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Le Monde, l'Elysée, et les ex

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Ce n'est pas l'affaire Benalla qui absoudra la presse de ses turpitudes infinies. Si cette affaire ne prend d'ailleurs pas complètement dans l'opinion, c'est sans doute parce que son discrédit est déjà trop grand. La presse de ce premier quart de XXI(...)

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ne prend pas #benalla ? vous etes macroniste ? ici meme un article decortiquais les statistiques, de public senat, de LCP, de bfm passant les entretiens, et leur nombre de telespectateur etait impressionnant. mes neveux et niece (20 ans) pas tres pol(...)

Et, surtout bonne nuit !

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Merci pour cette synthèse provisoire jusqu'à demain.


Le Monde un journal d'investigation... Allons bon. A lire le Canard de la semaine dernière, je me demandais s'il n'avait pas juste été l'instrument d'un règlement de compte politique/police/gendarmerie, par des personnes qui sont, d'habitude, il me semble, plutôt très à droite.


Je résume : une vidéo qui est diffusée depuis longtemps, avec des personnes visiblement très connues dessus, déjà "identifiées" et "sanctionnées" par tout le monde, mais qui ne sont "identifiées" et "révélées" par Le Monde que 2 mois 1/2 après. A mon avis il a dû se passer un truc pour que Le Monde soit contraint de lâcher l'affaire, et "en même temps" continuer à faire la promotion/lèche botte pour la Macronie. Un exercice de haut niveau.


Comment se fait-il que Le Canard se soit retrouvé à ce point le bec dans l'eau ? Cette semaine ils nous expliquent en une (ce que j'en comprends) que ce n'est pas une affaire d'État, même pas une affairette, qu'avec les vacances politiques, on peut passer à autre chose et "en même temps" remplir leur page 3. J'ai du mal à suivre.


Pourquoi la presse, Le Monde, ne se sont-ils pas emparés des vidéos de violences policières plutôt que de parler "black blocs" et autres dangereux zadistes ? Pourquoi ne parle-t-on pas des CRS qui, d'après une vidéo Benalla/Crase, savent eux aussi cogner sur de dangereuses personnes à terre ?


Peut-on espérer que la justice fasse son travail correctement pour une fois ? Et pas dans 30/50 ans ?


En attendant, la presse continue encore et malgré tout à se faire le relai privilégié de la communication/propagande politique.

On pourrait également faire un parallèle avec le journalisme laissant tout passer au candidat-présumé-face-a-LePen comparé au Président-un-an-plus-tard... La raison est simple, ça fait vendre...

Chapeau ! Même en vacances, le Patron assure !  ( à moins qu'il ne soit déjà revenu .... )


J"adore : " une série confite en attendrissements " :


" Il est toujours joli, le temps passé

   Une fois qu'ils ont cassé leur pipe

   On pardonne à tous ceux qui nous ont offensés

   Les morts sont tous des braves types "

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Deux mots sur Le Monde que vous encensez ces jours-ci

Tout comme le Nouvel Obs, je ne lis plus Le Monde depuis plusieurs dizaines d'années.

Je n'ai aucune tentation de changer d'habitude,

J'ai quand même du mal à croire que tout à coup ce journal serait devenu vertueux 


un journal qui se permet de décerner des médailles sur la valeur (pas en bourse !) d'article de site en ligne, et même si je ne suis pas forcément d'accord avec ces articles, c'est quand même un peu fort de café !

Excellent 4 août !

Et, surtout bonne nuit !

On va admettre que l'affaire Benalla s'est évanouie dans les torpeurs estivales, ce qui reste à prouver, mais on peut d'ores et déjà se retourner sur les débuts de cette séquence ahurissante et tenter d'en tirer la substantifique moelle politique, d'où on pourrait trouver par alchimie les leçons médiatiques.


Commençons par le contexte de base : l'agitation de jeunes que l'on qualifiera de gauchistes depuis quelques années. Des jeunes qui s'affrontent beaucoup à la police lors des manifs  et qui, parce que les manifs sont désertées du fait des violences par ces jeunes, deviennent la majorité dans les manifs, qu'ils soient activistes ou simples spectateurs.

Depuis des dizaines d'années, la police et les CRS ont l'habitude de gérer ces coups de chaud, et parviennent à la faire pas trop mal.

Ces attitudes de jeunes sont très difficiles à évaluer, mais on pourrait dire qu'elles sont le résultat de dépolitisations accélérées de la société : à partir des années 80, une démocratie équilibrée a vu le jour, résultat de luttes qui ont duré des décennies et même des siècles.  Les luttes, portées par une génération qui a fini par arriver au pouvoir à travers mai 68, n'ont plus eu de raison d'être. Les générations suivantes, celles qui sont nées à partir de 1970, n'ont pas été politisées, la démocratie allait de soi.

Cette attitude générale a favorisé le retour de la ploutocratie néo-libérale dans les pays anglo-saxons puis, par différents effets de lobbying et de mondialisation, dans le monde entier. Le retour de flamme a été l'affaiblissement de la démocratie en France.

Trente ans plus tard, on se trouve dans une démocratie qui recule. Je ne vous détaille pas, le macronisme est l'expression la plus brute et la plus visible de cette situation.

Des générations entières, qui sont nées et ont vécu pendant des années dans une démocratie équilibrée, se retrouvent à devoir être autonomes dans cette société alors que la démocratie recule.  Une partie, importante, se soumet. 

Une autre partie a "pris les armes", pacifiste, politisée ou pas, elle cherche des ennemis. elle les a trouvés dans les manifs, des gens, des CRS, payés pour prendre des coups. Et ces combats ont un grand retentissement,  avec cassage de vitrines symboles du capitalisme, donc une visibilité médiatique. 

On se retrouve donc avec des luttes rituelles, une sorte de théâtre d'ombres qui mime la lutte sociale. Avec comme dans le théâtre classique, l'arrêt au premier sang.

On ne peut présager de ce qui va à terme advenir. Les temps sont à des dislocations extrêmement brutales.  En fonction de situations très particulières, tout peut arriver.

En tout cas, il y a une grande agitation dans la jeunesse, et très médiatisée en ce qui concerne les cassages de vitrines. 


Là-dessus, une petite frappe protégée par Macron ne trouve rien de mieux que de s'immiscer dans ce rituel bien huilé. Construit comme un imbécile d'extrême-droite, il décide avec des copains de bordée d'aller casser du gauchiste,  et y passe la journée, tout fier de lui. Avec l'aval ou non de Macron, ça va être difficile à savoir.

La découverte par une journaliste d'investigation du Monde du pot aux roses, a deux effets.


Le premier, c'est de mettre en exergue une situation extrêmement violente dans une rue de Paris. Les autres séquences vont faire apparaître des violences également au jardin des Plantes, au cœur même de la zone la plus protégée du centre de Paris. De la guérilla urbaine, chose que les médias mainstream ont très peu relayée. 


La deuxième, c'est que cette petite frappe est arabe : il tape sans en avoir la légitimité, sur des bobos blancs du centre de Paris, aidé par des supplétifs CRS blancs, qui n'ont pas eu le temps de réagir.  D'un seul coup, tous les délires du "Grand remplacement" ressortent pour la droite et l'extrême-droite.  Cette dimension restera à jamais dans le non-dit, mais elle est bien réelle, elle apparaît dans les commentaires de l'extrême-droite.


La réaction de Macron à la révélation de cet épisode, et du fait que Benalla n'a pas été sanctionné comme tout un chacun qui abuse de sa position, est proprement stupéfiante. Il se comporte comme s'il était outragé. Il ne voit rien, n'entend rien, et sa bande, qui lui doit tout, le suit sans broncher'... 

Todd prétend que Macron n'est pas fute-fute, je ne le conteste pas.  En tout cas, c'était une situation inédite,  et il n'a pas vu le piège. Macron est le produit le plus parfait d'une société extrêmement conformiste.  Peut-être que quelque chose de nouveau l'a totalement déstabilisé, comme n'appartenant à aucune de ses catégories.  Surtout, il est lui-même totalement dépolitisé, à l'image de son électorat et de la plupart de la population, et à part les différents avatars du pouvoir, il ne comprend sans doute rien à la politique.  Son nouveau monde n'est sans doute que le reflet pâlot de l'ancien, avec en arrière-plan, la "Fin de l'Histoire".


Les meutes suivent ceux qui ne tremblent pas devant l'adversaire , pas ceux qui font mine d'ignorer les problèmes. C'est une question de survie des communautés humaines et canines. Surtout quand elles sont en marche. Et soudain, on prend conscience qu'on n'a pas compris vers quoi exactement on marchait...


Plus généralement, la situation se détériore économiquement et politiquement, le coup de la vitesse à 80 a détourné l'électorat de droite  de LREM, Macron baisse dans les sondages. C'est le moment pour les médias qui l'ont léché de le lâcher, avant bientôt de le lyncher.  En plus, le RN ex FN commence à se désagréger, et on se réveille d'un long rêve. Le remède sera peut-être pire que le mal....


Par métaphore, je dirais que le véhicule se déplaçait sur une route bien droite et bien plate, et que soudain, il y a un chaos "inexpliqué", qui ne dévie pas la trajectoire, mais  l'objet qu'on a écrasé sans même s'en être rendu compte,  a miné le plancher sous le véhicule. 


Sacraliser la fonction en parlant des prédécesseurs, ce n'est pas très réussi. Cela peut avoir cet effet. 

Mais au contraire, on pourra dire que la comparaison est cruelle. On peut reprocher beaucoup de choses à Chirac ou Mitterrand, et les autres présidents.  Mais pas quelque chose qui ressemble à s'être fait rouler par une petite frappe.

Et de toutes façons, c'est la presse mainstream. On ne va pas lui demander de réfléchir.  Ce sont des laquais au même titre que Macron. 

Un laquais obéit. A la puissance, surtout à la puissance...


 

Pour une bagarre dans le hall de l'aéroport Orly 1, deux rappeurs viennent d'être condamnés à un mois de détention préventive, écrivez-vous, sous-entendant qu'ils auraient été sévèrement sanctionnés, compte tenu de l'impunité dont bénéficie la barbouzerie présidentielle. 

D'une part, ce genre de rapprochement n'a aucun sens.

D'autre part, les deux abruutis Booba et Kaaris et leurs acolytes ne se sont pas simplement mis sur la gueule. Ils ont saccagé les boutiques duty free, semé le souk dans l'aéroport, retardé les vols.

Imaginez que je me pointe à Orly avec une bande de potes en partance pour le Cambridge Folk Fest, qu'on porte des ticheurtes "I love Folk", que des amateurs de Death Metal viennent nous provoquer en déclarant que le folk, c'est un truc de tarlouzes*. S'en suivrait alors une baston de ouf, qui transformerait l'aéroport en champ de bataille.

Vous pensez qu'on s'en tirerait simplement avec un mois de préventive ? Et que pour notre passage devant les tribunaux, on pourrait s'offrir les mêmes avocats que les deux cons décérébrés ?


*J'ai pioché dans le vocabulaire des rappeurs, notamment celui de Médine, l'ami d'@si.

"...deux rappeurs viennent d'être condamnés à un mois de détention préventive."

Euh... ??? 

Ça vient de sortir comme concept ou c'est juste une erreur de rédaction ?

"Années d'après-pouvoir pour Chirac et Giscard, derniers jours de Mitterrand et De Gaulle "

Et Pompidou ????

Tout va bien en France, 2 rappeurs (sur lesquels je n'ai pas d'avis) sont désormais en prison pour 1 mois à cause d'une bagarre qui n'a causé aucun blessé, pendant que Benalla court toujours, sabote des perquisition, dispose du soutien de l'Elysée et de LREM.

Nice, GG les mecs. Vive la France.

https://twitter.com/search?f=tweets&q=booba%20benalla&src=typd

Oui, trois fois oui. Impossible de concilier référence et révérence, la presse meurt de ne pas le comprendre.

"véritable arsenal de guerre" 

Allons, allons, la rue sainte-Anne n'est pas à Vincennes et aucun irlandais ne participe à la direction de LaRem.

Le fiel d'abord.  Je lis doculments et j'y vois comme une espèce de sorte de lapsus freudien bien plus que calami.

Tout ce qui sort de cette affaire ne fleure pas bon la lavande en effet.


Le miel ensuite. Merci pour ce retour pugnace.

Ce n'est pas l'affaire Benalla qui absoudra la presse de ses turpitudes infinies. Si cette affaire ne prend d'ailleurs pas complètement dans l'opinion, c'est sans doute parce que son discrédit est déjà trop grand. La presse de ce premier quart de XXIe siècle peut bien nous rejouer les Hommes du président autant qu'elle veut pour se donner bonne conscience et tenter de se racheter une fois l'an, on n'a définitivement plus confiance en elle, on connaît ses accointances et on sait qu'elle participe quotidiennement du spectacle grotesque qu'elle fait semblant de dénoncer.


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