BHV à l'égouttoir de Marcel Duchamp, la différence est dans la tête du spectateur. Surtout si il ne voit pas la signature.
Bravo, Mr Korkos, de faire une spéciale sur la bêtise crasse, nullité de BHL, le BHV de la pensée, reconnu mondialement comme le refuge des faux philosophes de pacotilles payé très cher par le peuple pour l'élite. IL me semble pourtant que le triste sir habite le quartier de saint-germain des prés non ?

Le quartier des marais semble assez populaire et je crains que ces trois lettres phare de la connerie humaine ne soit pas à son gout ...Heu Me serais-je trompé de chronique ? ...Ou est passé le Café de Flore ? OMG !

Scusy je m'a trompé de forum...Pardon Mr Korkos toutes mes confuses; vous qui vous donnez tant de mal pour instruire les pôvres asinautes que nous sommes...je sors bien sur ..
Et en plus elle est moche et illisible. Blanc sur blanc, jaune sur beige. Je crois que je n'aurais pas fait pire.
Prétendre que le Porte-boutetilles (1914) est le premier ready-made, c'est surtout un gros mensonge: ce fut La Roue de bicyclette ( 1913 ).

L'artiste en parle lui-même très bien ici : Marcel Duchamp à propos du "ready-made"

Enfin, il y a bien des historiens de l'art pour prétendre que la Fontaine ( "l'urinoir" sic ! ) est un autoportrait ! J'en pisse encore de rire.
En voyant ces pubs, nombreuses à la station Châtelet, je n'ai pas pensé "bêtise" mais "nullité".
Mais bon, c'est ce que je pense de 80 % des pubs quelles qu'elles soient.

Et cette question sans fin pour moi "comment des gens peuvent-ils accepter de payer pour ça ?" (ces pubs)
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