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le sage et l'insolent

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Bravo, une fois encore, pour cette chronique.
Sur un miroir

Miroir, peintre et portrait qui donnes, qui reçois,
Qui portes en tous lieux avec toi mon image,
Qui peux tout exprimer, excepté le langage,
Et pour être animé n’as besoin que de voix,

Tu peux seul me montrer, quand chez toi je me vois,
Toutes mes passions peintes sur mon visage ;
Tu suis d’un pas égal mon humeur et mon âge,
Et dans leurs changements jamais ne te déçois.

Les mains d’un artisan au travail obstinées
Ne font péniblement que dans plusieurs années
Un portrait qui ne peut ressembler qu’un instant :

Mais toi, peintre brillant, ton art inimitable
Offre sans nul effort un ouvrage inconstant,
Qui ressemble toujours et n’est jamais semblable.

louis d'epinay d'etelan
"charles-édouard! venez voir, c'est foormidable la photographie à notre époque!! touchez pas vvooyyons, attendez qu'çà sèche mon ami!! heureusement, Castou, mon ami que j'vous ai dit de remonter le siège, voyez vos mains, mais c'est pas mal, qu'en pensez vous très cher!! que dites vous ,charles ,c'est pas son sourire qui l'étouffe!!, un peu d'tenue mon ami, si vous voulez etre reçu à la garden. (!***!) oui la garden-part, si y'en a qui dise qui sont pas d'accord, z'ont qu'à pas aller chez photomaton
Puisque Môssieur Korkos voulait une image de courtisan...

En voici UNE

Un véritable paillasson !
un article plein de Sprezzatura...

Merci Alain !
Cher Alain,
Je trouve que votre chronique devrait être en format vidéo (slide-show d'images avec votre voix). A mon avis, elle apporterait encore plus de valeur ajoutée au site d'asi
pas mal Korkos, y a du Baudelaire dans votre démonstration... le dernier § est éloquent d'une forme de Rembrandtisme

J'aime le souvenir de ces époques nues,
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.
Alors l'homme et la femme en leur agilité
Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,
Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine,
Exerçaient la santé de leur noble machine.
Cybèle alors, fertile en produits généreux,
Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux,
Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes
Abreuvait l'univers à ses tétines brunes.
L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit
D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi;
Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures,
Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures!

Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir
Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir
La nudité de l'homme et celle de la femme,
Sent un froid ténébreux envelopper son âme
Devant ce noir tableau plein d'épouvantement.
O monstruosités pleurant leur vêtement!
O ridicules troncs! torses dignes des masques!
O pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques,
Que le dieu de l'Utile, implacable et serein,
Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain!
Et vous, femmes, hélas! pâles comme des cierges,
Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges,
Du vice maternel traînant l'hérédité
Et toutes les hideurs de la fécondité!

Nous avons, il est vrai, nations corrompues,
Aux peuples anciens des beautés inconnues:
Des visages rongés par les chancres du coeur,
Et comme qui dirait des beautés de langueur;
Mais ces inventions de nos muses tardives
N'empêcheront jamais les races maladives
De rendre à la jeunesse un hommage profond,
- A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front,
A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante,
Et qui va répandant sur tout, insouciante
Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs,
Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs!


Spleen et ideal poème 5

T'chô.
Lumineuse chronique, qui n'évoque que ce que j'adore !!! Le Castiglione est à peu près la seule toile qui m'émeut chez Raphaël.
Et c'est fou comme le croquis de Rembrandt, dès la salle de vente, ressemble à Rembrandt lui-même. Dessiné rapidement, oui, et des tics de peintre. Et des envies, déjà, sans doute. Un fini du coup qui nous approche déjà de l'autoportrait qui suivra.

Génial !
Et même un petit passage par Gerrit Dou, le simple nom m'enchante. Style lisse, d'accord, et d'une précision, d'une drôlerie qui me touche également !

Merci pour tout, encore et encore !

.
Monsieur Korkos,

Je me présente : Maria Pilar Iglezias, mère de votre abonné Julot Iglézias.
Je viens par la présente vous exprimer ma colère et mon indignation.
J'ai offert à mon fils Julot (treize ans et demi) un abonnement au site arretsurimages.net parce que j'ai eu connaissance du fait que vous y teniez chronique. Mon fils Julot (treize ans et demi, je vous le rappelle) a reçu de Dieu un don tout à fait exceptionnel, je pense que vous en conviendrez, pour le dessin et je pensais que la lecture de vos articles pouvait l'aider dans son initiation aux arts graphiques.
Mon fils Julot ( ¡ trece anos y medio, por La Virgen! ) a appris par vous qu'il était possible de peindre avec des couteaux et même avec ses doigts.
Quelle n'a pas été ma stupéfaction lorsque je l'ai surpris récemment en train de peindre avec son doigt une reproduction de ce tableau tristement célèbre. J'ai bien dit "avec son doigt" !
J'ai donc décidé de résilier l'abonnement de Julot ( ¡ trece anos y medio, por los cojones del Cristo!).
J'ai contacté mon avocat , Maître Ernesto Supaloñon y Cruton, et nous n'excluons pas l'éventualité de vous assigner pour incitation de mineur à la débauche.

Je ne vous salue pas.

Signé : Maria Pilar Iglezias
Normal que Korkos voie un miroir en regardant les portraits de Rembrandt : il lui ressemble !
Alors les vicissitudes et la vis-attitude de la vie y sont peut-être pour quelque chose, mais y'a quand même aussi un petit quelque chose de purement physique dans l'histoire.
Ici point de chirurgies esthétiques,de tricheries vaines ,pour leurrer l'œil et le séduire .
la vérité et l'acceptation du temps qui érode tout être sans protestation virile qui aurait pu y mettre un terme .
merci !!!
GERMAIN : « à la fin de cette dernière chronique d'été ». Hélas hélas ce n'est que l'avant-dernière, l'ultime paraîtra samedi prochain, le 27.

POISSON : On écrit "vicissitude" pasque ça vient de "vice", et non pas "vissicitude" qui viendrait de vis ! La vis-attitude, comme dirait Ségolène.
En 1639 et 1640, Rembrandt grave et peint des autoportraits triomphants. Il a alors trente-quatre ans, il croit que le monde lui appartient, et on se doute bien que ce n'est pas en trois ans qu'il acquerra la sagesse. Il lui faudra deux décennies et un bon paquet de douleurs avant qu'il réalise des autoportraits dont l'humanité ne peut que nous saisir, au plus profond de nous-mêmes. Car en vérité, les autoportraits de Rembrandt âgé sont des miroirs.

Faudra-t-il écrire un "Korkos avec Lacan" à l'image du Kant avec Sade que nous a laissé, interloqués, celui dont l'entrée en célébrité se fit par Le stade du miroir ? Alain Korkos, en tout cas, nous révèle à la fin de cet acte 4 de ses chroniques d'été le secret de la fascination exercée par les autoportraits des peintres et nous permet, par analyse, de nous en libérer. Ce qu'il écrit dans ses trois phrases finales nécessite, en effet, d'être "généralisé" et mérite d'être réfléchi: autrement qu'en miroir.
Lacan sut en effet remarquer que par "le stade du miroir" l'enfant, accédant à la saisie anticipée de son corps en totalité, non seulement se distingue jubilatoirement ainsi du singe déçu, lui, par l'irréalité de son image, mais peut accéder à un autre régistre d'existence que l'imaginaire tel qu'il est ordinairement (dé-) considéré. Car il y a, non pas un mais deux miroirs en l'affaire: celui, "matériellement apparent" devant lequel est placé l'enfant, mais aussi, surtout, derrière lui, le miroir vivant que constitue celle qui place l'enfant devant la glace. Ainsi l'enfant réfléchit son image dans le regard de sa mère et c'est là ce qui constitue sa joie. "Le stade du miroir" permet d'accéder ainsi au régime de l'humanité dont la détresse ne fait qu'un avec la liesse. Les métamorphoses du royaume de "la chose" - ou, plutôt, l'a-chose - dont la mère constitue le support premier permettent de la sorte d'expliquer comment se produit plus tard la fascination qu'exerce "la Sphynge" dissimulée derrière l'autoportrait. Resterait maintenant à articuler le triptyque lacanien (Réel-Symbolique-Imaginaire) avec la notion de sublimation évoquée par Freud mais fort peu développée par lui et, symptomatiquement, tant négligée par sa postérité...
Alain Korkos nous redémontre donc que l'art permet de rouvrir les questions oubliées par la pensée.
La parole des peintres étant souvent aussi géniale que leurs tableaux le rappel, pour terminer, me semble s'imposer de ce mot de Matisse que l'on me pardonnera de ne citer que de mémoire: "Le peintre ne peint pas sur la toile mais sur l'oeil du spectateur".
Il s'en serait fallu de peu pour qu'il se peigne sur son lit de mort, Rembrandt.Mais quel est l'andouille qui a conjugué pareil se peigner et se peindre?D'ailleurs Rembrandt se peignait sans se peigner.

Je n'en reviens pas. Que vissicitude s'écrive pas comme ça, c'est incroyable.
A suivre Alain dans ses escapades picturales j'ai l'impression d'être plus intelligent.
Comme quoi l'art ça peut être trompeur quand-même...
Une publication à 7 heures du matin, juste après les LOL DSKats?

Bien. Je vais m'allonger et regarder le plafond quelques heures.

Ou aller dormir.
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