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Le Tour de France, une barrière de langue

Le dopage sur le Tour,

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Une question bien naïve, cher Daniel. Pourquoi les cyclistes continuent-ils à se doper ? mais parce que s'ils ne le font pas, ils n'ont pas le quart d'un micron de chance de gagner quoi que ce soit. Parce que le public attend des performances inhumaines,et surtout parce qu'il y a beaucoup, beaucoup d'argent en jeu. Pourquoi se doper quand on sait qu'on sera pris ? mais justement parce que, à chaque fois, on invente de nouveaux produits capables de cacher la dope, de la rendre indétectable, pour ne pas être pris, justement. Souvent avec la complicité des médecins, hélas.
Je trouve assez marrant le fait que pratiquement tout le monde ici s'échine sur la question du dopage alors que la chronique soulève également une autre question. Pourquoi cette bulle autour du Tour ?

Je ne peux pas répondre pour les journalistes sportifs, mais pour les coureurs je peux avancer une explication. Il faut bien se rendre compte que, dopés ou pas, tous sont engagés dans une compétition de très haut niveau, qui représente l'aboutissement de centaines d'heures passées à souffrir et à peiner sur un vélo. Tous veulent faire de leur mieux, être au top, et cela demande une concentration intense.

Car même dans une épreuve où on pourrait croire que la puissance musculaire brute fait tout, une préparation mentale en béton est indispensable pour amener son corps à se donner à 100%. Je connais cela dans mon sport (la course à pied) et à mon niveau (pas très élevé), et j'imagine très bien l'importance de ce facteur à très haut niveau. Alors oui on peut parfois avoir l'impression lors de certaines interviews que les coureurs sont relativement détendus, mais c'est du convenu, travaillé et répété, avec aucun effort mental derrière. Si on me demandait de répondre à une question un tant soit peu complexe juste avant ou après une course je ne répondrais certainement pas mieux qu'un cycliste pro.
Mais si, il y a une morale dans tout cela. Depuis Virenque, seuls les étrangers se dopent!

Ce sont seulement des salopards de cyclistes qui se ddopent, et encore pas tous. Chacun sait bien que Longo tourne à l'eau pure, et que jamais aucun footeux ne s'est dopé.

Cela dit, le dopage ne fait pas du tour une partie de plaisir. Revoir les arrivées, à l'Alpe d'Huez, pour exemple, les visages grimaçants, déformés.
Moi, ce qui me turlupine, c'est que ces coureurs dopés sont menacés de prison. Exclus des compétitions sportives je veux bien, qu'ils rendent leurs titres, je veux bien, qu'on les villipende, OK, mais qu'ont-ils fit de si grave contre l'ordre social pour se retrouver enfermés en prison ? Privé le peuple du plaisir des jeux qui remplacent avantageusement le pain ?
A côté de ça, on en est où sur la dépénalisation du droit des affaires promise par Sarko à ses potes ?
Dans Libé, aujourd'hui : interview de Sandro Donati, ancien entraîneur d’athlétisme, aujourd’hui membre de la commission antidopage rattachée au ministère italien de la Santé et collaborateur de l’Agence mondiale antidopage (AMA).

Question-remarque de Libé : Le système compte beaucoup de complices.

Réponse : Dont la presse. Ce type de journalisme est une tromperie continue. Le journalisme sportif est crépusculaire, incapable de raconter des histoires. Il se limite à célébrer les victoires. Comme s’il était incapable de regarder la vie. On porte l’attention sur le champion du moment et on tape dessus. Le lendemain, tout est oublié. Organisateurs, télés, sponsors, journalistes, médecins, laborantins font comme si de rien n’était. Ils sont le vrai cancer.
Pourquoi parler du dopage uniquement lors du Tour de France ?
Rien pendant la coupe du monde de foot de 98, rien pendant Rolland Garros, ...
Tous ces sportifs fréquentent les mêmes cliniques et les mêmes médecins.
http://www.liberation.fr/actualite/sports/221861.FR.php

Certains sont archi-contrôlés avec maintenant des résultats (il semble que, cette année, les labo soient plus coopératifs avec les services de lutte anti-dopage)
d'autres font l'objet de contrôles superficiels.
Voila l'adresse d'un SITE très sérieux qui fait le point année après année sur le dopage. On y apprend qu'en ce domaine le cheval a précédé l'homme: ce qui était bon pour la plus belle conquête de l'homme allait faire des miracles chez le cow-boy cycliste.
L'effort allait effectivement être soutenu par les amphétamines, caféines, morphines, héroïnes, quinines... Un vrai remède de cheval.
Tout les plus grands sont nominés au palmarès des 'contrôlés positifs'. Alors, depuis le temps, comment peut-on être dupe ? On ne l'est pas, mais comme nous sommes tous montés un jour sur un vélo, nous savons que pour faire 3570 kms en 22 Jours, à une moyenne de 39 kms/heures pour le vainqueur, il faut autre chose que du muscle de percheron.
Alors applaudissons a l'exploit 'surhumain' d'une bête de concours agricole, mais ne parlons plus de la course d'un homme lambda.
Bonjour,

Pour apporter un élément de réponse à la question : 'Mais pourquoi continuent-ils à se doper ?'; je me permets de vous renvoyer au dernier numero de 'Pour La Science', où on explique que pour les coureurs d'aujourd'hui, la stratégie gagnante (formalisée en termes mathématiques de théorie des jeux) est le dopage étant donné la forte concurrence et la faible efficacité des controles étant donnée la foule de produits masquants disponibles.
Je ne vais pas vous recopier ces calculs, mais cet article est très intéressant.
Bonjour,

La critique est somme toute facile.
Evidemment qu'il y a une sorte de bulle autour du Tour. On appelle cela d'ailleurs la caravane du Tour et à l'instar des caravaniers dans le désert ou des caravanes des gens du voyage, une bulle hermétique se forme entre ceux qui sont dans l'enceinte des caravanes ou à l'extérieur.
Et c'est même pire pour certaines professions ou là on n'est plus dans une enceinte mais dans une véritable forteresse (Justice, Journalisme, Média, ... )

Donc oui pdt le Tour le cyclisme n'échappe pas à la règle ; et alors ?
[quote=Citation:]Citation:
D'autre part on peut s'interroger sur cet incessant fliquage, là aussi, s'ils se dopent tous, où est l'inconvénient ?

Excuse moi mais la ca vole très bas dans la réflexion..............

Déjà parce que si on doit apprendre dans les écoles de cyclisme qu'il faut se doper pour passer pro et prendre des produits dont on connait plus ou moins les effets à long et moyen terme, je sais pas ou on va........... Pour rappel, l'EPO coagule le sang, à tel point qu'à une époque assez récente des coureurs dopés à l'EPO étaient obligés de se lever la nuit pour faire qq exercices pour fluidifier leur sang...... Sinon c'était risque d'y rester en dormant......... C'est ca que tu veux???????????????

Et ensuite parce que un même produit n'a pas du tout les mêmes conséquences selon les personnes........ Par exemple, il faut savoir que dans qq de très rares cas, un simple cachet d'aspirine peut tuer qqun..........

Pour ces 2 raisons, voila "l'inconvénient" comme tu dis du dopage généralisé.........
Je suis d'accord avec galanga, la réponse à la question est très simple et la même dans tous les milieux où on triche, ils préfèrent prendre le risque plutôt que de savoir à l'avance qu'ils ne gagneront jamais rien parce que d'autres n'hésiteront pas à tricher, eux.

Je trouve que cette chronique est très intéressante dans le sens où elle éclaire la cause principale de la subsistance de ce système de dopage organisé qui paraît incroyable de l'extérieur: la fermeture totale du milieu qui est complètement replié sur lui-même. C'est pour ça que ce problème est très complexe: les coureurs sont certes coupables mais aussi victimes. Je n'aime pas voir ces spectateurs siffler Ricco comme ils le font. Franchement, j'étais déjà fan de cyclisme à 8 ans, et pourtant, il y a longtemps que j'ai compris que le dopage était et reste généralisé. Les gens qui vont encore voir le Tour acceptent d'être dupes, c'est tout; et quand ils sifflent, ils sont soit hypocrites soit stupides, car pour être encore surpris par un contrôle positif il faut être complètement à côté de la plaque.
Ces coureurs sont jeunes, très jeunes, ils ont misé toute leur vie sur leur sport, n'ont pas fait d'études la plupart du temps, et vivent dans un système complètement fermé. Aujourd'hui encore, je suis presque persuadée que lorsque l'on arrive dans une équipe d'élite, on vous fait gentiment comprendre que si on ne se dope pas on peut déjà rentrer chez soi. Le côté hérmétique du milieu fait qu'il ne doit pas être difficile de leur faire perdre leurs repères moraux. Bien sûr, il va de soi que lorsqu'un coureur se fait prendre, il est tout seul et on s'emploie d'autant plus à le lyncher quand on est coupable aussi, en espérant que cela détournera l'attention. Les numéros d'hypocrisie de coureurs comme Armstrong ou d'autres sont édifiants à ce sujet.

Je trouve les posts précédents assez injustes envers Richard Virenque. Virenque n'est certainement pas devenu plus populaire après l'affaire Festina, il était un des coureurs les plus populaires du cyclisme, la "Virenquemania" était un sacré phénomène dans les années 1990 et pas seulement en France. Il a tout de même été lynché publiquement, moqué par les Guignols tous les jours pendant des mois, et surtout il est devenu l'incarnation même du dopé dans l'esprit des gens, ce qui est quelque part assez injuste si l'on part du principe que 99% des autres coureurs l'étaient aussi.

Sinon, un autre cas intéressant dans les médias, c'est la position (que je n'envie vraiment pas) des anciens coureurs qui bossent comme consultants pour les radios et télés, qui ont eux-même été coureurs dans les années de l'âge d'or de l'EPO, et qui doivent commenter les affaires de dopage! Comment ne pas penser en permanence qu'ils étaient certainement eux-mêmes dans les 99% de coureurs dopés à l'époque? Ils ont le choix entre une réserve gênée et une hypocrisie totale...

Enfin, il y a une chose qui me turlupine... Je ne veux pas donner l'impression que j'accepte le dopage, c'est plus un problème de représentation qui me gêne. Je n'aime pas la façon dont on juge en permanence les coureurs dopés. Je pense notamment à des journalistes comme Gérard Holtz qui ne mâche pas ses mots lorsqu'un mec se fait prendre alors qu'il fait son business sur le Tour depuis des années, mais aussi au public en général.
Je trouve que les gens ont l'indignation facile quand on voit la façon dont eux-mêmes se comportent la plupart du temps. Je suis quelqu'un qui ne supporte pas d'avoir quelque chose de malhonnête sur la conscience, et combien de fois je suis passée pour la Sainte-Nitouche ou le schtroumpf à lunettes parce que je refusais de faire quelque chose de mal, alors qu'il n'y avait aucune chance de se faire prendre et un bénéfice certain. Franchement, la majorité des gens trichent pour des petites choses dès qu'ils en ont l'occasion. Je crois qu'ils pourraient s'en souvenir de temps en temps avant de juger les autres. C'était juste une parenthèse.
Sinon, on peut suivre" l'Autre Tour", de Guillaume Prébois, comme l'an dernier. Un Tour à l'eau claire, un jour avant chaque étape officielle. L'an dernier, je me souviens qu'il avait mis en moyenne quatre heures de plus que les coureurs du Tour. Ça me semble assez explicite.

Guillaume Prébois
Légaliser le dopage serais la solution ? Au moins on verrais des exploits ^^
Dans le Monde2 du 12 juillet, ces deux phrases sous la plume de Philippe Bordas : Autrefois les dopages étaient dérisoires, les exploits énormes. Depuis presque 20 ans, les dopages sont énormes, les exploits dérisoires.

Oui vraiment ce tour n'est plus que l'ombre de lui-même ! Le temps où Antoine Blondin - qui a suivi 27 éditions - transformait l'Equipe en chef d'oeuvre littéraire est, hélas, bien révolu.

D'autre part on peut s'interroger sur cet incessant fliquage, là aussi, s'ils se dopent tous, où est l'inconvénient ?

***
[quote=Daniel Schneidermann]mais pourquoi, d'année en année, continuent-ils à se doper, alors qu'ils savent qu'ils vont se faire prendre, et partiront sous les sifflets?
1/ Ils savent qu'ils vont se faire prendre ? Apparemment, pendant des années ils ne se sont pas fait prendre et ils espèrent que cela continuera. En plus, quand le dopage permet de gagner un certain nombre de fois, ça doit être difficile d'y renoncer même pour une épreuve bien surveillée (?)
2/ Ils partiront sous les sifflets ? oui mais après ?, voir Virenque qui n'a jamais été aussi populaire que depuis qu'il ne fait plus de cyclisme.
Vive le dopage libre !
[quote=chronique]"mais pourquoi, d'année en année, continuent-ils à se doper, alors qu'ils savent qu'ils vont se faire prendre, et partiront sous les sifflets?"

Parce qu'ils savent qu'il n'y en aura que quelques uns de pris. Ils sont en grande majorité dopés (à part les vrais sportifs, qui peine et souffrent en queue de peloton).

C'est la même question pour les politiques corrompus et détourneur de fonds : "mais pourquoi, d'année en année, continuent-ils à magouiller, alors qu'ils savent qu'ils vont se faire prendre, et partiront sous les sifflets?"
Parce qu'il n'y en aura que quelques uns de pris.

Et en plus, ils ne partirons pas forcément sous les sifflets. Festina s'est fait des couilles en or après le scandale Virenque (à mon avis Saunier-Duval va faire exploser son carnet de commande dans les mois qui viennent) et Virenque est revenu comme un héro béni des dieux.
Alors qu'il est évident qu'il continu (comme les autres) à être une armoire à pharmacie ambulante.
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