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Les gaz de schiste, dans le trou noir de l'info ?

C'est l'histoire d'un sujet souterrain : le gaz de schiste. Derrière ce terme se cache une forme de gaz naturel enfoui en profondeur et qui nécessite pour être extrait des techniques coûteuses et polluantes. Pionniers depuis dix ans, les Etats-Unis sont devenus en 2009 le premier producteur de cet hydrocarbure, devant la Russie. En France, Jean-Louis Borloo, alors ministre du Développement durable, a délivré en mars 2010 des autorisations à différentes compagnies pour explorer les sous-sols français, notamment dans le Sud-ouest. De l'huile de schiste (pétrole brut prisonnier dans les roches mères) serait également présente dans le sol français.

Derniers commentaires

C'est donc demain que la discussion au sénat sur la loi visant à autoriser la fracturation hydraulique en faisant croire qu'elle l'interdit va être discutée
http://www.actu-environnement.com/ae/news/gaz-schiste-rapport-parlementaire-desccord-ps-ump-12728.php4
il est peut-être encore temps d'envoyer un mail à ses sénateurs
https://sites.google.com/site/antigazethuiledeschiste/actions/lettre-aux-senateurs
extrait de là-bas si j'y suis d'aujourd'hui :
http://www.youtube.com/watch?v=I6OBUIOjtTE&feature=channel_video_title
« ENERGIES POUR LA PLANÈTE
CONVERGENCE CITOYENNE POUR UNE TRANSITION ENERGÉTIQUE
Cévennes – 26-27 & 28 août 2011
À l’initiative de la Coordination nationale des collectifs contre le gaz de schiste, en partenariat avec les réseaux militants nationaux et internationaux, luttant pour un autre avenir énergétique. »

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1136
Désolé de remonter ce vieux sujet, même si il est toujours largement d'actualité, mais je ne vois pas d'endroit mieux adapté.
Cet immense mouvement citoyen, qui a finalement abouti à une loi retoquée pour cause d'intervention des lobbys pétroliers, a été largement récupéré par les politiques de tous bords, à commencer par les écolos et en particulier monsieur Hulot vers qui tous les journalistes se tournent comme un seul homme dès qu'il apparait quelque part, au mépris des vrais et sincères manifestants :
un petit sujet édifiant sur LCI : http://www.wat.tv/video/gaz-schiste-loi-emoi-vert-3o9q7_2exyh_.html
Encore bravo Elisabelle ;-)
http://www.montpellier-journal.fr/2011/02/gaz-de-schiste-revue-de-presse-n%C2%B04.html
Il en a été question chez Mermet le février sur France Inter avec le réalisateur de GAZLAND.
si j'ai bien tout comprendu, le gaz sera exploité par une entreprise créée spécialement apr les [s]trabelsi[/s] balkany ?

Habib
Pour compléter le sujet, des chercheurs de l'Université de Montpellier 2 publient sur le site de l'université un communiqué à la fois précis et concis au sujet des gaz de schistes.

[ Lien vers le communiqué ]
Lien vers le texte du communiqué, en PDF: [ PDF ]

Il s'agit du point de vue de chercheurs spécialisés dans le domaine des géosciences. Ces experts indépendants décrivent la technique d'hydrofracturation, le contexte géologique des gisements du Sud-Est de la France, et mettent en garde sur les impacts environnementaux liés à l'exploitation des gaz de schiste.

Ils pointent notamment la vulnérabilité d'un certain nombre de sites dans le Sud-Est de la France, du fait de la forte fracturation préexistante des roches visées par l'exploitation: dans ces conditions, les gaz et les nombreux produits chimiques relâchés par l'hydrofracturation peuvent très rapidement polluer les nappes phréatiques. Les aquifères mentionnés dans le communiqué (Basse Ardèche, Garrigues de Nîmes, d'Uzès, de Montpellier, causses du Larzac, etc) constituent la "première ressource régionale d'alimentation en eau potable (AEP)".
Qu’est-ce que cette foreuse fait dans mon jardin ?
Le gaz de schiste. Vous entendez ce bruit, partout en France ? C’est le bruit de leur inquiétude. Celle qui a surgi, tout à coup. Parce qu’ils l’ont appris dans le journal : des permis d’exploration pour chercher du gaz de schiste ont été accordés. Pour en chercher où ? Juste sous leurs pieds. Des vieux routiers de l’écologie politique, jusqu’aux agriculteurs, en Ardèche, en Aveyron... on se mobilise. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de gaz de schiste ?
Un reportage d’Inès Léraud
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2115
Encore beaucoup de liens et de nombreuses vidéos ici :
http://www.st-guilhem-le-desert.fr/reportages_video_gaz_schiste-p171.htm
et la 3ème revue de presse là :
http://www.montpellier-journal.fr/2011/02/gaz-de-schiste-revue-de-presse-n%C2%B03.html
à 4:50 http://www.dailymotion.com/video/xh5uwl_jose-bove_news#from=embed
Je viens de me rendre compte que le lien est le blog d'Alain Soral...Sans autre intention que d'informer. le contenu de l'article me paraît intéressant en tout cas
Bonjour,
Je profite que le thème de l'énergie soit abordé pour attirer l'attention sur la loi nome, qui achève de redistribuer à la "libre concurrence des marché privée" une entreprise d'état, EDF, dont le statut était jusqu'en novembre 2008 "Établissement public à caractère industriel et commercial" (EPIC), pour devenir "une société anonyme à capitaux" publics le 19 novembre 2004 (merci wilki)

Voici un lien qui résume bien l'histoire : http://www.egaliteetreconciliation.fr/EDF-Loi-NOME-holdup-sur-l-energie-5509.html

Après avoir un peu tourné sur le site, j'ai rien trouvé d'autre que l'histoire Proglio. Je ne sais pas si le message sera repéré par l'équipe, mais je pense que ça vaudrai le coup de faire un dossier sur la politique de démantèlement de nos services publiques poussée par l'UE, sous le prétexte de libre concurrence....mais quand c'est publique, ce concepts n'existe pas et n'a pas lieu d'être ! Enfin moi c'est ce que je pense, au final donner l'électricité produite avec les centrales payées par le contribuable, ou donner le sous sol national aux privés, ça suit presque la même logique non?

C'est un ami d'EDF qui m'a informé par mail, il y était aussi question de compteurs à changer à la charge des particuliers (300e) d'où l'utilité de ne pas signer puisqu'on a rien demander..;
Bon la logique était celle là, moi je suis pas journaliste, mais si faire tourner l'information peu servir....
« Du pétrole ou du gaz sous les vignes ? »
http://www.midilibre.com/articles/2011/02/21/A-LA-UNE-Du-petrole-ou-du-gaz-sous-les-vignes-1545005.php5
« Le Conseil syndical du Parc naturel régional du Luberon demande au gouvernement de ne pas donner suite à une demande de permis d’exploration de gaz de schiste... »
http://www.developpementdurablelejournal.com/spip.php?article7505
Cet article est certes intéressant mais fait l'impasse sur quelques unes des raisons pour lesquelles le sujet est tellement stratégique pour les grandes sociétés pétrolières:

(1) La tendance de fond dans l'industrie est la nationalisation des réserves par les pays producteurs. Les gros opérateurs voient donc leurs réserves prouvées fondre, et ont de plus en plus de mal à trouver / exploiter des gisements dans les pays qui assuraient jusque là leur fond de commerce. Avoir des ressources disponibles dans des pays riches et (à priori) stables est donc du pain béni.

(2) LE gros avantage des gaz de schiste est justement leur localisation géographique: que ce soit aux Amérique du Nord ou en Europe, ils sont proches des consommateurs - autant de moins en frais de transport, donc...
Merci pour cet article.
Il y a cependant une erreur selon moi : dans la première partie, vous écrivez :
"Toutes ces informations sur le gaz de schiste sont issues des différents articles publiés sur le sujet depuis décembre (soit neuf mois après le début des explorations) notamment dans Le Monde, Libération et le site d'information Owni."
Or, il me semble qu'en mars 2010 ont été signé les permis d'exploration, mais les explorations en elles-même n'ont pas eu lieu.
Le dernier article de Fabrice Nicolino refait le tour de la question.
Il semble en effet urgent d'obtenir la liste exhaustive des permis réellement octroyés, ainsi que celle des heureux bénéficiaires. Dont, en effet, une certaine "Toréador" où sévirait Julien Balkany, demi frère de Patrick.
Autre liste exhaustive à exiger, celle des additifs chimiques dont on agrémente l'eau destinée à la fracturation hydraulique. Le secret industriel a bon dos.
Et, ce ne serait pas de trop, la liste de toutes les personnes, techniciens, conseillers, élus, gouvernants impliqués dans ces exploits souterrains au sens propre et au figuré. Qui sont tous ces gens qui font bon marché de nos droits et de nos vies?
Bien que le sujet ne s'y prête pas trop, c'est souvent dans ce cas qu'il faut en rire. Eric LaBlanche a fait une zolie analyse haute en couleurs (vert et rouge) sur ce sujet sur le blog de Globalmag. Très très drôle (je trouve).

Sur le fond, il mentionne la présence d'un certain Balkany, Julien : c'est quoi cette histoire ?
Merci Ania pour ces informations vraiment importantes que je me permets de remettre dans ce message tant elles me paraissent INCROYABLES !!

"Très exactement, celui qui a préparé et supervisé le permis dit de Nant, porte un nom. Il s’appelle PIERRE-MARIE ABADIE, le directeur - à l’époque - de l’Énergie au ministère de l’Écologie, ingénieur-en-chef des Mines. Par délégation de l’autorité de Borloo, il a en effet signé ce document." (Fabrice Nicolino)

''le 20 janvier, le Président de la République, le Premier ministre, la ministre de l'Economie, la ministre de l'Ecologie, le ministre de l'Intérieur, le ministre chargé de l'Industrie et la ministre de l'Outre-mer ont signés une ordonnance visant à ''moderniser et simplifier les dispositions applicables aux exploitations minières en veillant à leur intégration dans l'environnement et à l'association des parties prenantes dans l'attribution des titres miniers'', précisant que ''le NOUVEAU CODE MINIER facilitera la valorisation des ressources du sous-sol français''.

"Selon Cap21, l'ordonnance aurait dû être soumise au Parlement pour ratification conformément à l'article 38 de la Constitution, ce qui n'a pas été le cas, mais surtout, elle ne renforce pas le cadre de l'exploitation contrairement aux déclarations de NKM, au contraire elle SIMPLIFIE LA VIE des explorateurs, allège considérablement les dispositions concernant les garanties applicables en cas d'exploitation du sous-sol pour l'exploitation du gaz de schistes notamment, et ''NE RESPECTE PAS LA CHARTE DE L'ENVIRONNEMENT, la convention d'Aarhus (droit à l'information du public) et le principe de précaution''.

EH BIEN BON COURAGE !!!
Il manque deux informations importantes dans cet article, bien documenté par ailleurs :

La mission sur les gaz et huiles de schiste a été confiée conjointement au Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) et au Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), "afin d’éclairer le gouvernement sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des hydrocarbures de roche-mère (gaz et huiles de schiste)".
Qui sont ces organismes ? Il s’agit de ce que l’on appelait avant « les Mines » et les « Ponts et chaussée ». Ce sont des ingénieurs (polytechnique, Ecole des mines). C’est le Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies qui a décidé de l’exploitation des GdS, comme ils avaient décidés du nucléaire. Ils ont promis l’indépendance énergétique au gouvernement.
C’est eux qui ont « préparés » les permis d’exploitation paraphés par Borloo.
"Très exactement, celui qui a préparé et supervisé le permis dit de Nant, porte un nom. Il s’appelle Pierre-Marie Abadie, le directeur - à l’époque - de l’Énergie au ministère de l’Écologie, ingénieur-en-chef des Mines. Par délégation de l’autorité de Borloo, il a en effet signé ce document." (Fabrice Nicolino)

En même temps qu'on nous endort avec un report de quelques mois des travaux d'explorations et une mission bidon, se fait en douce la refonte du code minier :
le 20 janvier, le Président de la République, le Premier ministre, la ministre de l'Economie, la ministre de l'Ecologie, le ministre de l'Intérieur, le ministre chargé de l'Industrie et la ministre de l'Outre-mer ont signés une ordonnance visant à ''moderniser et simplifier les dispositions applicables aux exploitations minières en veillant à leur intégration dans l'environnement et à l'association des parties prenantes dans l'attribution des titres miniers'', précisant que ''le nouveau code minier facilitera la valorisation des ressources du sous-sol français''.

Selon Cap21, l'ordonnance aurait dû être soumise au Parlement pour ratification conformément à l'article 38 de la Constitution, ce qui n'a pas été le cas, mais surtout, elle ne renforce pas le cadre de l'exploitation contrairement aux déclarations de NKM, au contraire elle simplifie la vie des explorateurs, allège considérablement les dispositions concernant les garanties applicables en cas d'exploitation du sous-sol pour l'exploitation du gaz de schistes notamment, et ''ne respecte pas la Charte de l'environnement, la convention d'Aarhus (droit à l'information du public) et le principe de précaution''.
Excellent travail de synthèse Sébastien !

Etant abonné au Monde (personne n'est parfait) j'avais lu ce dossier dans Le Monde Mag et fait suivre autour de moi via internet. Je me souviens notamment de l'assurance, pour ne pas dire l'arrogance, avec laquelle les éventuels "exploiteurs/exploitants" balayaient les réticences, obstacles et possibles difficultés techniques avancées par les journalistes enquêteurs. En gros c'était "pas d'inquiétude, techniquement on sait faire, la science et la technique sont au service du progrès..."

Toutes proportions gardées, j'ai personnellement entendu le même refrain, la même rhétorique, lorsqu'il a fallu se battre contre la première version d'un projet pharaonique nommé CDG Express, qui prévoyait dès 2000, de creuser un tunnel de plusieurs dizaines de km sous une demie-douzaine de communes du 93 et du 77 pour relier la gare de l'Est et l'aéroport CDG Roissy en 20mn. Au nom du progrès là aussi (et du prestige !) les technocrates de RFF, de la SNCF et du ministère de l'Equipement envisageaient tranquillement de claquer plus de 600 millions d'euros afin de faire passer des tunneliers sous des habitations, dans des couches géologiques instables (jugées inconstructibles du fait de la présence de fontis dans certaines zones), au risque de perturber l'équilibre des nappes phréatiques, sans parler des risques de bruits solidiens provoqués par le passage de 8 navettes cadencées tous les quart d'heures et se déplaçant à 150km/h.
Fort heureusement la forte mobilisation des populations et des responsables locaux concernés a imposé la tenue d'un débat public qui a évité le pire, faisant évoluer le projet vers une variante alternative plus consensuelle, plus utile à tous et moins coûteuse.

Nous nous plaignons et nous inquiétons de la dictature des oligarques mais celle des technocrates n'est pas mal non plus !
L'espèce humaine (ou, au moins, nos cultures occidentales) avaient deux voies de disparition : la crise énergétique et le désastre écologique.

Ce qui est amusant, c'est que au prétexte de fuir l'une (et de s'en mettre plein les poches), des avides vont précipiter l'autre. En fait, je nous vois assez mal partis !

Bienvenue dans l'ère des dernières générations !
Il semble qu'un article de Hervé Kempf paru dans Le Monde des 21-22 mars 2010 (il annonçait la parution prochaine au JO des permis d'exploration) a échappé à votre minutieux recensement : http://reporterre.net/spip.php?article1025

Il faudrait peut-être aussi insister sur (et saluer) l'activisme de Fabrice Nicolino, qui a été l'un des premiers en France à soulever les problèmes environnementaux liés à l'exploitation du gaz de schiste. Voir sur son blog la catégorie idoine http://fabrice-nicolino.com/index.php/?cat=46 et la pétition qu'il a lancée début janvier en compagnie de José Bové et d'autres http://www.petitions24.net/signatures/gaz_de_schiste__non_merci/ (environ 50000 signatures à ce jour).

Par ailleurs, ce sujet est très chaud au Québec, comme on peut le constater par exemple dans la presse locale http://www.ledevoir.com/politique/quebec/294900/gaz-de-schiste-la-pression-monte ou plus généralement avec les tendances Google http://www.google.com/trends?q=gaz+de+schiste&ctab=0&geo=all&date=ytd&sort=0

Enfin, je confirme le grand intérêt de Total pour ce gaz non conventionnel, qui s'interroge sur son avenir post pic pétrolier.

Enfin, je confirme le grand intérêt de Total pour ce gaz non conventionnel, qui s'interroge sur son avenir post pic pétrolier.

Ils le confirment eux-même, par exemple ici sur Inter à la moitié de l'émission à 25' (lien MP3)
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11548-05.02.2011-ITEMA_20267432-0.mp3

Je rappelle également qu'un ancien abonné d'@si avait lancé l'alerte dans les forums fin décembre http://www.arretsurimages.net/forum/read.php?3,1129845,1129910#msg-1129910
Préambule à mon intervention: je suis géologue dans une société de services pour les compagnies pétrolières. Je n'ai aucune expérience dans l'exploitation des hydrocarbures non-conventionnels. C'est un sujet dont on parle beaucoup dans le milieu depuis 4-5 ans, mais pas du point de vue environnemental: je n'ai appris que récemment et par la presse que l'exploitation de ces hydrocarbures posait plus de problèmes environnementaux que l'exploitation conventionnelle.
Ceci étant posé (conflit d'intérêt, relative ignorance du sujet) je tiens cependant à apporter quelques précisions et clés "de l'intérieur", aussi objectives qu'il m'est possible, pour une meilleure compréhension du sujet, parce que j'ai lu pas mal de bêtises ou simplifications abusives dans la presse. L'article d'@si est d'ailleurs assez bon dans le sens où je n'y ai pas relevé d'erreurs.
- On parle souvent d'exploitation non-conventionnelle dans le monde pétrolier. Ce n'est pas une volonté, je pense, de cacher ce dont il s'agit. Cela recouvre l'exploitation de gaz de schistes mais également de gaz se trouvant dans des grès très peu perméables. Les schistes sont des roches imperméables et certains grès le sont aussi. Le terme est utilisé par opposition aux réservoirs conventionnels se trouvant dans des grès (du sable compacté en roche pour simplifier) ou des roches carbonatées perméables.
- La fracturation hydraulique est indispensable à l'exploitation non-conventionnelle. Il s'agit de casser la roche par injection de fluides (eau et produits chimiques) à très haute pression, afin de la rendre plus perméable. La technique n'est pas exclusive au non-conventionnel. Elle est déjà utilisée couramment pour d'autre types de réservoirs afin de les "stimuler". Un puits coute très cher et il existe différentes techniques pour en maximiser le rendement notamment si la roche réservoir a une perméabilité localement insuffisante, et la fracturation en est une.
- Au sujet de la pollution des nappes phréatiques, je ne connais pas du tout le contexte géologique des gisements de gaz de schistes américains, cependant je peux affirmer les choses suivantes: pour qu'il y ait pollution, il faut que les schistes soient fracturés sur toute leur épaisseur jusqu'à les mettre en communication avec une roche perméable elle-même liée à la nappe. Donc la pollution des nappes n'est pas certaine. Cela peut dépendre de l'épaisseur de la couche de schistes exploitée et de ses relations avec les couches contenant les nappes. A ce sujet, il faudra faire très attention aux études géologiques et études d'impact qui seront faites sur les permis en question, mais peut-être la situation américaine n'est elle pas représentative des éventuels gisements français.
- Sur la distinction entre exploration et exploitation, NKM a raison dans le sens où les permis délivrés sont des permis d'exploration et qu'ils ne permettent pas de forer des puits d'exploitation. Pour l'instant ces gisements sont complètement virtuels en France. Les titulaires des permis ont plus ou moins d'indices les portant à croire que les régions explorées recèlent des gisements de gaz de schistes. Le permis d'exploration doit permettre de faire quelques forages afin de voir si on trouve le fameux gaz de schistes et à partir des données apportées par les forages et d'autres études et relevés de terrain d'évaluer s'il est économique de les exploiter ou non. Dans les critères économiques, le risque environnemental est à prendre en compte. Le forage d'exploration peut donner lieu à un bref test de production, auquel cas il y aurait fracturation hydraulique. Leur nombre étant limité, la quantité de produits injectés à cette occasion ne me semble pas préoccupante. Si le projet est évalué comme économiquement rentable, la compagnie devra demander et payer un permis d'exploitation, en fournissant entre autres des garanties au niveau environnemental. Dans le cas où celui-ci serait accordé alors on change d'échelles avec un nombre de puits beaucoup plus important et des fracturations dans chacun de ces puits, qui pourraient être répétées si on se rend compte que les fractures se referment.
Bien entendu, au delà des problèmes de contamination de nappes il reste l'impact sur le paysage, les camions, la source de l'eau injectée (pas forcément prise dans les nappes superficielles qui constituent les sources d'eau potable)...
Juste une question au géologue : quel est l'impact en terme de risques sismiques de ces forages? En sachant qu'il semble que l'exploitation du gaz de Lacq ait engendré des secousses (certes minimes) en Aquitaine.
PS : merci pour cet article récapitulatif.
Les secousses dont vous parlez sont liées à la compaction des roches. En soutirant du gaz, il y a une baisse de pression du réseau de pores du réservoir et sous l'effet du poids des terrains se trouvant au dessus, les pores sont écrasés. Comme cela se fait par à-coup, cela provoque quelques secousses sismiques.
Avec un certain nombre de réserves parce que cela ne relève pas de ma spécialité, ce comportement est lié à la compressibilité des roches contenant la ressource exploitée et il me semble me souvenir que les schistes en question sont très peu compressibles.
Non à l'engazage des ingénieurs pas géniaux dans le civil.

« Ce n'est pas une volonté, je pense, de cacher ce dont il s'agit. » Bien sûr que non! C'est vrai que nous sommes habitués avec le nucléaire et le pétrole aux nuages arrêtés par les frontières, aux accidents non déclarés, aux nappes de pétrole qui disparaissent comme par magie dans la mer qui avale tout.

« Donc la pollution des nappes n'est pas certaine. » Mais dans le cas où il y en a quand même, voir Gasland.

« mais peut-être la situation américaine n'est elle pas représentative des éventuels gisements français ». p'tête ben qu'oui, p'tête ben qu'non.

« Le forage d'exploration peut donner lieu à un bref test de production, auquel cas il y aurait fracturation hydraulique. Leur nombre étant limité, la quantité de produits injectés à cette occasion ne me semble pas préoccupante. » Alors! Si ça ne préoccupe pas l'ingénieur « géologue dans une société de services pour les compagnies pétrolières » (ton honnêteté te perdras), pourquoi le clampin ignare devrait-il s'inquiéter?

« Si le projet est évalué comme économiquement rentable, la compagnie devra demander et payer un permis d'exploitation, en fournissant entre autres des garanties au niveau environnemental. » Et on y croit. La main sur le cœur! (comme dirait Arnaud Romain)

« Bien entendu, au delà des problèmes de contamination de nappes il reste l'impact sur le paysage, les camions, la source de l'eau injectée (pas forcément prise dans les nappes superficielles qui constituent les sources d'eau potable)... » Non, pas forcément. Et NKM y veillera.

T'as pas honte?
Mon intervention avait pour but de donner quelques clés et informations "de l'intérieur", essayez d'en profiter. Je comprends vos préventions liées à aux scandales auxquels vous faites allusion. Je suis moi-meme très méfiant depuis que j'ai appris, par la presse, et non de l'intérieur, l'ampleur des problèmes environnementaux soulevés dans Gasland.

Je maintiens que je ne vois pas d'enfumage dans le vocable non-conventionnel, c'est purement technique.

En ce qui concerne le reste, la géologie est un domaine complexe où ce qui est vrai dans une région ne l'est pas dans une autre. Pour se prononcer il faut une bonne connaissance de ces régions que je n'ai pas, ni pour les régions concernées par les permis français, ni pour les gisements évoqués dans Gasland. Les gisements français seraient à 3000m de profondeur, ce qui est considérable, et une des problématiques à résoudre, de la part des industriels, des pouvois publics et des opposants est de savoir si l'exploitation va mettre les gisements en communication avec les nappes superficielles. Alors oui, Ptet'ben qu'oui, ptet'ben qu'non, c'est la réponse classique d'un géologue avant une étude, et souvent après aussi car il peut-etre difficile d'appréhender ce qui se passe dans des terrains profonds auxquels vous n'avez accès que par des données ponctuelles ou indirectes. J'ai déjà vu dans ce meme forum (plus bas) un lien vers une opinion scientifique à prendre en compte sur la zone puisqu'elle vient de l'université de Montpellier où les géologues connaissent la région de manière certainement privilégiée: il existe déjà des fractures naturelles dans les terrains de la région et la fracturation hydraulique pourrait (cela demeure un risque, à étudier plus avant) mettre en communication les gisements avec les nappes. Soyez surs que les titulaires des permis étudieront cette possibilité et les moyens techniques à leur disposition pour éviter que cela n'arrive, et tout l'enjeu pour les opposants sera de comprendre dans quelle mesure ces études seront influencées et valides. Vous savez, ils n'ont pas non plus envie de devoir payer des milliards de dommage et intéret dans le futur et ils doivent tenir compte de cet énorme risque. Ils raisonnent beaucoup en termes de risques. Les opposants doivent faire en sorte qu'ils sur-évaluent ce risque plutot que le contraire.

Pour revenir à la différence exploration/exploitation, vous devez comprendre que l'échelle n'est pas du tout la meme. Un puits coute cher et les puits d'exploration, dont on n'est pas sur qu'ils rapporteront dans le futur, sont destinés à établir la présence d'une quantité exploitable ou non et apporter un minimum de données pour planifier (ou non) une exploitation. Les compagnies pétrolières en forent le strict minimum. Ils ne donnent pas droit à exploiter commercialement l'éventuel gisement, ce qui dépend d'une nouvelle demande de permis. Donc je répète avec une certaine confiance que la seule phase d'exploration, meme s'il y a forage, n'amènera pas ce qui est décrit dans Gasland.

Pour conclure, dans la mesure où je cherche à comprendre, à passer quelques miettes de savoir à ceux qui sont intéressés par le sujet et où je suis conscient d'une certaine schizophrénie entre le citoyen et l'employé que je suis, non je n'ai pas honte.
Dont acte, sans compassion.
Merci pour cet article de Sébastien Rochat sur un sujet éminemment important malgré une certaine confidentialité des autorités sur cette folie environnementale qu' est l' exploitation du gaz de schistes par fracturation hydraulique.Allez visionner de toute urgence le documentaire de Josh Fox, "Gasland", disponible sur toutes les plateformes vidéo et qui rend compte du désastre que cette technique d' extraction engendre aussi bien sur l' environnement que sur la santé des êtres vivants, humains compris.
Voici le genre d' effets que les adjuvants chimiques indispensables à cette technique engendre, outre la destruction du paysage :
-Nappes phréatiques polluées notamment par le gaz, eau du robinet qui s' enflamme!! C' est pas une blague.Obligation d' acheter de l' eau.
-Habitants qui respirent un air bien plus pollué qu' en ville alors qu' ils habitent en pleine nature dont les résultats sont migraines, neuropathie, paralysie, perte du goût et de l' odorat.
-Des animaux domestiques qui perdent leurs poils et meurent à petit feu.
-Des milliers d' oiseaux morts et de poissons sauvages retrouvés morts sur des dizaines de kilomètres de rivières.
ETC....
Il faut noter qu' aux états-unis les zones d' exploitation concernent des dizaines de milliers de puits s' étendant sur des dizaines de milliers de kilomètres carré, l' homme à l' origine de la déréglementation sur la protection de l' eau datant de Nixon (pourtant pas vraiment philanthrope ou écolo) n' est autre que Dick Cheney, en 2005.
Je ne suis pas un militant écolo, mais quand on voit ce film (Gasland), on a envie de pleurer.Il faut absolument faire tout ce qui est possible pour éviter ça en France et partout ailleurs dans le monde, car on va vers notre propre destruction avec ce genre de "solutions".
Super article! Un vite dit (visible par tous) sur la récente modification du code minier serait parfait.
[quote= Quant aux autres, ceux qui ont déjà obtenu l'autorisation de travaux comme la société Toreador Energy France à Doué (Seine-et-Marne), ils ont accepté d'attendre le rapport pour reprendre leurs opérations.]

S'ils ont accepté aussi facilement, c'est qu'on leur a sans doute dit que ce rapport leur sera favorable. Avec le temps et un peu de com' on peut faire passer n'importe quoi au nom de tous les idéaux et mythes productivistes.
Très bon article Sébastien Rochas...On a attendu un ptit moment mais le résultat est excellent !

Question !

Lors de son dîner du 13 janvier 2011(relayé par les médias) avec Jean Louis BORLOO,

est-ce que "l'indécis" et "potentiel" candidat aux présidentielles Nicolas HULOT, a abordé le sujet du Gas de Schiste....,???

Je rappelle que selon un " sondage" récent.....N.HULOT serait le meilleur candidat écolo pour 2012 et d'après le JDD qui relatait la rencontre

du 13 janvier 2011, il serait depuis longtemps en très bonne relation avec JL.BORLOO , le Ministre de l'écologie qui a signé en catimini en

mars 2010 les autorisations d'exploration en France...

Que peut on en conclure ??? Grande naïveté du Chevalier Blanc de l'écologie ? Peut on se présenter comme candidat à la plus haute fonction de l'état dans ces conditions ?
Purée, [large]LES SALAUDS ![/large]

Faut faire toute la lumière sur ce qui a déjà été fait, où, grâce à qui, pour le compte de qui, à quel prix ?
IIs sont en train d'engranger du fric en catimini là ; parce que ne me dite pas qu'ils n'ont rien touché pour ce qui a déjà été autorisé ! Je n'y crois pas.

Et tout ça pour essayer de renflouer un gouffre qu'ils sont seuls à creuser dans, et pour, leurs petits intérêts perso, mais qu'ils nous foutent sur le dos ! Le "Trou de la Sécu" soit-disant, les Français qui coûteraient chers à la France...

[large]ORDURES ![/large]
Oui des forages ont bien commencé en Seine et Marne, mais ils sont stoppés. Provisoirement?
http://jeandey.wordpress.com/
Ce que j'aime ce genre d'articles... on en sort ...informé ! C'est tellement rare que c'est à souligner ! Merci .
Merci pour ce récapitulatif.
Affaire à suivre.
Je comprends mieux l'insistance de certains @sinautes à signaler le sujet ! Et constate que José Bové a permis de faire avancer l'information et le débat, de façon très efficace puisque le gouvernement fait machine arrière en catastrophe. Il faudra s'en souvenir quand des politiques tenteront de le faire passer pour un simple casseur de MacDo, irresponsable et antidémocratique.

Sinon, de façon plus anecdotique : le gruyère, fromage suisse issu de la région du même nom, dans le canton de Fribourg, n'a pas de trous, bon sang de bonsoir ! C'est l'emmental qui en a, à défaut d'avoir du goût. (Et je me damnerais pour un bon morceau de gruyère d'alpage, présentement.)
Le documentaire de Josh Fox (à conseiller de toute urgence) s'intule Gasland et non Gazland...
La distinction subtile entre permis d'exploration et permis d'exploitation va être mise en brèche par le nouveau code minier qui "simplifie" l'exploitation... et arrive à un moment bien choisi.
modification du code minier
Excellent papier merci !
J'en profite pour, une fois de plus, signaler le très bon boulot également de J.O Teyssier et Montpellier-Journal sur le sujet.
Voir la liste d'article sur ce thème ici http://www.montpellier-journal.fr/tag/gaz-de-schiste
et plus particulièrement les deux derniers intitulés "revue de presse" qui fourmillent de liens.
Je viens de parcourir cette enquête qui me semble très intéressante. Bravo.

Je me permet de rajouter le lien suivant sur le blog de Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération.

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/02/gaz-et-p%C3%A9trole-de-schiste-pol%C3%A9miques-et-r%C3%A9trop%C3%A9dalage.html

On y lit ceci:

"
Etrange, car une discussion informelle avec un de ses responsables, il y a six mois, montrait que certains d'entre eux, au moins, avait pris conscience du fait que l'acceptation sociale serait le principal obstacle à une exploitation et le premier à franchir. Autrement dit, un dialogue préalable avec les élus et la population aurait dû précéder une quelconque demande d'exploration. Alors que le contexte est la montée de la contestation dans d'autres pays, au Québec par exemple, et à la dénonciation des conditions d'exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis - voir le film Gazland sur le net - la démarche de Total se révèle suicidaire... et le reflet d'une mauvaise écoute par sa direction générale de ses propres cadres.
"

Il y a au moins deux ou trois autres billets à ce sujet.
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